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L E
OURN AL
DES
rÇAVANS
POUR :
L'ANNÉE M. DCC. LXXXIl.
AVRIL.
A PARIS,
Ah Butfau eu Journal de Paris, mecfeGtfn
S. Honoté, près celle du Pélican.
M. DCC. LXXxn.
AftC VRIVILLGS DV ROI.
» " "
AVI!
■
v/jv s^ abonne pour U
DESSçAVANS au But
mal de Paris y rue de
Honoré ; & c^ejl à Vac
reSeur de u Journal q,
yoyer les objets relatifs
Sçavans. Le prix de la
de P année efide iC liv.
& de 20 liv» 4/* pour l
foie in^ix ou in-^^. Le
J>ES SçAVANS ejl com
êor^e Cahiers ; il enpa
fue mois , & deux en Ju
êembre.
LE
JOURNAL
DES
S Ç A V A N S.
AVRIL. M. DCC. LXXXII.
Salho txrii Exurgat
Deus efpojlo iaîl Ebraico Ori^
ginaUy Optra dtl P. F. Giacintm
Hint[ dtW Ordinc di Brcdicatori
R. Profejfon di S.Scriit» cdi Lin^
gue Orientale Cagliari pre/lo Bcr^
nardo Tirard , Stampat. dtlC //-
lufirïjf. CUtk. lySi. in*^. pag.
152^ fans la Préface qui en a o.
EN parlant de rexplicarîon que
prifcntc le R. K Hintz du
Pfeaume 67 » qui a toujours paflc
Avril. B b il
580 Journal des Sçavam ,' ^
pour UH cîcs plus Jifliciles, noui
faifirons IVccafioii cîc rappcller
celle de M. l'Abbé Ladvocar, Doc-
teur, B:biiotlu'Cîiirc Sc Profeireut
de Sarboniie, qui parut à Piiriscn
1767, environ deux ans après la
mort de l'Auteur, d'autant qu'après
l'avoir annoncée dans !c tcms , nom
comptons y revenir pour en donner
iiiie connoiflancc plus dcrailice.
La première diiKcuIcé qui le pré-
fente , Si. à laquelle vrairemblablo
nicnc [icnt une bonne partie des au-
tres , con(ïfte à favoir pourquoi , &
à quel fujct ce Pfeautne fur com-
pote. C'eflfur quoi Icî efpritsfe font
parragés ; cependant il fcmblc qu'on
ne peur le placer avant le règne de
David , puifqi.'i! y cft paiic de Jé-
iu'a!eiri& de la montagne de Sion ,
comme ttu réjour ordmairc de ce
Prince & de l'Arche. David enleva
cette ville aux Jébufécnï , à qui elle
appartenoii auparavant, & deux ans
après fit tranfportcr l'Arche d'Al-
liance lui la montagne de Sien. 11
Jvril 1781. .581
Ïeft auflS parlé àcs Tribus de Za«
ulôn & de Népbtaii 9 comme unies
à Juda Se i Benjamin ; ain(t ia corn*
poficion de cette .pièce facrée a du
précéder la réparation des dix Tri*
ptrs» qui n'arriva au*au commence*
ment du rèsne de Koboam ^ fils de
Salomon. M. l'Abbé Ladvocat la
rapporte à la troifième ou même à
la quatrième année de la guerre que
David eut à foutenir contre les Am-
monites, dont le Roi Hàmon , con«'
trefi droit des gçns, avoir fait un
fanglaTic outrage à fes AmbafTa-
dêurs. Ces peuples obtinrent uu (c«
cours de vingt mille hommes de la
Syrie de Rohob au nord de ia Palcl-.
tine , & de la Syrie de Soba en-
de^à de l'Euphrate 9 près de la place
où depuis Paîmyte fut bâçie , mille,
hommes du Roi de Maacha près de
la *fourçe du Jourdain , & douze
mille d'IJiob dans la GaUïcide. Da«
vid donna le commandement de fcs
meilleurs troupes à Joab qui dcB:
les ennemis* L'année fuivaiite , lc$
Bbu\
■*=^
^82 Journal dts Sçavams ;
Syriens ayant rafTcmblé de nouvc
troupes , David les tailU en picCi
& il fut arrêté, par un traité j î
paix , qiiclcs Syrienj ne donneroi ^^ ^
pius de fecours aux Ammonites. ^ ■
troilîèmc atinéc , Joab . ayant ra-
vagé le pays dts Ammonites, alTîc-
gea Rahbah kuc capitale, fîiu^e,
comme le prouve très - bien M,
JAbbc Ladvocar , près du Jaboc ,
(i] non versles fautc^s del'Arnon,
comme l'avoir cru Dora Cabùct.
Ce fut durant ce fiége qu'arriva
l'aventure de Berhfabcc, & l'Iiirct-
prête le fcrt avec avantage de la lé-
ponfe de fon mari Urie , pourprou*
ver que l'Arche d'alliance étoit alors
dans le camp des Ifraclites. Il moo-
tic encore que cette place étoït di-
yiréc en demc parties , dont l'une
1 1] H prend û fource daiii les monta^et
d'Arabie , dirige d'abord fon cours vêts lé
nord , enfuice à l'occidenc, & fe jette dans te
JoiiEdain , d u'ois lieacs au fui de Tjb^
étoîc appollée ville bhjjt^ artofee
par Ut eaux tiu Jaboc 9 ou ville
royale 9 & que Toab s*en étant em*- ,
paré ènn^a des cotirrieiS à Da^
vid pour JTcbgÀgèr à Venir iuirinêite
achevtr* /cette conquête. Le- Roi
raflèmbla le reftç de fes troiipes 1 6c
après quelques combats ^ ajrant prit
la capitale des Ammonites , il châtia
îigonreufement Jes chcËs de ces péu^
pies 9 mit dés garnifons dans les plat
ces conquifes j & revint triomphant
à Jémfalcra , tfaargé dVn butin im-
menfc , avec TArdie du Seigneur.
Or 9 félon M. l'Abbé Udvofcat, le
retour duRoi vîâorieux » 8c le trant^
port de l'Arche 9 font le fujet du
Pféaume dont il s'agit. Dans cette
marche 9 l'armée de David pairc^t
néceiTairement aux pieds des monr
tagnes VdU pays de Bafah , . qui s'é*
tendent depuis le torrent de Jaboc
julqu'à l'Antilibany fous les noms
de montagnes de Galaad ^ de Ba^
Jany à^Iiermon^ &c. & du tems
de xt Prince^ îcs Ammonites &t
fibiv
584 Journal des SçatMns ,
les Syriens étoient maîtres é\ii
grande partie du pays de Ba/2g,
donc les montagnes font nomoir
dans ce Pfeaume. L'idée de Vlnrer
prête eft heureufe \ & (î dans le coui
de (on e?(plicarion il ne s*étoir pa
permis de faire un peu trop légère*
ment 3 dans le texte reçu 9 des cor
Tcdions, dont nous eioyons qu'i
auroit incme iouvent pu fè pafl'er
fans noire à fon interprétation ^ 01
pourxoit avancer cju'il a furpall
tous ceux qui 9 avant lui , ont tourn
ccrre carrière.
Le P. Hintz ne cherche point ;
dcrcrminer à quelle occauon c
Heaume fat compofc , quoiqu 1
réfute ceux qui ont penfé qu'il fal
loit le rapporter au traniport d
TArche que fit faire David , de h
mai fon d*Obedcdom au Tabemacl
de Sion. Il convient pourtant 9 î
prétend même qu'il ré(ultera de loi
explication , que cette pièce facréc
a été faite à l'occafion de quclqui
iliudre vi^oire remportée pat Udi
jivril 1781. 585
- vid fur des peuples voifîns y dais un
■ tems où rÀrchc du Scigncar croie
déjà fiir la montaene de. Sion :
dalia na/lra txpoji^nt&jil^vtra
: qu^ qtufta Salmç .... fufano in
; cccafiont di qtialcht fignalata ,vU*
" toria npponata da Davide fipr4i i
S fiioinemlci circQnvicini^Wiopo cks
* P. arca di S ignore cra gjià ^^ÊK^^*
^ nel Tabcrnacoh di Siô^^ CéQTfup-
^ ppfé 9 il patolt étrangç <jue T^ifceuc
r^ n^ait fait aucunè.tentative pour dé-
couvrir quelle peut-être ccctp vic-
- toire fignaléç qui a occaGonné la
compofition de ce Pfeaumct Car
enfin il cft difficile de croire gue la
pièce ne rcnfcrnie pas quelauc parti?
cularicé.3 quelque traie incliYi^uel\|
relatif à fa vidoirc, aux troupes
vaincues &. à Tarmée triompbanre.
Et des traits de cette efpéçe entrent
néceflairement dans l'explication lit-
térale du texte , dont , .A^ns eui;^. le
vrai feus prioiitif, le fw fonda-
mental ne peut être bien faifî. L^
peuple hébreu ^ délivré dç l'^efçla-
5 S6 Journal des Sçavam
vagc où il étoir chez les
introduit & accompagnép^^ j
gncur fufqucs dans la Ter^-^
mife , où il cft vidloricuz des C
nccns , voilà i (clon le P. Hm
l'unique matière traitée dans ro
la picce^£^ fait y eft expofc j dé
Ioppé>flpecé fous diverfcs 6gu
Mai^pln mot qui fe rappon
la gRAflance du moment» l
vidoire récente de David qui ai
cchaufFé Tatr.e du Chantre fai
Cela cft-il concevable ? Le P« Hi
nous dit que l'argument princip
ou plutôt unique, eft ]c(us*Chi
6 ion Eg ile figurée par la d
vrance du peuple hébreu » &
fon introduâioD dans la terre
Canaan. In una parola j t or
mtnto principale , ptt non dire uni
di quejlo nobiU(Jjmo falmo i G
Crijio ^ & la Jua Chiefa figuf
ndla liberaîionc dcl popolo tl
dalP E^itto ^ t nzLla introduit
atta Terra pronic^a^ Voilà qui
très-juflc;^ s'il dt qucdion du i
reit M. LadvocAt ic ^opoloit aulli
iffeipàïtt, aWès TEpitTc de S.
Faàl'aïui Epbé&DS. Mais^'Icf l^ns
biftotique tfont i! doit ^agir ici »
n'a t-il poDr Qbiet que la lottit â^
4EgffKc &*Ia viâ^cMrt rempoitée
alors fur les Canané^cns ? Oa ne
conteftera pas qtie cet objet d'aic
été le type de Jefus-Chrift 6c de fott
ji^life. Mais la viâotre de David
poùvbit auiE cri ètrrtm autre type ;
te elle en eft réellement un, n H
Poète facré a célébré quelques par-
ticularités de cette viÂoire qui en-
flammoit fôn génie^ 'Or , nous'ld
répétons » eft il vrAlfcmblable qQ*f f
n'en ait abfolttmtift riêti dit, 6c
qu'a'bandbnnant , pour ainfî dire » la
matière '^qu^il avtfit à traiter , il fe\
foit jette fans retour fur un licù'
comnuin , bien différent de celdf
qui lui faifoit prendre la plufibë r
Quoi qu'il en foit , noos âllo'âs
jfapportct en entier la traduction
Iktine que le Pi Himx 4 C«w\;^ iisi
588 Journal des Sçavam
cette Ode facrcc , ca afforci
plus qu'il a pu 9 (on Ayle
de la Vulgate , avec les a
en parenthèfc , qu'il y a
pour faire fcntir la liailoa
(ces.
Pfalm. 6j.
Suirexir Deus ^ & di(I][
inimici cjus y fugçrunc qui
cum y a facie cjus : fîcut de
mus (,fic) dcfecerunt : fi
ccra a, facie ignis (fic)c
peccatores a facie Dei : ^ufl
ixtati funt & exulcaverunt i
peau Dei , ^ dcledari fuu
ticia. Cantate Deo > pfalmui
Bomini cjus; cj^tollite (eu
in cœlis habitat : raagnus
illi ( vcl magnum nomen cju
tare in confpedu ejus^Patei
cft etîam ) Orphahorum &
vidqarum. De^is in babitac
SanÔo ( alro^ ; Deus ( tami
cft) qui inhabitare facit (blii
domo , qui cducit vinftQspr
\AvrU ijti. s^f
Rebelles autem babirabunt in arido.
Deus cum cgrederis ance popu-
lum tixum 3 cum percranfires in de-
' ferto ( contra hoftes tuos ) terra
jnpta eft , etiam cçeli diftillav'erunc
a &cie DeU ((icuc) bic Sinai,
i( contrcmuir) a facie Dci, D,ei If-
xael : pluviam (aucem) libcralem
tribuiAi Deus hereditati tus, 8c la-
boribus fraâa crat, tu veto confor-
tadi eam. Picbs (igitur) tua babi-
tabit in bac ( terra , bic) firmaftî
bcneficiis tuis pauperem, Deus Do«
niinus dédit verbum Evangelizanti-
bus : txtrcuus multi^rtgcs ^tamen^
exercltuum fugtrunt , fugtrunt; &
habitatio domus divijit fiHilia : cum
Ttquievcritis intra fines ( vefiros )
( crhisficut\ ala côlumba dcargcfi'-
tatct y & (^Jicut^ ptnna y us in paU
Ion aurî : cum difptrdu CcUcfiis rt-
ges in hac ( terra ) , candida ^ hase \
erie , & grata , ficue nix in (jhonte^
Sclmon»
Mons magne^ monsBafan'^ mons
çxceifc » mons Balan ( ut quiàcota-^
5 90 Journal dis Sçavans
movcris?) ut quid comnic:^^
rrcltqui) nionres cxcclH ? Mo,
(^Sioneft in quo) beneplari^^
Deo babiraie in co » îmo Dc>yi
habirabit in perpctuum. Qom/r.
Dci Myriades (Ifraclis) , milJia n
tiplicia : Dominus inrcr eos in (I
monte (icur in ) Sina , in ( illo C
ledi ) Sanâuario. Afccndifti in
tum (Sion) ccpift) ca|'tivuare
accepifti dona ( rua> & dcdifti^
minibus : imo etiam non credei
( duces in altum Sion ) ut ( in i
inhabites , o San^e Dcus. Benei
tus Dominus quotiJie \ profp^r
iter fccitnobis Dcus laiurarium i
trorum. Dcus nobis ( faâiis c
Dcus m lalùtem magnam , & I
mini Dci (funt) libcrationcs a ir
te : contra Dcus confrcgit capim
tnlcorum fuorum , vcrticem ca{
lorum perainbulantium in deli
fuis: dixit (cnim) Dominas:
Bafan ^ falvos ) rcHucam , ( fici
eduxi ex piofundo rtiaris \ ut lût
gatur pes tous in faoguine ivôî
'Avril 1781. 59t
iïonim , ti va eodem ( ÎDriagstm
etiam ) lingua tanum tuonitn : vï-
deiunc^domuslfraclin mari) in^
grelfus tuos , Oetis ; ingrefliis Drï
tnci, Régis ineî([nagnificj in (fuo)
fanâuario^alto:) praeveanuntca»-
tores conjunâi pfallentibus ; in me-
dio(autem) erant juvcncals t^ni-
panillrix : in Ecclejîis benedicia
Dio ( bentdicitt ) Domino dt fçn-
tibus Ifratl, Ibi Benjamin adolcf-
ccntulus , dominans inrcr eos : prin-
cipes Juda^ duces corum : principes
Zabulon, principes Ncphiali.
Manda Deus virruti niae : con^
fîrma hoc Deiis ^ (]ubd operatus es ih
nobis. AA templum tuum in Hieri^
fàlem J tibi anfeicnt reges muneia.
Increpa gregem arundtois , congre-
gationcm cauromm cum vituUs po-
pulorum, qui glotiantor in ftag-
miribusaigcnti (v«/ in fuis divîtiis :)
difitpa (quafcumquc) gentes qnÂ
belU volunc. Venient Icgatt ek
jCgypto : ^thiopia fe^inabit (dar^
manus fûas Dco.
592 Journal des Sçavans
Régna cerrae cantate Dc<
lite Domino , qui habitat
cœli lupremi : cccc dcdit \
vocem virtutis. Date gloriar
fupcr Ifrael magniiicentia
ccelis. Terribilis Deus in fai
fuo (alto,) Deus I(rael>
virtucem & tortirudixicm pic
benedidus Deus.
II n'cft pas poffible de j;
toutes les obfervations de .
fur lefquellcs porte cette ini
tion ; nous nous bornerons
ques<^unes. On voit bien p
le P. Himz a nndu pa: le te
le futur qui fe trouve dans 1
furnxit , au lieu Stxurgat ,
Grammairiens ont établi d<
pour CMopitre quand le fut?
U langue hébraïque ^ a 1(
paflS^; mais, à ion avis^
certaine de ces règles sit 1
de toutes les parties .iu te
dit-il, les verfets 8 & 9
twT cVèQçnjçnt paffc, D^u:
Avril 1781. 593
tgredererls •• . terra contrcmuit^ &c,
6c cet évcncmcnr n'cft autre que la
fortie d*Egypce. M. Ladvocat n'en
difconvienc pas *, il reconnolc au
contraire que le Poëtc facré déve-
loppe ici la comparaifon qu'il avoic
inunuce précédemment entre la mar-
che, de TArchc & de Tarmée d'Ifiacl
après la défaite des Ammonites, S;
la marche de la même Arche & du
Peuple de Dieu fous Moyfe.
Le tremblement de terre & la
pluie abondante dont le Poëte facré
parle aux v. 9 , 10 ^ ne doivent pas ,
tuivant le P. Hinrz, fe prendra pour
les évcnemcns réels & phyfiqucs 9
»arcc qu'ils ne défignent que la tcr*^
!ur & les calamités dont les enne^
is du Peuple de Dieu furent frap-
s. M. l'Abbé Ladvocat ne penfc
5 tout,- à- fait de même, car il veut
'il s*agifle ici de la manne que
îu fit tomber en forme de- pluie
s' le camp des Ifr^élites , félon
ireffion du Pfeaumc 78 , 24 ,
*-c fuît fuptr \llos manna^ Les
,)94 Journal des Sça\
deux Interprètes font
partagés fur le fens c
ûnimalia tua habitabu.
rtditatt\ Selon M. L.
tcndie des troupeaux
animaux dome(lic]ucs <
lires menèreni avec eu
fèrc, & mieux encoi
^ont Dieu nourrir l
mais il faut didinguei
de cz^ oifeaux ; le prcn
Sièmc jour du fécond i
tîèmc campement dan
Sin ^ avant l'aTrivce «
Sinaï/Cc fut par un ejj
€]u*âlors Dieu envoya
Voy. Exode , ch. xvi
cond envoi fut un effet
Voy. Nomb. x , xi ,
Hintz prétend au conti
breu chaia ne (ignifie po
mais y comme quelque
populus^ grcXi congrci
s'entendre du peuple h
Pour rintclîigence c
& 13.9 voicila paraphi
Avril ijtù 595
î le P, Hint2 : Dominus fuppciitarit
"'• laudcm cvangcU^i/intibus : txcrciiuj
^ qnîdcm hojtlum maximi ; reges ta^
-: nten ifiorum txerciiuum fugerunt vr-
^ ^lemtnttr : Ifracl auum divijkfpolim
^ Il prétend > comme Dom Calmer »
* que l'hébreu amar dcfigne ici ua
i Cantique y & que le féminin mcba»»
- ferot 3 qui peut être neutre , & pat
i^ confèquent commun , peut déHgi
t non-feulement des femmes »
ti encore tput le peuple. M. TAbbf
' prend le premier mot dans fon fens
ordinaire 9 & traduit : Ufouveraih
K Maître nous avoit fait annoncer ^
5 que des amiées nomhreufes s*ajfem^
i bloient contre nous; mais Us Rois
' de ces armées ont pris la fuite
î & nos femmes qui font lefiUs dans
'^^j^ maifon partageront les dépouilltt.
t^' Ces armées font celles des Ammo-
nites & des Syriens dont les Rois
furent vaincus près de Medaba pat
Joab & par Abifaï. Ubébreu nevat ,
fclon le P. Hintz , fignifie habitatio ,
c*cft-à-dire habitatrix ^ ou mêmA
5 $6 Journal des Sçavmns p
habitator , 8c comme porte le ç
dccn Congregatio J/ratlis»
On a vu de quelle manidi
m^me explique les ver fers i.
"i^ ^ fi dormiatis , &c. Il pri
que le àuzlfephataïm dciigne 1
phrare & le fltuve d*£gyprc q
Seigneur avoir aflignés pour ///
de la (erre promile aux Hébr
Îuoiqu*iIs n'ayent pas occupé t
ktte étendue de pays. Scmini
dabo urram hanc ^ a jlumini JSg
-iifque ûd fiuvium magnum Euf
um. Gen. xv. i8.
On convient que la racine c
mât fîgnifie ordinavït , difpoj
ce qui a fait juger à M. l'Àbt
qu'il s*agifloit ici d'armccs ran
en bataille, & que le fens et
quand vous vous trouvâtes rcjj
entre ces deux armées , entre Us
de cette colombe ( fup. rditiei
figurée en argent (fur leurs i
dards ) , & dont le plumage de
trémité des ailes a la couleur du
pale d*un or émailU | celui qu'il
a foudre ayant difftpi Us Rois de ces
trmécs avec leur colombe , vous pa*
'Utes aujjji iclatans que ta neige qui
^Jt fur le moneSelmon. Pour Tin*
rêlligence dé ccd'j il faut favoic
jue la principale DiYiniti' des Sy«
*icns étoit Vénus à qui la colombe
rtoic confacrée» ic qu'ainH Venu^
Se fa colombe . étoiçnc figurées en
3r & en argent fur leurs drapeaux,
c^uoique Moloch fut la Divinité
des Amïhonites , ils adoroienc au(fi
Vénus d*une manière particulière.
Leur ville même capitale, Rabbah^
en avoit pris le nom , ptiifqu avant
de porter celui de Philadelphie^
elle s'appella d'abord Amman , en<-
fiiite Aparté j comme le dit Etienne
de Byzancc : or on fait qu Aftarté £c
Vénus font la même Divinité.
M. TAbbé L. fappofe aoifi qu'au
lieu de la féconde pcribnne migti«
lière du futur que porte»le texte
d'aujourd'hui , il faut lire thifcUe'»
£ou à la féconde du pluricr , inftar
jtivis dealbati ejlis: Ù Autour de la
5 9 s Journal des Sçavans »
Vulgatc, après les Sepranre > Aqi
Thcodotion , femblcnt avoii
ifchltgou à la troifième pcrfc
mafculinedu pluricr ^ dtalbabuà
Le P. Hintz s*en tienc \ la le
vulgaire 5 mais il fuppofc i€rra\
nominatif à ce verbe^ conune oi
vu dans fa traduâion.
Quoique les deux Inrerpi
ayenc fouvent des idées bien dî
rentes , leurs vcrfions aux vexs
17 9 18 , 1^9 peuvent fe conçi!
Voici la paraphrafe de M. TAbU
Montagnes de Ba^an ^ montas
élevées & orgueilietijes , pourq
faiJîe:ç^vous la guerre à cttHjm
montagne de Sion : ignorie:^vous
Dieu la prifire à toutes les auti
6 queuta choijie pour y fixer Ja
meure àjnmais : ne favie^^vous j
que U char du Seigneur efi enviroi
de vingt, mille & des milliers tUj
armée y que lefouverain Màtirt
au milieu d^eux^ dans fon /as
tfiairt^ comrru il parut autrefois j
l(t Sinaû Vous êtes monté en kéu
Avril ijtxm 599
Seigneur y ( fur votre arche pour
rôarcher contre ces Infidèles). Vous
èmmene^à prefent un grand nombre
4e ^ captifs; vous ayt[ reçu des dons
pour, tes ^ijk'dfher q,uK hoipmes ; &
speme>9 Seigneur Dieu ^ vous ave^^
fjigi^ iouj ceux; qui s*é(Qieht élevés
contn, vous y pqur habiter parmi eux.
Çepe'ndamc il eft dit au v. 7 , aue
ces rçbellcs, qui s*étoient élevés
contre lé Seigneur, habitent des
lieux arides. Ce font, dit M. l'Abbé
LadvQcat , les Ammonites qui s*é»
toient retirés armés dans les monta-
gnes de l'Arabie défeite, pour fe
fbuilraire à la vengeance de David ;
au lieu qu'au v. 1 9 il s'agit des Am«
monites qui reftérent dans leur pays
comme nouveaux iujets de David »
Sç ceux qui furent emmenés captifs
àJérufalem.
Lès deux Interprètes s'accordent
aufli au fond fur le fens des paroles
que la Vulgate rend par profperum
iterfaçiet , v. 10. Mais le P* Hintz
prétetnd que l'hébieu hamas fignifie
^00 Joi
ontravit f
(]ui a (lérci
fOftabit n
L. fouricit
ce fcns dai
qu'il eft fi
ou ///; ai
ÏWQjùfJliai
lu tO) au
rire ce fcns
luccis à ne
Au vers
ÎJomini to<
traduit Dt
W^ont ; le I
^ue'lc text(
cette eiplic
rocte facre
quand Die
M Mort im
ralJI^ (es en
_J — mm
'•^ « obJRt
cradiiifi
Ce '■«-•
AvrU J751. ■ 60 1
au traicemcnc iguominicLix que les
Ambadadeurs de David avoient
éprouvé de la parc de Haiion, &
de-remar^ucr que David , pour faire
fubii au Roi des Ammonites la peine
du Talion , ordonna fans douce
qu'avant de lui donner la mort » on
lui roupâc la barbe & les cheveux.
Dans les vcrfets fuivans le Poëtc
facté décrit l'ordre de la marche de
l'armée d'ifracl, avec l'Arche d'al-
liance. Les Chantres , pris du nom-
bre des Lévites , font devant l'Ar-
che , à la tête des Miniftresiacrés;
fuivEnt k's Joueurs d'inilrumen?, au-
-_ 1 iiir d'eux font de jeunes Vierges
■- qui frappent en cadence fur des cym-
bales, & par des danfes graves Se
~ majc&ucuics embellilTtnc la marche
■pompcufc; les Prêtres 5i les Lévi-
r" CCS , amour de l'Arche, fontparia-
r g^^ ^^ quatre corps , un de chaque
^^ côté. Làrmce ctoit aullî divifée en
,— quatre corps, compofcs chacun de'
trois Tribus.Bcnjamin, avec Ephrai m-'
Se Mauafic f commandant, le. pce* '
_ Avril. Ce
'ifoi Journal des Sçavans ,
miei corps, précédoic les Gbantrei
& conduifoir la marche. Il dévoie
être> fuivanl l'ordre Ae Moyfe « i
l'occident de l'Arche ( Nomb. H.
iS. ). Or, la marche de Rabbah 1
Jérufalem éroic dirigée à i'ouefl^
ainft Benjamin devoit être à la tête.
Le fécond corps écoit commandé
par ia Ttibu de Juda , oi^ fe rroa-
voit David avec les Piinccs du Saite
ornés de leur pourpre. La Tribu de
Zabulon commandoit le troiGèmi^l
corps au midi , & celle de Ncpbtat^^
le quarrième au nord.
L'Interprète fran^ois conclut
cet ordre, qu'il ne s'agir point
de la marche de l'Arche fous la '
duife de Moyfc, puift^u'alc
Tiibus de Juda » de Ruben,
phraïm & de Dan, commaii'
les quatre corps d^flribués ai'
tie coins de l'Arche.
L'cxprelEon feras arundln
31 , préfcntelemêmc mot
tjut , comme l'a déjà temaP
Hiaiz , De IjgDiâc pas louji
Jvrit 1781. 603
encore caeus , grex , comme
8c parce que le ro/iau eft lou-*
nnplpyé -dans r^itare pour
fcérifêr un homme léger & in*
ant 9 il croit qu^ a la minie
icatîoD dans cet endroit. Les
utx^ pat une métaphore ra»
^fignifienr, à lùa avis» le Roi
s Qiefs des ennemis voifins'^
ne leurs Sujets font repréfenfés
is veaux»
l-Abbé L. penfe que ces Mus
ffus déiignent les Ammonites ,
que Raobah étoit fituée dans
:u aquatique, & que le mot
n ne figoifie pas ici des tau«
9 mars des tK>mmcs forts Se
tns f ce qui 'en eft le (eus ordi-
. Quant â celui qu*on ret^d par
; 5 il préfente trois expUca«
, dont il préfère celle de la
»d fyriaque i fuivant laquelle il
des vêoux iFor & '^rargent,
L-dire de ces idoles que les peu-
le la Syrie 9 de la rhénicie &
krabiç adoxoicnt alors ; mds il
Ccv\
1
6o4 Journal des Sçavans ^
pcnfe que le (îngulier mitraphU
texte eft altéré , & qu'il Âuc
^u plurîer mitraphtfim. Coipmi
mot 0^5 , qu on lit enfuite^ nefij
fie pas toujours l'Ethiopie proj
iTient dite , ou d'Afrique, mais q
quefois TArabie & les peuples
q;oieDteqtrela Palrftipe &r£gyj
M. r Abbc L. croie qu il défigpi
les ArKbes nommés Cujîus. lu
ïlihrzy au contraire , voit ici
Ethiopienfi Africains, & fon \
d'exjplicanon le lui pcrmcrt»
' Nous avons rapporté jufqu'ic
prinçipauic points d^s deux in te
tàitiôns; mais il en eft befti;
<f ^ût(çs qu'il faut lire datis \v
vr$tge$ ipêmeSy pour pouvoir /
f^r» après s*eo être for n
,|Complctte. On rcmar
im, . que l'un & 1 autre <
lâ^e^Vti^ae particulière de 17
Sâifi'te % Se qu'ils rapproche/
beaucoup d'adrefley ks
pipiffages qui peuvent favor
idées»
j4vrU 1781. ^ÔJ
Au telle , le P. Hinra fait «fp^rcr
un Commenraire fui tous les Pleau-
mes , n du moins il peut venii à bouc
de publier un Ouvrage qu'il a entre
les mains, dont il s'occupe depuis
plulïcurs années f Se auquel ii ne
itfte plus qu'à donner l'étendue con-
venable , t non mi refia altro que ^
Jltnd€rla(^Opera\ Quel en cft l'ob-
jet î C'eft ce qu'il n'cspliquc pointî
mais il prévient que cet Ouvrage
pourra pafler pour original , & faic
pour étonner : Je non aveffid^ ma-
ttriali éa far un Optra , the pojfa
crtderji ofiginak , e,ft non ro* tn-
ganna il mio giuJi^io ^ daforprtn-
aere.
Le frontifpicice de celui-ci ell
omi d'une médaille ou amulette,
oïl, d'un côté, paroît le biiftc' de
Jefus-Chrift , avec ces mots hébreux ,
Dominus Jefus^ le premier n'étant
délîgné que par Valepk , initiale dÇt
mot adonai ; fur le revers le P.
Hintz lit , Méfias Rex venit iapace ,
& lux de komiaefaBa tfivita, Nouft
^o6 Journal des Sfavétn» > 1
difons que l'Auteur lie ainfi , patcff ^
tHi'iI y a daiM la gravure quelquci
caraâèics qui peuvenc paroître in-
ceiiains. Ce monumcnc a été trouvé
en Sardaîgiic , & cft cnrrc les maint
du P. Hiiuz; Philibert Pingon.dani
fon Livre àe Sindont Evang. , en a
publié en cuivre, celui-ci clt d'at-
genr.
[ Extrait de M. Dupuy, ]
LETTRI.S éJlfiantti & curieuft$m
» écrites des M'tfftoni éirAng'erêMr
Tom. XIX, XX, XXI, XXl"
XXm& XXlV.^Smre des M
moirES de Ja Chine. A Paris, ch
Mérigot le jeune j Libraire, ■
des Augutlins , au coin de
Pavée. 1781. Avec Approb
& Privilège du Roi. Six voj
LES troiï volumes pxt
dont nous avons lendîi
fontdeftinés, comme nous
dit , aux Mémoites de la
Avril 1781. 607
les fix que nous, apnançons en Ibnc
U fuite fie font entièrement remplis
de lettres qui coocctncnc le même
pnys., paicQ que in Miflîonnaires
tê fa))t pwrticulièrcKenc attachés à
faîie fronnoître le gouvcraemcnc , tes
igœun, \ts fcieocei, les airs des
Chinois * tloDt avAnc eux uous étions
peu isftiaits.. Nous .nous bornerons
aasa cet Extrût aux Mémoiresqu'on
ne trouve poiuc dans la première
. idilioD ; JUpC . aoui ne parlerons
poia'c des tonus 19 &£ ti , qui ne
cootieiment rien de nouveau.
Dans le rome lOj on trouve un
Mémoire qui contient les modfs
qu'un Prince chinois, nommé Jean ,
a CBS pour cmbraiTer le Cbiitllaiiif-
mc) ceft le Prince lui-même qui
CD rend compte.
. A la luitecft une Notice des Ou-
vrées compolis-ou traduits en chi'
Dois, pat les MilBontiaircs Jéfuiics.
Çeac Notice fe»ic très-curicufe &
fetoû bcmacui aux Milfîonnaiies 11
'Yoa avoît donné le catalogue de
C c iv
6û8 Journal des Sçavmu ^
TOUS ces Ouvrages , foic fur
gion y foit fur les arts & les le
nous ne ferions pas Fâchés c
noître ceux des Livres europ^
ont été traduits en chinois
cette Notice , trop courte
n'cft que de deux pages , n
prend feulement que diffère
lionnaires qu'on nomme ont
Ouvrages qui ne font poir
qucs ; ce qui rend ce morceau
Dans le tome ii on a inl
Lettre du P. Parennin qui
pas été imprimée ; elle ne c
que Ictat des iMiffions, Tar
quelques Midionnaires à la
maiyians détails intéreiTans*
•
Le tome 13 renferme qu
ces qui- n'avoient point en
pub iées ; la première , d'
Gad, contient un compte
de fa miiCon^ la fecont
Benoît , un détail de la p
faite contre les Chrétiens
la troifième concerne enc
fion ; dans la quatrième
Aviîl 1781. 609
P. Amiot , il eft gutftion d'une tt~-
volution arrivée en Tartaric , qui
fiit caufe que dix mille Tartarcs fe
tévoltèrcnc contre leur Souverain fc
vinrent le rendre à Kicn-long, Em-
pereur de Ja Chine. Ce Piince alla
a cette occsHoD à Gé-hol en-Taica-
f ie , & voulut que le Frère Attiref,
qu'il cccupoit à peindre dans fon
palais de Pe-kîng le fui^îr pouc'
peindre la cérémonie de la récep-
tion de ces Tarrares. Ce FrJre tut
obligé de deflinei > dans un tems
très court , tout le cortège , & dé '
faire onze portraits paniculicrs a'
parce que l'on veut à ta Chine ^ufr*
■ dans CCS fortes de tableaux'Ies prin-
cipaux aélcurs fbicnt refTemblar.^
Les Tanarcs , peu accoutum'és à Te '
voir repréfentecainfi, étoicnt émer-
veillés de fc reconnoîde fui une
toile i ils rioiem les uns des autres , "
lorfqu'après quelques coups de pin- *
ceau, ils apperccvoient un peu dc '
-leflemblancc \ mais quand elle ééoic'*
entière , ils étoicnt comme cxaltési '
\\l
CIO SourtuA its SfMM
Les Seigneurs Chinois i
cheous lioienr luflît not
copies , mail des origin
mcmes , dont la figure ,
nance & toutes les maliièn
Îeu de rapport avec la pc
es ufages de h Chine : <
côté le Peintre eut de <}ti<
fa patience pat les rablcaui
celtbîc de lui demander
inftant. Le Frète Actiret ,
anquante jouis en Taii
f alla quarante i peindre ;
ce court efpacede tems» il
deux porttaits i l'buile
grands delEns , tant de la
hle que -des autres cxeT<
' qnaocité d'autres morceai
ttvint-ii i Pe-king , mai{
2c méconnoiflabte. On vc
con^ieoces que le Frère A
avec les Giands de la Ci
ceux-ci font beaucoup de
nation françoife. ** Vocie
»Royaunie, difoient-ils
n Aititçt , efl la Chine de
Avril i^t^. $\i
i¥ Tous les autres Etats fe fonf un
» devoir & ua plaifir de fiiivrê Vos
n u&gies ^Yos maximes & vos rits. n
Sous le rè^nc de Kang-hi on t £ii€
sin Oiâionoaire hiftorique te géor
paphîque^ dans icouel oh Irapporte
M qui fuit» que le F* Amioc a tra^*
duit. Il âiit remarquer que ee Dic«
tionnaire itant. fiûc par otdrç de
i'Eaupcrtur j, U eft authentique dans
fout rEmpire«. La . Fréâué^ y eft^il
diti iji au nord de tEfpoffu ; elU
a de ciraiii U£oq Us (c'eft^à^diic
cnyiron tiao lieues^ le LUfquiva^
lanc à*peii*près k ube de nos lieues
coinn^unes) etic êjl dirifik m /€i{ç
provinces. $ la capUale de u Rayais
^e s'appelû Paris. Caie piÛe efi
témarquMe furioue par am CoUige
ou U y, a habituelUmtM plus de
quture ouati d^EiuSàns. Cc*eft-à-
dire plus de quarante jnille » uo
puan v»ut dix mille) Ù y a fepe
autres èàUigès ou ton l^fpratls
les pauvres Ecoliers. Tous eu CoU
Uges font fous^ la ddpeniaace da
- Ccvy
£ 1 1 Journal dis Sçavant ,
Koi .... Lt Roi dt France a le p<m-
voir mtrvtilUux de guérir des ierouel-
Us ceux qui en font aitaqités , en Us
touchant ftuUment de la main. Il
ptut opérer ce prodige une fois chaque
année, après avoir/eûné trois jours,
La France a cinquante Royaumet
fous fa dépendance.
Ce qui contribue , dît le Mtflioii-'
naire , à donner aux Chinois une fi
grande idée de notre Koyaumcy
c'eft que la plupart de^ machine ,
des inOtumcns , des bijoun &: des.j
autres chofes curicufes qui font danft .
les magaiins de l'Eiipcrcur ou t^Hi'*
cnibcltiflcnt fcs appattcmcus , fontM
aux armes de France ou marquée^
au nom de quelque ouvrier fiançoisafl
Les ilcuis de lys font, dit-il, icî:|
confiUcs de tout le monde , elles (e>
trouvent chez les Grands fur la plu^'
part des choies ciirieufes dont
font polTcfleurs ; elles Tonr chez
Princcs , & elles (ont niultiplit
dans le palais de l'Empereur en au
grande quantirc qu'elles peuve
1 L'trc au Louvre ou à Vcrfaiiles.
'Jrrll tjti. ïfij
On trouve enfuite plufieurs pe«
tites lettres qui toutes n ont d'au«
tre objet que les miflions , la more
de quelque MiflSonnaire ou le dé-
tail des perlècttttons que les Man-
darins chinois font naître. Dans une
Lettre du P. Benoît, ce Miflîon-
naire , qui étoic à la Chine en 1 745 ^
donne une légère idée des jardins
chinois , & rend compte d'une
mappemonde qu'il avoit faite pour
l'Empereur , en fe conformant aux
nouvelles découvertes.
Le tome 24 renferma aufli plu«
fleurs pièces nouvelles. La première
contient le récit de la mort d'un
Chrétien chinois nommé Ma. La
féconde, Thiftoire du P. Benoit,
un des Mi/fionnaires qui a rendu les
flus grands fervices a la Relidon.
1 s'étoit d'aborï livré à l'étude de
rAftronomie*, mais l'Empereur ayant
vu , en 1747 9 la peinture d'un jet
d'eau s il fallut que le Miffioncaire
en fit de femblables dans le palais;
ce qui l'occupa long-tems , parce
l
^;^è. tt i*^. r i, dès q>»«
•tt«« P^*5 - a de* 1
Un autfc Miflionoairc» ihatime
Letçre , Aotmt une tclAtios de la
guerre des Mîao-c&é de la^déftaitt
de œs peuples te des cnieb tcm-
mens quel^ 6f éprouver ileuif
Cb ek uits.pxifisiDieiB. Nous avons
rén du compte dans unk^aottê Qcca«p
fioti de ces fipènfli ONMiXi.
On içaic que les CKinoîè culct^r
vent les Letmr; cUei^ iboc pout
eux un snojireD de.pai:ycntr4 la fpr*
ttttie^ mais il firacsquelesLfmés
Ibfenr expfêmemepc drconôicâi
daiu leuffs Ouvrages. Le £ûc (ni»
VMt p jNipporté par un Miffipnogire t
en eft la ineiive & piéTente on ezem*
jie terrible de la (hétité du sou-
Yernement cfainois* Un Lertre ds
Kiang'fi^ âg^ de fcÂxante ans, qui
vivoft dans là proviàce oà il s'amuh
ibit i écribre , eut un ennemi ou plu»
eôc un jaloux qui TaccuTa d'aypit
ofé toucher an grand Diâionnaire
de Kang-hi & .desi avoir &itua
Abrégé dans lequel il n'avoît pas
craint dfe .contredise quelques eo«
6 1 6 Journal des Sçavans ;
dioirs tie te Livre ; d'avoir eu l'au-
dace d'écrire dans la Préface les pe-
tits noms de Confucius , ceux des
ancêtres de l'Empereur , & celui de
I Empereur lui-même \ & dans d'au-
tres Ouvrages , d'avoir prétendu
defcendre de Hoang-ti. Le Lettré
fiit ciré devant un tribunal; il k
défendit, mais on ne laiila pas de
le condamner & de le trouver cou-
pable de lèze-majellé au premier
chef, parce qu'étant Lettré il étm\z
inflruit des loix & des coutumes,
& ne pouvoit pêcher par ignorance.
Les Juges dirent que , félon les loix
de l'Empire, le criminel devoir être
coupé en pièces, fes biens confif-
qués , fes parens au-deflus de feize
ans mis à mort , Tes femmes , Tes
concubines & fesenfans au-de(Ibus
de feize ans exilés & donnés pour
efclaves à quelque Grand de rfera-
pire. Cette fentence fut envoyée à
l'Empereur fuivant Tufage» Voici
ce que ce Prince prononça 2 « je fais
^ grâce au Lettre fur le genre de fon-
Avril lygl, ^17
•» fupplice*,ilncrerapascoiipécnpic«
»» ces; qu'on lui tranche la têrc. Je tait
>* grâce à Tes parens ; pour Tes fils ,
» qu'on les réferve pour la grande cxc-
'> cution deTautomne^quelàloi fait
** exécutée dans Tes autres points. >•
Ici ^ dit le Miffi-^nraircy an mot
contre le Gouvernement cft puni Je
mort 9 & même avoir lu un Livre
qui en parle mal , c'cft un cri tic ca-
pital. On voit que cette Icvérirc s'c-
rend également fur de fimples poinrs
de Littérature que lEmpereur dé^
cide. Ceft cependant ce Prince qui
eft adtucllemenc occupe à formrr
uneColicftion dii^nc des plus granis
Monarques de l'univers. II veut raf-
femblcr tout ce que la Chine a de
mieux en bons Livres , foit manuf-
crits y foit imprimés, pour les faire
imprimer fous un même format &
dans un feul corps. Cette CoUeâion
doit contenir fix cent mille volumes
qui feront tous imprimés à Timpri-
merie du palais. Le MilSonoairc f
auteur de cette Lctue y dic qu'il y
H- '
'ti s Jaumat dts Sçavans ,
rn a trois faits par d'zncrcns Ml|
fîonnaircs concernant la Religiol
Chrétifnnc , qui doivent y cntm. ^
Le premier cft intitulé Tiea-iehoa'
che-y t c'cftà-dirc vraie noiion Jt I
I}iiU, par le P. Mathico Rkc*.
Le fecona, Tri-kt (lifl-i T/!-it)
les fept Palfions. Il traite de la vio'
toire des fept Paj^ons de 1 hommt \
il cft fait par un Mifliomiairc, Le
troititmc , Kiao-yao-fu- lun ^o'i
Abrégé des vérités fondamcncalct
de la Keligion , par le P. Verbicft.
Nou'i oMîrvcTons ici que les Chi-
rois innt daiu l'iifasc de faire de
fcmblabie? Colkaions plus ou
moins étendues ,6£ qui contiennent
une infinité d'Ouvrages en diffîrens
genres qu'il cft împoUtble de trou-
ver ailleurs. En général, les Ou-
vrages qu'on y inl^rc ne font ptf
communément trop votumineuii,!
On a placé dans ce mêrne *i
lumc un Mémoire fur les Juits ('
blii en Chine ; quoi qu'il ait i
cté impiimé dans le tome 31c'
'jivril 1781. ^19
première édition > nous croyons d:*
iroir nous y arrêter un moment. On
fçait que nos premiers Miflîonnaireli
ont trouvé une Synagogue de Juift
à Kai-fong*fou dans le Ho-nan. De-
puis ce tems ils ont fait différente
tentatives pour acquérir des con«
jioiflances plus fûrts & plus exaâes
fur lorigine & rétablifTemcnt de ces
Juifs à la Chine , & fnt leurs Livres.
Dans l'idée où l'on étoit que la
Chine n'avoir jamais eu beaucoup
de communications avec les nations
occidentales , on p^nfoit que l'exem-
plaire de la Bible de ces Juifs de-
voir être fort anciennement encre
leurs mains , & par cette raifon fore
curieux. Ces Juifs font établis en
ce pays , comme ils le di(ent eux-
mêmes 9 vers Tan 65 de J* C. Ils
comptoient plus de foixante-dix fa-
milles des Tribus de Benjamin , de
Lévi & de Juda ; ils étoient établis
en plufieurs endroits de la Chine »
mais à pré&nt ils font réduits ï (êpc
familles & au feul établiiTemenc de
éio Joumaldes Sçavans ,
Ka 1-^011 g-fou. Les autres ont ent-
brafTé !e Mahométifme. Les familles
cjui relient ont dans leui Synago-
gue diffcicns exemplaires du ïtf-
King, c'cft ainfi qu'ils appellerti le
Pci;tati;uqiie; ils ont ^rcore plu-
fiturs auiTcs Livres tous écrits eu
htbrcii. Comme des incendies , des
débordcmens de fleuves ont ruiné .
en diffï-rens tcrrs leur Synagogue i
CCS Jtiits ont eu recours aux Juifs
de la Badriane Si. de ta Petle , qui
Uur procuroieut de nouveaux exeni'
plaircs de l'Ecriture. En 1641, leur
Synagogue avoic encore é[é ruinée
par un débocdcmenc du Hoang-ho »
qui fît pf rir plus de trois cens mille
hommes , & ils ne fauvèrent qu'un
Feiitateuquc qu'ils avoieiit eu peu
de tcms auparavant d'un Juif qui
croit venu dans le Chen-(î ; aînfî
leurs diffcrens exemplaires de la Bi-
ble n'ont pas une lî grande aniiquiri
qu'on le croyoit. Le MiOîoDtwire
entre dans quelques détails fur Ici
Livres qu'il a trouvés dans cette ~
Avril lyJzi 6ii
iynagogue, & fur ce que ces Juifs
lifenr ne leur Religion. Il nous ap-
Kcnd qu'on a placé en 1744, dans
:crtc Synagogue , une infcrîptîoti
:hinoile dont 1^ P. Gaubil a donné
jn précis , qui nous naroît un peu
trop courr. Il y eft qneflion d Abra-
liani 9 de Moyfc & d'Efciras. On y
jir qu'Abraham vivoit 14^ ans après
le commencement des Tcheou &
Moyfè y 6 1 3 ans après ia même épo*
que. L'an 1515 on y érigea une fo-
conde infcription» où Ton parle
aufli d'Adam^ d*Abraham « de Moyfc*
Ce que Ton dit ici du tcms d'Abra-
ham & de Moyle a embarraflé
les Miflionnaircs. La Dynaftie de
Xcheou n'a commence que iiii
ans av. J. C. , & il n'eft paspoffîblc
qu'Abrahani & Moyfe ayent vécu
après cette époque. Le P. Gaubil
prétend lever la difficulté en remon-
tant jufqu'à l'ancêtre des Tcheou &C
au tems d'Yao , izi6 avant L C;
( & non, pas comme on lit dans
l'imprimé , i ii^ av. J. C. ) & foi
6i 1 Journal dts SçaVans ;
tiriit que CCI. Juifs datent de l'an
cêcrc de ces Tcheou. Mats DotH
croyons devoir obfeiver que jamais I
les Chinois n'ont daté de cette épo- 1
3UC, qui n'a rien de icmarquable '
anî leur hiftoire. Il y a lieu de pré-
fumcr que cccte faute vient de l'igno-
lance où croient ces Juîts de YYàî-
toire de la Chine. 11 ferait à dcdrei
que les MilHonnaires , pour com-
plct'et leurs recherches, esaminaf-
fcnt dans les anciens Livres chinoit
ce qu'il peut y avoir fur les Juifs Ac
s'il n'exifte pas même quelques Li-
vres juifs cents en chinois. Pour faire
de fcmblables rcciierches il faut erre
à la Chine , &L fouiller dans les
grandes CoUeâions.
Le 14,* volume eft tcnnini pat
la Table générale des matières des
neuf volumes concernant la Chine ;
ainfi le Public cil en érac de jouir de
cette curicufc Collcâioti qui a été
achevée en aflcz peu remi.
f Extrait de M. di Guignts. ]
I
Avril 1782; ^ij
BiSTOIRE umverftUe depuis tt
'Commencement du Monde jujqu*â
prifint i cQtmùofkt en anglois par
une Société de Gens de Lerrres ;
nouvellement traduite en françois
par une Société de Gens de Let-
. très ; enrichie de Figures & de
Cartes. Tomes XXXI & XXXIK
A Paris , chez Moutard » Impri-
meur • Libraire de la Reine , de
Madame & de Madame la Corn*
reilè d'Artois , rue des Matburins»
^ hôtel deCluny. 1781. Avec Ap*
probation & Privilège du Rou %
vol. 111-8^. Le i.^' de 544 le fc^
cond de ^78 pages.
L'hisTOIBE des nations de
l'Europe ne fournit pas » coni«
me celle des nations dont on a parlé
précédemment, de grands détails
lorfqu'il s^agit des tcms antérieurs à
FErc chrétienne. Au * delà de la
Gaule tous les peuples étoient à*
peu-près des barbares auxc^uels Tu-
tf 14 Journal dts Sçavans ,
lagc des Le très a été iong-tems in-
connu, par confcqucnc on ne petit
avoir aucurc notion bien exaâe de
ce qui les concerne, & iorfqu'ilt
ont commencé à k policée ils onC
admis des fables (ju'il cd diAîcîle
d'expliquer.
Les Auteurs anç^lois conviennctic
qu'on ne peut dire avec certitude.'
quelle étoit l'origine des peuples.
qiu font au-delà du Rhin & du Do» ,
nube; on les contondfous le nom
de Ctlrcs , de Scyihcs & de Cclco-
fcytlics ; mais ces trois noms com4
prcnEcnt un (ï grand nombre de na-
tions , qu'on n:.' peut fans courir rif«
que de fc rromper appliquer aui
anciens Germains ce qucn a d\\
l'hiftoirc. On fait delc<-nilrc ces Ge?
mains, (jomme une infinité d'autre
peuples ,de (iomer, fils de Japbecyt
mais c'tft ce qu'on ne peut prouvet
Si ces peuples u'avoicnt point en
afiaire avec Us Romains, nous U
les connoîtrions pas ; aiillî ce qui
l'on en fçait fait-ll partie de l'hlfe
1 détail ftir leur hiftoire; mais
ércod davantage fur leurs loix ,
religion ^ leurs mœurs , leurs
•s & fur leur pays , qui étoic en-
couvert de forêts,
biftoire de la Bretagne ou de
jlcterre , qui n eft ooint dans
rcmièrcs éditions ae cet Ou-
; } occupe une partie du 31.^
me* La conformité des coutu*
. du langage 9 de la rcli;^ion Se
ouvernement entre les anciens
>ns & les Gaulois, a fait croire
ufieuTS Ecrivains que les pre<*
S'étoient une colonie de ces der-
• Il tèj;ne ucegtaade obfcuricé
ft6 Journal des Sçava/ts^
gne , fur de longs vaifTeauX avec
îcfi|uels ils abordèrcnr en Irlande ,
d'où ils palTèrent en Anglprcrrc. On
, fie fçait îî ces Pidcs font les ttiêmet
que les Bretons. On prétend que Ici
EcolTois viennent d'IrUndc. Les Ah-
_ teurs aii^lois s'étendent beaucoup ,
fi'aptès Céfar , fur les niccurs , les
coutnm.s & U religion des Bietonst
ils oblcrvent que lïs plus civilifés
d'entre eux liabitoicnt le pays de
Kent & reHlmbloicnt davantage aux
Gdulois. Les anciens Aur.:urï tuius
reprclentent les Hrctons comme une
nation guerrière qui ft plaît au car-
Jiagc. On prérend que dès avant U
guerre de Tiovc,ks Marchands piié^
nicicns cmportoicnt tous les ans de
leur ifle beaucoup dctain , com*
nicrce qu'ils tinrent long-tcms ca-
çhé. Les Grecs ne le firent que i6o
ans avant Jules Célar. Lti Autean
-anglois fout l'cnumcrarion de roas
les peuples qui habiioient dans lu
différentes provinces de ce pays.
On fçait qu'Adrien, pour garantir
t élever dans la fui ce chacun
autre ; mais il n'en red*! plus
eftiges. Les Romains y établi-
un nouveau gouvcr^cmen^Tolît
[ue l'on die de la fii:te de cette
lire n'eft pris que dans les Hil-
;ns Romains ; ainH fans ces con-
:ans on auroic peu connu la
agne.
iftès que les Romains eurent
idonné ce pays ^ les EcofTois Se
Piâes firent de fréquentes in-
lons dans le pays des Brcrons ;
c-ci appelicrent à leur fccours
Saxons, qui, iuivant Topinion
plus commune , habiroicnt le
Vj.8 Journal des Sçavans ,
guerre ; l(s derniers imtnt enfin oblij
pés dcfc retirer dans la Principal
de Galles, où lis défcndirenr leta
liberté ; d'aurrcs palTèrtiit la mer j
fc rcticcrenr dans l'AimoTii^uc. C'etf
à cette époque que les Auteurs rcr'-^
riincnt l'hilioirc de ]a Bretagne. Lei
Saxons, les Anglois & les Juttei
Tcflèïtnr maître', de l'Angleterre.
Les Sçavans Anglois terminent-*
cctre hilloirc ancienne par celle des
divers peuples ftptenrrionaux qui
ont envahi l'Empire Romain. On
n'a que des conjcLluies à propofrt J
l'ur l'antiquité de (ous ces peuplcf^ ]
<}i]i ne font, pour ainfî ditCf con-l
nus que par leur irruption dans l'Eni'
pire \ de lorre qu'on c(E obligé, pour
en donner une hifloiic Aiivic, de_
copier uniquement ce que les Hil^
loticns Romains en dilent.
Les Hun^ , par lefquels on comi _
inence , habiioicnt avant leuririup<
tion un pays lîtué au nord du Cau-
cafc , qui s'Étend depuis le Pont
Eusin julqu'à la met Carptenne. Q '.
rup-
?ont
^. .'. a 1
Avril 1782. ^19
yen aToIc une autre bande qui de-
meuroir fur Jes fronticrcs fepten*
trionalcs de la Perfe , d'où on doic
conclure que ces peuples habiroienc
autour de la mer Cafpiennc vers
l'cft) & qu'ils font \c% mêmes que
les Tarcares & les Scythes. Les Au«
reurs anglois propolènc divers fen*
timens (ur leur origine; mais en fè
bornant aux Ecrivains latin}'! il n'eft
pas poiïible de remonter bien haut;
& comme les HiAoriens anciens ne
font pas d'accord , il eft difficile de
les concilier. Les Sçavans anglois
n'en difent pas davantage fur ce fu-
jcr. Ce fut vers Tan 376 d: L C.
que les Hunss*érablirent en Europe ;
en 391 ils pallerent pour U première
fois le Danube , & bientôt après ils
ravagèrent les frontières de TEmpirc
& y pénétrèrent 9 mais en 560 ils
retournèrent danslaPannonie. Vers
Tan 744 ils reparurent & jettè-
lent les fon^lcmens du Royaume
de Hongrie. Quoique tous ces cvc-
ncmcns fallcnc partie de Ihiftoirc
D d ïi)
l3]0 Journal dts SfMvansi
Komainc, il n'eft pas inutile de
r.i!rc'mble[ ainll ceux (]ui appaitien-
lunC à une narion paTticutièrc 8c
dVn torm;r un corps qui nous pré-
{enxc la fuite de tout ce qui peut la
concc-rnir; c'eft ce que les Angtois
on fd.c cgaieinetit pour les au[ies
barharf-:.
Les (iathi , peuple vaillant Se fa- .
mcux (îSlis l'hiiloifc Ro:naine, (onc
orij;in»ins Ht la Scandinavie qu'on
appelle- officina f-ciitium , yaglna
gtnnum. Ce fays comprcnoit la
.Stiè'e, la Norvège & ia Laponie.
^îa;s lomni n- un pavs fi (rold'ï (i-.
coLiv^rt de forets , a-t il pii fournir
ta:n de peuj>les qui le font répandue
cnluite Jans routs l'Europe? Il y a
litu de croire que ces peuples , chaf^
l^cs des contrées plus orientales Si
de la Taitarie , (e font d'abord éta-
blis dans ce pa^s , doù enfuite ,
pouffes les uns par les autres , ils
loin defcendus veis le midi dan:: les
ptovincci de l'Empire. Quoi qu'il
en Toit , les ïîçavans anglois avouc&C
n du Patriarche Sarug , la ^can«
ic ait commence à ctrt* pei:p.^!c,
onvienc que ks Goths ^v lis
; (ont la muiic nation ; te
tic il y a des Gctes dans Ja J'ar-
» on prétend que c<.ux-ci ionc
émigration des Go:hs g'j la
jsnavie; il (croit plus vraii-ein-
e de dire que ceux du nord
jnc colonie des TartarcsGvtts.
général, il c(l dillicilej tante
tonumcns, d'éclaircir ce point
:oirc. On fuppofe ici que i.s
LS fortis de la Scandinavie vi:-«
en Germanie , d'où ils paiîv.-
cn Afie , 6c que de ïAlic ils re-
é jx Jaurnal ia SfMvam ^
foumcftre plullsurs pays du nord
vers la PiuUe , la Livonic & la Mot-
CDvic, &i péiiéira jiifqu'en Suéde.
On prétend qu'il apporta avec lot
d'Anducaraétèfes tuniques &qii'il
ttifcigna la pocHc à toutes ïa na-
tions fcptcnttior.aics. Le* Sçavans
anglois, en convenant qu'il' y a eu
«n Wodtn , n'entre pu n»cr,t point
de défendre toutes Iss mervtiUe!
qu'on rapporte de lui. Pli.deut»
Ecrivains luppoRnt que crttc tmi-
çration de woden s'crt faite 14 ans
avant la naifl'ance de J. C , dans le
itnis que Pompciravagcoit la Syrie.
Les Hiftoricns danois reculent cette
époque à tooo ans auparavant.
Après toutes CCS dtfcullions les Sça-
vans anglois donnent une idée des
r^œiirs & de la religion de ces peu-
pks. Etablis dans la Germanie > ils
devintent bientôt les ennemis des
Romains, & Caracalla fut le premier
qui tut des dém,clés avec eux. En
X38 ils ravagèrent la Moelle, &
continuèrent depuis, en péné[rai>t
Avril 1782 ; 63 j
dans TEmpire , au point qucilar.-* I2
fuite, comme on le fçaic, ils oc-
vinrent maîtres de l'Italie.
Les Vandales, don: les Aucîcrs
anglois rapportent en/iilrc l'iiiftoire,
font une branche des Gorhs \ on les
nomme ainfi du mot gothique y^n*
daUn, qui fignific mener une vie tr*-
rame. Ils s ctablircnt d'abord dans
le Brandebourg , enfuite fur les bords
du Rhin Se en plufieurs aurrcs en-
droits. Ils ne commencèrent à in-
quiéter les lloma.ns que vers l'an
îfi^loas le rèens dcMarc-Aurelc;
& depuis ils ne cédèrent de faire
des incurfions \ ils vinrent jufqucs
dans l'Aquitaine , paflcrent les Py-
«nécs & entrèrent en Efpagnc , où
ilj fc fixèrent, & c'eft deux que
vient le nom d'AndalouGe ; cntîn
l'an 418 tls abandonnèrent TËfpa-
gne & allèrent s'établir en Afrique.
Du tcms de Céfar les Sucvcs tor-
moient dans la Germanie une gran-
de nation , fous laquelle on com-
prenoit les Lons^obardi , les Simno-^
* Ddv
634 iournaliti Sçavans ^
72CS y les RkenJigij les Avîones &
l:s AnglL Quelques Auteurs con-
foruknt ces Suevcs avec les Vanda*
les. Les premier démêlés de ces bar-
bares avec les Romains commen*
ccrcnc environ huit ans av. J« G«
Dans la fuite ils entrèrent dans lèil
Gaules avec les Alains & les Van-
dales > Se bienrôt après ils pafli^
rent en Efpagne & furent maîtres
du Portugal,
Les Auteurs angloîs n*ont né-
glige aucune des nations barbares
qui parurent & qui contribuèrent à
la ruine de l'Empire Romain, Les
Francs, les Bourguignons , les Al-
lemands, les Herules, les GepideS»
les Marcomans , les Sarmates , les
Daces , les Lombards , les Bulga-
res, Sec. Dans le 32.^ volume ils
ont rapporté tout ce que Ton peut
dite de plus vraifemblable fur 1 ort«
gine de ces difFérens peuples; ils y
ont joint le détail des évènemens
que les Hiftoriens Romains nous
ont confcrvcs. C'cft par-là que les
Aviil 17S1. 6^5
ins anglois terminent i'hi/^
de tous les anciens peuples
s depuis leur première urigire
lu tems où ils conimcncènnc
onfondre avec de nouveaux
\ , ce qui les con^^uic na-
ntnt à rhifloire modezoe.
: avons fait , difencils , tous
fForts pour bien remplir no-
an 5 & nous croyons n'avoir
lis que des fautes que roue
ur équitable fera porcc à ex*
, s'il léfléchit fur toutes Its
jltés qui accompagnent une
prife de cette nature.» Us
le de publier quelques volu«
Supplément à cette première
, nous en rendrons compte
mment.
xtrait de M, de Guignes. ]
#
Vày)
6)6 Joiiraêl des Sçsvmu ;
RCTOVK dt Provenu^ à CAïUtm
de l'Hymne au SoUiL
CE petit Pocme ed un digne fie
itiÂc hommage rendu à M.
l'Abbc de Reyrac par un homme
idit pour femir le ptii de Tes Ou*
viages , & fait pour fentir comme
lui les charmes delaNa:ure. Si le
ciel de la Provence l'emporte furie
nôtre , il n'en eft pas de même de
Ion fol , fc le parallèlcque le Poëte
fait de cette Province avec la Tou*
laine ou avec les environs de Paris,.
n'cllpasà l'avantage de la première ,
quoique celle-ci foie la patrie de.
l'Auteur.
O mon pays, paidonl
Te; rochers calcinés, àlacime grisjtre,
AttriOoient mes regards, effiayoieiu fua
Tes moncs font des volcans antiques, fbt-
iniHables,
SoUiaitii tiefeits i dont Ici échos m^ts
Avril 17S2. 637
A la voix des rroupeauz ne r^pcodenc ja-
mais.
Ces abiines noircis, fonsbres, ia!ial>itable«i
Tous cesrocsenrairës , monument du chaos «
Furent en proie aui feux ou crcuies par les
Rois.
Tj ^®w de rOc^an les empreîncesdura'v?Ies,
Ec les conques des mers paimi cous les nic^*
taux:
Mais l'œil y cherche en vain d'udies végé-
taux.
Là , fur l'aride fein d'une terre durcie ,
Eft éteint pour jamais le germe de la vie ;
lA, des huiffons fans fève , & de foibles
numeaux
Sont les fruits malheureux d'un fol fans
énergie ••.••.
Aux flots dévaÛaceurs > qui grondent vers
ces plages ,
A ces immen(ês mers , empire des orages....
Je préfère
Nos lacs profonds & clairs, ou fur l'azur
des Cieux
Se pcignençrcnvcrfés les mobiles ombrages^
638 Journal des Sçararis ,
£c le Pécheur tranquille j afTis fur nos^ri*.
vages ,
Aux Kabitans des eaux tendant un pî^ge
heureux,
Ec no> troupeuux j cachés dans de gras p4«^
turages y
Ec nos bleds ondoyans^ Me nos hamean
nombreux
J ai revu fans plaifîr le fiileux olivier ,
Qui prêce Ci peu d'ombre à la Bergère ai-
mée,
Le luxe infra£^ueux des palmes d'iduméci
Ec les jets odorans du ilérile laurier.
L*amour de la Campagne s*allic
naturellement avec l'amour des Lcc«
trcs & des Venus.
Je décède , en pleurant , la démence des
guerres,^
Ces grands adaffinacs des peuples en fureur.
Long & cragique deuil pour les deux hémif-
phères ;
Ec je m'écrie : heureux qui jouit « loin des
camps •«•«.«
Avril i78z. 6)9
DeC>i->nième, des arcs, & dcsplailîrs tou-
cliaas ,
Des ctflelles plalfîrs , fruits de la bienfai*
(àoce
Mes amis , avec moi, cultivent les taîens ;
Leufs fucces (ont les miens, & les (èuls od
j aipire
Ah l loin des froids pddaus , artifans de ccn«
fures,
Dont l'effet eA d'aigrir, & le but d*offciirv:r.
Heureux l'Auteur , qui joint dans fes doQcs
peintures ,
Au don de bien fencir , au grand art de
penfer.
Le goût des voluptés délicates & pures,
Et le talent exquis de nous les retracer !.. ;
Il arrive à la gloire en chantant Tes plai-
firs
Comme il touche nos coeurs lor(qu'iI répand
le fîen !
L^amour de la vertu devient fon éloquence.
S'il raconte les jeux de fon heureufe en-
fance I
J'en jouis avec lui , fon bonheur eft le mien^
(^40 Journal des Sçava/is ,
S^i chants, faits pour charmer i'amkié con-
fidente
Ses chants , pleins des douceurs de fa vie in-
nocente «
Seront tous entendus de la Poftériré,
Voilà l'Auteur aimé, le Sage, l'honnête
homme :
Tu le cherches, Reyrac, Se ma Mufe te
nomme.
[ Extrait de M. Gaillard. ]
Okaison Funèbre de Mtjprc
Pierrc" Augufiin - Bernardin de
Rojjet de F leur y , Evêque de Char»
tres^ Grand Aumônier de la Reine ,
Commandeur de P Ordre du Saint
Efprit , &c. &c. Par M. le Bouiq ,
Doyen de TEglifc Collégiale de
Saine André de Chartres» & an-
cien Profeflcur de Rhétorique au
CoUégcdela même ville. A Char-
tres , chez Michel Deshaics, Im*
primeur de Monfcigneur TEvè*
que, du Clergé & du Collège,
lue des Changes» à la ProvU
JÊVril \j%%. £41
dence ; & fe rrouvc à Paris ^ chcx
Baftien, Libraire, rue du P.cc«
Lion 9 fauxbourg S. Germain ^ 6C
Col as 9 Libraire , Place Sorbontie*
178 1« i>i-8^« 91 pages.
NOUS avons plus d*uiie fois en*
rrercnu nos Liâears ile« pro«
duâioiis de M. TAbbé le Roticq 9
Auretir de cerre Oraifon funèbre de
Littérateur diftingué. Céroic à lui 9
i rous égards, qu'il convenoic de
jemplir cette trifte fonâion; & nous
oblerverons à ce fujer que quand
rOrareur a une occaGon narurclic
de s'aflbcier au pcrlonnagc qu*il te-
Icbre & de paroicre, pour ainfî dire ,
en pcrfonne dans le Panégyrique
quM prononce , c'cft ordinairemenc
une des grandes fourccs de TElo*
auence. Un des plus beaux niorceau?c
e BolTuet eft celui où il parle de fes
cheveux blancs & de fa voix prefquc
cceince, en terminant TOraifon hi-
nèbre du grand Condé ; de même
le morceau le plus éloquent de TO;
f
641 Journal des Sçavaris ,
raifoii funèbre de M. lEvêquc de
Chartres, cft celui où l'Orateur
parle de les liaifons avec ce Prélat.
a Bienfaiteur de mes jours , hélas !
M en ces dcrnicis momens, oîi, me
» ferrant avec bonté dans Vos bras,
»vous daignâtes couronner en moi
»> de ftérilcs travaux par' des hon-
»neur$ incfpérési devois-je m'ar-
» tendre que la feule manière de
» Hgnalcr ma reconnoiflance & do
» vous payer la dette de mon cœur y
» fcroit de vous offrir le tribut d'un
» éloge funèbre? Aidez moi, ô mon
» Dieu , à remplir ce douloureux
» miniftère. Je veux faire revivre en
» ce jour Tufage antique, qui pcr-
» mcttoit à des fils concernés de pa-
» roîrre fur la tribune , d'y faire en-
» tendre les louanges d'un père en-
» levé à leur amour , & de jetser fo- '
» kmnellcment quelques âeurs fut
» les reftcs. >»
Le portrait du Cardinal de Flcurj,
loué principalement par hs traits
qui le diftingucnt des autres Minif-
Avril \y%u 645
tr« célèbres, mérite encore pdrri-
culièremenr d erre remarqué.
« Ame géncreufe amant cjnc pa-
>»cifîque, plus jaloufe d'crre unie
>»que d'être vantée , également cloi-
»gnée & de la magnificence faC-
i»rucure de d Amboife, & de Tarro-
>^gantc hmpliciré de Ximcnc^ s ic
wdes hauteurs menaçantes de Rchc-
^Jieu , & des (buplelfes poiiric]a:s
I» de Mazarin 9 • . . . vous jouillu^
^âc la gloire la plus tojchante & Ja
> plus pure 9 celk d avoir créé , pour
»ainfi due, à la France un Roi ,
> d'avo!T terme les plaies Ian;:;!anfcs
> dci'Ecat, éteint le (eu des Riva-
> lités étrangères , m^é les d;iFi-
> rends entre les Rois , acquis fans
>combats une vafte province, ^C
> ramené le calme après de lor:;?
> orages. »
La plus grande gloire de M.
*Abbc de Fkury, neveu du Cardi-
lal, fiit peut-être de confolcr le
Dioccfc de Chartres de la perte d'un
Prélat auÛî vertueux & auffi cliari-
644 Journki des S^àvans ^
table que M. de MérinvilL* , fon pré-
dècefTeur. L'Auteur 4 dans les notes
placées à la fîn de Ion Difcours^
rapporte un témoignage éclatant ^
rendu à la fainteté de M de Mérin-
vjlle par ks Confrères. Dans une
afieinblée d'Ëvcques , oh chacun
rapportoit les miracles opérés dans
fon Dioccfc, & où M, de Mé.in-
ville n'avoir encotc nen dit i pour
M. de Chartres 4 dit M. le Cardinal
de Tencin , on peut ajfurcf qu^il efi
le miracle de fon Diocife.
M, l'Abbé de Fkury fcmbla fc
Terre propolé pour modèle, ou plu-
tôt il n'avoir befoin que de luivrc
les niouvemcns de fon cœur , ians .
chercher à imiter perlonne pour ré-
pandre d abondantes aumônes dans
le Tein des pauvres. On en lie dans
\cs notes un détail attendrifTant.
« En général , il donnoic annuelle-
» mentaux pauvres tour 1er evenu de
» fon Evêché. » LorfqueTAbbayc de
Saint Père eut été unie à TEvêché
de Chartres , il dit à fcs Curés \nous
jtvril 1783t. (J4J
voilà devenus plus riches ; vous aU'»
rei déformais pour vos pauvres It
double de ce qui leur a été donné juf*
qtûà prèfent. En 1750 9 il envoya fa
vailTelle d'argent à U Monnoic pour
le foulagement des pauvres. Dans
les défaftres , dans les incendies , il
ne fe réfervoic rien, tout ctoit pro-
digué à ceux c}ue le feu ou les autres
accidcns avoiene ruinés. Quand on
fâifoit dans fon JDiocèfc quelque
chemin public par cor/ée , il four*
nifibit le pain aux Corvoyeurs. Une
femme inconnue , implorant fcs fe-
cours 9 il lui demanda quels titres
elle avoir pour y prétendre. Quels
titres , Mon/cigneur ? répondit la
bonne femme 9 quatre - vingt ans 9
ma mijère , & voà bontés. Ce< traits
méritoienr certainen^nt d'être re-
cueillis, aufli-bien que celui-ci par
lequel nous finirons cette notice.
4< Dans le tcmsquele Régiment
»de Ficher ctoit en garnifon à
$9 Chartres , trois Défeuteuis
n furcDC condamnés à être fufiilés«
C^S Journal des Sçavans ,
» M. rEvêijuc fc prékme au Con(cil
Mdi; Gucice , & obtient grâce pout
»iua dc« nois. Maii , dit-il Enluite^
» ma Mirt demande a.u£i U (tea,
«Touches de cccrc nouvelle dc-
«mandç, Jes Officiers accordèrent
» la grstcc à l'un tia dtux aut/ts, M
Au liïu de ces dernitrs mors : à
Vua dts deux auitet , nous acien>
dions ceux ci ; même au troi/ïimt.
[ Extrait dt M. Gaillard. ]
Traite hifiorlqut & raifonni, da^
jires Us Loix , Kègktntns 6- Ufa-
gts , fiir les diffirtnits Piocidurtt
qui sohjirvtnt dans toutes les Jif
lijdiUioriS dt Vendus du Palan k
Paris i tant en piemilrt inftaac»
qu'en cauft d appil ,ju. qu'a l'Ar-
rêt difinitij , ExeiUloire, Requélt
civile & Cabanon ; avec la nia-
niirt de lier & d'in/îrui-^^ toutes les
- demandes inzidenies auxquelles les
principales p uvcnt donner lieu
Par iVl. Lègitr. Ouvrage utile aux
Juges , Avocats, Piocutcuis , Sc;
Avril 1782, £j^j
crétaîrcs , CJe^fs, & à toui ceux
qui fcdeftincnrà i'EtudcdcsLoix.
I vol. in-'S^» de plus de 60m pag.
A Paris , chez Picrcc - François
Gueffier , Libraire- Imprimeur »
rue de la Hj^c , à Ja Liberté,
1781. Avec Approbation Se Pri-
ViLgc du Roi.
'Ouvrage que nous an«
.^ nonçons aujourd'hui » 6c dont
ms allons tâcher de donner une
ée, eft un de ces Ouvrages dont
principal mérite cft Tucilué donc
peut être à tous ceux qui le liront
rec envie de s'inftruire , & aux«
ucls ce defir fera furmonrer l'ennui
xiqu*inleparabie de la iedlure des
ouvrages didaitiques^^ qui ne rou^
:nc prcfque que lur la l'orme. Ce-
li-ci ne traite que des Juriidiâions
e l'enclos du Palais à Pans , de
ur compétence & des procédures
u*on doit y oblerver , a;nlî que des
irmules de ces différentes procc-
ires. Ce détail pat lui-même doit
^4^ Journal des Sçavans ^
paroîcre très fec Sc rrcs*peu atta-"
chant ; mais il eft nonfeulemenc
uûh aux Jugei 9 aux Avocats, aux
Procureurs , aux Secrétaires , aux
Clercs & à tous ceux qui le defti-
ncnt à rérude des Loix & i défen*
dre ou juger les Citoyens , mais en-
core aux Parties elles mêmes , pour
les empêcher d'entreprendre xxop
légèrement des procès , Se pour les
éc?airer au moins un peu fur la co^r
duitc de ceux auxquels ils confient
leurs intérêts.
L*Âutcur 9 qui efl Procureur au
Parlement 9 nes'eft pas borné à ces
détails & aux formes de procédu«
res ; il a remonté aux fources & i
Toriginc des Tribunaux ; il a donné
les raifons morales & politiques de
leur établiiïemenr ; il en a donné
Jes dates puifées dans Thiftoire ; 8c
dans une Prérace très-£{avanre &
très-claire 9 lans être prolixe , il dé-
montre combien les formes (ont né-
cédai res pour traiter une affaire fans
confulîon ^ & il prouve > en homme
très-i
Avril 1781. 64^
très-inftruir, que loin de nuîrc aux
Parties quand elles font exaéîcmcnc
obfcrvécs, elles hâren: & Facilircnc
la décidon de leurs conredations ,
& que ce n*eft que l'ignorance ic
Tabus que Ton en fair quelquefois
qui les embrouille & les prolonge»
Avanc que l'intérêc fût devenu la
bafe & le principe des allions des
hommes , ils n'avoienc befoin ni de
loif 3 ni de Juges^ ni de Défenfeurs*
Le droit du plus fort ayant dc-
ouillc le plus foiblc ^ les befoins
^e firent fentir à celui ci s il jugea
qu'il falloic fe garder de la violence ,
conferyer un peu de terrain & le
cultiver pour fournir à fa fub(iflance.
Voilà l'origine de la propriété.
Pour fe maintenir dans Tune , &
prévenir ou repouifer l'autre ,al fal-
lut des loix & des hommes pouc
les faire oblèrver ; fucceffivement il
talluc des Defenfeurs^ & ceux-ci ne
pouvant lire dans le cœur de leurs
:lients la vérité qu'ils y chcrchoicnt,
incertaiiu eux - mêmes de la caufc
AvrU^ Ec
\
6jo Journal afî SçavanSy
dont iUctoicnt chaigcs, fe trouvé^
rcnt forcés tl'airujétir leurs dciciires
à des règles , de les caltjuet fur des
principes, enfin de faire un art,
peuc-êirc dangereux, dit l'Auteur,
ou du moins fujer à de grands in-
convcnicns de la choie ou l'arc de-
voir avoir le moins de parr , pour
lairc triompher la bonne toi.
Mais le cœur de l'homme n'étoit
pas allez bon pour fc juger lui-mê-
même, ou piMcàt c'cft parce qu'il
ne voulut pas fc rendre jitftice qu'il
fut torcé de la demander. On nom-
ma Juges ou Magiftrats ceux qui
furent chargés de la rendre. Se l'on
nomma Avocats & ProcurcHts ceux
qui furent chargés de la demander
au nom de leurs Parties, Après avoir
annoncé dans fa Préface ces vues
générales , l'Auteur , qui ne fe pro»
pôle de parler que des Tribunaux
de Palis & des Procureurs feule-
ment , ainlî que- de leurs fonâions,
semonce à l'origine de leur érablil^
fcmeut <jui , dit-il ^ fe pcid dans it
Avril 17810 6{l
nuic des rems ; ils croient, félon
Jui j connus chez les Romains i on
ne trouve point dans Thidoirc de la
Nation ^ dit - il , l'époque de ieuc
érabliflement 9 & il y a lieu de croire
que dans les premiers rems de la
Monarchie leur miniftère fut peu
connu ; Icfpèce d'anarchie qui rc«
gnoic alors, & le peu d'autorîtc des
k>ix , en furent fans dourelcscaufes«
Lorfqu'enfin le calme fut rétabli 9
leur miniftère reparut; mais il n*«
commencé à prendre une efpècc de
(bltdité que lous François Premier ^
qui 9 par une Ordonnance de 1518 ^
voulut que le pouvoir donné aux
Procureurs fût continué jufqu*à ce
qu'il fut expreifément révoqué par
l«s Patries. L* Auteur entre eafuite
dans un détail de leurs fondions
qu'il faut voir dans la Prétace mê-
me , & après ce détail voici comme
il finie cette excellente Préface.
Nous ciroyons devoir tranfcrirc ici
ks propres expreffians de l'Auteur ,
paxce qa elles donnent mieux que
Ecï)
f J 1 Journal det Sçdvans i
roiit ce que nous [courrions cxcraîta
de fon Livic c]ui cH tout entier d'un
détail fcc , quoique iiiceiTaire , une
idcc iuftc de rob)ct de cet Ouvrage
& de l'utilicé dont il cfl: pour ïa con-
duite des affaires co7ite»tieu!es.
«Chaque art, chaque fcience,
M dit- il, a une n :icparticuhcrc,
w un ordre & de ;lcs d'après Itf-
» quelles on te méthode eft
j) plus ou muiijj lac c, feloo qu'ils
M font plus ou mi ins iniportaos.
w Or , l'arc de rendre la jullice, dit
»» M. JoufTc en lal'rcfacc de (o^
«Commentaire lur l'OrdonnaiiCO
i»dc 1667, (on peut ajouter ceJt^*
» de U faire rendre) ayant po*^*
» objet la vie , l'honneur & la fi>*^
» tune des hommes , doit auffi awo "
» fcs règles, les méthodes, qui pm
»>lent lervîr à diriger ceux qui da
wvent faire l'application des pr^'
«ccptes qu'il cnicignc.
»De même, coiitinuc-t'il, qu-
» dans les Ouvrages qui lont ia art
>»duâioD de l'ut, la (orr
leur uEuvuic ccc «X rangement 9
capable de donner la propor-
ôc ragrémcnc qui leur con-
c, & confticue en quelque
: leur eflcncc ; de même la
ne, quanta la juftice» cR, tel*
?nt eiTcntielîe à la manière Je
niniftrer y que fans elle la juf-
perd (on nom 6c n'eft plus
m pouvoir arbitraire,
^c font ces différentes règles ,
cernant l'inftruftion & Texé-
on, qui forment ce qu'on ap-
e la procédure judiciaire, &
règles font en quelque forte U
; & le fondement de la judice >
lefquelles elle ne pourroit
iftcr-, rétude & la con.ioif-
/» #4ii Orr^if .-l«»»riAr»/irr*ipnr fnil*
6j4 Journal dis SÇ'tvans ,
w de toutes les divcrfcs matières qui
jt peuvent faire le fuicr des contci-
» tarions , (î l'on ne favoit encore U
» manière de tcrminct ces difté-
» rends? Envain un particulier au-
»rni: le bon droit de Ton côté , s'il
» ne pouvoir fe la faire rendre.,
» C'eft la marche qu'il faut y te
Mnir qu'on fc ptopofc de traiter
» dans cet Ouvrage ; ce font les ac-
Mtcs, d'après la loi, dans les délais
M & dans le llyle convenabl.s , donc
won veut donner des modèles; «
«lont les demandes qu'il ed: nécet
i* taire de former , &i. la manière de
» les diriger ^u'on veut indiquer.
M Comme dans cet Ouvrage on
M (e proporc de réunir toutes "Ic(!
» procédures différentes qui s'obfcr*»*
Mvenc dans les Jurifdidtions où Icj
MProcureurs du Parlemenr occUr^
wpent, avec la manière de les in(?i
w rruire particulière & progrcà cha-i
» cunc de ces Jurildidtions, poQf^
» rendre l'ufage de ces procéclmcW
» plus intelligible , on traitera d^
» routes CCS Jurifdiaions, & dans
»cbacunc, de ce qui concerne la
>• procédure qui y cft ufitcc , après
» avoir donné quelque connoiflTance
» iur rérablifTemcnc de ces différens
» Tribunaux & leurs fonâious par<^
yf riculières,afin d'apprendre au Coin*
» mençanc pour quelle raiion l'af-
ji faire qu'il inftruir eft plutôt portée
nds^ns un Tribunal que dans un
>» autre.»
D'après ce que nous venons de
tranfcrire 9 on voit , mieux que nous
n'aurions pu le faire connoirre 9 le
but de TAuteur & Tutihté de Ton
Ouvrage. Nous allons en peu de
mots donner une idée de Texécu-
tion \ il eft divifé e^i trois parties ^
dont la première conçient vingt-cinq
chapitres , la féconde vingt-trois ,
& la troifièmc & dernière en con-
tient dix huit. L'Auteur , dans le
premier chapitre de fa première pat-
rie , traite de Toriginc du Parlement
.<lc Paris, en donne la définition,
aaicc des droits dont jouillenc les
Eeiv
6j6 Journal diS Sçavans ,
Confcillers au Parlenienr, & de^
l'ordre qui s'obrerve dans fcs au-
«iiencâs , & le dcrail qu'il en donne, ;
quoicjiic très-fommaire , nous a para I
forr fatisfaifant & fort inilrudif. Les I
autres chapitres de cette première
partie font tous delliiiés à tiaitei
des différentes cfpèces de dcmaodcs
& de procédures ncceiraires pour la
dilcuflion des contedations , & con-
tiennent des modèles de chacune
de ces procédures.
La croifième partie traite de l'ori-
gine & des droits de tourcs les au-
tres Jurifdidtions qui font dans l'en-
clos du Palais, Sf l'Auteur démon-
tre rrès clairement quelles fonc les
caulcs qui font attribuées à ces dif-
féicnrcs Jurifdiâions , & quelle cft
]a procédure que l'on doit y oblcr-
ver. On conçoit ailément, d'après
ce que nous avons dit , qu'il eft ira-
poniblc , dans un Eitrau , d'entrée
dans tous ces détails , & que peut
«'en inflruire il cft ablolunicnt né-
celTaiie de les étudier dii
.AviU 1781. ij^.
jjiy^ RieRK , où on les trooven àiC'^
cuiÊs avec beaucoup ie précUîon Bt
dcciaric.
On trouve à la fin de l'Onvngs
UD Tableau irès-utilc des iouis d*ui>
cliencc de toutes cc^ Junfdiâîoot *
qui Ibnt , y compris le Parkmeot »■
aq nombre de dii-rcpt; f^aroir^Ie
Pailemtnc, les deux Chambres des
Enquêtes, Id Tournclle» ies Re-
quêtes du Palais, la Courdes Aides,
û Cour des Monnoieî j ies Requêtes
de l'Hôtel , la Chambre.de U Mad-
rée , les Eaux & FotétSf la Conné-
tablic, l'Aniiiaucé, le Domaine,
le Bureau des Finance} > le Baillage
du Palais , la Mattriie Particulière,
des Eaux & Forêts, la Maçonnerie
H la. fiazocbe.
JNo|U crojroDS devoir obfcrvcr en
uiiflîuit qae le chapitre Csièmc de
U. bcoode piitie de cet Ouvrage
dcfient «bfolumeiit inutile. Ce cha-
ptre uaîte des Renvois de certaines
curfèi devmt im Avocat > de la na*
niic dd uolês lufccptibles de ces
£ c V
é 5 s Journal dti Sfwant ,
Renvois , & de la maoïire 'de Icf
inflruirc jiifqa'à l'Arrêt définitif;
mais la Cour, par un Artêc rendu
il y a peu de tcms , fans d'ouïe vatht
que l'Auteur avoit commencé le
Traité dotir nous venons de rendre
compte f a jueé à propos d'abolii
l'utagede ces Renvois & de les rem-
placer par des Appointemcns fom*
maires devant un de Meâîeuis ler
Gonfeillcrs.
A la (in de ce Traité il y a une .
Table des Matières par ordre alpha-
bétique très-utile pour trouver fur le
champ Tobjet dont on a bsfoin. '
[ Extrait de M. CoquiUy'-^
Chaujjipurrt. ] ■ -t. .
•M^
jivril 1781. 659
Carte générale des FUuves » da
. Rivières & des principaux Ruif"
î féaux de la France ; avec les Ca^
naux exijlans ou même projettes ,
a lufdge de la Aavigation in té-'
. rieure du Royaume. Dédiée i Mcfe
- iîcurs ii$ Intendant du Commerce
. Avec Privilège du Rou Par M.
Dupain-Triel y père , Géographe
du Roi, de Monsieur, & du
Dépaîtcment desMints, Cloître
• Motre-Dame* 1781.
CE T TE Carte eft en deux gran-
des feuilles très- bien gravées.
Se fera en effet très-utile à tous ceux
qui s'occupent de la Navigation de
la France. Depuis le Géographe
Sami'on, qui publia en 1^41 fcs
Recherches fur les Rivières de France ,
aucun autre n'avoit cherché à éten-
dre ou à perfeâionner ce travail
pour le rendre plus litilc. Celui-ci
peut donc être regardé comme un
Ou?rage eotièiement neuf ^ & les
F c. V j
66o Journal tîes Sçmraas j
matériaux t^tâ ont fcrvi à le dreirec
font aujoard'bui alfcz. décaîliés -8C
aHez exaâs pour ajouter qu-oa
fourra , dam les objets relatifs il.la
navigation , le confultcr evec con-
fiance. On y a tracé roui les proïcis
de cai>aux c]ui ie Trouvent dans le
grand Traité dtt Canaux publié ea
ly-jZ , in-foilo t à Paris, chez- la
Veuve OclaJnr.
Mimoin fur U Navigation Jet
Rivières Je France , fragment dtt
Mimoirti de M. U Mariehal 'Ja
yaubatij imprimé pour être joint
à la Canedes RivUrts &des Caaittx
de M* Dupain-THcl, père. Edi-
teur de ce Mémoire > auquel. i« '
Carte eA relative. A Paris, cbe2 HL-
Dupain-'^riel , parc ) cbez L. CcUoC.
Si A. Jombcrt, rue Daupbkie. 56 -
pages in 4". \.
M. de Fourcioy , Grand'Cioâfc
de lOrdredeS. Louis, ae Conclu
pondaiicderAcadéniiedes.Scieiweif .
, a communiqué ce Mémoite i il'Av* '
leur, pour le joindre ilâ.ÇwMj«»;
Avril 1781. 66 1
la Navigation intérieure du Royau«
me 9 qui étoit allez exaâe & aflfex
déraillee, pour mériter un frag-
ment des Mémoires de M.ide VaiH
bân 9 relatif à cet objet ; & par-U
il a rendu cette Carte plus intcreC-
ianee & plus utile au Commerce.
Mais M. de F. a voulu , avec rai-
ion s qu'on laiflat fubfîftcr en fon
entier les réflexions & le ftyle de M.
de Vauban , non-feulement à caulc
du itipeâ dû à tout ce que les
grands hommes nous tranfmettent j
mais parce qu en cfiFet il règne dans
ce Mémoire 9 indépendamment des
vues fages & patriotiques dont il eft
jrempli y un ordre y une précifion ^
une clarté 9 une naïveté que d'au-
tres phrafes & de prétendues correc*
rions feroient peut-être diiparoître :
il croit même que quiconque ne
làuroit pas que ce Mémoire eft de
M. de Vauban ncn concluroit pas
moins , après l'avoir lu , que cec
Ouvrage porte, dans fa manière
d*êcrc cipofè 6c ccxic^ l'empreinte
f
65i Tournai des S çavàns i
de la francKife militaire ,& du (iècle
de Louis XIV > oà les meilleure»
chofes avoient encoire le mérite d e«
tre annoncées avec (implicite*
Il n'eft pas difficile, dit M. de
Fourcrôy , de reconnoîtrc 9 au ftyle
de ce -Mémoire, l'immortel Ci*
toy^n , Âureur de la Dinie Royale ^
donc il luffiroic de relire la Préface.
On voir àufli, par le début, que ce
Mémoire faifoit panie de ces douze
gros volumes des Oifiveiés de^M.
de Vauban, dont parle THifto*
rien de l'Académie des Sciences
( année 1707» jpag. 171 )• C'eft un
larcin fait à l'ëtat, que dcrecclex
de tels Ouvrages dans des porte*
feuilles ou des bibliothèques ptivéeté
On prétend qu'ils font chez >M» Iç
Marquis d^Aulnay. Parmi les Nq«
tes inrérefTantes que M. de F. a joiih»
tes au Mémoire de M. de VauM»t .
îl y en a une alTex érendue fofiâ
communication du Rhin à la Mo»
fcUe par la Brufch & la McimiM^y
donc M, Allemand a.pailé'daii»
Avril 1781. 65 j
Mémoire que nous avons annonce.
Cette communication ne paroit pas
facile à concevoir , furtouc par un
canal qui , dérivé de la-6ruich vers
Saim» iroit aboutir à la Meurthe
par le lit de la Vefouze. La Vefouze
monte de Lunéville a Blamont 9 ôc
vient direâement deTed , où le ren«
contre le fommet & les contreforts
de ces montagnes ^ qui font naître la
Vefouze y la rleine, & autres riviè-
res allant à l'oued; la Sarre & la
Zorn au nord > la Brufch & quan-
tité de miiTcaux allant à Ted. Cette
croupe des Vofgcs, qui paffe au-
deffus des fources de la Sarre & de
la Zorn ^ s'étend au loin du nord
au fud 9 & a fes contreforts & fes
pendans dirigés vers Tell & Toucft ;
telle eft la carcalTe de ce canton.
' Il fuit de-là que pour faire com-
maoiquer la Brufch , qui court à
l!eft.f avec toute rivière courant à
Toueft , il feroic indifpenfable de
traverfer & de couper la croupe
la. plus haitf c des Vofges.
664 Journal dis Sçavans ,
Si, de plus, on compare ta po-
fition de la Brufcli dans le Canton
de Salm , avec Je cours & les fouc-
Cfs de la Vefouïe, il doic paroîtrc
inipolllblc de faire communiquer
Turc & l'aurrcfans traverfcr , non-
ftulcmenc la croupe générale donc
on vient de parler , mais auûî le
vallon de la Pleine & plulleurs au~
très qui s'y rencontrent ; c'cft à-dîre ,
fans couper néccflairement aufli tous
Jcs contreforts qui féparcnc ces dif-
fcrens vallons.
Il paroîi fur nos Cartes, qui , à
Ja vérité , font encore moins ndèles
dans Ui montagnes qu'ailleurs, que
il la communication de la firufch à.
Ja Meurthc cft pofliblc , ce ne pour-
loic être que par le ruiflèau qui^'cm-
bouche dans la Brufcb à Schirmeck ,
Kniontc à Eramont , dix-huit cent
Toifes au nord de Salm , 8i s'appro-
che très-prés du vallon delà Pleine,
vers le village de Raon le*- Eaux,
iuivant à peu -près le chc~-- ■'-"
Raonie à Stratbouig. La
jtvril i7Sl. 665
^ hication fuivroît alors le cours de la
PJcine » combanr -dans Ja Meunhe
'.' 2 Raon^rErape, jScnonpaslecours
' '^de la Vélbiize^ qui en eft plns-élm»
gaje & ffiparée de la Bniich par beau»
' .ca«p:d'ob(hicles.
' Mats la même Carte ne. nouf pr6^
" ' lèoée tjoièune apparence de reiicon-
fttt fiir cette croupe des VofM i
- ' ni far Tes pendans le ma^afîn aeaa-
'' wécèltiiK pour alfifientcc vers Teft
" & l^boeft nne navigation fi élevée.
' XaBrofcb & la Pleine » fi près de
'^ icuts foorces dans de fi hautes mon-
• lagnes » ne peuvent erre que des tor-
xens. L*Abbé Chappe dit que Sainte
Marie*auz-Mines eft d& fepr cenc
pieds phis haute que Strasbourg. U
{>cut y avoir vingt, milles de Raon«
es^Eauz (ur la Pleine à Muczig qui
èft fur la Brulch au niveau à-peu-près
de Strasbourg. Ôr , quand du mi-
lieu de cet efpace on ne luppofcroic
' que trois cmt pieds de pence ^c cha-
que côté> ce fcroic encore rrcnre
pieds pat raille , *& Ton fait qu en
6 Journal dts Sgavans ,
Hydraulique trois pieds de p:nte
8in eaux couranres en forment un ror*
rcnt : en un mot y pour peu que l'on
raifonnc fur les données de la Carre »
on cft tenté de regarder cette im-
portante communication commelm*
podîblc.
Les Noces de M. de Fourcrojr
lenvoyent au Traité dts Canaux ,
in-folio f & au Mémoire de M. Al»
Jcniand (ur cette matière ; mais il j
a foDvent ajoure des réflexions |u>
dicicurcs & intérciTanres , comme
on en peut jugcr"par celles qu= nous
venons de rapporter; Si l'on. peut
regarder le Mémoire & les Notes
comme un Ouvrage très-urilc tux la
I^avigation df la France.
[ Extrait dt M. de la Lande. 3
'^
j4vril ijtx. 667
Hl STO IJIE de HActdimU Roy aie
. des ScUnceSj année i7yS ; avec
les Mémoires de Machcmatique
& de Phyfique pour ia même an*
née y tirés des Kegiftres de cettd
Acaiemie. A Paris 9 de TlmpH
merie Royal;. lySl. voL in*^^.
84 pages pour la partie de rHi(«
roire j & 013 pages pour celle dts
Mémoires.
Second Extrait.
PRESQUE tous les Mémoires de
l'Académie des Sciences con-
tenant les recherchas les plus approf
fondies fur des objets de nos con-
notifanccs , déjà très-ércndus & très-
compliqués , il n'ed guère polUble
d'en donner une juftc idée qu'à ceux
qui pofledcnt au moinî une grande
partie de ces connoiflanccs &c pat
des Extraits aflcz ctendiis ; c'eft ce
que Fait fupéricureracnt le fçavanc
Ûiftorien de l'Académie dans ia par*
■
668 Journal dts Sçavans ^
rie que Ton nomme VHifloîre. Pour
nous, qui fômmes rcfTerrés dans des*
bornes beaucoup plus érroites , nous
ne pouvons entreprendre de îdXit
connoitre les travaux de T Académie,
même à ceux de nos Leâeurs qui
font au courant des fçicnçes qu'elle
cultive, Ccft dans les Mémoires
mêmes des Académiciens qu'ils doi•^
vent prendre Tidéc de leurs décou-
vertes ; notre fonâion fe réduit à
leur en indiquer les objets, & nous
fuivrons popt cela, quant à la partie
phyfique dont nous nous occupons
dans cet article , Tordre des matîc-
les tel qu'il eft dans Thiftoire de
TAcadémie.
On trouve dans le volume donc .
nous rendons compte un Mémoire
de M. Adanjon , relatif à la PhyiSc
que générale. Il contient desobfèiw
vations de cet Académicien fur le^
froid de rannée l767.CeMémoirçy
déjà ancien , parce que l'Auteur le-
réiervoit pour un Ouvrage fort cten-.;
du iurks variaùons dclatmofphère ij:
auquel iltravaiUe depuis long'tem^ ^
renferme diS obfervations £$ tffêis
diê, f^tand froid fur Us ammattXj Jur
t& plahus 9 & pariicuUènmêm.fur
ttÊkj^ du gùnrt des blisr; il en r£fulre
qrffc'^la pratique ufitée de femer* les
blés'il'hiv^'danslemots d'Oâobre
eftjft {diis ayanaigeoiè.
' Ce toDt lu travaux que les Phy*
ficieys , âc furrouf ceux de TAcadé-
mie ,' ont &its fur les efiets du grand
fitoid \ Toccafion de celui de Tannce
' ^776 9^ q^i ont engagé M. Adanfon
à publier les recherches qu'il avoic
£ittcs bien antérieurement fut des
objer^ analogues.
Malgré tous les travaux qu*on
a foits iiic le méchanifmc de U refî>
piration 9 un Mémoire de M. Bot'*
dinayi fur U mow/cmtnt des côtes ^
Ce bn de M. SatatUrfur U même
fuju &fur taSion des mufcles in^
pirtofiàux dans cette importante
feoâiion 9 prouvent que dan5 réco*
nomîc animale , on peut acquérir
de nottveUts connoiflances prefque
€71 Journal def Sçavanti
]c courage qu'il a d'frxpofer ia vie
pour dépoict ces œufs dam d«
eaux où les petits Têtuds qui en doi-
vent naître , puIfTent éclore , croî-
tre & fe mètamoTphofer. Quel plai-
fiT cet animal , d'ailleurs fi itotd Sc
fi (lupidc, peut-il trouver à prendre
des foins fi pénibles 8c Ci dangereux I
Doit-on le regarder comme Te meil-
leur des maris Se diS pères , ou n'cd*
ce qu'une efpèce d'automate obélG
fant , fans le favoir , il des relTorts.
difpofés pour lui faire faire des opé-
rations routes pleines d'intelligence *
de prévoyance & de combinaifoos ?
Les autres Mémoires relati& à
rhifloire naturelle contenus dans ce-
volume, font un deuxième Mémoire
de M. jiJanJbnJur le gommiir U^me
appelle Uitk ou Sénégal ; fur la au,'
nièrc dont on fait la récolu de _/i
gomme & dt celle des acias»
Un Mémoire fur une t/fict M
Jiéatite blancht quife convertit finie
au feu in un beau bij'cuit de foret»
laine ^ expérience ciiée de la idadon
d'un
jivrîl 1782; " 671
*iin voyage tait dans les Vofgcs ,
kf MM. Gutttari Se Lavoijicr; 8c
mç jytfcription des mines de charbon
h *ttrT€SfiiuUs au pied des montai
j^i«*'<S5 Vof^es, par les mêinct
Aii^déttiicjenr^ '
't)fs Obfeiyations fur la mine
roitj^ di cuivre ^ par M. Sage. L* Au-
teur peiilé qhe ce minéral eft une
dbpùx de cuivre*
' VAkàlyfc de Peau du tac AffhaU
àdis , par MM. Macquer , Lavoifier
&^Sage.
t:*eft au z21<f de M. le Chevalier
ToUSi qui avoit fait parvenir à M.
'^ cttâfd deux boiitcillcs de cette
catt'9 qb^on eft redevable de Tocca*
fion qui $*cftprlf entée pour la pre-
nuète fois »" d'examiner cette élu
vraiment fingulière & probablemenc
unique eh (on genre* Il réfulte de
rânalyiè que ces rrois Académiciens
ont été chargés d'en' faire , que c*e(l
iÂe eipèce d'eaù-mère beaucoup
pKif pefante' qu aucune eau talée
çOiinoe ; qijfun quintal de cette eàu
c] hvtef.
6/4 Journal des Sçavaas
con'icnt pris de<juarantc-cinc]
f\i ftl , fionr fix livres & ilcmie dç
f. l inaTiii oïdiiiaîre , feJze iivrcs Sc
(ii;mie Ht Ici matin calcaire & vitigi"
deux de fcL marin i l-a'c de Kri*.'
niagnéfiennc ; que c'cll à fcs fels 4;
haie teinufe que cette même eaK
doit fon acrctc & Ton amcrrutncp
& non , comme on pourtoit le.
croire , au bitume qui nage fur l'eatl
i!u tac , & qui fiiit de les bords oo-
du tond : ces Acadéiriticns n'ont,
[rouvé aucune qualité; bi ummcutc a
celle donc ils onc tait 1 examen.
Les Mémoires de Chimie que
rcnietme ce volume, roulent pre(-
que lotis fur des objets fort intérêt-
fans ; tels font des ConJïJéraùont
fur lu- nature des acides 6" fur lis
principes dont Us font conipofis ^
par M. Lavoifîir.
A l'occafion des découvertes fui
hsgas^ auxquelles M. Lavoîficr ■
beaucoup contribue , par Je grand
nombre de belles expériences qu'fi
a fauci lui cet objets , U a conçu
Jtiftit 1782.
m il bbltaxitiii à s'occii|>éi
Mtnt de; IkgkiMé ^né âe ^
U. Vn p*Mé tf Mibrfe tfi
boVfeUèlnetit tonttus , . maii
ddlfàtèi i Itïi 6àt' (àh entrée
bwr fftiVK ^ldt{nir » iit^wt
W^'j^i éiAtrct»Hf la èoiri*
itiltiMfbii^non, â^ft point
Ut^de lifarple ; qu'ri Ù 6ii-
.ftf dahik .tiif g^tffid ndthbré
^SUi émt il lèlibUe des aci-
pi'éei'ati^ fù'di (>r6dairi
a-ôbéfitkÀM tiithiië!; , f^àr une
Ife'i&hbriraHbnr d'une dés pir-
i&^ihÊbxà de Mt, que Itf j
ièlt tidmthe à- éâtffé d& la
H àtMitti , livéÈ là tùMiiiCs
ittàè, éttaiboiihfeUre dli fùlfu.
:'-8f Mths niatlèfes cdilibuf-
.'-1Sl«q«^a<fi. éprbu^èàt h'
llÛir «li fâé^<»i dei acidei/
Ffij
V 7 6 Journal des Sçavans ;
qui pro^uiicnt des tfftts analogues
à Cfux de la combuflion.
Quoique cette opinion foi: déjà
appuyée iur beaucoup d'expériences
dont les travaux de M. Lavoilier
augmentent encore ic nombre de
jour en jour, & la tirent d'une
nianicre rrès-di/lingiiéc de la ctalTe
de cesfyftêmcs, tjui. ne ibnr qu'un
jeu de l'imagination , ce f^avaot
Cliimifte a trop de juflciïe & de pé-
ncrration dans l'ciprit , pour rtgarr,
der fon opinion comme revêtue dès
à préfent du fccau de la démonfr-
Trarioni& cette circonftancc l'en-
gagera certainement à continuer,
avec le mcnic zèle, fcs recherches
fur ces objets de haute Chimie , ai^
grand avantage de ctttcfcitnce.
Le phénomène important de Iq
dccompofition du tartre viiriîlé Sç
du fel (If Glaubcr par l'acide in-
ircus, obfervc it y a pluf.^
nées par M. Baume, "'
manquer d'cxcJtM ]
■ ^ . • ' ft
• 'Ami liSx: ^77
Chimîftcs, M. MargrafF a fait plu-
fîcurs belles expériences en ce genre.
M. CorncUCy furrouc^ a entrepris
de fuiVx< toutes les branches de ce
feir {>ri6dpâl relativement à Paâion
(trs aiit^c^ acides ; il à déjà publij£'
up Mémoire plein de recherches ef-
{tnnt\\ç& /kr\l^a3ion comparée dt
Tacidcnitnux & ié C acide marin
fiéjlcs fus vitrioÛques a baft urreufe.
On trdUve dans ce volume un fe-
çond Mémoire de ce Chimifte Tue
le ikiême objet.
\'Lt (èr étant une des matières mé-
talliques dont on tire les prépara-
tions les plus efficaces pour Tufage ,
de ia Médecine dans les maladies'
dironiques prefque toutes facheufes '
& opiïiiâtres , M. dcLaJfonc^ dans
ligr' Mémoire intitulé Obfervanon<
fkr* quelques comHnaifoni falines
dmfer^9L fatisfait, comme dans
ptcfaae tous fes autres Mémoires y'
çnôivme-^tems à fon ièle pour Ta-
lùçement de la Médecine qui lui
r^aéià tant dobKgations, & au'
Fini
^7^ Journal dts Sçavans ,
goût naturel qui le porte aux recher-
ches cliimiqucs les plus inrcrelTanres.
L'art des ellais des matières d'pt
& d'argent , fondé fur celles de tou-
tes les opérations de ia Chimie ,
donc les réfultats ont i'cxadicude U
f'ius rigoureufe, paroilToit percé à
a plus grande peifcâion quon pâc
cfpérer; cependant M. Tillct,qui
depuis long-tems s'ell occupé jpc-
ciallemeut de cet objet , cil parvenu ,
en mulcipiiaQt les expériences & les
obfcrvatioDS , à y ajouter encore un
df-rnier degré de juftelfe , comme on
peut s'en convaincre par la lefturc
de plufieurs Mémoires lur cette ma-
tière qu'il a publiés ruccelTivemeni
dans le Recueil de l'Acadcmie. On
en croûyc un de cet Académicien
dans le volume de i-jy% , Jur un
moyen nouveau dtfuirt avec exuHi-
tude le départ d'un grand norabr\
^effals iTor à diferens titres. Ci
moyen confifte à enfermer cbaqtu
cornet d'elTai dans un petit Étui
d'une matîÈïe fur laqu
Avril 1782. 679
n'a aucune prife , & <]ui nVft pas
aâez cxav^menr tenné pour que le
diflolvane ne puifTe pénétrer <)ans
fyiti intérieur èc e^etcer toute fon
adfi^on.fqjr le cprnet ifeflài c^fh
fbnnenr.;Par cet exp^di^inc » en. nui*
iiti(n|caiit chac|ue étui ^ on peut (àtie
ii-iiHppi$,6^ dans un même matras It
(iè(»art d\in gran^ notnbre At co{*
JMcJI \ tr qyi 4>tége & &c11jte beaifr-
'^-'/ÉH^ernieT.. article àtÇïAttû^ik
in Tolume rft le rapport faijt à ffAc^m
')iMâ par là CU^ 4t Cli^/pk^ fut
iùf qu'on peur retirer des terres ^
'4t< cendre^ végétales.
;* M* Sage avôit lu à TAcadémie,
jttrnKxis de M4i 17784 un Mémoire
]npr lequel il.annonç6ît ûu'il avoit
ikité du qumral déterre v^é:alc de
t&D calcinée » 1 onces^ giains
r ^ & upe moindre quantité , mais
iburttot très-fcn(iUe ot encore con«
( liaétaible du même métal , du ter-
iàm cakiné & des cendres de far-
liieQt de vigne j Se concluoit de ces
F fi?
6So Journal des Sçavans i _
léfultati que l'or ^roit une des par^J
tits confthiianrcs des végétaux. J
Kil. U Comte de Lauragua'n ayanÇ.1
téïtcré peu de tcms aptes, avec le J
pluï grand foin, les procédés intlii 1
qué> [lar M. Sage , & les ayant tait- J
icpéttravcc le même foin & beau- !
coup plus jar M. cTArcet •
$! par M. (ans avoir rieo
apj ctçu ïc des produits
de M. i è à l'Académie
qu'il cro' nie nommâtdcs
.Coinm]ff-..C'i [/„„r vérifier ces faits
con;radi6toiies. Toute la claiTc de
Chimie a été chargée de certc vérU
ficaticn ; tile a varié & multiplié
Ics.sj-éiicnces tie toutes les manicies
pofiibies , & enfin n'a irouvc , foit
par les. procédés de M. Sage, foie
par loties auacs qui ont été rc-
Lonrus julqu'à préii-ntles plus effi-
cace'; pour txtrairc lulqu'aux moin-
dto a ôniis d'or, quelque part qu'il
foit , que des atomes Je ce métal de
(juelques tiaiSions de grain d'or pat
quintal , &<. par coofcqt'v:
^ lÂvril 1781; 6St
tîrf Infiniment petite & inapprécia-
ble y encore eft-ellc fondée , a après '
fcs expériences , à regarder ces arô-'
mes comme provenant plutôt dii
plomb qu'il faut néceflairement em-
ployer dans de pareils procédés que
des renés végétales. Mais en fuppo-
fant que ces infiniment petites par-
telles d'or fuiTent fournies par les
terres végétales , il n'en rcfultcroic
qae ce qui avoir déjà été vu & die
ar pluneurs Chimiftes du dernier
ècle ; favoir ^ que la plupart des
tenres , & même les végétaux , con-
tiennent quelques vertiges dot , phé-
nomène afTez rcniarquablc & donc
il eft bon d'avoir connoifTance j à
caufe des erreurs dangereufes dans
lefquelles il peut induire furrouc
dans des travaux de pierre philofo-
phale -, ratais qui eft une fuite fore
naturelle de rmdéftruaibilité ôc de
la prodigieulc divifibilitc de ce
jnétaL
A la fuite des différens articles
que nous venons d'indiquer, on
î
^S2 Journal des Sçavdnsp
trouve dans l'hiltoire de ce volume l
âc 1778 , les titres d'un afTez grand
nombre de Mémoires qui ont été
prçfcntés à l'Acacféniic, & qu'elle a
-ocftinésà i'impieffion. Ces Mémoi-
res font prefquc tous fur des objets
de Chimie i voici les titres de ccuï
de Phyfiquc:
Sur la formation du foufri; par 1:^
voie humide, par M. le f^Uillard.
Sur l'acide fulEureux , pat M*
BerthoUt.
Surl'aâion des acides vitrîoliqnc
2f marin, fut les huiles, par M,
Cornette.
Sur l'huîte de vitriol glaciale, pu
le même.
Sut le paftel , par M. Quaiftmire,
Sur les précipitations pat les al-
calis cauÛiques ou non caufttqucs.
par M. djc FourcToy.
Sur le m,çtcurc <loi« , paj M. Ço^^
mut.
Sur l'aji lul^ieux > pat M. ^sr-
iboUu
Avril lyiu éti
Sur Tor fulminant , par le mC-aic«
Sur la combinaifon des huiles
avec di£Férences fubftanccs» par le
mcme.
Sur la décompofîtion de Tacidc
nitreux , par le même.
Sur la décompontion du fcl am-
moniac par les intermèdes alka-
lins , par M. Cornette.
Sur les volcans éceiots de ^rif-
. gau ; par M. le Baron Diétnck ,
Corretpondant de l'Académie.
Sur les fofliles trouvés dans lef
Pyrénées; par M. le Baron de la
Peyroujiy Corrcfpondant de TAca-
décnie«
M. Cornette Se M. Bertheloe ,
ayant été reçus à l'Académie de-
puis la leâur^ de ces Mémoirres ^
ceux qui leur appartiennent kroac
îdipnmés dans les prochains volu--
mes de TAcadcmic , & les a.utrLS
d^DS ks volumes des Sçavans Erran-
gcrs qui s'impriment lous k puvi^
lége de TAcadémie.
tcvokmc dont nous venons de
Ffvj
é84 Journal dts Sçavans ^
rendre compte cil terminé par un
Mémoire de Minéralogie , par M.
Monttt , At Ja Société Royale de
Mor.tpcllicr. On y tio'jvc aufll les
Eloges de M. Malouin & de M, de
Linné, Ils fiicnc lus avec tout l'in-
térêt auquel M. le Marquis de Con-
dorcet a delà fl bien aLCouiumc le
Public.
[ Extrait de M. Macqmr. }
Ko N e, Veunskaps ÂcàdtmUns
Handlingar, c-à-d. Mémoires de
r Académie des Sciences de Stoc
kholmpour lySo.-^i} pag.,in-8'
avec iigurcs.
LE premier Trimeflre contient
huit Mémoires dont nous al-'.-
Ions rapporter les titres , d'après la
traduction que M. Bacr tn a remilè
à l'Académie des Sciences, en lui
préfentant un exemplaire de ces Mé- '
moires. ■ '
1. Eflai d'une explication cîcs
}
j4vril ijti. 68j
tourbillons de l'air & des trombes \
par M. \f^ilckc.
2. Remarqués fur les fpath- fluor ^
par M. Schecle.
3* EiTai fur la manière de condeiv:
fer \qs^ bois de plu/ieurs arbres pat
la cbaleur du charbon ; par M.
Hielm.
4* Dcfcription d'une (îngujière
efpèce de vers qui refTembienc à des
fiphons 3 & fe trouvent dans les en-
trailles d'un poifTon appelle norftn
ou ofmtTUS ; ( efpècc de faumon )
par M. RolandiTon.
5« Remarques fur les mêmes vers,
par M. Âcharius.
6. Remarques fur la canelle, faites
Ceylan ; par M, Thunberg.
' 7. Expériences faites fur la mala-
die appellée angina pecloris , pat
M. de Berger.
8. Continuation des obfervations
fur la fituation géographique des
principaux points des côtes de Sca-
DÎe, du Halland & de Bohuflan;'
pat M. Sch^nmark*
«8f Journal des Sçtvaas ,
Le fécond Tiimcllre contient
huit Mémoires.
I. S;:co>id Mémoire fur les cour-
MM'^ns & les nodibcs \ pat M.
.Vilcke.
1. Dcfcription des effets de deux
coups de tonnerre tombes dans les
Indes oricniales fut le v^iflcau fué-
dois le Château de Stockholm , dans
l'année 1777 ; par M. Bladh.
3. Mémcix fur le lait & iur foî»
acide ; par M. Schcele.
4. Defcription d'une cfpècc de
bière faire avec des branches de
pin ; par M. Faxe.
J. Almanach des fleurs pour \\
province de Wefter-Goibic ; pat
M. Uierkander.
6. Defcription de la Weigcla
Japonica ; ptanrc Ongtiliète du ^v*
pon ; par M. T hunberg,
7. Queftions pour les babitans
des montagnes de la Suède, relati»
ycmenc à la cnltuye convenable à
CCS diilridts; par M. Gadd.
%. Obfervacioa Im les GHiiis de
'4vrU 17JÏ, . «87
fi)iite> de l'iuio & du plqmb; pat
fil: Ber^ffienu.
Lp tTôjfi^me Ttûbeftie oMuieat
i. Wfflipire fut une c«alcuc Tcne
il'4te*^Pc<i>n^> riiéeduC<H
^tf^^i M. Rinmto.
V Robinet, 1 feaçt pour les ton*
imuxyWentépatfèuMnfoUienu.
ïlicrftMt M. Wlcke, -
3. DcïcnpdoD d'un «aapyeme 4
la poitrine avec fiQule & çvie àt
-|bs9 pv Uiiiite d'uoe contuâeq
fei^ trente un aup^avaoc à ane
cocc ; pat M.' w atlin.
4. Defctiprion-dç dcuicfpèfie»
devers jufqu'ici inconnues . &qui
ont été trouvées ftir le rotkal; ( c&.
pèce de choux ) par M. Bierkanden.
5. Defcription d'une nouvelle cP-
pècc d'antilope (Antiloptfylyatia^
de la fami Lie des gazelles , Sc qui A
trouve au Cap de Bonne-ËfpiËEance \
EW ftj. Snarrinao. '
$., ÇeKriçtipn d'une nouvelle
■ ^ï«ilM*!?ff. «wdiïit çoui Kvêd,r ««.
688 Journaîàes Sçayans^
recrépir de vieilles maîfons de bois;
afin de les mcrtre à l'abri des injures
de l'air & de la pluie ; par MM.
Riickcrfchold, Bungc & Wrcde.
7. Obfcrvarions furies précédens
Mémoires ,qvccuiic inflruâionpour
prévenir les champignons dans les
maironi:, fanrde pierre i^uedcbois)
par M. Wasftrom.
S. Oblervàtioos zoblogiques fiic
le Mtreus albellus ; par M. Odman.
9. Mémoire fur la manièr^de dé-
truire les mitesj (^acarus reduviusy
par le moyen de ]'eau-de-vie j va'
M.ZcKell.
Le quatrième Triraeftre renférine
les dix Mémoires fuivans.
I , Recherches fur les émigrations
des peuples ; par M. "Wargcncin.
1. Dcfciipcion d'une machine i
cOaycr la poudre; par M. Mcijcr.
3. Mémoire furie fucrc délaie,
par M. Schcele."
4. Dcfcription de la gazelle, ap^
pcllée/«u«ar; par M. Sparrman.
;• EfTai fur les piécipités de pU-
. Avril \y% il éS^
tine , et nickel , de cobolt & ^de
ftiang^anèfe \ ( magntjîum y magnera
\vp'àyil yitranorum ) par M. Bcrg«
BiaiD.
' \Sr. 'Méiiioirê iur Ici ardoiles de
Blàléide ; par M. Gadd.
' "fm Méoioire fur une*(raâure de
l^ciÂttr , guSrie par le trépan ; pat
l*:Nàthatft.
:«^« Oblcrv^tions fur. le rav£ci{Iê«
ààox éèi mâifpn$ de bois ; par M«
Tl^âfitr^m.
' J^* Obfer varions méréorotbgiques
ftikcs dans les ifles & fur its cotes
in "Warnido*, par M. Odman.
' ^ ip. Mémoire fur une hémoirha-^
^e je rûterus \ par M. Blom.
X^ÉxtridtdtM.dclaLandt.^
^
6^0 Journal dis Sçavams ^
Corps d* Extraits dé Romans
ds Chcvaitrit, Par M. U Comt^
deTrtJfan^ de fAcadcroie I ran-
çoifc. A Paris ^ cfiez Piiïb*^ , père
& (ils , Libraires ^ quai des Au^
guftins. 1782. Avec Approba-
tion & Privilège du Roi. 4 voi,
in 12 d'environ 5O0 pag. chacuQ^
CE S Extraits font » à qi|elqfiç)|
cfaangemens près , ceux qu Qa
a déjà lus avec tant de plaifix d^hs
la Biblioithiquc des Romans ^ Sj^ cm
ont le pliis comribiié au fuçe^ ^t
cerce BibUotkiquej les chapgenieos
font alTez cooÇdérabies ppuf mfbi»
xcr feûls Iç défit de felire Cttf ^à^
traits , qui d'ailleurs, comme ~o6
fait 9 joignent à l'agrément d'un
livre amufant le mérite folide d*ai&
livre utile; en.efie^t, ils peignent
avec fidélité les nKVurs & les cou-
tumes de la Chevalerie ; & pat*U
ils rentrent dans l'hiftoire de nos
Antiquités 9 dont TAutéur (e moâ-
Avril 1781 • 691
tre fort indruit : il ne perd pas une
occafion d'ajouter l'inflruâion au
Îlaifir de fes [ cdleurs > foie dan^ des
)ifcour| préliminaires , tels que
celui qu'on trouve à la tête du pre-
mier volume , & qui roule yî^ la
Romans François j & un autre placé
iia tcce du quatrième volume, ibus
çc titre : Recherches Jur l'origine des
Romans inventés avant CEre Chré^
titane & avant que C Europe fut po^
^«;foitdans les Préambules des
idivcrs Extraits > foit enfin dans les
|M)tes qui les accompagnent quel-
^(ois.
On retrouve dans le premier vo-
lume, Trifian de Lionois^ Artus
de Bretagne^ Flores & Blanche"
fieur^ Cicomades & Claremonde ,
tExtrait du Roman de la Rofe ,
Piern de Provence & la Belle Ma*
guelone.
Dans le fécond , les Romans réu-
nis fous ce titre : la Fleur des Ba^
tailles , Huon de Bordeaux , Guenu
de Montglave.
' 1
€^ 1 Journal du Sçavans. ,
Le troifièmc contient Dom Vr*
Jino U Nava rin & Donà Inis d^OvU*^
do y U Petit Jihdn de Sàintri ^ Us
Apparcncts trompcufcs ou Gérard Jk
Nevers^^ i^Luriant dé Dammartîn
fa Mie.
M. le Comte de Trcflan reftitue
aux Editeurs de la BibliorBèqûc à^i
Romans^ les embelliflémém & 1^
chaneetnens divers outils àvàiêqt
jugé a propos de faire a Tes Extraits^
changemens dont il parle avec ait-
tant d'éloge qu'il parle avec môdèf*
tie delui*même« Il reprend (on bien
tel qu*il ravoir fourni , ou , ?*iïy
fait des additions & des change*-
mens, c*eft dVprès fes propres idées »
en un mot tout eft.à lui. Chacttn.cle
ces Extraits a fon agrément particu-'
lier , indépendamment de futilité
générale dont nous avons parlé*
Celui que nous trouvons le plusj)i-^
quant parmi, ceux qui rcmpliflenc
les trois premiers volumes, e% A
Petit Jehan de Salntri ; on fe fou-.
vient encore de tout le plaifîrqa^qpc''
Avril 1781. 65 j
^ans la Bibliothèque des Ro-
5 , la Dame des bdlcs Coujînts
^amp-Abbi, On trouve à la tctc
: Roman une anecdote qui peuc
icr lieu à quelques rcfléxions. '
[Jn homme illuftre, qui fut di«
ic de l'eftime & de la rcconnoit
Kçde tous les gens qui penfcnt ,
ndant uu fiècle de vie, dit un
ity chez une femme d'un cfpric
périeur ^ en ma préfence , & de«
ut une des amies de la maifon
)ue les Mufes & les Amours ont
îurée & pleurent encore ) \jt mê
uvitns , dit-il , Savoir écrit qutU
ip4ri y & jt ne rrien repenspas ,
't U naïf nefl qiCunt nuance du
5...,. (cependant cet homme
oit été le contemporain & Tami
la Fontamc ! ) La maîrrefle de
maifon & moi, nous baillâmes
yeux , & n'ofâmes rien répon-
c à ce vieillard aimé, (1 digne
nos rtipeds ; mais fa jeune
lie , quoique pénétrée des mê-
:s fentimcns , ne put tenir à foa
tf 9^S Journal des Sçavans ,
Pliédrc? Il ill cldir , par le récit
même de M. le CoJiue de TreUart,
que M. de Fontcncile alloit dcve-
Jo[-per fa pciilée fut le ftyl': naïf.
Se qu'il en a cié empêché par l'in-
carradc àz la jeune îiniie &i par l'in-
dilcrète djlcrétion du relie de l'af-
fcmblée. 11 ne i'eft pas expliqué,
mais nous avouons qu^nous croyons
trouver un (ens trcs-iai lonnablc à fa
fropoiïiion , quoique ce lensne loic
pas alltz développé. Ceci tient à
quelques idées qu'il faut reprendre
de plus haut.
Les Rhéteurs diftinguenr, avec
raifon , le fublime & le ftylc fubli-
meî le fublime eft ce qu'il y a de
plus noble 8i de plus parfait dans
l'éJoqucncc de l'anie ; c'eft le tju'il
mourût & d'autres traits lemblablcs"'
qui étonnent & tranfpottcnt : le
lublimc , au contraire , peur quel-
quefois ennuyer par la pompe mê-
me & par la monotonie. 11 faut din>
tinguet de même le naïf & le ftylc
païf ; riçn de plus
Avril 1782. 697
beau trait de naïverc , qu'un fcnri-
ment naïf cjui s'échappe A\m cœuc
trop plein & qui prévient roiircs les
icHcxions ou qui contrarie rous les
projets; fans parler ici d;: tant de
naïvetés d'Agnès dans ï Ecole des
Femmes , qui font toutes ou piquan-
tes ou touchantes \ fans parler de
toutes les naïvetés qui appartien-
nent à la Comédie , à la Fabie , au
Conte & aux autres genres plaifans ^
le naïf fait quelquefois d': grands
effets dans la Tragédie même ; &
cette réponle admirable d'Her-,
xnione :
Ah ! fiUoic-il en aoire une Amance in(êa-
fée?
n*cft peut-être qu'une naïveté fubli-
me. C'en eft une au moins bien ai-
mable 6c bien placée que cette ré«
ponfc de Zaïre à Orofmane :
Me trabit-OB , parlez. — Çh! peut-on vous
[ trahit \
t AyriL G g
(îçS Journal dts Sfjvans ,
Un Hybernois , nourri de fyllo-
gUnics, & Tant aucune idée Ju lan>
gage des padlons & du fcntiment ,
pourroit trouver que Zaïre ne rai-
fonnc pas félon les loix (hi&es de
la Logique ; qu'elle conclud du par*
liculicr au général , & que, de ce
qu'elle ne fc fcnt aucune dirpolîtioa
à rrahir OrofiTiane , il ne s'enfuit
pai que d'autres ne puilTenr le trahir ^
mais un homme ac goût , Se qui
connoit le cœur humain, fcnt que
Zaïre, remplie de fon amour « ne
peut pas feulement concevoir Tidcc
que d'autres puiflenthaïr fon Amant,
& qu'en un mot le en de fon cœuc
don être: Ek ! peut-on vous trahir f
Lotli^ue Joas dit à Atbalic :
2ud Père
Je ^uiiieroii :
At H / I E.
J
M
jtvrîl l-jZu 699'
Tindignacion fiirpcndiie un mo-
c qui éclate rour-à-coup par un
naïf dont TefFct cft tcTriblc.
orfque Métope veut perHiaderl
fonte qu'Egifte eft lui-même là
irtf ier cf Egifte 9 & lorfqu'au pre»
r empottcmcnt du Tyran contré
!une homme qui le orave » elle
Seigoear, excufei Ta jeunefiê impro*
■èe^
£ loin fies Conrs, & nourri dans les
»>,
zÙlm pas eoeor ce qu'on doit 1 des ^
ois.
oubli de fon ftra^agême , ce be«
I d'excufcr fon fiU, cet élan de
rendrcflè maternelle qui oublip
t & (ê précipite dans le danger
rllc veut fuir, cit un chcf-d*œu-
de (ituatioii dramatique & un
gnifique exemple des effets d*UD
uvement naïf dans la Tragédie.
Le Côotcdei^ Mauvaift Mkre ^
. V
730 Journal des Sçavans ,
de M. Marmonrcl , [leitc psiTcr pont
une [icnte TraL^L-uic moiaii;. JdC-
qunt (c'eft le rils malcraité) cactc
dans la chambre de fa Mère malade ;
celle-ci, rouiov:rs occupée du filt
préféré qui la néglige, mL'me dai)|
fa maladie , fe flatte de l'elpérancc
guc c'cft lui que la rcndrciïc C*: le de-
voir raniènenr auprès d'elle. Eft-ce
vous , mon fils ? dic-cUc d'une voJi
foiiile. La ic'ponfe : non , Maman,
c'ejl Jûcquot ^ cil un rrait auJîi pro-
fond (jiic naît qui perce Je cccut de
cette Mère injufle.
Encore un coup , croit-on que
M. de Fontcnclle ne fcntît paî ou
r'cût pas fenii le mcrire de parciis
trgirs ? Croit - on qu'il y [rouvàc
quelque nuance du bas ?
De quoi a til donc parlé ? Du
flylc naiTi de ce ftyle qui étoir cduî
de tous les anciens livres jndjAinc-<
renient , lors même qu'ih trairoicE|d
des objets les plus contraires à M
naïveté , (lyie qui , par le contrafl
du ton & d<:s CQores , devcooic Tom
ns nous lavons que nous ne
)ns pas noLi<: arrêrcr aux idées
les & peu élevées que norrc
Ir s*cii fait fîuvcnt maliirc
s, & nous remettons ces ob-
dans une incomprchcnfibilté
cftueufe, plus digne d'eux que
:ls nos idées. Mais les lUclcs
2os Pères, plonges dans une
(Te ignorance, mdruits feule-
r par des Moines Mcndians ,
oient garde de prendre fur la
igion des idées nobles & con«
ibles. Jettez l'œil fur les Ima«
& les Peintures de leurs Egli--
tout cela a quelque chofc de
R^ flf» mpinnin mit rf*r\Tf»ff»r\r/*
7oi Journal des Sçavans ^
»' fen<î , beaucoup de naïveté , paru
99 que U naïfeft uru nuance du bas f
•» prcfquc jamais d'élcvation. Pcin*
•9 tures, livres, bâtimcns, tout ft
•' rcfrcmble. ■•
Quand cette propoficion eft ainfi
dans Ton cadre , non feulement elle
ne révolte pas, mais elle nous pa-
roîr énoncer une vérité manifcftc
Avant que l*Acadcmie Françoifetcr
été indituée pour veiller fur le dé
pot de la Langue *, avant que tan
de grands Ecrivains du (îècle d
Louis XIV , . au concours defquel
cet établidement n*a pas peu con
tribué , cuffent donné à la Langu
l'cmpreinre de leurs divers génies
cette Langue n'avoit qn[un ieul ca
laûère, la naïvtté ; cette naïvet
s'appliquoit à tout, elle embellil
ioir ks (ujets adortis à fan ton; ell
dégradoit les fujets nobles.
Lorfqu un vieux Poëte traduifar
les Pfeaumes & faifant parler le Se
gneur qui enrroit en colère conn
les Juifs , lui faifoit dire :
> :C«pMccRtopktiiian
. vjtjwicfd i»w CtmYttt% vimx.
(Turécncnt la nuance 4a b« halk
n peu forte.
L^la Satyre MlfHfpéf . On-
lit révc|uiion dans Icf iiitl pol^
(jucs.Albus trouverez dtw les meit*
iirs morceaux , de l'efpflF * <1|1 l*V*
lime, une gaieté piftiuff de «ne
iïvcté bailc.
L'extmple f:ul d'AmjW fiiQc
9UT judilier cette ihéarict Voyc* fil
"raduâion de Dapkùs & CktofS
syez le charme de (c vieux Ajle
9ns un Ouvrage cflèDticUenKnC
tlT, c'cd la langue ^topfc du fii*
F, & cette Trajuiftipo ptroft un
ciginal. Voyez la TnduAion des
fommts illujlrts de Plutaïque Çàt
même Auteur , vous croyn lire
ic parodie, la naïveté devient ba(«
fie 1 la langue ne componoit poini
irnre une Icmblable tradu^ion;
1 uaics badins & tncfquins dli
" : . Gsif
y04 Jeunial'des Sçavàhs ,
vilux jargon n'étoknt pas faits pout
peindre les H^ros de k GrècciSc de
Ceci peut fçrtir âc principiè'poiic
l'emploi du ftvle maiotiqaei- ■ Mfe
l'cmpJoyez îa'ni&ij que dans des- fu-
jets efTcntidlemept naïfti -Si «)Cfs
avez à dire des chofes {levées ou
fetilfmenr raifonnables , fnvcz-voïÀ
d'iiiiL languc^itc , fervez- vous'ifc ■
votre langue. Xe Ityle maroïi<jtft
ftmblc parodier la raîfon en la ptd-
diiKant fous titi habillement grocef- -
que , qui ■ d^etnèrc même {ouvnd
en grofiîcreté Durlcfque. Voyct dans
les Con/eils à in Journalifie la eoftï» -
paraifon que fair M. de Voltfaiffr'Jt '
quatre' vêts de Boileau avee desvett
de RuulTeau , qui difcnt la m^it^ '
chofe endylc marorîque* Voyft"
toute la doârinc d&M. deVolwe
iur cet article. En "général,, iift^
inarotiquc défiguré & déstiott^iSh,;
Epitrcs & les Allégorîps dfr K^Â*-
feau , parce qu'il y eft empId^lHl" '■
contre-icns. U embcilK^ pn'la m> '
{bmltootnité,. la. Contes de .la
Fontainr ; il dotinc à (es vers une '
gaieté plus (rancHc , ua badioage
plus pi()Liani:, une naïveté pfus ori-
ginale. Quand , dans ie DiaUt- d$
Pûpefiguière^ Conte dorttJc mcHte
confirte pririci]'alcnicnr dans l'em-
ploi très-heureux des evprclGont tC
& des Iou^s marotiques . le Diable
Te fâchant contre le Manant qui l'a
V(JBi>oid;di>K,PM^hboiuieb^l. >'
l^j-^; galftm^Iè.cn'itDfiuH 4r bonliht....
' . A T0« je revicadiai ,
l^iftK FUipvc , tt nitt vous gaknù
Qilt'M.jaaetn Ces loiitï de vwie rà > . , . '
tï iimc joius d'IiDj je foii iroui;PUi-'
_^U,cCcHcniaionaime.
^^<top"cft'«fiiué'ment tiès-naïf^
Lrrâah^&b^t*y-fàit fentir, 6c
H^i glle rtCD : tout Eft ilToiti , 1»
i^Bëkna , te/ pcifoâHjiges 9t 1»
dwft». -
foô Jouratt du Sçjvans , V
Loifqu'auconrraireRoufreaujdMlt •
Soucis cuiâns au paitir de CaliUe
Ji co mm envoient i me fup; licier ,
Quand CopiJon qui roc «It pâle & trifte ,
Me dit : Ami , pourquoi te Coucier?
Lors m'envoya , pour me folactcr ,
Tout fon cortège 8c celui de fa Mire *
Songes plalfnns Se joyeufe chimère • . • •
Arrêtons - nous ici à confiJéret
quel eft l'effet du jargon inaioTi(|uc
dans ce commence n;enc d'Epi^ram-
me ; c'eft d'abord de bien perfuadct
que le Poète ne fc foucie nullement
de Califtc , & n'a point eu Azfouùs
cuifans à fon partir. S'il ctoit véri-
rablcmenc affligé du départ de Ca-
liUe , il pourroit vouloir foulaget
fa douleur en la chantant y cavâfo-
lans agrum ttfladine amortra , maïs
il n'employeïoit pas un jargon d'em*
piunt ; un fcmiment vrai eût cxig£
un langage vrai. Repicnans la fuite
de l'EpigTammc.
Avril 1781. 707
Qui m'enfèignanc i rapprocher Ic^ ccms »
Me feoc jouir , malgré l'absence amèrc »
DesbicBS paiGfs , ft de ceoi que j'attends.
Voyez comme TAureur , ayant à
£nîr par un trait aflez raifonnable ,
quitte touc-i«coup (on jargon ma-
Torique & reprend le langage de la
laifom
De tout ce qui vient d être dit ,
il réfulte que M. le Comte de Tref-
fan n'eft point du tout intcrelTc ^
Ja propoficion de M. de Fontenelle;
que le langage naïf dont il a fu C
biiD cpnfeiver le caraâère dans un
langage plus moderne » convcnoic
très- fort a fon PuuJthandcSaintri.
Le quatrième volume ^ outre le
Difcours fur TOiigine des Romans »
dont nous avons parlé 9 te une hii-
loire aiTez courte de Rigda & de
Rt^gner Lodbrog, Roi de Danc*
maick 9 corftemporaîn de Cbaclc^-
Martel & de Pépin, contient un
Ouvrage aiTcz confidérable & cuâè-
Ggvj
7o8 Journal dtsSgwans ,
rcrncnt nouveau , qui a pour tiàre,
Zll'u ou i^Ingimie , & qui trft dèâté
.à Madame la Comtcfle de Gchlis.
C'eft lin jufte hommage rendu au
charmant Auteur .des Théâtres d'E^^
ducation 6' dt Sociiti , avant même
que cetce femme >;pour jamais illus-
tre > eut itiis U comble àfagloi^
par ce Traite d'EduCanon , où un
mêlaiigc heureux de principes tévè-
res , dc' rentifricns téndrcs-y de ta»
blcaux rouchans , d'adions-vermru-
fes , nourrit le çteur de vertu i& de
tendreffè , -&îauqik*l ,• après fcs-pircr-
pos è\x 'jôUl^-6e W^ )^tim drajgef 'dft
moitîràtV U ne refléta "^é<fcf»Pà!L
nég;fYmes & Vie^^AdmiifafieiirJ; -l^
nortibreofc^Eîditîon vient detîc^ctf-
levée en quinze- jours ; oir en pré-
pare deux autres, l'une ml 8.4. &
Tauf re in-, 1 x, Nou&reniirQns'OCjmpJlc
inceiTafJiniênt de ceti^ujrrageJimQ
par excellence \ pçp pas pôus Ittjl^ttÉfe
connoicre au Public , jqui Si'dLccÉta
pr^flèdele dévoreir^.majs pipmrJÎ'
piaifir de payer auflî à rAuctttrJfc
tribfit iPeftime & 4l*«daiitrariDO qui
lui tft'dÛ.' ' ' î'T ■ 'I '■ ■ . !•.;/«
• ■ _
ftS{)bgéttitox ) tétr qaTAInie fie ceux^
ifc^M^f Miittmmtel^ >plufi^r» Ro«
•oëi^^èricmem'. aiitériffitrs k i aâion
^ k^'ièMi^^iincaf <fui ncione
f'ff&df^liés ôCiC^uc 4'iniaginatiou
d'une' màùtère; vague & ru&
ifèiêtilàpiem pour rinrciltgeocr
dd'ia Pièce. Ce font ces évènemens
me M. le Comte de TrefTan fapplée
a^oetnanière plus-pcéci(e.;.en en*
- trant dans l'efpric de la- Pidce Se en
7 âflortiiTant 9^ autant qu'il eft pof-
flUe yies Btits & les couleurs ^ c'eft,
Mr«K«9iple V uo, trait bienvAiTortl
irtij-fulet de Z«&^ que celui où Do-
fjNâÙiâf Ai 6eittfne recommandent cet
' Ijîifiucit:^ lèux ami< Samvillo, au mo^
fiÉeoJ oà il Véliiçiie d^ux.'ir - cetm
«•ftpcractoniut pien doulour^fe)
710 Joufnat Jtt Sçàvan$t
••malgré toute la fermeté (Je Ddii-
•> Va! > fcs ycus fc remplireai de lar-
•> mes, SoQ ipoufc , par un raouvc-
» ment involontaire , élève Zélie
•• dans fci bras , la remet dunt ceux
•• de Sainville. Quelque événement
-qui puiflc aiiivcr , cher Saaviitc,
,u lui dit elle avec véhémence & Icf
xyciix pleins (l'une clpèce de few
» qui ne les avoir jamais cnSammési
» louvenez-vous que cette cnlani eft
•■ votre fille , & que vous l'avei
" adoptée. SainvJlc en ce moinentt
" ie Icntit le cœur ferré par le» petits
■' bras de cette entant. •■
Cette image toujours attendrit*
iântc , ell la même que Jotabet pri»
fente dans Athalie :
Et ruii frayeur encore , ou poar me catcflêt^
De tei bras ionocem ie uie feotis picflcr. .
Ces cvèncmens antérieurs forr
ment la première Partie du Roma«
de M. de Trcffan. La féconde eft
compoliéc des fccnes mêmes de Z£>
Avtil 1781. 711
lie, lices feulement par le récir.
La majiière infiniment obligeance
dont M. le Comce.de TreiTan a bien
voulu parler du compte que nous
avons rendu de la Comédie de Z/-
liê , ainH que des autres Pièces du
Théâtre de Société ^ dans notre Joue-
oal de Dec. 1 78 1 j i/"^ vol. , ne nous
fera point illufion & ne nous cmpê^»
cbeia pas de réclamer févèremenc
contre une propofîtion que nous trou*
Vonsaux pages 216 & 117; nous ne
(aurions penier comme TAuteur que
ce foie un bien de ravager la terre ,
d'infefter les mers & de vetfer des
6ots de iang ^ parce qu il en réfulte
1^ petit avatuage d'occuper la No-
blefle s c eft à elle de favoir fe fairç
des occupations moins funeftes au
geure-humain & à elle-même. Il eft
vrai queTÀuteur tient fi peu ï cette
idée, qu'il femble faire un mérite au
Pbilofopbe Arifte. d'une averfion
pour Ija guerre » qui Tcogage à quit*
ter lé Service ; mais c'eft un autre
excès ; jamais un Gentilhomme ne
71 1 Journal des Sçavans ,
doir quitcci le Service, tant qu'll-
reu[ eue utile à l'Etat, Défendre la
Patrie & fervir Ic-Prince, fcia tou-
jours le prcnlicr 9i le plus noble des
emplois ; ce ne fonr pas ceux qui
foin la guerre qui ont rort , ce font
ceux qui la commandent.
Au refie, ces nouvelles produc-
tions de M..dc Trcilàn juftifiem tou-
jours de plus en plus ce que le Poète
hrillant-'& aimable qui l'a reçu à
l'Académie Françoife, lui diloic
alors dans une pio!c aullî aimable
que fes vers : '
<■ Le lalênrle plus jeune vous en-
BvicToit la fécondité de votre plu- .
" me élégante , & ce que vous ap-
î> peliez votre vieilleflc, car ce moc
•> ffmble ne devoir jamais être fait
"pour vous, rcfîèmbic à ces beaux
*■ jours d'hiver fi ians , mais fî
K rares , dont la pius belle faîroa
"fcroit jaloufe, ■■
' [ Extrait de M. Gaillard, ]
■ -, *
Prospectus Open< eut titulus
Acla SanSorum BelgH SeLSà
qua ex Monumeneis Jînceris &
Bolhndiano opcre dtprompfît ,
Chtonologico orH'uit digeffit àc no*
lis illuflraxit J. Ghifquitm PrtSm
byttr & B^uxelUnfis Scientiarum
Acudimia Sucius, BruxtUis. Ty*
pis Matheœi Lemaire» in-â^. 7
pag.
DES Membres de TAcadémic
des Sciences de Bruxclles^nt
entrepris de publier une Recueil des
Monumcns Bcîgiques , ou des. dix-
fcpt Provinces des Pays-Bas , tant
faciès que profanes. Cet Ouvrage
Icra divifé en plusieurs parties , com-
me on en fera dans le tems averti
par M. le Marquis du Chaftelier,
Aflbcié & Dircd ur de la même
Académie , par un Ptogramme pu-
blic. En attendant , fon Confrère
M. Ghefquierrc , chargé de donner
la fuite chronologique des Saints
714 Journal dts Sçavans ,
des Pays-Bas, luivant une méihodç
nouvelle, & quelijucfois un ubrégé
ctes ÂHts , rend c< mprc de Ion ira<
vail. C'ift une qucllion de favoir s'il
fuffiroic, pour les Amateurs de l'hil-
'toirc, d'extraire (^uclquts fiallagcs
choifis des ^Hes aes Saints Be/gi-
fucj, ou s'il lauc publier en enciec
les Aâts mêmes avec des Conimen-
taires; ks opmions éiatic parragées.
M, i'Ahbc Ghcfquierre a pris un
parti moyen. Il a remarqué que ,
dans l'Ouvrage imptiiDé des Bol-
Jardiftes , & dans leur Colle^ioa
qm n'a pas vu le jour, on voit îjuel» .
<^ues Ailles dts Suinrs, tels que ceux
deS. Eloi,S.Sigebert,S. Vaft, S.
Amand , &c. où l'on ne pourroic
fuppnmer une période fans méricer
de jullés reproches de la part dc(
Sçavans j mais qu'il s'en trouve bcau>
coup d'autres aufli qu'on ptuc abré-
ger lans fciupulc , & fans perte pout
l'hilloirc. Il a donc pris le parti de
faire tin choix des j43es des Saints
des P^ys-Bas, 2c de les pubiici <.a
Avrii 1781. 715
encier , ou d*après TOuvrage des
Bollandidcs , ou fur des manufcrir^ ^
furtout lor(c]u'il s*agit de plulieurs
Saints dont les Bollandifles n'one
J^as encore pu s'occuper , en fuivanc
c plan de leur travail ^ qui eft celui
du Martyrologe Romain ; mais aufli
de ne publier que Textrait d'un grand
nombre d'autres , fans s'écarter ja*
tnai> de l'ordre cbronologii!|ue , ni de
la forme qu ont ordina rcjnent des
Annales (acrées ou profanes.
Au refle il fe gardera bien d'ac*
çompagner d'amples Commentai*
i?s 9 ou les Aétes mêines ^ ou l'A-
brégé de ces Aébes : c'ed une cache
qu'il laiflc aux Bollandides à venir.
De courtes obfervations lui fudîronc
pour jetter du jour lur l'ancienne
biftoirc 8jC topograpliique ^ tant des
liix-fèpt Provinces > que des Diocè-
iès de Licge & de Cambrai. Ain(i
rOuvragé n'aura pas plus de (ix
volumes , d'environ fept cens pages
chacun, avec deux Tables, Tune
biftpricjuc , Taiurc copo^rapbiqu
/a
7 i 6 Journal t/ei Sçavans ,
l.e caraftcre fera le intme tjue crliii
èw' Profpctîiis , qui cl! beau , & Je
format pareil , tiii in-^. On en verra
cliaquc année im voliimi;, fi la dili-
t;tncc des Imprimeurs répond à celle
tic l'Auteur , & on n en riiera que
cenr Exemplaires au-dflà du ti!„m-
brc des Soul'crîpteurs qui auront
donne Icuri noms d'ici au pK-mict
Avril lySU. Cfiîx qui n'auionr pas
loiiicrir avant e«rte époque paye-
ront cliaquc volume ncul- florins du
Brabant , monnaie courante; les
Sou'cnpreurs le payeronrfept florins.
Il paroîr qu'on ne donne pusb.-au-
coup dt tems aux Soultr.'pteurs ,
puifque ce Profptclus qui nous cft
parvenu à la fin de Février , cil de
cette année. Quoiqu'il en foie, voici
la formule de fouler ipti on.
Recannoiffancc qui eioh être envoyée
à l'Auitur à Bruxelits.
'• Je (ouftîgné m'engage à r''""-
•• drc . ,v>£$cniplaire coin.
Avril 1781. • 717
wTOuvrage, ayant pour ritre j43éê
f> SanSorum Bclgii Se/eSa , & à
v payer à M. l'Abbé Ghefquierc »
^^ cKdcvan^ Vun de; BoUandiftcs , la
jM fi>mh^ dq fcpc florins argent cou*
a>TaQr.dc Brabant: pour chaque vo^
tsjiuiie dudit Ouvrage , qu il mode-
»>|iWersi ou qu'il remettra à. mon
l«.Çommiifliofinàirc; promettant de
jrfj^ri^ paryénif audit Abbé , avaoc
> j^ ^t*'*^ : À'wl 1781 , fa préfcntc
' «i f çcpnpoiffiince affranchie de pprr ,
.p^ff)fi que ladite fomme de fcpt
P florins , à h. livraifon de chaque
» vokmei En foi de quoi )*ai figne
9» là pTéfeute â . • • > ce • • • • >»
^ Les Soufcfipreurs (ont priés de
ni^rquècdiftinâen^erit leurs noms,
furnoms , titres 9 domiciles ^ afin
qu'on puiflelcs inférer (s'ils le pcr-
jnaettent ) dans la lifte publiée avec
le. premier volume.
; Une forpe de lettre circulaire
adre0ee aux Amateurs de l'hiftoire
.Çelgique acpmpagiie ce ProfpeSus ,
jkj renvoyé y pour ce qui concerne
7 1 8 Journal dis Sçavans ,
le plan & l'utiliic de l'Ouvrage que
l'Auteur cnfreprcnd de publier à fes
frais; il les pnc en même tcms de
lui faire paOct , finon les nianuf*
ciitsmcmcs qui fonc confcivés dans
leurs archives, n'ayant jamais été
imprimés, du moins une courte
nonce de ces maaufcrits. Il avertit
, qu'il s'occupe de ce travail depuis
' piès de quinze ans. Se que d'abord
rimmorrcUc Marie - Thérèfc , en-*
fuire l'EmpcTcuT aujourd'hui fur le
trône , l'ont chargé de donner au
Public la luice chronologique des
Saints des Puvs-Bas.
[ Extrait dû M. Dupuy. "]
M B. "M. Lcroi, Aureur du
« } ""^ Eloge de Monraufier, dont
n nous avons rendu compte dans le
■ mois de Mars , page 139 & fui-
» vantts de l'Edirion in-4**. nous a
"lui-même avertis que nous avions
» eu fort de lui Faire honneur de la
l'pbralc , où il ed dit, en Darlanc
*>àci Rois : f (M Us Courtifan
Jvril 1781. yi^
^ftttt de leurs grâces , & le PempU
*4 de leurs refus. Cette phrafc utile
»» ( & nous aurions dû nous en (ou-
3» venir ) çft de M. de Montefqaieoi
^« cUe eft digne de lui , & M. Lerot
•'feroic digne de Tavôir faite, »
NOVrEUES LITTÉRAIRES.
ANGLETERRE,
X>£ LONOUBS.
yé RsGiSTER ùfthe fpnn^ of
«/x M. Mud^s fcrjl Tîme^Keepit
from Aprdthei% , '7^0, to May
y , *y8i y wuh two other Rtgtfiers
cfihcfame eime^pieceé
Ces Tables d'Obferyarions onc
été publiées par M. le Comte de
Brubl j Miniure de Saxe à Londres.
On y .voit 9 avec furpiîfe» que U
Ifouvelle Montre marine de M«
Mudge, dans cinq iatervaleMc 64
jùtm chacun j ut poiuc varié 4o
710 JûUTm.1 des Sçavuiti ,
plus d'une féconde j-ar (our en pics
ou en moins , par rapport à fa mar-
che moyenne d'une année entière.
Ce quimomrc à qucJ degré de per-
fciilion l'horlogerie a porte la (citiicc
eiT mer. M. Kendalî Londres, M.
Beichoud & M. LiToy en France,
continuent auflî de s'en occuper ,
fu; les traces de Harrifon, dont les
inventions peuvent fe (ïniplificr &
fe pcrfedionner.
Phihfopkical TranfaS'tons pf the
Royal-Society of London. vol. 6'i ,
for theyear lySi part, i, A fpeeck
dtlivered lo ikt Royal Society , on
Wedntjday Novembtr jo j '/So ,
being their annivtrfa'y. By jofeph,
Banks , efq. Prejideni. 116 pages
in- If", avec figures.
On trouve à la e de ce volume
àe l'Académie de jndtes un Dif-
cours de M. Banks au fujet de l'éta-
bliffcment de la Société Royale
dans un nouvel appartement (]iiele
Gauvernement vient de '■- -"
jIviU 1782. 711
On y voit auflî la lifte de tous les
M^ - Hcs de la Société Royale»
parmi lefquels il y en a crois d'é-^
trangers. Le volume contient enfiitre
Suinze Mémoires ou Oblervations
*hiftpire naturelle de Phyfique &C
d'Aftronomie.
pE Birmingham.
Exptrînunts and Obfcrvations ff
lating to various tranches ofnatural
Philofophy with a continuation of
thc Ohjcrvation on air ^ the fccond
volume. By Jofcph PritjlUy. LL.
D, F. R. S. Honorary Mcmb&r of
the ^çademy of Sciences at Peters*
bourg , and ofthe Royal Acadtmy
of Medicine at Paris.
Vires acquir il tundo. Virg.
408 pag.
• On y trouve le Catalogue de
Juarantc - quatre Ou/rages de M,
titOàty , en Théologie , Gram-
AvriU H h ,
711 Joufnal des Sçavans ,'
maiTC , Enidinon , Politique & Phf-
ficjiie ; mais fcs cxf.iérienccs fur l'air
fixe fuflîtoient ftules pour établir
& perpétuer la répuracion.
ITALIE.
C E
M
I L A W.
Efhiv
'onoiiicœ anni
'7*J'. '
m MedioLmin-
fimfip-
1 \gelo dt Cefaris.
^ccedit
1 'tm Obfirvjiio-
nibus &
J, &c. &c. &c.
Medioiani. lyifi. ^pud Jofeph Ga~
haiium Diegiiim Typographum. xGy
pag. in 8°.
Nous avons reçu à-Ia-fois les vo-
lumes huit & neuf de ces favances
Ephémcrides , dans lelquelles on
trouve plufieiirs Mémoires iniéreC*
fans de MM. Reggi )> Oriani , Al-
lodio & de CcJaris ; des Oppofi-
lions de routes les Planètes , dei
Oblcrvations de Mercure , des Co-
mètes de 1773 , 1780 & 1781 , Se
fpéàaicmcnt de la Planète Ùl ."
Avril 1782. 715
cheî , depuis le 12 Mai jufqu'au 25
Ovîlobrc ; un Examen géomcrriqus
& prati.;uc des inftrumcns de TOb-
fcrvaroire de Milan , vérifies & dif-
cucés avec le plus grand foin ; enfin
tour annonce dans cet Ouvrage le
2èle des Agronomes de Milan qui
ont fuccédé au P; Bofcovicb & au
P. la Grange, & qui continurnc
a rendre cet Obfervatoire un des
plus utiles qu'il y ait en Europe ^
comme il eft un des mieux conl-
truits.
L'article des Obfervations méréo-.
rologiques eft très - détaillé. On y
trouve la hauteur du baromètre , du
thermomètre tous les jours matin &c
foir , la quantité de pluie & la quan^
tité d*évaporation. Il y a peu d'en«
droits où les Obfervations de route
efpècc foient faites avec autant d*af-
fiduité 5 & d'une manière aufli com-
plète j qu*à rOblccvatoire de Milan,
Hhi;
714 Journal des Sçavans ,
HOLLANDE.
d'Utrecht.
Tahlcau dt l^hrjîoirt générale du
ProvinceS'Vnies ; par fA. Ctnfier.
A Uriccbr, chez B. Wild. 17S1.
■ Nous avons annoncé fucccflivc-
mcnr les volumes préccdcnsde cette
hilloirc inrcrtiranie , pleine d'cru'
dition 5c d'impartialité. Ce y.' vo-
lume commeocf à i'anncc j66j , &
finit à la paix di; Nimegiie en 1 678
On y voit furroiic la conquête ta
mcijfc de la Hollande en i6yi , 1(
maiî'ûcrc desFrcrcs de Witt, leStS'
thouderar de Guillaume III , déclaré
héréditaire en 1674. L'Auteur Ce
fpiopofc de donner encore deux VO'
urnes pour terminer cette hifloire,
FRANCE.
DE P A. K I S.
le Produit $• ie Droit des Com^'
- AvrU ijiil 725
mvnes , ik Us intérêts de l'Agricul-
ture , Population , Arts , Corn-,
merce^ Marine , Finances & Milî*
taire ^ ï concilier pour le iàlut des
Iftdividus & propriétés , l'aniéliora-
tion des domaines & autres parties»
la xicbeÀc & profpériré de TEtat 5c
d:$ Citoyens. Traité d'Économie^
polfti<|ué , ou le Patriotifme , em->
bradant toutes fes. branches , eifaie
Êrinâpaiement 4^ tendre i la-fois
\ Soùveçain plus fatisfaic & pui&
l^Ac, les. Provinces p^us rapprochée^ ■
& commerçantes > & moins affligées '
d'cpizoocies, les Jîabi tans plus iains
& forturïés y les Armées mieux pour-
vues , & leurs divers corfvois nioins
f ardiB t^ difpendieux , par les dé-
frichçmcns & de(ï&chcmcns , avec
canaux indiqués de navigation ain(î
3ue:d*arr0iage ou d'aflechemenc ,
tgoes & réparations aux courans s
toutes opérations donc la pratique
cft ehlcignérc , pour parvenir à ces
fins y (pecialémenc convertit en
c))junps, bois ^ prés artificiels > &c.
H h iij
yitf Journal des Sçxvuns ,
nos landes inutiles, & marais pcfii-
■icncicls ; en ni£nie-tems qu'on ap-
prend de nouvelles cultures , ie pcr-
fedionnement de celles ufi:éfS, ic
tes moyens généraux , relatifs au
fol , aux mŒurj , à i'induflriC) pour
porter les relTourccs & les fcrccs de
la France au dernier degré. Com-
prenant le Tableau le plus étendu
<ies Loix uiiivcrfcUcs & locales fur
les Communes & Terres vagues,
& les droits de Parcours, Vauies
EiturcSj Ufages , &c. dans tout ic
Royaume , & particulicremcnt en
Normandie & Brcragnc , afin , en
les rapprochant , de faciliter les ju-
gemcns qui précéderont la mife en
valeur , Sa les réclama'jons d'un
chacun fur objet i en outre un
plan, tant r,- rtag: au profit
des Communal. laques aiuirar.C
la coniervano Icms Commu-
naux , que d'une éodacion parte
Roi & les: s aux iujtts Si
Vuflaux , t fans incunv^-
01CI1S les i I
Avril 1781. 717
{-andcs conccffioos ont en vain
tendu l'jfciii'à préicnr. Dédié à la
Monarchie l^rancotlè ^ par on Ho»
horaiirdcs Aatdémies om Scieocci
d'Amiens , Arras y &c. de criles dé
Lyon & Mccz ; & des Socifréi
Royales d*/^ricalture de Parts »
Tours » SoMtons y Rouen ^ Caën ^
'A ienf on y Lyon , i&c.
O F^mnstas mmitm^ fuafibona norint !
ViRG. Georg. L. II.
A Paris 5 cbeai'Aureur 9 Cul de*làc
Saint Dominique , près le Luxem-
bourgi la Veuve Duchefne , Tuc S.
Jacques^ Ccllot , à Pâques , rue &
#ii-4rvis les grands Auguihns ; Joni*
hcfc ftères > rue ^Dauphinc ; Eiprir ^
4U ' Palais Royal ) Mérigoc l'ainé >
Inmlevard de l'Opéra; Onfroy âc
Lamy, lun & Taiitre quai des Au«
guft ns ; les Libraires du Palais Se
du quai de Gêvres. Ëc en Province ^
.%bez .ceux Gbs Villes -principales,
gniAd-zA 8^^de 600 pag. pcti'r ca-
Vttâèft.iybi. Pxix^ 6 hv. broché.
Hhiv
7i8 Journal des Sçavans i
On le recevra par la Porte , franc -
de porr, dans toui: ie Royaume,
tn adrtlTant , trancs de port , à M.
Bachmann , chez l'Auteur, la lettre <
de demande & l'argÊHr.
Caimîna D. Caroli Ltheau, in .
Coikgio olim Grajjinxo Eloqueni'tce ,
necnon in Rcgio Frofi£arii , Regiet
Liiurarum & Infcripiion. j4i:ûJî-
miiz à Suniis. Adjt3is qmbufdam
aliis , quorum tanrùm maitriai die*
tarie illt , aut ipfii pro foUmnihus
pTtzmiis Univerjitai qux mûurix ab
Ediiorc ad txtmplnm & utilieaKm
adchfiinùum tracliUiZ funt. Parif.
Typis Btnad. Morin , yià Jaco-
bœa. 17K1. Cum Pnvikgio Régis,
in- S°. pag, 278. fans Ja Ptcfacc ;
une Nodçc fur M. Lcbcau ; un Avis
& une Pièce de vers de M, Ctiivot ,
ProfelTeur au Collège de iMonta;gu >
li;r cette Ëdicion, qui tn ont 14.
Ce Recueil des vers d'un Sçavanc
dont la mémoire eft fi chère à l'Uni-
verfitc de Paris & au% Le
^vrîl 1781. 719
peut qu'être accueilli favorablcîii:n:
& faire honneur au Dilbipl;. recon-
noiflant qui en eft rEJircur. Les
Pièces contenues dans ce volume
(ont difiribuées en cinq parties. La
première comprcn"cl des traies de
rbiftoirc Sacrée en vers hexamètres ;
lalcconde, des traits de rbiftoirc
Profane , traités de même ; la trot-
ficmç, des Fables; la quatrième ,
de Pièces fugitives ; la cinquième ,
les matières qu'avoir diétccs M. Le-,
beau à fes Ecoliers, quarun vcrfus
& txcmplaria nunquam innotuerc »
dit l'Editeur', illas dupUci conjilio
traSavi : adultcrini ijli fœtus i u*
mbris fortajjc {quod utinam fiât)
veros elicunt , & adoUJcentibus dif*
ficultatum cluctandarum tationcrtt
exbibzre pourunt. On voit que la
mtKlcttie eft une des vertus du Dif-
ciplc tomme c le Tétoit du Maître ,
qui , avant ia mort, brûla un grand
nombre de Pièces que celles qu'on
pubhe feront regretter. L'Editeur a
reçu pour fon entreprifc tous les fc-
H h v
ï
730 Journal des Sç.ivans ,
cours qu'il pouvoir atrcndre de M.
Chuppiii de Gerniigiiy , Ecuycr ,
Coni'eiller do Roi au Châtciet , l'im
des Admiriflratcurs du CoUéce de
Loiiii-lc Grand , & gendre de M.
Lebcau , à ijai on doit la S^olict fuc
fon bcju pète, qui jiatoîc à la té:c
de ce volujiie. C'eJl une desperfoii-
nes de nitr.te & de goût qui ont en-
couragé l'Ediccut à ne fc pa-s borner
à la publication des vers de M Le-
Brau , ainfî qu'il l'avoir d'abord
projctré, mais à mettre au jourl^s
autres Ouvrages Utins du même
Ecrivain. •• Je donnciai donc , dit-
"il, un fécond volume d'Amplifi-
" cations , qui ne plaira pas moins
«que le premier ; le fécond fera
" luivi d'un troifiéme , con:cnaii:
"les Difcouis publics, au nombre
•' de dix , précédés de la Vie de
"Virgile, Se terminés par beau*
" coup d'autres petits , pour des ou*
»>ver[urrs d'exercice , &c. Ce dcr-
'■■ nier volume mettra le comble à la
"'gloire 5f à la répu:acion de l'Au-
" tcur. •• _
Jrril 1781. 731
tmàiriS corittrhànt Fhifloire p
bs Jtiences , les drts ; l^ mcéurSp
U$^»fkgès i 6*v/i/cff Chinois. 9kr Ihi
Miffiônnaires de Pelcîh. Tomes Vil
* YIU. A Paris , ch« Nyon , Li-
hrAiNr » me da Jardiner , vis-'f-vU
k fuc Mignoir.j( ptès de llm^iSJ
m/àit du Patiehienr. iVSi.'AVcd
A^èbërion fi^Privilége'du' Kôu
*' 4<fl. fV4^. atéc figures. Prix",.
%jflif. ttliés 8c %i broc, en carton.
- ^Shhî le fetond volume on trouve
An Ai|>{(i€fhent i l'Art militaire des
Gbâhèitt^i imprimé il 7 a quelques
«niiées. Ge^upplément fe vendauffi
C^paxémrnc. Prix ^ 4 liv. broché.
' ' Iki&et '^ùn MîJp.onnain à Fdiin ;
ccmeeiiatit diverfes queftions fur la
Cttinc*, pour firvir , de fuppiémenc
Ékix'Mémoires conctinant vbiftotre >
Ib-fiHénceSy les arts , les mœurs»
Icraféges dts Chinois i pat les Mif*
'fibmtatrès de Pckiti,' A Purts ^ chez
le'^Mtfnè Ubraire. 1781. 1 voh
«t-r'.Prix, J liv. relié.
HhYJ
7JX J»unialJ$sSfà»aas,
Ceft une nouvelle Edition -des
Lettres du P. paiconin & <ie celles
de M. de NJoiveau , avec dîffitiens
morceaux de ce deiQÎet.
Nouveaux Êjfaisfiir Parts , pour
feivii de fuite. Se dc.itippUmeqt i
ceux de lêu M. ..dp. S«inte Fisib.
Tome III. A Par», chez Débute,
Libraire , rue S. Jacqucs..Piix , i liv#
broché. ^
Ce nouveau volume contient ,
comme les précédens. .ua giand-
nombre de faits plus ou mofos ^a-i
gulicrs , plus ou moins incéietlâiif »•
mais peu Tu^ceptiblcs d'cxnait. ., ,,\\
RoUad Furieux ^iPoëmc Àe Ï^A-
riode en 46 Cbantï. Nouvelle' Tra-,
duâion, par M. Z7«^<r«x. AParij,;- -
chez Lapone, .Libraire, tu^4vh
Noyers} Lamy^ouai d^ 4ugâ(ït
tins ; & Ponc<;* Qnveur, iWu^t
Hyacinthe , !& nouj 1^ RrinfWfjWlï
Libraires deiBcoviacçsIt Pa]r«|Mfiu,i
Avril 1781. 733
Les Libraires qui , par la morr ciu
(leur Brunec ont acquis cette grande
cntreprife ^ pcomcttent de mettra à
foo exécution les plus grands foins
xéunis à la plus grande célérité ; &:
elle nefouffrira d autre changement
en paflant dans leurs mains , qu'un
avantage très-fenfible pour les Souf-
cripceurs.
Formt de t* Ouvrage & arrangement
de la Soufcription.
L'Edition s'imprime en deux fof-,
mats ; l'un in-J^^. l'autre en grand
i/2-8®. fur très - beau papier d'An-
goulême ^ & un caraâèip choifi.
L'Ouvrage entier contient 46
Chants; chaque Chant eft enrichi -
de deux Gravures , fupérieuremenc
exécutées par les premiers Graveurs
de l'Europe , & d'après les Dcflfms
dfs plus habiles Ârtiftes.
A la tête du premier Chant eft
placé le Portrait de l'Ariofte, gravt.
734 Journal des Sçavans ,'
far le célèbre FJquct ; enforte que
Ouvrage fcta enrichi de jij Gra-
vurei.
On délivre aducUeinsnc les 19
premiers Chants , chacun à raifon
de 4 liv rin-4''. & de 1 liv. lo f.
l'/a-S*. broché.
Nous ofirons à tous ceux qui ont
déjà ruiré les premiers Chants de cet'
Ouvrage, de leur Tcmetirc la fuire ■
au fufdic prix ; mêm!; de fournir
gratis, en fe complcrranr, la (e-
condc Planche qu'on a ajourée à
chaque Chanc , Ôr, qui peut man*
<juer à pjulîciirs des Souicripteurs
de feu M. Brunet.
Et pour farilier l'acqui/îtion d'un
Ouviagc aufïî intéieffant, nous dé-
livrerons aux nouveaux Soulcrtpteurr
tel nombre de Cttancs qu'ils defire-
ronc , inÈmc un feul , en s'obligcant
toutefois d'en retirer un auire tous
les huit jouis, & ce au fufdit Prix,
A la fin du dcrnKr Chant , on
délivieta > gratis ^ à
AvrUiytx. 735
Soiifcripteurs , le Porrrait du Tra-
dudcur , auffi-bien exécuté que les
ancres Gravures.
Le (îeuT Laporti , Libraire » vient
4'acquèrir de Meilleurs les Frirez
EtUnnt 9 les Conférences de Paris
lur le Mariage & TUfurc , en 9 gros
vplumes, qui fe font tou)Qurs vendus
3 liv, Tîlics. Les Conférences de Pa-
ris fur le Décaloguj & fur la Mo-*
raie, en dix volumes, font la fuite
de cet important Ouvrage. Le Li*
braire eft jnftruic que ces deux
Traités manquent à pluiieurs Ecclé-
fiaftiqUes qui ont toujours eu beau-
coup de peine à fe les procurer en
Province. Il offre de les cjonner (épa-
rément \ tous ceux qui voudront fc
complercer, & ce , au prix de 40 fols
le volume broché , & 50 fols relié ;
mais le Libraire prévient que ce prix
n'aura lieu que iufq'i'au i.*' Mai
prochain ; paffé lequel tcms , TOu*
vrage fera nxé au prix de 50 fols le
YoiuoK broché, & 3 liv. relié.
73 s JauTital dis Sgavans ,
Satires de Javinal , trcLduitcs par*
f^\. Dufaiilx , ancitn Commiflali-s
delà GETidarmcic , de l'Académie
Royale des Infctiptions & Bciies-
Leccres & de ceUe de Nancy.
ViJUa res agiiar.
A Paris , chez M. Lambert & F. J.
fiaudomn , Imp-l .ibtaires , rue de la
Harpe , près S. Cômc. 1782. /«■!S°,
Î7Ï P^g- Seconde Ediuon.
MancO'Capjc ^ premier Ynca da
Pérou, Tragédie, tt-prcfentée poui
la première foispar les Comédicnï
François Ordinaires du Roi j le 11
Juin 176J . Par M. Leblanc.
Genus humanum, dtfejfem vi coleré )
Ex inlmieitiis hngueiai ; jbo mjgh ipfunt
Spome fuâ cecidh fuh Ugi; a-Hjguijui
fc«:RtT. L. V. V. I
A Patis, chez BcUn-i Libraire , ru( *
jévril 1781. 737
S» Jacques ; & autres Libraires qui
vendent des Nouveautés. ijSx»
iffS**. 9ipag.
£ffàis M Sermons prêches à tlTâé
td^Ditudd Faris. Par M., if^*** ,*
Doâéur en Théologie de la Faculté
L de Paris, C R. & B, de S. V.
A Paris , chez Cbarics-Picrrs Ber-
cpD , Libraire ^ ruç 5. Vfdor , vis-à-
vis S., Nicolas dû Chardonnet ^ au,
Solcif-Lcvarit, 1781. Avec Appro-^
batjon & Privilège du Roi. in ii.
148 pages y Se les PfélimjD^ires 6.
Prix, I ïiv. 4f.
El^re^ Tragédie en cinq acfles ,
imitée de Sophocle. Par M. de Ro'»
chefort^ de TAcadémie Royale des
Tniêriptions & Belles- Lettres.
Solatia luBus*
A.Puîis , chex M* Lambert Sç F. J*.
Baudouin , Imp.-Libraires » rue de
Ja Harpe. ij%x.in%^. 9} pages,
Ce les rrélixninaircs 24.
73! Journal des Sçavans,
Ariane , Scène Ivricjuc. Pat M.
Manineau. Prix, n f.
Pyrame & Thhbé, Scène lyrique.
Pat le même. Prix, 11 l A AmlUr-
dam i & ft trouvent à Paris , chzt.
Defcnne, Libraire, au Palais Royal.
paiTage de Richelieu ^ BLuct , Lî-
braire, quai de Gî-vrc , à l'image
Notre Dame; & chez les Libraires
qui vcnttent les Nouveautés. 1781.
i/i-5*. 36 pages.
SuppUmtnt à la Btblioihïqiu des
Plitlofophts chimifiei{Alchimijîes ) ;
contenant la véiiEé loiranr du puits
hcrincnquc , ou la vraie quin:el]ence
folaire & lunaire , badmi; radical de
rour erre &; origine de toute virj
confed;on de la Médecine univer-
, felie ; Je grand 'ciaicciiTeni^nt de la
Pierre philoioplialc pour la tranf-
mutanon des métaux. Par Nicolas
Flamd. l.a Vit de Micolas F.'imîl.
A l'ai is , chez Lami , Libr-iiri? . iVnii
des AuguAiiw, 17S2. l
r ■ ■
JyfU 178a. 7J9
rburts in ix. La première de ijo
pages ; la féconde de €6.
La Vie de NfcoUs Flamel ne le
: trpëw. poiat "dans ces deux petitêi
' hrochures, qaoiqa*annoncéedaiiste
ticrt de la première ; appartmmeor
iLk paroîtra dans là fuite » avec un
' «lire Ouvrage oue le Libraire pro^
tner en le . quaiinant de manolcric
très finguiier non encore imprimi
du mètne Nicolas Flamel ^ intitulé ,
ia Jùu parfaiit it moi Nnolas FUi"
Éul-& de PèrnèlU ma Jtmme. '
U eft bien étonnant qoc dans^le
fièck où nous fommes , il le trouve
im. Libraire qui ait le courage dlm"
. prinaer^ces galimatias ^Ichtmrqucs ^
Jk à^iiaremment quelques particu-
liers àflèz peii judicieux pour les
•ctieter ^- pont les lire 8c s'imagtnec
t^iSss^ jK^teod^ quelque choie*
■«
Supplinunt ûjftntîtl à TOuvrage
niriràlé : U Guide deteux qui veu'i
ieàt édtir- féiativtnUnt aiix nou'^
.ttaux droits établis. ' Par 'M* tt Cà'i
74* Jonr/fol des Sçavatis ,
mtts de Mt^tieres f Archkeùt. A
Paris, chez l'Auteur, rue du Foin
S. Jacques ; Benot: Morin > Impri-
mcur-Libraire, rue S. Jacques, i
la Vérité. Z2 pag* in-8''.
Lorlqtie .nous eûmes annoncé
l'Ouvrage de M. le Camus , it pa-
rue un £dit du 20 Aoiit i7t:(i,
portant ctabiiflcmcnt de quclqu:'s
impurs fûf les diiFérens matériaux
qui entrent dans la conftrudion des
bàtiniens, pierres , bois & fers, l-es
détails que l'Auttur avoir donn^j
ceflcrcnt alors d'être auffi exads Se
auiii complets qu'il avoit tâché dft
les rendre. U ne pouvoir prévoir ce
qui eft arrivé ; mais il a cru qu'il
étoit de Ton devoir d'cxpofer lej
moyens convenables pour y obvier.
Il a faic encoaréquencc tous les ce-
levés nccellaircs & ks coniparaifoQS '
des prix anciens avec les nouveaux ;
& iîcn'iélbltc qnc. l'augmcotattoh
e(l un dixième dé Valeur delà {ot8>
lité des ouvHgcs qu'on exécute^ac-
tuellemcor.
*^
""*"■ «
Avril 1781. 741
Avis aux bcfnncs Ménagères des
vîlUs & des campagnes ^Jur la meil'^
Unrc manière de foire leur pain^"
Nouvelle Edition revue & corrigée t
par Al* Parmenti^r , Cenfeur Royal ,
'éic. A Londrcsî & fe rrouvea Paris^
chez Barrois Taîtié, Libraire, quai
des'AugtiftiDS. 1781 Brochure i/MX
Ce petit Ouvrage, fort bien fait
£c înfininEient utile» eft TAbrégé
àuTraiféççmplee de la Boulangerie ^
àotrc Ouvrage bien plus coniîdéra-
Islcdu même Auteur, & non moins
utile dans (on genre.
• Quelque concentrés que foient les
préceptes les plus effenrieis de l'arc
de faire le meilleur pain dans VAvis
aux bonnes Ménagères , M. Par-'
mentiçr^ qui aicrrti très judicieufe-
ment que pour les Ledeurs auxquels
if dçftinoit fon Abrégé, il ne falloît
. être ni fçavant ni raifonncirr , mais
m ^contraire en venir au fait de la
iluÂtère la plus ptccife & la plus
daire» a tcrmiftc la Brochure dant^
74^- Journal des Sçavjfis ,
uous annonçons une nouvelle Edi-
tion , par une rccapirulation trèî-
courcc aux [rcncc-trwis Pcéccprss ou
AphorifmeSj qui font un térumé
ciceUent de tout ce que fes longnes
recherches Un la Boulangerie lui onc
fait rcconnoîtrc de plus important
& de mieux conftatè. Nous avons
été tentés àc tranfcrirc ici en entier
cetre rccapiiulation extrêmement
commode aux bonnrs Ménagères,
bien à leur portée, ^ à laquelle le
plus grand nombre s'en litndra pro-
bablement ; mais nous nous bornc-
lonsau j3.'& dernier, parce que ,
dans un fcns , ildifpenfc de tous les
autres , & qu'il eft le réfumé des ré-
fnmés , le lélultat défininf & le plus
général.
Enfuppnfantta meillean méthode
de moudre & de boulanger , Inexpé-
rience prouve quart aura moins d'em-
barras & plus Je profit en vendant
Jon grain pour acheter de la farine à J
laplace ; & que ce double avantage 'M
feia encart plus marqué^ en p
. Avril 1781. 743.
joa paim chc^ ic Boulanger , qui U
fabriquera , toujours mieux & â
moins de frais qui U Ménagire la
pùuiàémomt & la plus adroiiê^
' TraîU complu ^tAriihmiiiquê ^ i
fiif^ge de J'Ecole Milictire^ de la
Compagnie des Chevaux-Légers de
la. Garde ordinaire du Rqî » des Pa-
gesdè la Cbanibre ^Sa Majefté»
de ceux de la Reine, deMovsixuR »
fie 4le ceux de Monfeignrur le Comte
& Madame la Cbmtéflè d*Arcois«
Par M. Trincano^ Ingénieur excraoc-
dinaire de Sa Majefte pour les Prin-<
CCS Etrangers , Protefleur de Mathé-*
inatt€{ues & de Fortification des
Cbevaux- Légers de la Garde ordi*
naire du Roi » des Pages de la Cham •
bre de Sa Ma^cfté ^ de ceux de la
Reine , de Monsieur » de ceux de
Monfeigneur le Comte d*Ârtois 9c
& de Madame la ComcelTe d'Ar-
-toisi Aflbcié Etranger de TAcadé-
mie d*Aneeu« A Paris , chez L«
Ccibcy Libraire*Imprimeur pour
744 Journal des Sçavans »
les iMathématiques y le Génie &
l'Artillerie, rue Dauphine ; chez
Mufier y Libraire y quai des Auguf-
tins ; & à Verfaiiles , chez Blaifor»
Libraire du Roi & de la Reine ,
rue Satory. j}6 pages i/?-8^» avec
figures.
Mémoire fur les Logarithmes des
Quantités négatives JPsiT L.C.f^,Trin^,
cano , Doâeur Aggrégé de la Fa-
culré de Droit à Paris, Penfionnairc
du Roi , Maître de Mathématiques
en furvivance èiZ% Pages delà Cham-
bre du Roi , & de ceux de la Reine.
Ce Mémoire qui occupe 24 pages ,
peut fe trouver féparémenc. Prix ,
15 fols,
L'Auteur paroît fe déclarer con-
tre Texiftcncc des logarithmes des
quantités négatives dans le fyftêmc
ordinaire , contre M. Bernoulli ^
M. d'Aiembcrt, c*eft-à-dire pour le
femiment de Léibnirz & M. Euler.
Quant au Traité cC Arithmétique.^
une expéiiehce de quarante ans a
mis
li
MtU 1782. 745
mis M, Trincano ic père en érac de
traiter cette fciencc avec autant de
clarté que de méthode. La plupart
des Auteurs n'ont fait en quelque
ibrte que paflcr par rAnthmérique
pour arriver aux coonoiflances plus
élevées qu'ils avoient à développer.
Il leur a fufH d'établir les principes
. & les règles néccfTaires pour l'intet^
lîgence des propcfitions contenues
dans leurs .Cours ; iis n'en ont parlé
que comme forcés par Tenchainc-
xnent des matières ; mais M. Tric-
cano a eu un objet tout différent : il
fiait un Traité pour y c-^pofcr toutes
les diffcrcnres parties derArithmcti»
que ; pour examiner toutes les ap-
plications qu'on peut en laire dans
les difiérens états de la vie ; pour y
parler même de ce qu'elle peut avoir
de purement curieux ; enfin il a
voulu la traiter , nonj pas comme
fervant d'introdudlion aux autres
parties de Mathématiques , rrrais
^ommc étant elle-même fciencc à
parr.
Avril. I i
746 Journal dtt S^avans t
Il donne , par exemple , tes com-
binaifons des nombres canc com-
plets que fimplcs , & pat occafion
il enfeigne à crouvct qu'il y a 40OÇ
ambes, 1 i7,4Sotcrncs> 2,555,19a
quatcrnes, & 4], 949,268 quincs
dans la Loterie Royale de France. 11
rraite des nombres figurés ou ordi-
naux ; des nombres polygones & de
leurs ptoprictés ; de la fuite de»
carres & des cubes , & de la ma»
iiicrc de trouver leurs lommes i dei
carres magiques & de leur forma-
tion; des nombres premiers & de
la manière de les déterminer ; des
nombres parfaits & des nombres
amiables; du calcul des cxpofans,
bi enfin de l'arithmétique des infi-
nis, qu'il développe d'une manière
limple, & dont il indique les prln^
cJpaux ufages. Ce Traité finit pat
lin grand nombre de problèmes eu»
lieux & utiles , qui le rcnden;.
dcsOurrages les plus complcc? qu'
■Jt donné lui l'Aiicbmécique,
jivrU 1782. 747
Jiilas nouveau. Pàt M. AitnulU.
Propoié par foufcrfption. La pre-
mière Partie préfeniera « dans une
fittcè de cent 'trente- huit Cartes , la.
Okffii^phie phyfiquf , ancienne jBt"
OKMcnie de cbaque état du Monde
eotamu* Cette Partie (êra terminée
par uae Table alphabétique de tout
Wiioms deslieut » des rivières , &&
pfacéi fur les Cartes , avec llndica'-
(km dn numéro de la Carte où ib
fifl^ôwreDc» & des degré» de lati«
tdé^ fie de longitude » qui. donne
leW' juftr po0tion s la féconde ren«
fierme les Plans des principales villes
èiC l^mivers ^ rapportés a une nié-
19e échelle* Ptopôft' pat foufcrip-
ticûk '
Noitt avons relidu compte plu-
ficuffs fois de la nouvelle Giogra"
ptit de M. Mentelie s il écoit natu-
rel qtfelle fut accompagnée d*un
Atlas; Leprixierarde tioliv. pour
les cent trente- huit Cartes^ On^ payera
xAÏVi. d aviince. On foufcrit à PariS)
» • • •
Il ij
74? Journal des Sçàvans
chez rAuieurf me de Seine, hôtel
de MayencC' -* ,
. Uyaura.auSî lO Plans pour les-
quels on donnera .9 lÎT. en foufciî-
vanr. Le mciite&Ia céicbriié de
cette nouvelle Géographie doit faiTc
defircr des.. Cartes. faites par celui
qui connoù fî bien cette fciencc.
■ On;'tTouve autn chezi'Aurcurdbt
Cartes bien ^ravcctder quatre Par-
ties du Monde &. de la. France,
ayant les poUtions des fUtes fans les
noms , pour exerccT'lc mémoire des
cnfaiiSj chacune au prix dr 4 fols.
Expir'uncts & Obfervations fur
différentes branches de la Pkyjiqut;
avtc une conrinuation des Oblctva-
doiis fur l'air ; Ouvrage traduit de
l'Anglois , de M. /. Prkftley , Doc-
teur en Droit, M>;mbre de la Société
Koyale de Londrcî. Par M. Gibelin ,
Dodeur enMtdccine, M;;mbre de
l«t Société Médicale de Londres. A :
Paris, chez Nyon l'aîné , Libraire -
Avril 1781. 741^
rue du Jardiner, quarricr Sr.-André-
dcs-Arcs , 1781, 1 vol. in-ii: Le
premier, lîe 188 pages ; le fécond ,
de ) tz. Ptix^ 6 liv. les deux volâ-
mes reliés.
Nous nous propofons de rendre^
compte de ce nouvel Ouvrage d'un
Phyficicn qui s'eft illulhé par les
plus nombieufes & les plus impor-
cames découveitcs,
SlippUmtni à [Art du Serruritr ,
ou EÎTài lur les Combinaifons uié-
chaiiiquEï, employées particulièrc-
meiic pour produire l'effet des meil-
leures lerrurci ordinaires \ par Jofepli
Botierman , de Tilbnurg , au pays
d'Ofteivich , Traduit du Hollandor,
& uiiles à tous les ferruricts incclli-
gensi public par M. Fcuirv -, de la
Société de ! liilofophîe de Philadel-
phie ; ( Méfiance tfi mire de Jùrtté ).
A Paris , clicz Lamy , Libraire ,
quai des Au;;u!lins. 1781. 67 paj;.
in-fol. avec (ix Planthtrs. Prix , 9 liv.
en grand papier , comme les Arts
Ji iij
7 5 1 Joufittl its Sgévâits i
dcdiées à Monleigneui le Comte
d'Artois, Par M, l'Abbé Roiier , de
.plufiqnrs Académies; Sfpar M.J, A.
Mongez le fcure , Chanoine Régu-
lier de Saintc-Gïiicviève; des Aca-
démies Royales dts Sciences de
Rouen , de Dijon , de Lyon, Scc. &'c.
Tom, XIX, A Paris, a» Bureau du
Journal de Phylii^uc , luc & hôtel
. Serpente.
. Les Savans Voient avec plaifir ce
Recueil imporrant pour !a Phy(ï-
quc, Je continuer Si. s'c:cndrc avec
fuucès.
Ce premier Cahier, de l'anncc
îiySz, contient des Mémoires de
M. Ducarla j fur les vents Cecs &
fur les vents pluvieux ; de M. de
Lainanon , fut la manière de déter-
ininer les hatireurs des montagnes ,
par ie moyen du baromètre; de M4
delà Mcthcric, iiir l'air inflammable
des métaux, fur laquanrisé d'air put
qui fc trouve dans ratmofphère j
par le céièbre Scheele ; fur la rerrc
Calcaire, pat M< Berniard. La d
Mril 1782: 75 J
crîption d*un zoophite fîngulier cjç
la mer Baltique , & l'Extrait d un
Ouvrage fur la Phyfiquc animale ,
Ear M» Spallanzaui y où il cft fpécia*
;ment qucftion de la digîftion ;,
rAutcur prouve contre M. de Rcau-
mur 9 que la trituration dans rcfto<»
ïtizç des oifeaux gallinacés , n*e(l pat
la feule caufs de la digcflion. Dans
les ferpens il n'y a point de tritura*
tion , tout s'y digère par dillolu-ion,
mais avec une lenteur (ingulière. M«
Spallanzani a fait fur lui-même des
expériences (ingulières , qui prou-
vent que la digedion fe fait par l'ac-
tion des fucs gaftriques , fans que la
Trituration y contribue; & que les
fucs gadriques font anti-(cpriqucs ,
& peuvent même rétablir des viandes
gâtées.
Mélanges tirés (Fune grande Bi^
bliotjiique; Lettre X , contenant les
Livres de Phyhque du feizièmc fià-
clc;,lettre Y, contenant les Pvomans
du fcîzièmc fiècle , Seûion quinziè-
I i V
'^Î4 youTitaî du Sçavan$ t
ms ; lertrc Z , contenant les Livres
de Phyfique du leizièmc (\hc\c ; let-
tre & ^ conrcnant les Romans du
feizièmc (îèclc , Serions dix-fcp'
ticme & dix buitténie. Enfin , lettre '
Aa, contenant 1rs Li vies de Méde-
cine du fcizicmc fîècle.
Cer Ouvrage continue d'être, «lus
que jamais , une Cource fôconded'înf-
trudtion dans tous les genres,
Œu vus de M. £ Arnaud. Epreuvts
Jufintimtnt.
Cet Ouv»agc formera douze vol.
in- 1 1 , de la groffeur de ceux de li
Biblif thèquc des Romans i ils fcronC
imprimés dans un an , 8c diftiibués
ks uns après les autres , &: mois par
mois, à dater du premier Sepremore
17^1. Chaque volume fera payé j O.
fols broché. Ceux qui voudront les
payer en une feule &: même fois ,
feront parvenir iS liv. par lettre
affranchie , à M. Moutard , Impri-
inçur-Libraire de la Reine, rue "*--
^athurîtis. Chaque volume parvis
-éta aux Soufcrîpteurs de Province ,
par k poftc , & port franc. Ccft par
erreur <ïuc , danrun petit AvcrtilTc-
metit placé dans chaque partie , ali
"Tcrfo du frontifpice, & d'où font
tirées les inftrudiolis précédentes*,
il eft dit qu'on délivre aftucllcmatt
les fix premiers Tolumey de cet Ou-
vrage 5 on n'en délivre que quatre ,
formant huit patries, chaque volume
ayant deux parties. Le mérite des
Ouvrages de M. d'Arnaud eft connu.
Mémoire Jur le Nouveau Clavecin
chromatique de M. de la Borde ; par
M. TAbbé RouJJier. Suite du Sup-
pJérhent à ^Efjaifur la Mufique.
Falfitati Jupiter curfum brevem
Dits ai omnes vtritati prajlitif»
G R A V I M A.
A Paris, de l'Imprimerie de Philip-
pe Dcnys Pierres^ Imprirticur Ordt-
nai.rc du Roi, 8cc, &c. 1781. 24
pages i/2-4*^.
V M. de la Borde , dont nous avons
liv'j
7;6 Journal JtsSçavattsi
annoncé un grand Ouvrage fur la
Mufiqiit, a fait exécuter un Clavecin
à toucbts brifces , dans lequel les
dièlcs {ont dillingué.s des bcmoh.
Les divers inretvailcs <]uc fait enten-
dre ce Clavecin , étant tous le réiul-
tat d'une fuite de quintes juives , il
ne faudra que de i'oreîilc pour juga
de la perteâion du ryftéme des quin-
res ;iiftes , que M. l'Abbé Roujjitr
icgarde comme le principe des Grecs,
& qu'il a cxpolé dans fon favanr
Mémoire fur la Mufique des Anciens.
C'en cet Ouvrage qiiî a fait naître
l'idée de rranfporter c(.-s mêmes prin^
Cipes fur le Clavecin , &: qui lui at-'
furoit d'avance la réuiiirc.
L'explication de ce Clavecin eft
l'ohiet du nouveau Mémoire de M,
l'Abbé RouJJîer i où il donne auIÏÏ
la comparai Ion de Ion fyJlémcavcc
celui qu'on admet communément
d'après Zatlin & beaucoup d'autres.
» li faut c[ie bien imbu, dit'il, des
w principes de Zarlin , & n'y avoir
» ja.ïiais apperçu de connadiâîon ,
jtvrll 1781. 7^7
H pour s'accoutumer à l'idcc qu'un
>> ion comme la y par exemple ^ ac-
*» corde à la quinte- jufte de re, ne
H puifle fervir de tierce z fa y àt
.>» nzte à tt/ 9 &c. comme l'ont écrip
» 6c ont dû récrire les Théoriciens
» modernes, mêmeavaotRAneau^
>» en fe bornant à commenter ces
>» principes, (ans examiner le fond;
>^ car le moindre cxameç à cet égard
>» leur. eue fait découvrir rabfurdité
>» des deux fortes de proportions
n primitives , dans un même fyftê-
j>p me , incompatibles Tune avecTau»
» tre, Se qui s'excluent & fe détrui-
^^fent ainu mutuellement *>•
Nous ne prononcerons point fur
une queftion aufli difficile; il faut
avoir la théorie 8c la pratique au
plus haut degré , pour pouvoir pren-
dre un parti ; & même aâuellemenr,
des gens très-habilcs ne font point
4*accordavec M. l'Abbé Roufficr ;
ils ont peine à admettre que le.rap-i
port de 1 à 3 fafle une quinrc-jufte';
(clui de } à quatre une quarte juftc;
7 f S JounaS du Sçévaas ,
& celui de 4 à 5 ne faffe pas la
tierce jufte. Il leur paroîc que c'eft
rcnvcrfer l'ordre (impie & uniforme
de la nature , que d'admettre lel
premicrî nombtcs pour les premiers
accords , & de les rejetcer pour les
accords luivans,
Dtfcripiion particulière dt la
France. DépartCJiient du Rhône i
Gouvernement du Dauphiné. Doib
ïicnic livraifcm. On y nciuvc une vue
de Montelimart , une de Die , deux
du lac de Luc , deux de la Grandc-
CharttcurCjUnc du Canal dcBredaj
& une du Rocher de la poric d*
France à Grenoble.
Les eaux qui s'écoulent du Jat
quarte Je Ceflaux , après aVoir par-
couru un beau canal percé dans un
locher rrès-dur , & erre dcIccnJueS
afltz rapideincnr en taifant divcries
finuolî[és fur ic penchant de c«
monragies , viennent faire un laiiï
de plus de foivantc pieds d—n '-
Conibc- Madame, 3c reçoive
environ cent pas de leur chûre , le
luidèaudccecrevalIcc.Ceseauxainli
réunies ^ forment ce qu'on appelle le
torrent de Breda. Elles font aflcz
confidcrables à cet endroit : elles
dnt (ervi autrefois à un fourneau de
fonte de fer, & à un martinet qui ai
•xifté long -terni à la Martinelle,
petit hameau peu éloigné de. la çaf*.
cade , & qui a pris fon nom du mar*
tmet même.
Cette cafcade eft à-peu-ptès au
nàxd 9 ce qu'eft vers le midi la caf-
cade de Maupas , repréfentée dans
la livraifon précédente , & qui peut
lui fervir de pendant : Tune & l'autre
font également produites par l'écou-
lement des lacs de Ceflaux.
C eft ainfi que les Auteurs de cet
Ouvrage le rendent de plus en plu$
intéreuant par des objets fingulieis f
par des vues pittorcfques , par dc|
graviïres très-bien faites , Se par àc&
notices intércflances^ auxquelles fucy
cédera une ample dcfcription du
Oaupbioé*
760' Journal det Sf^fans ,
Principes ^Sloqiunct pour la
Chain & U Btntau , oh l'on tiouve
des difcours, i'. fur ks moyens de
convaincre une -grande AdembUe }
1°. la manière de picparcf les corn-
positions ^oratdirci ï 3'. des cxcm-
' pics rires de Ciciron , Démoftbètie f
Boifuet, Bourdaloue > SauTÎn, Til-
locfon , & quelques Onteurf An-
glois Si. Italiens ; 4S de la chaleur
du ftylc ; 5*^. des moFS heureux ;
6". de lanoblelTe, de r|^aTmonie&
la clarté du ftyle ; 7°. -de Tonâibn ;
8". de la m^motra ; 9'. de J'aftion
oraioire-, ^c. Par M. Maury, Abbé
Cominandatiûic de la Frenade ,
VueircG^nérdl & Offidal dv Lom.
bcz , & Prédicateur Ordinaire du
Roi. A Paris, chez l.aniy , Libraire»
quai des Auguftins. Avec Approba-
tion & Privilège du Roi. 1781.
Prix, 4S fols relié, S: ^ôi". brocha.
On lit à ta tête du Livre « un Avis
du Libraire , que voici :
•' L'Ouvtage de M- i'AbhcMauryf
» Piédicatcur du Roi , doit être utile
Avril 1781; j6i
» à toutes les perfonnes qui tiennent
>f un-rang diflîngué dans Je mondes
M'Sc particttlièremffnt à' ceux* qui
if doivent octuor les Quiirescfarfr»
n ticnbes ou k Barreau*
' i# Mci&euts les Profefleurs 8c Mai-
H ite% de Pcnfion , ne peuvent faire
9f un «meilleur choix pour réconir
n penfer ou donner des prix à leuf5
4> Elèves-» c-eften leur £iveur que
»)*ai ttabli ce volume à un ^it
•» modique v* •
> Le mènie Libraire vend à part
VEiogc^dc: Français Je Salignac^
la MothfFéndon ^ Archevêque Duc
de Cambrai , Prcccpccur des Enfans
de France ;. Difcours qui a obtenu
Xautffit p au jugement de TAcadc-.
xnie Françoifc , en 1 771.
jinùqud home yirtute'ac fide.
Ter. Adeiph. Ade 3 , Se. 4;
Par le même , M. l'Abbé Maury.
' Refidxlons philofophiqués Jhr to^
rifipt de la Civït^ation , & fur Us
moyens 4è nmedUr aux abus quelle
y/i Journal du Sçavans ,
intràmci-A Amderdam ; & fc trouve
ji Paris ^ chez Bel in , Libraire, tu:
S, Jacques, près celle du Plâtre<
1781. I vol. in-H^.àe-^yS pag.
Nous en donnerons inteffamnienc
une idée. L'Aurtur avoic d'abord
proporéunefourcription & donnoit
cet Ouviage pat Cahiers ; mais le
Libraire , danî un court Avcttillc'-
ment qui fc trouve à la fin du vo*
lome , prie les perfonncs qui ont
foufcritpour le recevoir par Cahiers
"de retirer kuri; touicripcions. On
trouve aufTÎ chez k- même Libraire
des Exemplaires de la nouvelle Edi-
tion du SptSateur François , lotis
]c titre de Peinturt dti Maurs Jk
fiidt , ou Uufes & Difcoursfur dif
férensjujets ; par M. de la Croix. ■
Moutard, Libraire , Imprimeur dt
la Rei/it, rue des Maihurins ,
, vient d^acquérir lef Articles fui-
vani :
I«s fermons de Bourdalôue , ij
vol. in- 11, reliés, 4j liv.
-rfmV 1781; 7^1
I.^ volumes de irer Ouvrage (è
vendcnc toujours ftpurémenr 9 & ft
rrouvent égalcincnr chez lut ; cbet
«ladame veuve DeiTainc 9 & chcfc
M. Manin.
Xable dès Sermons de B^urdâ^
loue, in^iXnf chez madame veuvfc
Peffaint , Se chez Moutard* Cette
Table eft indifpenrable pour les per-
iôhn::s qui ont la GMlcâion deS
Sentions*
R^chines &. inventions approu*
vées par MM. de l'Académie des
Sciences^ 7 vol. i/1-4^, fig. 116 liv*
Cet Ouvrage fait luire à la Co'-
leâion des Mémoires de rAcadémie
des Sciences, dont l'année 1778 a
paru.
Les nfiémcs , 4 vol. in-foL On à
tiré quelques exemplaires de ce for*
tnat, pour faire fuite à la Collée^
Jtion des Arts & Métiers. »
Onviençde faire paroître chez le
même Libraire , le cahier fuivant di
ccue intérclTantc Cbllcdion 9 qui fe
7^4 Journal des Sçavans ,
continue avec une très-grândc exâc-
tirudê.
L'Art delà voiIure,par M. Romnie,
in-fol. fig. 8 liv.
I-cs peilonncî qui font curieiifcs
d'avoir de bonnes épreuves, font;
pri'cs de ne pas larder à faire retirer
ce Cdhicr.
Uiâionnairc Economitjue ; pat
Chomci , conierant l'arc de faire
valoir les ferres, &z de mettre à pror
fît il s endroits les plus ftériles , 5 vol.
in fui. iîg. 72 liv.
Livres nouveaux qui vitnncnt à^ctrt
mis tn vente chai 'le mime Lihraiie, '
<Eavres de M. l'Abbé de Voife-
non , ^ vol. iS-8", avcl le poitTaic,
de l'Auteur, 18 liv.
MM. les Soufcripteurs font priés
de faire retirer leur exemplaire,^
(l'envoyer kur quittance dfcloafcrip-
tion & fj liv. -:
Hiftoire des Volcans d'Italie. P«t
^vrii 1781. 76 j
M. le Comte Hamilton ^ i voL
i/2-8°., avec tarte, relié. 6 liv.
On fait que les excinplai|res An*
§iois & François de cet Ouvrage en
eux volumes in -folio , font fort
rares, & que leur valeur efl très con«
ildcrablc. M. TAbbé Soulavie ,*Na»
turalide déjà connu par Ton Hidoire
Naturelle de la France cqqinoxiale»
a cru rendre fervice au Public , en
lui procurant à un prix très-modi*
que, un exemplaire François de cet
hitclreiranc Ouvrage , auquel il a
ajouté des notes , îc qu il a accom-
pagné d'une Carte; nous en ren-
dions compte inceflammcnr.
Hiftoîrc de la dernière Révolu-
tion de Suède, I vol. in- 11. relié,
a liv. io f.
Ecole des Mœurs , ou Réflexions
fhorales & hiftonques, fur les leçons
de la fagefle^ 3 vol. i/2-ix. relié.
9 liv.
y66 .
T A BLE
DES ARTICLES CONTENUS
dans le JournsI du ^ois'de
d'AviU rySi.
O Deux tfpofio dalC Ebrako
Originaltf &c - 579
Ltitres idijtanui £* curieufts des
MiJJlons éirangerts, 60S
Hijloire univerJtUt depuis le cem^
nuncemtnt du Monde jufqu'à prè-
fent. fci|
Raour dt Prevtnce , à t Auteur de
CHymne au Solti/.- ' ' 6jâ
Oraijon Funètre de Meff.re Ptemi
Attgttjîi/t' Bernardin de -Rojf'et dt
Fteury. Par M. le Boucq. ^ 640
Trnué hifiarique & raijonni , 6*
c. Par M. légier. 646
Carte ginérale des Fleuvts f des
' 7«7
Rivières & dus principaux RucffiJux
de la France. Par M. Dupain-
Triel. 659
mjîoire de C Académie Royale dis
Sciences. é6j
Kong, vetenskaps jlcade mitas
Handlingar, 684
Corps d'Extraits de Romans dé
Chevalerie. Par M. le Comte de Trefi
fan. 6fa
ProfpeBus Operis cui timlus , ô*e.
Nouvelles Littéraires. 7I9
Fin de la Table.
L,.
', V
V '
■A
^ >
■s
r »-
LE
JOURNAL
DES
SÇAVANS,
POUR
V^NÈE M, DCC. LXXXIU
• ^ MAI.
A PARIS,
kl Bureau du Journal de Paris, rue Je Grenelle
S. Honoré, prés celle du Pélican.
M. DCC. LXXXII.
AViC PRIVILEGE DU ROI.
AVIS.
\J N s*abonne pour le JouRNAt \
DES SçAV ANS aie Bureau du Jour- '
nal de Paris , rut de Grenelle S.
ITonorè ; & i^ejl à Cadn^t du Di-
reHiur dt et Joumml qi^il faut en-
voyer le* objtts relatifs à celui dts
Sçavans, Le jirix de la Soufcription
de l'unnie efiéi i6 liv. pour Paris\ ■
& dt 20 liv. 4/) pour la Province , 1
foit'm-\x CK in-4°. LeJovRtfAt
DES SçAVANSeficompofc de qua-
torze Cahiers î il en paraît un cha- >
f ue moii , & deux en Juin & en Dé-
teinkre.
au« X* X* x# ^r^ #v #x #x Kr*
LE
JOURNAL
DES
SÇ A VANS.
MAI. M. DCC. LXXXII.
GODOFREDT PlOUC(I^ET\ A.
X. Magijîri & Philofophiœ Doc-
ioris Lagùes & Mttaphyfictx in',
Univtrfitai% TuUngcnJi P. P, O,
Acadtmidt Regia Scientiarum Be»
rolin. ColUga. Commentationes
Philofophica ScUdions antta
fcoTsim cdiice ^ nunc ab ipfo AuC"
iorè rccognita & pajfim emendata
Traj. ai Rhtn. Apud BarthoL
Wiid. 1781. i/1-4^. p. 591. On
tvi trouve dçs Exemplaires chez
Méù. K k i/
77^ - Journal det Sfdvans i
■ Gogué & Née de la Rochelle^
■ Libraires^ quai des Augaftîos,
piès le Poat S. Michel.
LES Cens de Lecti» qui fonc »
ôuaffcÔcnt de faire peu "de cas
de la Méta^hy{iquc , paroiflent ou-
biier quelle elt l'érenduc dé Ton em-
pire , ou ne,. pas fentip- qu'il 'n'e'fi?
aucune fcicnce' qui ne reubrtiflc i
fqn tribunal. Si pat unjibus qu'elle
condamne, on a vu fouvenc des ef-
piirste peidre dans de valncifubti»
litcs, s'abîmer dans des chimères
Sr de* fiiftibnï ablurdes', il n'en «ft"
pas Àiotn's'V^i'que toutes leslcien-
Cti butnaines font aflufetties it Af
loix: elle dirige leur march( ,' pofe
leurs limitet, celles même de Vcf-
nrit humain , détermine avec ptéci-
lion leur objet, découvre & relève '
ks etreitrs de ceux qoi les cultivent,
enSn foumet ^ fon' examen JulquÛ
leurs principes (bndamemaux ,' 8c
les appréàie. Il àt (UffitpaCd'eo avWE
laie une étude fupetficielle'» il tKac
Mal lySi, 773
au contraire en avoir acquis une
connoifTance peu commune , pour
être en état de fuivre l'habile Au*
teùr , déjà connu par pludcurs pro*
dgâions , dans celles que contient
ce volume ^ & qui avoient déjà
patu (éparcment dans l'intervalle de
vingt-un ans , la plus ancienne ayant
été publiée en 17^5 > & la plus ré«
cçnte en 1779. Comme le célèbre
Auteui les a revaes & corrigées , oh
les lira avec plus . de fruit dans ce
Recueil , où nous avons lemarqué >
-avec regret 9 des fautes d'impreuîoni
capables d'arrêter & de fatiguer le
Ledeurr.
Nous fatiguerions (ans daute la
plupart des nôtres , Ci nous préfcn* .
rions l'analjfe de chacune de ces
Pièces j ce qui exigcroit un égal
nombre d'extraits ; il fuffira j- pour
Tufage de ceux qui fc livrent à ce
genre d*é?udc, de leur indiquer les
matières traitées dans ce volume»
Les deux premières ont pour objet
la Cofmogonic d'Epirnre , &. ica
Kkiîj
:y
7 -^4 Journal des Sçavans ^
idées de Pyrhagore. Il s'agit dans la
Troifièmc de ÏÉpoque de Pyrrhon,
Ce Philofophe convenait qu'il y a
des vérités , mais en foutcnant que
vous ne pouvons {)as les connoirrc.
11 ne nioit pas les apparences des
chofcs, mais en affirmant que la
réalité des cbofes éroit incompré-
henHble pour nous. Ainfi il refufoic
de donner fon confentement à aucun
dogme , & ce refus s'-appclloit épo^
que en grec. La Diffcrtation fui-
vante roule fur la folution. du pro-
blème , fi de rhypotbèfe qu'il txi/ie
quelque choji ^ on doit conclure
l'cxiftence de Véire par excellence ,
cntis realijjîmi fonds & originis om*
nis cxijlentiœ, M. Plouquct établit
Taffirmarive, & finit par montrer
que Ja définition , que Spinofa donne
de la fubjlance , fuffit feule pour
rcnverfer de tond en comble fon fyC-
terne. Il difcutc enfuitc les principe*
cxpofés pair M. Helvétius fur la na-
ture de lefprit humain. Cet examen
lui fournit Toccafion de prouver
Jdai ijSim 775
contre Locke qu'il eft impo/nble
^ue Dieu donne à la matière ia fa-
culté de penfer ^ & cela , furrour ^
pat la raifon que dans la matière
<|ue Doas concevons , il y a plura*
liU , & que la lubftance douée de
la Êiculté de penfer eft nèceflàire*
ment individuelle , lans èttc fu&
ccptible d aucune diviGou. II mon*
tre plusaifément encore , que pour
l'ordinaire les raifons produires par
J' Auteur même de VEjprit , mènent
-à des conféquenccs abrolumenc op-
pbfèes à celles qu'il en veut déduire»
comme lorfqu'il eiTaye de prouver,
ijuc concevoir ccA Jintir.
Le raifonnemenc^ donc nous ve«
cons de dire que l'Auteur a fait
ofage contre Locke , lui fert. en-
core pour rcâificr ce que le Philo*
fophe anglois a écrit fur ÏSLperfo"
nalité. Suivent des Obfervations fur
la loi de continuité ou de gradation
propcfée ^ar Léibnitz. L'Auteur
donne l'hiftoîre de cette opinion »
avant de Texaminer y Se montre
Kkiv
1
-•
77^ Journal au Sçàvaris,
que les. bbjeâions- aa*opj|>ore M»
Prcinonval ne Jour pas bien fondées ;
jk àprèà avoir ra^paccé if sidéel (de
plufieurs Phiidiophps ', pour jexpli-
^uer rocigine & iiJcDincnuQdcatioB
du mouvement j Al Seeonnoit , leur
infuflfîrance. . Elles lui donnent lien
d^examiner fi iVxifténce du pUin
parfait dans le monde nfuttériei xft
une con£éqttence de lalôi.de CQQti-
nuire ^ û on peut piaçei! des efpèc^s
moyennes énçrc celles i(]iii ^ciiftenr »
& Cl toutes les /ubftanc^is ou ks eir
pèces de fubftances exiftenc dans ce^
inonde j on conçoit quis toutes ces
qucftions amènent beaucoup de rai-
fcnnemens très - abSiaîts, Maii ce
qui ne l'çft pàS^ c*cft la conféquenci: '
que tiré rAutcujf^' queTéchelle de
là gradationdes êtres ne peut s'étcn*-'
dre depuis la mjiiiéte. jusqu'aux eir
prirs., parce que ces deux lubtlanc^s
i\t font point homogènes. Maisju(**
qu où s'étendîçlle î Ccft , dirt-il , cp
que rbonimc j ne p^ut détermi npu
Qwant aux 9^eç$.qu'i^c f^mbr^Af ,
Mai i78i.. 777
ce font, a}outenc ils , des cjuanrircs
qu'il appelle interminables , quipeu-
vc.nt /c prolonger à l'infini, ÎJans ja-
mais y parvenir : /cala hac pertinci
ad eas quantitatis , quas intermina'-»
biles voco , & infinitum non nci^
fiunt y lictt proundi pojjintin infis
nitum. j ■
M. Emmanuel K^nç «publia ea
17^3 une Plflcrration pour prouvée
que de la , podibiliré feule d'une
chofe fuie néccflairemenc l'exlilence
de Vétre par excellence. Dans Texa-
mcn de cet Ouvrage , M. Ploucqucc
s'accorde avec M. Kant fur pluiieurs
conféquences , fans convenir avec
lui des principes d'où il veut Us
cirer.
11 examine cnfuite quelles ont cfc
les idées de Thaïes & d'Anaxagore
fur la Cofmogonic , & cette difcuf-
fion lui fait conclure que les objec-
tions propofcespar Ariftoce, Cicc-
ron & Lucrèce ne porroient pas Tou-
jours fur un fondement bien folidc.
M. Robinet , dans fon Traité de
Kv
77^, Jàwnàl des Sçavans ,
la Nature , avoine avancé que AmU
ct'tniiiAt ii^^ânticé du mal 9 tanc
phyfiqueqbe mural ^ cft égale à celle
du bieti éé Kijne & Taucre efpèce.
M. Ploucquec difcute lesraifons fur
lefquelles ^ôite ce paradoxe 9 & les
trouve tr^-ipeu folides. Il finie en
difanc qu'il a lu dans ce Traité tanc
de choies «eiëêlltntes, &'avec tanc
de fatis^aétitin'^ *qu*il a éprouvé par
lui-même que 'le plàiHr neft pas tou-
jours accompagné de Tennui ni de
la douleuté' ^
le Prbfeflcur àeTubingc ne dil^
cutcpasiafttc moins de fagàcité ce
querberivatnfrançois a die dans le
même Traité ^ui ïmcomprehenjiii^
lue de Dieu > pour en conclure que
Dieu n*e(l point un être intelligent ;
qu il n^ighpre rien Se- ne fait rien ;
qu'il cft phji qu'intelligent; qu'il
ncft ni 1>ofa ni firint^ fans être ni
mauvarstil màlfaifant ; qu'il n*agit
point pour une fin ni par des moyens f
qu'il n'cft ni libre ni nécefiité ; enfin
que l'être neft point univoque entre
Mal 1782. 779
'£)içu &la crcaturc. La théorie du
Tiicmie Aurcur fur la phyfqr: des ef-
Îrits j & fuTtouc ce ly(>ên7î dos h-
rcs ftnjitivis , innlU3uilic5 , v<7-
liîivts y quM fuppcfc dans le c?r-
Vcau-, mîritoicnc un exa;rcn parti-
culier qu'on trouvera ici. Nous en
dtlons autant des idées du mcme
"Ecrivain fur lorigme de la nature ,
d'où il prétend conclure que Dieu
éréc par la néceffité de fon efTence ,
"udc caufe cffcntiellement énergique
ne pouvant pas être fans effet.
Dans l'examen que fait enfuifc
M. Ploucquet du fyftcmc de Dérno-
ctitç 9 d'après ce que nous ont tranl-
mis les Anciens, il traite pour &
contre la. qucftion fi réterniré du
inonde & du mouvement eft poflî-
ble, & paroîc incliner pour 1 affir-
mative , quoiqu'à Ion avis , on ne
puiile pas en inférer que ce monde
c«rftc de towtc éternité. Comme il
convient que le mouvement cft de
lariature-& effcntieilemcnt/z/cc^^,
. reijpace quelconque A étant «écef*
Kkvj
yÎ9 Journal des Sçavans i
faircmcnt parcouru avant feïpaçe
B, on peut den^andcr s*^ eft podi-
blc dt concevoir une fuitç acfuc'-
ce (fions , qui n'ait point de co^i*^
niencemenr.On conçoit bien qu'elle
peut être fans fin, pu qu'elle peut
n'être jamais terminée; mais s'en-
fuit-il qu'elle puilTe n'avoir jamais
commencé? C cftpeut être, auçoxv-
traire, parce qu'on la conçoit lans
lin, qu'on ne peur la concevoir fan^
commencemenyr* L'Auteur çonyionç
que le plus fort argument que Ton
puifle oppofer , cft réîcrncllç & in-
finie aSuù/ùé de Dieu , d'où l'on
conclue que lexiftençe de la»piatièfe
& du mouvement peut êcre auflî
éternelle. Mais au fond ce raifoo^
ncmenr ne prouve rien , parce qu'il
prouve trop.£ar 9 de ce. que lapuif-
• lance aélive de Dieu eft fans boc^
nés & éternelle , s'enfuit » il qu'^e '
puiife créer, des êtres-gui n^ipknt -
l^diS fims ? Si donc on^œnçoi^q^ç
le mouvement fucceflSf aune chofo
peut exifier (kns.fin ;, à '^^^pfifii :
Mai 1781. 781
•il paroîc impoiliblc qu'il exiile ians
£n» à paru anu ^ c'ell à dire fans
commencement.
L'Auteur traite encore ce (ujet
ailleurs • liirrout dans une Diflcrta-
xion qui a pour titre ^ de rtrum anu ^
durçtione , alierationc .6* interitu ,
& fait valoir lui-même le raifonne-?
ment qu'on vient de voir. 11 obkrve
que reflence de la matière n étanc
point identifiée avec fon exigence ,
on ne peut intérer de fa nature
qu elle loit infinie , & qu ainfi la
quantité de la mafTe dépendant de
la volonté de Dieu , qui la pro-
duite & la conferve ; & cette vo-
lonté étant conforme à la Tuprême
fageffe, que Tefprit humain ne peut
mefurer , on ne peut démontrer pat
le principe de convenance , ni que
rétendue de la matière loit finie 9
ni qu'elle foit fans bprnes. Autre-
fois il avoir penché vers l'opinion
de ceux qui croient cet univers infini
eu dprcc & en étendue ; mais il a
xecjqpnu que leurs taifonncmcns ne
font pas air» folides : Jam
uittriut ptn/îtaùt rmionibùs .
Jem nonjalis Jtimda tffi "înt
Dans UDc Di^Tf rtaiiotr' -fài
^ine du tatigdge , après avoi:
miné «ii'â^ient'es- -idées qui oi
prcfcntécs ftr cette matière »
qu'en comparinr les raifoDS di
^ui iegaTdt;nt ile4gn^ge tomn
invention tiumaioe, avêclesi
■de ceux qui en attiifauênt 'l'o
au Cicateuf, ontreonnoîtrs
■ jours que l'opinion des demie
rite la prf>férencc: Jh/omines
primttvos immeHiaii emanièt
prod'ijft , eo/que' lingaam , fi
Jim conaminih'ui molejiijjimi
currtntt ttmporefkt iângtt ir,
qaidem potuiffi ; aSu'xtn ipj
dem e^e primas tingutt i/ivzn,
rjcionibus prxpohdefantibus $
dum eJffvÙeéi ' ■ '
pans une aûrré DiffcT^tii
la naiureif tatticfiiretkiquiti
^ r Auteur , -après avoir doni
. principes 'iléatentwtes - dé ï
Mai 1782, 78}
ntétique & de la Géométrie > patiè
à la Dynamique > 8c diicure la
queftion qui partage les Cartésiens
éc les Leibnictens , fur la détermi-
nation de la quantité des forces mo-
trices , les premiers Teftimant par le
produit de la ma(Ie multipliée par
la vîtcilè , les féconds exigeant le
Î produit de la malle par le quarré de
a virefle. Il montre que Lcibnitz
n'a point levé les principalei diffi-
cultés que lui oppofoit BernouUi.
On ne regardera pas comme une
des moindres Pièces de ce Recueil
celle qui a pour titre , iie Pracipuis
animahumanafymptomatibuSy non
plus que celle qui ^traite de Hylo-
[oifmo vcterum & rectntiorum , c'eft-
à*dite de l'opinion des Philofophes
qui penfent que la matière eft ani-
mée 9 mattria vitam imjfe. On voit
que dans celle ci y le lyftême des
atomes, celui des monavies imagi-
nées par Leibnitz » enfin les idées
que M. Robinet a expofécs dans Ton
4/ vol. de la Nature , doivent natvv^
784 Journal dt* Sçavans ,
lellcnient avoir une place. To
matière e(l orgaaifcc & pleim
niiiiaux , félon Lribnicz , & ci
pcgE eue autiemcncdans l'hypc
de Tes monades. M. Ploucquei
tÎT qu'en 1748 il publia à fier]
Ouvrage, pour piouyci que
corpi; cil oiganifi^ quoiqu'il
vienne que le lyftcn]e des mo
dcLcibnicz, ïpuc ^igt!niçuz
cft , cmbraQq blcp des cbprc
n'ont aucun fpndcmcnt dans I
turc M. Robinet a louccou i
macictc eft effiatielUmtnt oiga
& anitnaje ; c'eft.d'-abord ce qi
Floucquet ne peur pas lui p;
non plus que beaucoup d'^utic!
ùs qui entrent dan» le dé veloppi
dc^ce lyftémc ; il y en a même
ques-unes qu'il avoue n'avoir
cccc pas bien comprimes. Pou£
fe borne à dire qu'il y a dans 1
ticic des fo/cts qui dérivent H<
tuofité infinit de i'Êiic fupi
mamfejium e£ejudico , materia
pîrtt, idfuttomanififiius&.t
Mai 1782. 78 J
p/e ctnfto , quo minus admiuerç,
wjfum , tficlus acluofitatis infinitx
yiribus dcriyativis tjje dcflitutos.
Il traite cnfuirc.dans une Diffefr-
ration particulière des forces primi^
tives. 11 entend ^d^x force ce qui en-
gendre la quantité dans la qualité »
iquod. gênerai quantitatem in quali*
iaee. Si dans un fujet fe trouve une
raîfon fuffiianre pour que la quantité
d'une qualité puifTe augmenter ou
diminuer , oti dit qu'il y a une force
.dans ce fujet. Par primitif on en-
tend ce qui ne fe conçoit pas par un
autre qui Toit antérieur. Âiod 9 C\ la
inaticrc éioit néceflaire & éternelle,
.elle feroit un principe primitif.
L'Auteur explique bientôt après la
nature du bien & du mal^ examine
il l'un 6c. Taurre font quelque cbo(c
d^abfolu ou de relatif*) H, fuivanc
l'opinion de Cudworth , Dieu eft
le fondement de route moralité , &
dic-Xjue Dieu en eft efFedivemcnr la
pi-emière règle , mais que le dpi , par
exemple, n'cft pa^smal ^ parce que
ytS JourmH Jks Sfkvasts ^
L>ieu le haie te le défend, mais que
Dieu le haie & le détend^ parce que,
cefi un mat. Dieu n'étant pas la
caufe efficiente & libre de Teflènce
des cbofes. Il établit enfuite l'exif^
f ence de la première caufe , 6c ré*
fute Je fyflême de ZofoaAte , & de
ceux qui ont admis. deux ou yln^
ùcuis principes. Mais il traite àe la
narure du -bien & du mal daiis une
DiiTertation particiiliàrc ,6c en parlé
eneore dans une autre où il tnontrè
rinfluence de la p[tilofô})fajetonrem-
plarive fur la |>ra<:4qne :' denitmienns
philofophim cenumplativa in prac^
licis. Comme il commence pat rcxrt
tence de Dieu , il; parle de la preuve
ue Pefcartes a fondée ïîir l'idée
c Tinfini , fir que Mâiçbranche a
développée. Ceux <{ùi lent atta*
quéc, comme Leîbnitz, Huet , tc
d autres , «ne lui paroiilètlt pas avoir
iaiii le poin't }ufl:e que Malebrànchê
avoit marqué. Ei^fuite ^ a^rès civoir
montré le cihemiti quMl fùge le' plus
fiipple pQur aniveri celte véritéV U
1
Mai 1781. 7S7
conclut que la fociécé a bien des
maux à craindre de la part des Athées
oui 'nient Texiftcnce ae la Divinité ,
' & qui , même cnfuppofant la vérité
de leur afTertion , ne peuvent ctre
afiranchis de toute crainte ^ puif-
• qu'il leur eft impoflible de démon-
-trer qu'il n'y ait pas d'autn^s erres
•ibpérieurs à l'homme. II faudroic
-qu'ils fufTent bien convaincus de
plus^ que leur ame ne iubfiilera pas
après (a mort. C'tft nne certitude
qu'il ne leur eft pas pofllble d*ac<-
qucrijrjcar i*immatérialiré, ou Tin-
cortuptibiiiré de Tame étant dé*
montrée i fi on examine férieufement
le^ raifons alléguées pour & contre
l'immortalité ^ on reconnoitra du
-moins la fupériorité de celles qui
font pour raflfîrmativc, L*Auteut
coniacre à Texamen de ces raifons
une Diflertation particulière inti-
tulée I Difquifitio rationum qucs
tant ad jlabilUndam quant ai in*
fringtndam animi humani immorta^
litatcm affi^rri pejjunt.'
i
78S Journal des Sfavans ,
La dernière Pièce de ce Recueil
eft intitulée , Commentatio de ArU
CkaraSeriJKca ; fui/îcitur Metkodu^
calculandî in Logicis ab AuElore
inventa lyô^» On fait que Lcibnitz
ne perdit jamais de vue le deffein de
trouver & depcrfçdionner cette ca^
raclêrijliqut univcrfellc qui lui pa-
roifToit^néceiTaire pour ce qu'il ap-
pelloit {^Jpécieu/i générale. Il coh'-
vient que, loriqa'il parla de cette
fpécjeufc au Marquis de l'Hôpital &
à d'autres , ils n'y: donnèrent pas plus
d'attention que s'il leur avoir conté
un fonge. M, Btdiffingcr n'a pas dé-
fefpérc de l'invention de Ja fciéncc
caradériftique.. En .1714, Jean
Chriftophe Lçingius^. Proielfeur.de
Philorophie, publia Invcntum nor*
vum QuadraiiLogici univerfiilis^iStï
Ton veut avoir une idée de ces ten*
tatives > & . de quelques autres y,n
faut voir ,. dans cet Ouvrage» ce
qu'en dit M. Ploucquet ; & il eft>né«
cefiairc d'y aYpirrç.cours,.pourcoii-i
noîcre fa méikodc de.caUulir^té^ntU, .
t «
Mal 1782. 78^
li faudroic que l'Extrait fuffilanc
pour en donner rintelligcncc tûc
à*pcii-près auflj long que l'Ouvrage
même.
[ Extraie de M* Dupuy. ]
■
S'I s TOI RE univerfel/c ; Sup-
' ptémens de rHiftdirs ancienne
. tirés des nouvelles Edifions an-
gloifcs. Tomes XXXIII, XXXIV
6c XXXV. A Paris, chez Mou-'
raid. Imprimeur- Libraire de la
- Reine » de Madame & de Mada*
me la Comteflc d'Artois , rue des
Mathurins, hôtel de Cluny. lySi»
Avec Approbation & Privilège
du Roi,
CE grand Ouvrage n'a. pu être
porté tout-d'un- coup au degré
de pcrfcâion dont il pouvoir être
folceptible. Dans les différentes Edi-
tions^qu'on en adonnées, les Sça-
vans ont fait ou des corrections ou
des additions importantes que les
nouveaux Editeurs n ont pas cru de-
7^0 Journal des S^avans j
yoiT négliger \ & comm? le corps
de l'hiftoke ancienne eft terminé ,
ils ont deftinf quelques volumes à
CCS additions & correâions. Il eue
peut-être été plus utile de \zs placer
chacune à la fin des articles aux-
quelles ellei ont rapport > ou 3 lorf^
qu'elles font très* courtes , de les met?
tre en notes au b#s des P«gcs ; pamU
le ledeur aurpic eu fous les yeux
tout ce qui concerne le. même lujet.
Parmi ces additions,. plufieurs font
des ouvrages confidérabies > d'au-
tres ne font - que de fimples notes.
. Les Editeuts ont placé dans le
premiçr des. volumes, que nous an*
nonçons, des notions piélimînaires
qui croient nécefTaires pour Tintelli-
gcnce des cartes géographiques %
elles préfcntent une efquifle générale^
des premières cAtmaUf^nçcs dç la
Géographie , avec la di vifion du glo*
bc> qui doit être milieu commence»
ment de tout rOuvrage. Vient en-
fuite un fupplémenràl'hiftoired'fi»
gypte y qui itsijktm^ i'éDumératioi)
^
deplttficurs yilics de certe conttéc ^
clone oa n'avoir poinr parlé , ou fur
l$%iieUe& oq, ac s «toit ms. aflès
ymà^t fie lia^ inarccaq ^iiet coniî-
cÙnOOé; Jte^riOftoiftt des luib, de-
puis ;Imc ibreic de J'Erre. Ce
juaorçfêÊh 9Wcrc. une ample deC*
^1^14»»^ la/Tçrre promit 8c Iç.
poffflgiS'ilc^ Tribud ; il ed t f mpli de
lioduirGlips: «urte^ib < fut la^ ferrai té
4ii<M|iht.iur. tes ricbeilès de fan (ol
^: lès- dtflSijeotes produâlonx. On
-^^CQ^. p«? Moyle que ce pays produis
{^ïxi M' abondance le h ornent 8C
lV>rge 9 des vignes ^ des figues , des
S* nades » de 1 huile d olive » du
^: du Cttivrç 4 ^ qu'il furpaflToic
i'Cei; égard TEgf pte. Plu6eurs cir-
CDnfttoçes ofit contribué à lui don-
ner cette étonnante fécondité ; l'ex*
Cjpllefitc température de lait qui
ft*éprPUiVî0 ni.aes cb^^ursexceflives ^
ni des fioi.ds tigoureiix ^i la régula*-;
rîfé.;dc3^i«ifon$ , un fol naturelle*
s«ent ffifi^ic fertile ^ qui ne de-«
mandoic ni labourage ni engrais^
79 1 Journal Jes Sçavans ,
Lorfqu'dh lit daiii rEcrfturc I«
defcripciotis qu'elle en - donne , il
faut le (bui^cnlr qucs? cette cont éc
étoit aloir^ habita par un peuple
indudrieux qui èh^loyoît* jufqu au
dernier pouce de terre « 6c qui a voit
forcé les lieux les {jluir ftériles ^ &,
jùfqu aUx défcrtjf^ à donner One
produâion à'forcê de culture;^ Voilà
Un ràbieaii birènr di^rnit de^ celui
que quelques' Êôrivatn* hiodtfrnéS'
tbnt de ce pays , qu'ils Veulent faire
regarder comme pauvre & miféra-
ble. La fécondité -de la Paleftihe a
été vantée pat Ju:ien rA{>6ftàt; mais
l'opprèffion oh U «tient aujourd'hui
le joug Ottornan'i les /guerres ^«î
ont précédé 9 font des ^ciiufes pkur
que luflfiianres pour r«voir réduic
en déiert ; & fi notU en jugeons par
rafpeâ qu'il pré4^te aujourd'hui »^
il lemblc ^uelainatûre elle-même"
Tait rendu incapable de culture.
^ Ce 'morceab ta fiiivi de difi%retis^
autres; Tun cft Un fuépléitienft "è^
Fhifloi^rt des Cultes ; k feeoiîd à '
r
Mai 17 Ji, 79 j
celle de la Grèce; le troidème eft
une hifioire de Thèbes > depuis le
tems où elle fe forma en irpuolique
)a(qu*à celui où elle fiic hib}uguèe
pat Philippe de Macédoine. On y
trouve la continuation de la guerre
des Phocéens 9 & celle de Thiftoire
des Ârcadiens , des Corinthiens ,
des Argiens , des Theflaliens 5 des
Eléens & autres petits Etats de la
Grèce» Les Auteurs entrent enfuite
dans un grand détail fur la Retraite
des Dix* Mille. Un morceau fore
étendu qui contient fhiftoire des
EtTufques , termine le volume } 3 ^«
On doniie une defcription de l'E-
trurie , & on recherche l'origine
des noms de fes villes dans les lan-
gues orientales. On examine quelles
font les anciennes lettres étrufques
qui paroiflent alfez fembiables à
celles que Cadmus porta en Grèce.
Tout ce morceau eft curieux & tem-
pli d'érudition otientale.
A la tête du 34.^ volume, dans
un avertilTemem » on rend compte
Mai. Ll
7ÇI4 Somnulia Sçavâtts^
Àc plulîeUTS additions & correâions
3UC les nouveaux Editmrs ont cm
evoit infcrcf daos ctrtce Edition
françoifc. Elles Joot tirccs de la
ttaduâtoD aUcm^ndc taue par M.
Baumgartcm & par plufîeurs S^a-
vans qui s'ctoicnt alfoocs à lui
dans ce tiavail. Ils ont d'abord rec
tîBc pluncuTScrrurs» cnfuiccajOLité
(les ccIaircilTemcns utile» a tous les
Ledcurs. Csipcndant , pour éviter
le repiochc d'une minuticuf: pTO-
lixicé, les Editeurs ^aocoisontlup-
primé ou réduit ur.e toule de ic-
nurques qui ne leur ont point patu
il une certaine im|.-oTtance. Ces lup-
p'cmens conticiiiicnc des trairés
co itts & lumineux fur la cbronolo-
eie, fur d ffércns peuples » & ten-
dent à cclaircic tout ce qui concerne
l'ancenne hilloiie. Ces lupplcmcns ,
qui n'cxcédttont pas le nombre de
quatre volumes , tciminerout Se
complet te root l'hiAoïre ancienne. Il
ne reliera plus que lâ^'table des ma-
licics ic U table cbxonoli;-'- -
Mai lyitm 79 J-
pour cette partie s comme elits fe-
f ont fort étendues ^ on les publiera
concufjcmment avec les premiers to-
mçs. de Thiftoire modsrne , afin de
ce pâi Interrompre le> cours & la
icâore de Thiftoire. Le Libraire pro-
met de donner grads aux foufcrip-
tCMKf ^ aa mois de Janvier 1783 f
i]a iupesbe deffin fait par M. Co-
cfam ic gravé par M. de S« Aubm 9
qiit fervira de ^ontilpice à cette
*hiftoire*
Le premier de ces morceaux ren-
fermés dans ce volume , eft une hif-
taire des Ombriens & des Sabins,
avec un détail abrégé fur quelques
assures peuples anciens de riralie»
pour (ervir de fupplémenr à ce qui
en eft dit- dans le tome 18^. On y
recherche lorigine des Ombriens;
en donne la ddcription de leur pays
& une idée deleurs loix &c de leurs
ufages ; après quoi ott p^e à lear
hiftoirc ; on iuic ic même plan pour
les Sabins ; viennent entuite oiâFé*
xcBS aiorceaux ai&z cou rts , qui 1er-
Liij
79(5 Journal des Sçavans ,
vtnt de corrcflions à ce qui a été dit
dans les voKimcs prtcédcns ; une
hiftoire d'Egypte , par Chriftophe-
Guillaume Bayer , dans laqucUt
l'Auteur fc propolc d'applanii les
difficultés de la chronologie égyp-
tienne t fur laquelle on eft fi fort
parcage. M. Bayer prétend que ce
ne font point les planètes ou les élé*
mens auxquels les Egyptiens ren-
doient déshonneurs divins, qui
peuvent iervir à expliquer les tems
des Dieus : ce font , dic-îl , les hom-
iTiES , puifque les Dieux de ces cems-
là croient nés en Egypce. Le règne
des Dieux commença loi ans après
le Déluge. Cham h retira en Ethio-
pie avec fes tnfans , & delà vint
en Egypte ; car l'Auteur veut que
l'Ethiopie ait été plutôt habitée que
l'Egypte , qui , félon lui , en cit une
Colonie. Le règne des Dieux dura
331 ans , & finit à la i/= année de
Menés, 4J1 ans après le Déluge.
Pour développer toures ces idées
lui rhiUoiiCj i'Auccui coRimenc
Mai lySir 757
par examiner les fources dans ief-
quelles on peut la puifer. D après
cet examen , il propofe des règles
générales fur Tufage que l'on peut
fiiire des diâFérens Auteurs , pour
fixer la chronologie égyptienne 6c
diftioguer les Dynafiies qui ont ré*
gné fucceflivement d'avec celles qui
lont collatérales; Il eft difficile de ie
fuivre dans ces difcuffions épineufes ,
qui , pour être bien faifîes ^ doivent
être développées ; ce qui nous en-
fagcroit dans des détails trop longs.
l'Auteur nous paroît marcher rapi-
dement & peur«-êrre admettre , dans
]e rapprochement qu il tait de plu-
fîeurs Princes pour n'en former
qu'un feul , un peu trop de conjec-
tures qui ne font pas afTez folidc"-
ment appuyées. Suivant M. Bayer ,
Séfoftris eft le même que Selac , que
Siilofichermès & que Cadmiis qui
vint en Grèce. A cette occalîon il
fait quelques réflexions fur la chro«
nologie des Grecs ; ce qui le con-
duit à examiner l'époque du iiégc
L 1 ii j
79' Journtt des Sçavant i
Se Troye S: même l'hiftoirc de ce
Royaume. I! (ait aller S. f.fltis dans
Je nord , &' le .confoiiii tncote avec
Vodin ou Odin. A la morrfon vafVc
Empire hir paTtagé cniif fcs fil;.. On
' tiiiuvc ici dts Kccs ion eirraordi'
naire?. Les Au'cufs Adj^Iois , en
traitant rh.ïloire HEs^iprc , ù font
conrcnrés d'cxpofer fimplcmcnt les .
faits (juft^es ariciciis H.ft r;cns nous
en oi.c coii'.civés ; ki l'Autturs'tn-
gage dans une ^cn'e de cuii,ciSijrcfe
hardies. Partxcmp'e, il don ru; au
Koyaume de 1 royc i;ne étendue
inirnailt qu! a Iri in:oiiinic |uU]u'à
ptcfcnc. Ce Royauriie, d't il, i*C-
tcndoit dc(iQ;s!aniicr M^d terrannée
juk^ii'eii Norvège, Si depuis les.
louîccs de J'Indi)S j'.ifqn'au iltiin. Il
examine tnluiie comment ce puif-
jant & vafle Emiire a (té icrvtrlé;
il [;tn(c que ce ne lonc point les
G: ces , mais les Egy P icns , qui ont
pus Troye ; c'cft Mœiis , fils de Se- ,
lollris : voilà des idtts bien nou-
velles. L'Auteur termine ces rccher-
ches par une table chronologique
qui préfenre fous up coup«d'œil
tout (on ryficme. On y voie Séfof^
Cri$ contemporain de Sal<0non, Mci«
fî$ ou RaiHtcs Ton fils , qui lui luQ»
cède » pôtte la guerre dans Flnde^
& i ion fclour , en 896 , il prend
Troye. Mémnon là prend encore en
iSçx. Nous craignon*' beaucoup que
rÂureur » dans tout ce morceau 9
De fe Coic un peu trop livré à fon
sniagiliâtidn &: n'ait abulé de lès
Vaftcs coûnoiflànccs.
Ce volume cft terminé par une
ibite 4? notes plus ou moins éten»
(dues fur rOuvrage cptier , & on les
continue dans le le volume fuivant ^
en indiquant le tome , la page & la
ligne ou cltlss doivent être placées*
Après ces notes viennent difi'eren*
'tes obfervations Se diflertations ; la
{première a pour objet l'hiftoire de
"Egypte 9 par Jean Salomon Scm-
ier. L'Auteur examine d'abord 1^
fources dé rhiidoire, & enfui^
putk aux Dynafties égyptiennes y jl
Lliy
Soi Journal dts SçaysnSf
i/LT s s E, TragéJU en cinq actes".
Par M. di Rockefort , de l'Aca-
dcmic des Infctiptîons & Belies- |
Lcrtrts. A Paris, cher. Michel
Lambert & F. T. Baudouin , Impr.-
Libraires , me delà Harpe, près
S, Côme. 1871. m'I**. 104 pa^.
es, & les Préiimiiuirès 16.
C'est fans doiire au Tràdnci
tciir en vers de l'Iliade & de
1*0 dv fiée , qu'il apparncnt de trai-
ter k' fiijet d'Ulyire , & la Pénélope
de l'Abbé Gcneit , matgié quelque
foible (uccès qu'elle a eu dans le
tems, ne devoit pas empêcher utl
Auteur aufïï nourri dtioraère que
M. dt Rochefort , de traiter de nou-
veau le même fujer. On pourra tfou-
ver que c'cft avoir attendu un peu
tard à encrer i carrière Dia-
matiquc ; on ' : craind/e qlicî
ce q'.i'on apj ige du Thtâirt
ne nianc"
vtaoe à
cVft i I
Mai 1781. 80}
vagues & à CCS confidérations étran-
gères.
Ce n*eft pas qu'on ne puiflc tou-
jours dirpurcr fur quelque partie
do plan le mieux conçu : nous ne
connoifTons > ni dans le Théârre des
Grecs > ni dans le Théârre François ^
les deuxThéârres vrair-mblab emctic
les plus approchans de la pertedion ,
aucune Pièce contre la table de la-
quelle il ne s*élève des objeâions au
iraifonnabies ou fpccieuics. Ce ne
fera donc pas beaucoup diminuer le
mérite de Ja Tragédie d*l/lyjfc que
d'en cenlurer le plan à quelques
égatdsr Les taures ne font prefque
rien , Û elles amènent des beautés.'
Les Amans de Pénélope , qui côti-
fument eh tcftins les tréfors d'Uiyffc',
qui font la loi dans fon palais , qui
menacent les jours de Ion liis &c qui
Veulent obliger Pénélope à époulec
l'un d entr'eux , quoiqUw ce mariagç
doive mcrrre fin à la tiranniedc tous,
«ccpté d*un lèul , font uii point
ct>niacfé par la Fable & auquel oa
S04 Jourmal des Sçavans i
ne peut jrien changer ^ c'eft au Lec«-
.teur à fe conformer aux mœurs &
aux idées du tcms donc il s agit ; c*eft
à lui à fe laifTer doucement entraînée
par Homère s & peut-être M» de Rô-
cheforr » toujours û fidèle à ce Prince
des ÎPoëtes^ eût-il dû ne pas s'en
écarter dans un endroit que nous
allons indimièr Se qui concerne le
nœud de la rièce.
Ce nœud coniîfte principalement
dans la nèceffitél laquelle Pénélope
eft réduite > de faire cKoix d*ua
Epoux parifni fes Amans. Pénélope 9
dans le ii.^ Livre de l'Odyffée,
déclare à fes Amans qu'elle prendra
pour Epoux ^ tdui .a entt'eux qui
pourra tendrclW'd'Ulyfle , ic lan^
cer cdinme lui une fieche.qui tia*
verfe douze 'àhneàùx' alignés fur line
même file 'y cette çonduion exigée .
par Pénélope efl un bonimage pouf:
UlyfTe > hommage naturel & qui n'a |
point Tait d'une défaite ; perfonne ,
ne peut trouver mauvais qu'^nç
Epoufe fi tindrè & fi fidèiley forcée
Mai I7S2.* S05
de (è remarier , veuille retrouver
dans fon fécond mari les qualités
qui ont diftinguc le premier , & qui
peuvent le lui rappeller : M. de Ro-
cheferc a cru devoir imaginer quel-
que chofe de plus frappant ^ de plus
tragique « & qui format un coup de
^ théâtre plus décidé. Il fait dire i
Pénélope 9 dans une alTemblée fo-
lemnelle , en préfence des Prêtres »
à la face des Tyrans » devant Télc-
znaque & Eumée > Se même devant
Ulyflfe qu'elle ne connoit point en-
core & qui jouit de fa fidélité :
Pour mon nouvel Epoux je reconnois enfin
Celui de qui la main , méritant ma coo^
quéic.
De l'un de Ces rivaux m'apportera la téce» )
Lorique dans Rodogunt^ Cleo-
pâtre demande à fes fils la tête de
cette Princeflc , & qus Rodogunc
5ar repréfailles leur demande la tête
e leur mère ^ nous n'examinons pas
quel peut être le mérite de cette
So6 Journal dis Sçavans ,
afFreufe fiâion \ mars enfin on en«
tend bien ce <qUé demandem 8t
Clcoparre & Rodogune, Que de-
mande Pénélope & que faur-il faire
pour la mériter } lui apporter la fêté'
d*un de Tes Amans. Duquel? Si dcut
d'entre eux lui apportent chacun
une tête , Ici épouferâ-t'clle tous les
deux ? Si tous s cmprcffent d'obtenir
fa main ^ ils sVntrctueroftt donc tons
& elle cpoufcra le dernier qui réC-
tera , s'il en fêûc un. Qai ne voip
que la proportion de Pénélope eft
une défaite & une dérifion aitîèrc ?
Mais fi elle peut fe débarraifcr ainft
de fes Amans par une défaire, tWt
li'eft donc pas dans leur dépttîdatice \
elle croit donc n'avoir rien à tedouter
de leurs" attentats nî'pouif elle! nt
pour fon fik ; elle n eft donc point
néceffitéeà faire un choix entre eux ,
& dès-lors que devient rihtérct dd
fa fituation 2 D'un âiitre côté , ce
coup de théâtre a le rriérite dé pfôV
duire de î*effct.ïur les pcrfoiinages
pré/cns & iiitèttflGîs \ il raflurt
Mal 1781 ." 807
UlyfTc ; il encourage Télémaquc ;
il conlole Eumée ; il lème la divi-
(ion & Ja défiance parmi les Amans
de Pénélope ; & 9 comme nous l'a-
Tons dit, les fautes tachcrées pat
des beautés , font au moins excufees«
Les gens d'un goût (evère , ou les
Rivaux que M. de Rochefoa vient
d'acquérir par cette excurfion dans
la carrière du Théâtre , Se par celles
qu'il annonce encore ^ ne manqua-
Tônt pas de prétexte pour trouver les
différentes reconnoiffances dont ce
fujet abonde , tantôt brufquées, tan-
tôt traînantes. Des juges plus indiiK
gens ou plus juftes jugeront que.l'Au*
teur^ du varier la forme de ce^ re*
connoilfances , & que ce n'étq^t:aas
une cbofe facile.
On pourra encore trouv'cr que la
jaloufie qu'infpire Circc à Pénélope ,
quoique naturelle ^ eft celle d'une
Bergère, d'une jeune Amante, & n'a
pas toute la dignité qui convient aa
caraâcre de Pénélope.
Mais quelque jogemeht cjol'ow
8o8 Journal iis SçavaxSf
porte du plan & de la ftrUifiurc g^-
nciale de Ja Pièce , on ne pourra
s'empêcher d'en aimer beaucoup plu-
fieurs décails, d'y reconnoînc une
vcriification douce & facile , un flyle
pur , formé fur les principes & les
exemples de la faine Antiquité', qui ,
aumeiite du naturel) joint quelque-
fois le mérite du fcniîraent & l'uti-
lité d'une phîlofophie aimable. Il
eft beaud'L'QiendreUlyirc parler ainfî
de lui-même à la tav>.ui de fon dé-
guifcmenc :
Les ccEurs infortunés aifémcHt s'atiendriC-
JeipUinsccRolfamcuijqni, de la gloire
Pour luivreuac ombre vaine, a ^uîtl^ fou
paysi
Qui , pour UQC querelle à (on peuple éttan-
gère,
L'abandonne j des maoi plus cruels que U
Jeic plains de l'cricur qui l'avoic égaii ,
V
Mcu 17S2. 809
Quand y parmi les âacceurs dont 11 fut ea-
couré y
n crur voir des amis , qui, durant Ibn ab<-
fence ,
Soaciendroienc de l'Etat la gloire & la puK-
fâacej
Sans (ônger que les Rois (ont bientât on*
bliés y
Ec^ue l'EtcIave ingrat qui rampoit à leurs
pieds.
N'aime point la vertu qu'il ne fauroit coa«
noitre,
Ec ne*&it aucun bien loin des regards du
Maître*
L'entrée d'Ulyflc fur la (cène ^
entrée qui fait auffi Touverture de la
Pièce, développe dans ce Héros une
fenfibiliré intércflante , jointe à U
prudence qui le caradérife :
Je puis enfin d'Ithaque embraflèr le rivage.
Ah X je les reconnois ces rochers , ce bo-
cage >
Cet antre obfcur & faînr, où ma main tant
de fois
8 10 Jouriut ies Sfavans f
ftiieatA fÔD oâiaiule aux Nymphes <Ie ctt
bois . • . •
Pénélope en Ton CEcur conferve- t'elle cn>
COrC
Le tendre fouvenir d'un Héros qui l'adore |
AuioJc-elle oublie nos latines , nos adùux, |
Ncis ferniens èe tendreiïe entendus pai Ici *
Dieui î
Et ce;ie armure enfin de feipleiîrs humeftée,
Far romains enrichie &. du cempiierpe^ée.
Qu'elle - même en tremblant aiuclia fat
moiiccBur!. ...
Saclions fouffiir en hanmne Si tiiompher en
Roi.
Péncitons en fecret dans Ic.^ remparts d'I-
ConnoiHons nos amis:, épiouvoDs Tél£-
niaque,
Obicrvons Pénélope y & fans nous tîécou-
Voyi'ns quels feniittieus Ton cœui a pa
lïup malheureux mottels 1 la fombie dé-
fiance
£il (iouc le triCle fruti Je votre t
Mai 1782. 811
Après lies jours remis de peiaes, ie tra*
vaux,
Le (bopçon douloareoz Wenc aggraver ?O0
niaaz.
VoiU de quelle manière la philofb^
phie doit fe fondre dans le fenrimenr«
Homère ayant fervi de modèle 8C
à Racine & à M. de Rocheforr , on
ne doit point erre étonné de voir ces
fleux Poètes fe rencontrer , & ce n'eft
»as un petit éloge pour M. de Roche*
' itt que Tes vers puilTent être lus en«>
core avec plaidr après ceux de Raci*
ne y quand ils' roulent fur le même
fujer.
Difcours d'Heâx>r à Andromaquc
• dans Racine:
« Chère Epoufe ^ êkAl , en eflîi'yaat mes
» larmes , ,
» J'ignore quel fuccès le fort garde â mes
» armes :
» Je te laifle mon fils pour gage de ma foi;
ii S'il me perd, je prétends qu^il me rctrouyc
» en toi ^
f;
8 1 2 Journal dts Sçayaas , I
> Si •Tuit kctueui iiyiiica la mémoire l'eS 1
• chètc, i
• Monne aa fils i qael point to chédlTais
• lepérc
Difcours dlJIyflè à PéDclopedani
M. de Rocbcfon:
» Cl.ère Epoufe , je Tole où m'appeUe
-J-bonneur;
B Je lépoads de ma gkûie , Se noD ie moa
ft Tignoie R janiait U Farnine jaisufè
» Ooic me laiïïëi revoir mon fili & mon
V époulé.
»Ve:'ie£ fui Ton jeune âge, élevez cet ck-
» Il foutiEDdra l'éclat lîe mon nom iriomr
» Infiruifez - le à pocwr le fceptre que je
» bîfTe;
« E[ quand les aas aurooc atFeimi fa jea-
» nelTe,
» Kendei-lui le dépÔ! que j'e mets en ïo»
r
Mai 1781; gij
M. de Rochefort doit beaucoup
Homère, & Homère pourroit lui
;voir beaucoup. O fi 1 intérêc des
sttres ;• &► rcftimc pour l'Auteur ;
Tamitié même autorifbienr à touc
re ! • . . nous dirions à M. de Ro-
leforr : c« aucun Poète , Ci vous
vouliez 9 n auroic un plus beau ti-
tre de gloire que vous. Vous avez
eu le courage & le talent de don*
ner à la Nation une Tradu<5^ion
completre en vers des deux grands
Poëmcs d'Homère ; refpcâ:ez aflcz
votre Ouvrage pour vouloir lui
> donner toute la perfe(5);ion donc il
» eft fufçeptible > Sç pour le rappro*
> cher de l'original autant que la
> différence des langues , des pays
» & des tems peut le permettre ^ les
^ Sçavans jugent votrç Traduâion
• fidèle quoiqu'en vers; les Gens
1^ de goût y trouvent des beautés de
m plu5 d*un genre : mais vous qui
>• connoilTez (l bien Hoinère » êtes^^
^ vous content ? Tous les caraâères
t» du génie de ce Poëce divin | fei
1
8 1 4 Journal des Sçavans ,
•1 niouvcmcns, fcs couleurs, fa ri-
" chcfTc , fou éloquence , roue cft-il
» rendu? Avons - nous Homère en
»un mot, Homère tout entier?
"Avons- nous même fon Traduc-
» tcur tout enricr ? Avt;z . vous été
» jul'quaux bornes de voire talent ?
« Vous rendez-vous le témoignage
«que vous n'avez plus rien à faire
•»pour Homère Ci. pour vous-mê-
»imc ? Revoyez votre ouvrage avec
» un œil févère ; conlultcz & rî-
"vauXjSi amis , i^ ennemis, fur-
w tout confulrez vous vous-même ;
«ne vous permettez pas un hémif-
» tichc qui ne foit la plus fidèle ci-
M prellion du grec dans le plus beau
•• langage frunçois ; ce n'e/l pas trop
»» peut être de [oute ia vie pour un
•' patcil travail ; ma.s auHl quel titre
■• à laiflbr à la Poftéti'é iju'une Tra-
» duâion digne d'Homère en vent
» dignes de Racine! «
[ Extrait di M, Gaillard. ]
Mai ijSu 815
*
JÊ^jLBCTRMj Tragédie en cinqaSes^
imi$u4e Sophocle. Par M. de R^
cAy&rr , de rAcadémie Royale de»'
/' . iDicriptions & Belles Leccces»
. . , SoiatialuSûsm
' i
' AP^aris, chez Michel Lambert ic
* F. J* Baudouin^ loip^-Libraires».
' rue de la. Harpe. I75x« 1/2-8^. 9|
, pagesi & les Préliminaires 14.
eBÉBiLLOK,dansfoDi?i;i^
ire , nVoic point imité So»
phocle » & avoit même déclaré y
avec une légèreté plus digne de fon
6k que de lui , que s'il avoit quel*
que tbo(è à imiter de Sophocle ^ ce
se fçroit pas fon EUBre ; il s eft fait
pardonner cette décifion bizarre pat
là belle (cène de la reconnoilTance
, d'Orefte & d'Eleâre» & par le beaa
tbU de Palamède. M. de Voltaire ,
Et des ifiiirations heurcufes de plu*
urs endroits de ÏEUàre de Sopho-
ft6 Journal "des S çavansl
cle» a prouvé coure l'injuftice des
dédains de Crébillon : Tcxcufe de
M. de Bocheforc pour donner une
EleSre après celles de M* de Cré-
billon & de M. de Voltaire , eft le
dcHr de venger plus pleinement So-
phocle ^ en le fuivant encore de
plus près Qc en donnant de fon
EUSre une imitation plus ezaâe.
Quand il s*eft écarté de Sophocle j
il s'cft rapproché d'Efchyle & d'Eu-
ripide. Il s'eflf pourtant écarté de
tous les Auteurs cVEleSns tant an-
ciens que modernes dans la manière
dont il fait périr Clytemneftre de la
main de Ton fils. Ocefte qui vient de
tuer Egyftbe ^ apperçoit Qytenmef-
tre qui accoure pour défendre ou
venger fon maii :
Il détourne la Tue^ & veac cacher iês lu»
' mes*
Clytemneftre &lQt cet isftant malheiiteaz ;
» Quoi ! (iic*clle , es-tu fàh pour éise ver*
irtueui^
• Soif
Mai 1782. 817
9 Sois ce que eu dois ê;re, un monflre (an-
1» guinaîre,
» Accomplis tes xieflins, & poignarde ta
» mère^
Elle dit , & d*Ore(le elle attire le bras, .
Et conduit dans Ton (èin le fer & le trépas*
ce Od jugera, dit M. de Roche-
•» fort 9 Cl cette cataftrophe eft pro«
» pre au caraâèrc de Clytemncftre ,
»» a la (îtuation où elle (e trouve , &c
M (î elle achève convenablement un
•> fujet Cl terrible. »
Nous nous garderons bien de pro-
noncer entre toutes ces divcrfcj
£Uclr€S , tant grecques que fran-
Îoifes; nous mettrons feulement nos
vCAcurs à portée de comparer la
manière dont certains morceaux re-
marquables de Sophocle ont été
traduits ou imités par MM. de Vol-
taire y de la Harpe 6^ de Rocheforté
Ekâre,dans M, de Rochefort s'é-
crie;
Viens , fils d*Âgamemnon , viens des champs
dePhocidc, '
Mai. M m
€ 1 8 Journal des Sçavans ,
-fuir ton bras au mien contre un montre
liomicide.
Les Dieux , les juftes Dieux , et leur gloice
jab»<,
Son: tous iatércfies i fetvit ton coutroux.
Si le crime iiiomphe& brave le fupplice,
PéiitTcnc la pudeur , la pitié , la juftice !
PétilTenc tout ces nomt adorés dct morieU!
PériHc CDËa l'encens fumant fur les auielsl
Voici dansl'OtcftcdcM. de Vol-
taire le morceau corrcfpondant :
Qui puurtaic de ces Dieux encen&i les au> \
tels,
S'ils voyoienc fans piiié les malheuts éa
mottels, 1
Si le ciime infolentilans Ton heureufe ivrefift
Ectafoii à loifir l'inaocente foibleflc l
Dieut , vous reodrez OrcAe aux larmes de
fa fœur ;
. Votre bras furpeiulu frappera l'opprelTeut !
Otcfie, entend ma voix, celledelaPattib, I
Celle du fang verfé qui l'appelle & qui ctle : |
Viens du foad des délêits oïl (U fa*
.guerre, ""'"■tr^ôét.i,^
«Btperq».
^Î^'S de Clytcmacar. f/"'^' «"r
*icoa„ da Jm?Ï;?- ^oici fo^
o«n, loin de «- r^^L
Mmii
s lo Journal des Sçavans , '
Des coupables ptéCens d'une main fanguî-
naite î
Det pr^fens qu'onc fouillés !e meurtre k
l'dJuhère î
Yoyei ces raonumens : c'eft î nous d'em-
Quc jamais rien d'impur ne piiilTe en appro-
■ cher ;
Jeuez, jeîtei, ma faur, cette urne funé-
raire ,
Ou bien, luîo, de ces lieux cachez- la fous U
terre,
El pont l'en retirer , attendez que la more
Ce Clytemnelïte un jour ait termina le
fort;
Alors reporte! la fur (à cendre infidèle j
Allez , de tcU préfens ne font faits que pouc
cllo;
Ci'oveï-vous , s'il rcftoii dans le foqd de fon
Aprèî Tes attentais une ombre de pudeur".
Croyez-vous qu'aujourd'Lui la fureur qui
yiiit jufques dans la tombe outragci f;- "=^-
timc,
Mai 1782; 811
înfulter à ce point les mânes d'un Héros,
Là majefl^ des morts & les Dieux des tom-;
beaux ?
Et de quel a^, à Qtll pen&t-voos
àioQ père
P&HIè voir ce$ préfens que Poo o(ê lui faire }
, Ali!n'éft-ccpasain(i,quandilfatmaflacré«
V Qu'on plongea dans les eaux fim corps défi-
guré.
Comme fi Ton edi pu, i^t le (èin des eaux
pores y
Lam en méme^ems le crime 9c les hltCr.
fures ? ,
Les fof faits i ce piix (èroient-ils effacés ?
Né le permettez pas, Dieux , qui les pu-
niflTés!
Et vous, ma (œur , & vous , n'en commet«-
' tez point d^auires ;
* Prenez de mes cheveux , prenez au/H des v A-
•trcs.
Le défordre des miens actede mes douleurs ,
Souvent ils ont ièrvi pour efluyer mes pleurs;
. n m'en refle bien peu ; mais prenez , il n'imr
î porte j
n aimera ces dons que notre amour lui porte.
Mmiij
8i4 Jonraal^i SfOfMSt
Cher Oreûe ! eù'-ce toi -^uc je [tens àun
mes mains! - i - ;
O ;r)i , iJoni mes kcoun om protégé l'en-
fance!
.Toi , (jue j' ivois fauïé dat» une autre ef-
Eft-ce aiiifi i^ac pur moi depuis long-tems
pErdu ,
Mon ft ire , à nies regards defoii être rendu!
JcdevoiidoiicdetoinercuMrgueiacendre'
AH ! qu'il tât mieux valu dans l'âge le pins
Périr avec ton pfce , Iiélas ! Si du berceau
Defccndrc à (es côtés dans le même tonî-:
Et mdinienanc tu meurs , 6 viâime shétie [ .
Sous un ciel étranger , & loin de ta PatHe I
Loindeiafceutl... Et moi, Je n'ai pa fui
ton corps
Prodiguer les par&ms, les oinsmens d»
D'autres ont prb{iou[ toi les Tenus qdej'xi
dû prendre} . ■'■■
D'autres furie bûcher ont recueilli ta cemliÇi,
Ces débiis prédeui: , on les porte à U (œ
M4 i78i."~ 8»j
t urne vulgaire eofeim^s fàos Iwa-
!ui«ilê Eleâre! d fti?olci reo-
avauzA: trompeulëi careflat
» premiers ans fut mon plu dgctx
propres maini f aimais j te nooirir.
Qt.^ toi &a\, f aj rempli pijt d'na
c de noiunce Se «felHare fc Je
s ces beauz joa», ce^ jonti fi fbc-
«t avec toi les s dooc moiflôon^s I
I n'es plus, tt je n'ai pli» de père!
lêuleau monde, 8t ma baibate
eaaemis jouit de ma doulcutl
iLi met maux tu promis an ven>
dans la toD^ cmpgn^ mon sa.~
li^QUid'ltui? riciv(jtt''uae ombre
lote. *.
Mmv
8i6 Journal Jes Sçé»aas ,
Que fais-je , hélas 1 moï-iiièiiie après t^aroi»
perdu,
Qu'une ombre, qu'un phaniômc aux enféw
delcendu ?
Mon frère , tejois-moi dans cette urne fu-
neftc,
D'Eleftre auptès de toi reçois le ttifle rcfle.
Le; mênies feniiiBeiis unifToient notre Tort ,
Soyons cncor tous deux réunit dans laïuorr.
La mort eft fecourabic, & la tombe elï
traatjuille;
Ah! coniie le raalheur il n'efi point d'aune
Voici cercc mcmc plainte dans M,
de Rocbefort :
ftefte; chéi:s & dçtis de tout ce que j'ai-
Dépouilles d'un H^ros que je perds pout
Efoit-ce donc aïufï que dans des jours ptofr
pères
J'efpétoiï te revoit au palais de tes pètes?
Voiii donc ce rcioui C. loi)g>te
Mai lySu 817
Doux e(poir qui trompas mon amour éperdu i
Eh ! quel amour eocorJ quelle auffi tcmJize
Ch^ic aa;an( Com £ls que fai chén mon
J&ére;...
Ton cœur dès mon enfance écoit fait pour
" le ihien • • • .
Ctueis i^cSbufènirs où mmeiprit s'égare !
Je crois te voir encor, quand des mains
d*un l>arbare
Je courus te (àurer , te cacher dans m^a
Ccin.
Tu con(êr?ois encore un vifage (èrcin ;
Tranquille, ta femblois n'afoir aucimt
crainte ,
Et rimoiQCtalbé dans tes yeux étoit peinte»
Préfàge féduâeur que j'ai mal entendu \
Cher Ortfte , eft^ce ainfi que tu m'es donc
rendue .
Sur des bords étrangers , loin d'une fccuc
chérie.
Un deftin déplorable a terminé ta vie • • • •
.«•••••• Ma main n'a pu te rendre
Les trop juftês. honneurs que je dois à ta
ceadre • « • •
8i8 Journal dts Sçmanî ; \
Je a'ai point alluma
La Rimtsis ia bucber o4 tu fus coafumé.
De quelques incontiui la pitié fecoitrable '
A lenipliles ilevoi[s<ie tïfceui déplorable; \
Et par cemoiiumeni peu di^ne de ton nom.
Ils ctuietit hoQorei le fils d'Agamemnon,.»
Je fuisprâceà tcfuivre. ,
Mon fière , tu n'es plus , )e oe faucois plus
Quel triomplie éclaiaoc pcac cei lyraus
Dont tu devois punir les complots crimi- j
Le Ciel qui les prat^ , & Te rit de mu' j
plaintes , . ^
M'envoie une ombie v^ae & des seadtei
étantes • • • •
OteCte , leçDÎs-iDoï
Dans le fiSjoar dci moits , eatre mon pire
& toi^
Le roci qui t'a &^pé commande que je
Nous iiousréunirons dans la même demeure j
Je a'ai pu partager ion exil rigoureux'
" "^ «itc utueeuficinousial
Mal 1782. 829
M. de Rocbcfort dans fa Pré-
fitcc préfcntc diflFcrcntcs idées fur
quelques autres Tragédies grec*
ques 9 fiogulièremenc fur VOtdipt
de Sophocle; M. de Rochefôrc»
plus eftimable encore par fon ca*
taâère que par fes Ouvrages 9 fait
pour honorer les Lettres à tous
égards , cft l'homme du monde
dont il (croit le plus doux d adop-
ter toujours les opinions comme
d'escalter toujours les talens ; c'eft
donc avec un véritable regret que
nous ne ppuvons être de fon avis ,
lorfqu*il Veut qu (Edipe foie coupa-
ble , parce qu'il loupc^onne Créon
d'ambition & qu'il accufe Tiréfîas
d'impofture \ mais ce Tiréfias , qui
paroit d'accord avec Créon , accufe
(Bdipe d être le meurtrier de Laïus!
Or, comment (Bdipe, qui fe croie
bien fur de n'avoir jamais vu Laïus ^
& qui eft bien fur de ne Tavoir pas
connu j peur il ne pas regarder Ti-
séfias comme un impoAeur & ne pas
le traiter comme tel } Et ccumneot
Sjo Journal des S gavais ,
peut-on faire létultcr d'un femimcnt
d'indignation d narurcl Si C\ néccC-
faire, je ne dis pa; un crime, ma»
feulement un tore ? On a beau faite ^
k feul tort tl'CSdipc, tort que Jo-
caflc partage , c'cft qu'apiçs l'oracle
(]ui leur avoit été rendu a tous dcjx ,
Œdipe ne dcvoic jamais ni combat-
tre contre pcilonnc , ni fe marier,
fiirtout à une pcrionne plus âgé©
que lui , & que Jocafte ne dcvoic
pointfe remarier, furtoutà un hom-
me moins âgé qu'elle : mais la fa-
talité n'éclate pas moins dans les
conjonûures qui les forcent à cette
imprudence , que dans le relie do
leur deflinÉci c'efl la fatalité fcuit
qui explique tout ic fujct d'CSdipe^
& quand on parviendroil il trouves
à cet infortuné quelque léger tort ,
comme d'Êltc trop prompt à s'irri-
tei & à (bupçonner , on n'en Icroic
pas plus avancé ; quelle proportion
y auioic-il entre ce tort qui à peine
en feroit un , & l'épouventable dcfl '
née d'(Bdipe Se de Joca^ei
rrv
Mtâ 17S1; 831
fiftoos poîttt à révidcQce & ne cher**
choaspas avec efiprc à nous remplir
4e:|»éîiigéa içavans que nous n'a-»
voat i»s. ka gloire de ^{rfiocle o*a
iiç|i A 9i|bef ni à perdre i ^cecte
^ M. JjLde Voltaire a luivi So-
» dm remponenmt qu'il
â <Bdîpe contre le Grand*
Paètie :qiii f accnfe d*airoit tué LiMus,
& il: n'tn a pas flioint jagé iShi
ddipe . . ^
locèSé lé pan3ci4e , & p<mrdu^ yertiit^
. lits idées, que M. de Rocheforc
propo& pour continuer raâionpen-!
dwt Usintermèdcs ^ foi t dans Uiyffe^
£6kiduA Mi^^p nous paroi(!ent
4c bon goûc & propres à produire
L. IfimrédidcM.GaiUêrd.'}.
s^Ik
%
< i^^^ .«...i
83 1 Journal des Sçâvans ,
TxAlTÉ disEvicliom & dila Ga-
rantit formtiU ; (iâiisliqucl lont
traduites & difcufécs les Lois Rc-
maincs du Digcftc &; du Ccde
fur cette maiièrcj avec la Con-
férence des Coiiium^, des Or-
dorranccs, des Aitefï rjo:ab'es
deF'.ance & les Syitcmcs fouce-
nus à ce iujet, par les plus fa-
An U'. Inccrprcres du DioïC Ru-
main &Fraiiçois. Dédié â Mon-
fcigneurHii; deMiroiiunil, Ga - .
de des Sceaux de France. Pai M.
Hdrtketoc, Avocat au Parlement,
■ & DoiScur A grégé de la Faculté
desDioitsdePi)ri&. A Paris, ch z
Lotcin ic jeune , Libraire , rue S.
3ac(jues, vis-à-vis celle de U Pat-
chemineiic. 17S1. Avec Apjiro-
bation & Piivilcge du Roi. 1 vo-
lumes in-ii de près de 50a pag.
chacun. Prix, 6 iiv. reliés.
I
L s'agit principalement dans ce
Traité de la manière de fe con-
duire ijuand on cft ™cn«^ de
Mai 1781; 835
drc quelque chofe pour laquelle on
a droit d'exercer un recours de ga-
rantie ; cette privation de la cho(e
qui doit être maintenue à l'Âcquér
xeur s'appelle EviSiorté
La définition* grammaticale de
ce mot s jijt l'Auteur , eft la racine
compofèe de deux mots latins , exp
vinccr€y qui fignifient vaincrt en
privant un autre. Ce mot , quant
au fens 9 doit être défini exadement»
d'autant plus que cette idée a des
cfpèces très-différentes que les Au»
teurs ne lui femblent pas avoir ra(«
femblées. En général y continue-t*il,
réviftion cft rempêchemcnt ou la
perte de la poflcffion ou de la pro-
priétés La perte fignifie la privation
des chofes acquifes ; Icmpêchcmcnt
veut dire Tooftacle à les acquérir-,
mais comme l'Auteur approfondit
fa matière , & ne laifle rien à defî-
ter , il fait voir dans une des fub-
divjfions qu'il donne , que cet obf-
tacle cft une véritable évidion.
Cet excellent Traité cft précède.
8^4 Jwrnal dâs Sçapdns ,
d'une PréËicc profondéfiKQC raifon-
née & qui donne une idée trè»-nocce
du travail de rAuceiir^ de tous fesx
principes fondés fur les loix romai-
nes & fur les déctfions de la Cour,:
& par conféquenc de TutUtié ^ &
nous ofons dire de la néceflicé do
fon Livre. 11 y apprécie , avec beaur-
coup de juftcfTe & d'imparrblité y
les Ouvrages de Jurifconfultes latins
qui ont traite , quoique fans Tap-.
profondir i de la matière qui fait
Tobjec de fon Livre ; tels que JuA.
tinien , Callet Profefrcur de Droit
à Poitiers , Maiigélius , Franztkius ,
ProtcflVur de Strasbourg & Cban-.
cclier de Saxe-Gocba,.Burgttndus »
Hautcfcrrc, Profefleur de.Droit à
Touloufe , Cujas Se Dumoulin. Le*
feul Traité iur les Evitions qui'
foie écrit en trançpis y eft de Po*
thier ; encore , dit TÂiiteur , eft-îL
très-court & préfenté éomme acceC-i
foire du contrat de vente. U ne parle
point des Coutumes de France Se
dit à peitie un mçt des Ordoonan*
Mai 1781. 83 j
ces de nos Rois. Mais^ malgré cela ,
notre Auteur y trouve Je jugement ,
la netteté & la fcience qui caraâé-
rifcnt Pbthier.
Après Tes réflexions fur le travail
'& ks Ouvrages de ceux qui ont
écrie avant' lui fur la même ma-
tière 9 notre Auteur s'excufe de Ta-»
Voir trahée en François ; nou^ al-
lons tranfcrirc ce qu'il dit à cet
égard.
i< Nous avons entrepris de déve^
nlopper cette matière en François
f»(uivant le Droit civil & celui de
»la France. Pour être plus utiles ,
»nous nous fommes fervls de la
» langue de notre pays. Peu de gens
n font allez familiers avec la langue
nlatine pour étudier, dans un idiô-
»mc difficile, une matière difficile.
» C'cft une des caûfcs les plus funeC»
»te$ de l'abandon des études de
» Droit. On lit avidement des Dic-
>»tionnaires de Jurifprudence ; oa
» n'ofe toucher aux Ecrit*? latins de
» Dumoulin , Bcnkcrfock Se Papir
836 JoKrnalJes Sçavans ,
wnien.» Peut-être quclijues Lec-
teurs, dit-il encore , croiront d'a-
bord que l'on a chercbé à éviter I2
difficulté de compofer dans une
langue étrangère ; mais j ils y réflc-
chillcnt, ils verront qu'il cfl: plus
enibarrairaiit d'écrire fur le Droit
Romain en irançois qu'en laiin.
Malgré ces difficuJtc-s, il a elTayé de
traduire dans fon Ouvrage les Loix
Romaines, qui lont au nombre de
Ccnticpr, ce que pctlonne n'avoit
entrepris avant lai :, car il ne faut
pas conij.ftcr la Tradudion de tovit
Je Cntps de Droit qu'avoit Tauc ttu
M. Huilot, Aggiéi;c de la Faculté
des Droits à Par;s , dont M. Joly de '
Flcury père empcclia l'imprcnîon,
fur les reprcfcntations du Ccnicur ,
qui fit voir le danger d'une Tiaduc-
tion peu hdelle , qui pouvoir aliéier
le texte & donner lieu à des Defen-
feurs avides ou peu déltcarsde grof-
fiT les écritures , de multiplier les
frais & de s'appuyer fur de faux
principes; Se encore d'après les rc-
1
Mai 1781: 837
flexions d'un Magiftrac éclairé , qui
propv?, dans une brochure fça-
vante , que ce Traduftcqr avoir des
connoiflances trop fuperficielles du
Droit Romain. Notre Aureut n*a
traduit que celles dei Loix Romai*
ncs qui (ont fous le titre dçs Evic-
tions; il a mis à fa Traduâioa
Tapplication la plus fçrupuleufc à
'les traduire littéralement; chaque
mot eft dans fa verfion » quand cela
eft poflible ; le finonyme du mot
latin ; fî la correfpondance n'eft pas
exaâe^ il fubftitue Téquivalenc Sc
ajoute une note pour détailler les
idées quep^éfente le mot à traduire ;
chaque mot , chaque membre de
phrafe occupe , quand cela eft pof-
fible , ( & rarement la langue s'y
icfufe ) la mêmç place que dans le
latin : les idées, leurs acce{Ioires>
leurs dépendances, leur diftribu-
tion , leur développement , leur
progrcllîon , font abfolument les
mêmes que dans lorigmal. La Tr/i-
éluciion , dit l'Auteur lui - même
S'^2 J&urnai éies. Sçavans i —
dans fa Préface ,../e5 peint comme k
jkroitun miroir j Nous ofbns dire que
la Icâure réfléchie de la T]:aduâion
nous a juftifîé la vérué de cette aifer-
tion. Au relie il&Uoitpour y réuffir.^
comme il nous fembie qu'il l'a fait ^
une coiiuioiATiince étendue & xaifon-
née du Drpit Romain ; & nous
croyons que iceux qui liront avec at«
tention & difcernemem fonOuvrage»
en feront fatisfaits comme on peut
l'augurer par ia réputation que l'Au-*
teur s'eft acquife dans les difputes
de Dfoit à ia Faculté de P^ris. Il a
encore eu foin de joindre à ia Tra*
dudtion des Loix Romaines \^ reC>
triâions ou les ampUations que Ton
trouve dans les Ordonnances de nos
Rois & dans toutes les Coutumes
du Royaume.
On fent bien , d'après l'idée géné-
rale que nous croyons avoir donnée
de cet Ouvrage y que ce feroit le
mutiler que de tenter d'en donner
un extraits qui, en iéparàntles
parties qui fe tiennent toutes pat
'Mai 17S1; ^}9
«me ctiaîne néceflTaire ^ ne préfènco
-foienc à refprit que des membres
épârs & qui oteroient le mérite Se
i'MtÎQê -A'ufi 4enfenible qui n*eft
Mîie oqu^n ce que chaque partie
icft à r«DC«Uigefice d'une autre ^ 8e
•ibriiie on tout-confêquentj utile 8c
«éoeflaiffe k rtnteUigcQce de la ma-
tière- que l'Autour s eft ptopoft de
Jtraîf et.
Nbuc flous contenterons donc i
•vaat«cie finir , de dire que ce Traité
nous a' paru le plus complet & le
plus utile qui ait paru juiqu'à nos
■jours fur cette matière » 8c qu'il eft
'le feul fuivant le Droit de toute la
France. Il a beaucoup de méthode ,
une logique (évère 9 des méditations
luivies , pour arriver à des vérités
qu'on auroit peine à découvrir fans
cela. L'Auteur s'eft attaché à la di&
oiffiôn d<s principes & des con(é«
-quences fur des matières inconnues^
8c jugées très-difficiles mêmes par
^ ies Jurifconfulces les plus habiles.
Cet Ouvrage annonce ^ de la part
$^0 Journal sti Sçavjnif .
de J'Aureiir, beaucoup de notions
abftraitcs & une intelligence exer-
cée fur les combinaifons. Les der-
nières conléqiicnccs , piiies comme
règles de conduire «Uns les alFaires,
y font à Ja porrce de tout It monde
& de première u'ilité pour tous
ceux <jui s'appliquent à la Jurilpru-
dcncc.
Nous croyons encore, & celaefl
bien à dcluer, que cec Ouvrage
pourra opérer un aiirr: bien, celui
de rétablir dans reftinic publique
leiudc du Droit Romaui, trop né-
gligée de nos jours. On le contente
de le louer; on penlc qu'avec un
cfpnc ordinaire & de la patience on
peut devenir rrès-habile en ces ma-
tières j mais il eft aifé de fc con-
Taincre en lifant avec foin le Traité
de M- Bcrthcloc ; que pour y réuflîc
il faut Joindre à beaucoup de cou-
noiilanccs un raifonncment fuivi &
un efpnt pénétrant. j
[ Exiraii .de M. CoqutUy de^ m
On
I
Mai ijSii J4T
O PIN 10 If tCun Citoyen fur U
Mariait & la Dot. A Vienne ;
& fe trouve à Par s , chez Bar«
fois, Ltbraire^ quai des Au«
guftins. 1781. Brochure i/9-8^.
d'environ joo pages.
L^OuvRAGE dont on vient
de lire le titre , nous a par^ 9
quoique très court 9 plein d*cfprit'8c
de raifon , & par-là mériter d'être
connu. U préfente des idées fages ^
des réflexions profondes ; & h le
luxe qui règne aâuellement parmi
nous révolte quelques Lecteurs con-
tre le plan que 1 Auteur propofcj
un peut leur répondre que ce. n'eft
qu'une Opinion qu'on peut adopter
ou rejetter ^ mais qui , quelque fore
qu'elle éprouve , ne peut partir que
a un homme vertueux & qui deurc
vivement le bonheur de fcs fcmbla-
blcs. Son Oavrage nous, a paru fa*
gement & platement écrit ; nous en
allons donner une idée fommaire Se
Mai. Nu
Ï4i Journal dis Sçavans ^
r.i[i;ioi[cr quelquîS pafTagcs del'Au-
teiit , pour mctrre nos Leflcurs à
pûitte de jii:;er de fon tirre.
On lir en térc de la prem;èrt; page
CCS mots qui donnent un;idée dairc
de l'objet & de !.i divifion de l'Ou-
vrage. « Inconvétiiens & abus du
«M^riagi che?. ks Peuples n>oder-
M nés clc l'Europe & fut - tout en
M France. Nccellîté dt- reformer ces
«abus, La fource cil dans notre
») Légiflation, S;ut moyen de réfor-
y> itier ces abus. » On voit par-là que
l'Ouvrage eft divifil- en quatre Pat-
ries Dans la i.''^ , l'Auicut fait un
labL'au fort touchant des inconvé-
tiiens & das malheurs qui (uivent
trop fouvent un gtand nombre de
ntariagcsi il indique dans la lecondâ
Partie l'origine & la caufc de ces
maux, Sf il croit cti trouver la
fouice dans nos loix" actuelles. La
dot qu'apportent les femmes à leurs
maris , &; les droits qu'elles exercent
concurremment avec les mal" ''""^
les fucceflions de icurs paie
Mai Ï781. 84J
dit-il 9 la fburCf (aralc de cous les
inconvçniens dU mariage; voilà
cucl éft f écueil où vienr .& briler la
téiicîté des Dtbyeos qui embrafleric
fcc état ; voilà ce qui arrête éc def«
'lèche là population. « Une fille def*
'» tinie à être iricbe ^ reçoit la plus
M.maav^fi: éducation i on lui per«
n fuade que la jeaneflè , les agr£-
» miîns de là figure , i< Tor furtour ^
)» tout' les (ieiules chpfes importantes
i*& tiiainènc lieu de tout, &c.h II
continue le portrait d une fille ri-
t:^'e fiâal élevée & gâtée par rèxem*
- pie dé plufieurs autres & par le luxe
^ la futiliré ; mais 'il a (oin de le
xeftreindre & de le modifier par une
iiôté dans laquelle il dit : « l'en
W voudra bien fe rappeller que je
I» parle du général ; » il fuffit que le
grand nombre foit ékvé dans cet
cfprit 9 pour que mapropoution loic
• * » » • -
vraie.
Après avoir fait le tableau du mal
qui réfiitè d'une mauvaifé éduca-
tion Se de l'inditutibn de doter les
Nnij
^44 Journal des Sçavans ,'
filks que l'on marie, il jiropofc
d'trablir une loi en vertu de Jaquellc
les filles à l'avenir ne pourront ap-
porter de tloE fous aucune cféno-
Diina[ioii ; qu'elles ne pourront par-
tager avec les miics dans les fucccl-
lîoiis de leurs parens, & qu'elles ne
feront (i ' oril-' i d'aucuns legs,
d'iii^cuncs du moment où
elles fcroni m! ; Ci con;mc il
craint fans 'r ue cette propo-
lltion ne n « la première
tout le (èxe , ne lui paroifTc trop
dure, il la terr rc par un difcoiirs
flairent au beau itxc. « Loin demoî
» la coupable idée de vouloir aftli.
.» qcr la plus inrételTante portion de
«l'Humanité. Oh femmes, ditil,
»]'eii jure par la Nature dont vous
itÉtes le plus bel ouvrage ; je me
N rcgarderois comme un monftrc (i
nj'avois formé un G noir projet:
j* jamais pctfonne ne vous refpcift^
» plus que moi \ mais daignez m'en-
• tcndcc* »> Aprds ce dîfcours plus
^teadif dans l'Ouvrage,
' Mai lyti. S45
nne les raifbns de la loi qu'il
>pô(e ; il en trace le plan , en
^K>fte le$ difpofitions» & fait
bf ienfiiife 9 pat des rajfons très-
^bahleii 9 ntais qu'il faut voir dans
^iliMge nnême, tous les avantages
i en refultcroient pour les maris ,
lie les femmes ^ pour les nàœurs ^
fùitmit pour la population^
par conféquenc pour tout le
jannie*
pf TcUe feroit, dir-il en finifTant;
I ''tévoKirion qu'èprouveroit la
ouyelle loi ; & les hommes , té-
loins des avantages de l'hymen ^
sdoitotoient autant le célibac
a*Us redoutent aujourd'hui le ma*'
ibge.
» Je n'étendrai pa<; plus loin mes
■flexions ; c'eft au Monarque qui
ous gouverne à pçfer dans fa ia«
;fle & dans fes conleils , C\ , in-
6pendamment du mérite ou du
6mérite de ce Traité , la loi peut
:re utile ou non. CeO: à lui à
loifir, dans le cas où il la trou»
Nniij
846 Journal des Sçavans ,
» veroit utile , Tinflant où il jugera
» convenable de la promulguer. Un
» Souverain qui s'eft occuf>c avec
» tant de fuccês & de zèle du fou-
M lagemcnt derhumanicé fouffrante ,
» & qui a c tendu fa bienfaifance juf-
» qucs fur les coupables abancîon-
» nés au glaive de la jufticc ,-s'ûc-
» cupcfa fans doute du bonheur de
»la partie la plus nombreufe de Us
»fujets, & du moyen le plus puif--
»fant de reftaurer les mœurs. >»
Il y a à cet endroit une note très-
étendue & pleine de dignité fur Us
bienfaits de notre Monarque , com-
me l'abolition de la QuelHon Se de
la Servitude , & fur le projet d'éta-
blir fuffifamment des lies à rHôrel-
Dieu & dans d'autres liolpiçes, pour
que les malades fôient (euls dans ^
chaque ht, &-fur tous les autres,
bienfaits qu'on doit attendre de Ta* ,
niour& du zèle d'un auflî bon Mo- ^
narque pour fon Peuple.
Il y a auflî beaucoup d'autres no-
tes dans le cours de l'Ouvrage , qui ^
Mai ij8i. 847.
quelqu'effet qu'il produite 9 ne peut
partir que du cœur d un bon Citoyen
Se d*un ami de Thumanité.
[Ex. JeM.CoqueUyde ChauffipUm.l
Le Produit & U Droit des Corn*
mmus\ & les intérêts de TÂgri-
cùlture , Population » Art^ , Corn*
mercc'y Marine , Finances 9c Mi-
litaire , à concilier pour le falut
• ' des individus 81 , propriétés » Ta*
snéHoration des Domaines & au-
tres parties , la richefle & prof*
' petite de i'Etat flt des Citoyens.
1782. 5)a pag. /«*8*. périt ca«
xaâèrer A Paris , chez Jombrrc;
' Efprit Se Métigot , boulevard de
: rOpérA; au Palais & quai deGâ«
▼rcs^ On peut l'avoir franc de port
par la pofte dans tous lc$ Royau-
*ines , en adredant, firanc d^ porr,.
k M. Bachmann , la lettre ck- de-
stiande.^
CE T Ouvrage eft dédie à la Mo-
narchie Françoiic par M. le
Vicomte de la Maillard icre, Chc-
N n iv
4
848 Jeitrnal des Sçavans ,
valitr d'honneur de la Chambre drs
Comptes de Bourgogne , Honoraire
des Académies des Scienpes d'A-
miens, Atras , S;c, de celles de
Lyon Si Mttz , Sec. l.c titre , c]ui
cft très étendu, nous annonce que
c'efl un Traité d'tconomie - poli-
tique , où le Pacnocifmc j ern-
bralTaiu tomes f:s liranchcs , eHaic
principalement de reniire à la-tois le
Souverain plus puilTant & plus hcu-
Teiix, les Provinces plus rapprochées
& commerçantes} & moins lujeties
aux épizooiies , les Habitans plus
fains & plus fortunes , les Armôcs
mieux pourvues, & leurs divers con-
vois moins tardifs &c moins difpen-
dicux, parles défrichemens & def^
féchcmens; qu'on y trouve des pro-
jets de canaux de navigation ainfi que
d'atrolage ou d'aflechement , de di-
gaes & réparations aux courans }
des opérations pour convertir en
champs, bois , prés ârdBciels , nos
landes inutiles 6c nos marais pefti-
Icncicls ; en nicnie-tcms qu'on ;
Mai 1782. 846
prend de ioiivcUcs fortes de ciiim-
res , la manière de pcrfcdtionner
celles qui foncuiirées, &les moyens
généraux , relatifs au fol , aux mœurs^
a rinduftrie> pour porter les reffour*
c6s & les forces de la France au Her«
nier degré de fupérioricé.
On y trouve » ajoute l'Auteur dans
le même Ërontifpice « un Tableau le
filus étendu des Loix univerfellcs &C
ocales fur Ics-Communes de Terres
vagues y & les droits de Parcours^
Vaines pâtures , Ufages , dans tout
le Royaume , & particulièrement en
Normandie & en Bretagne ; en les
rapprochant , on facilite les juger
mens qui doivent précéder la mife en
valeur , & les réclamations de cha*
cun fur fon objet *> le plan d'un par-
tage au prc^t des Communautés laï«
ques, amirantla confervation d leurs
Communi^ux", celui d'une infcoda-
tibii par le Roi & les Seigneurs aux
S'ufcts & Vaffaux , qui réunit fans
inconvéniens les avantages à quoi
Nnv
8 î CT Journal des Sçavans ,
de trop grandes conceflîons ont ca
vain tendu jufquà ^téienr.
En préicntant des détails qui pa- ,
roîrtonrà ccrtainfs grns peu dignes
d'im horwmc dei^ualiié, l'Aurcuc
ft juftific par des exemples célèbres. _
J'ai été précédé , dit-il, par le Gé- ,
ncral des Carthaginois , Magon ,
lequel avoîc fait vingt- huit Livres _
fur l'Agriculture ; pat Caroii ; par
Végcce, Comte de Conflantinoplc ,
Auteur Militaire & Vétérinaire ; Se
de nos jours, par M. de Secondai,
qui lut, il y a quelques années , à
l'Académie de Bordeaux , un Dif-
CDurs fur les Epizooties, fujet qui
ne parut point indigne de la plume,
au di(;ne fils de l'illultre Piélident
de Montcfquitu ; par le Comte d'EG
fuilc , ancien QiEciet , Neveu de
Licuienans - Géncrauï d'Armées ,
Auteur d'un Traité des Communes ,
en 1770, alors autorifé du Mmif-
tèrc à diriger leur partage en diffé-
icns lieux i cn6n pat le Baron Scar.
Mai ijHé I5I
d*unc Maifon dîftinguéfc cî*Écoflc &
Capitaine de Dragons, lequel , en
1777 j a donné, fur rinutiliré des
Cômmiinaux, un Ouvrage infpiré
p^r les mêmes vues > qui , fur la par-
tie économique ^ ont méritf le titre
d'ami des hommes ^ au Marquis de
Miral^eatt.
.M, le Vicomte de la Malliar-
dicre pf end pour épigraphe ces vers
de Voltaire dans ion Epitre fur
l'Agriculture*:
• '••.• • • • PenCbs-toqueredré'chtztQi,
Ponr les tiens; poar TEtat to n'as plus rien
- ââjre?
LâNarârei^appelle» apprends 1 robrenrer.'
Là France a des défères, o(è les calciver.
EUe a des mallieureux; un travail néceflàire j
Ge parcage de l'honime » & Ton confQlate^r ,
En chaflant Tindigence , amène le bQiiLeûr ; .
Change en épis dorés | change en gras par
tarages,
Ces.rpnces , ces rofèauz , ces afireqx mué^
cages.
N 0 V j
S51 Jûumal dis Sçévêms j
Tes Vaiïkax laagiiîSâns ^ pleuxoicnr «Tè*
tre nés»
Qci recioatoîciit fiutoat de fimnct leius
(embiabie».
Vont fe lier gùemeot par des nœads défi-
râbles !
D'an caoron dé&olé lliabirant s'emichh , &c.
CTcft en cflcc le principal objet
de l^Aureur ; il conGdcre qu'il y a
un (ixième des fonds du Royaume
en terres Tagues & communes. La
Bretagne feule a près des deux tiers
de Ion rerrein (ans culture , & \t%
communes en (ont la principale par-
tie. Cependant , par le mêiçe efprit
qui a rait établir la licitation entre
co- propriétaires , on auroit dû per-
mettre aux communautés un partage
entre elles , (ans lequel leur )ouii-
fancc eft auffi peu paisible , auffi ptu
frudueufe ; on trouvera les autori-
tés dans Je Diâionnaire des Fif»fs ,
& cette opinion eft commuite à tout
ce qu il y a d'hommes éclairés j la
Mai 1781. 85}
propriété n'cft point Crulcmcnc
:tilc en pareil cas , elle eft aufH
germe a abus deftruâifs , tandis
; la propriété divifée eft le germe
rinduftrie.
Appliquant cette maxime aux p^U
es & prairies en commun , on I9
uvera juftifiée plus que jamais
ns cet Ouvrage où leur jouiifancc
mife en oppofition avec celle '
; paris & prés particuliers. Dans
re dernière on admirera tous les
Fércns (oins qu'infpire au Colon
propriété i cette lorte d*empire
*on partage à regret , qu'on exerce
:c plaiGr & qui devient comme le
amp de la Uberté civile.
Auîlî Texpénenee eft-elle favora-
: à ce fyfteme. Le Comte d'Effuile»
iteur du Traité des Communes^
mprimé en 1778 9 afin de prou-
• 9 par des faits & par des exem-
:s, Tinutiliré des communes,
nne un état de corriparaifon de
arantc villages de l'Eledion de
Içrmont en Beauvoi(îs; favoir^i
854 Journal des Sçttvans i
de vingt Paroitrcs Îùv.s communaux,
& de vingt aucrts avcccomniL'iiaus.
Dans les vingr comiminmitci avec
co nmunaax ; ouvriers ou arcifdns,
I S 1 1 ; laboureurs , 67 ; nombre de
charrues, I }9 > [oial des habicans,
1S78 î arpcns de culture , 10480;
afpcns d ;s, 3015 1 va-
clifs aux ft coiy, aux pai-
t cuUcis ,
Dans le. imunauiés fans
communaux; . lers & artifans,
2i4j ; laboureurs, 9g; ch^r^ucs,
205 , rotai de!; habicans, 1344 \ ar-
pcns de culture, 15411; nombre
dt vaches aus fermiers, i i84;ii/<:/R,
aux artifans {<. journaliers, 501;
moutons aux fermiers , 1 308 1 ;
idem , aux pariiciUiers , 2017. Cette
comparaifon eit \\nz preuve pofirive
du défavantagc des communaux,
L'Auteur fait voir (jue l'AdminiC-
iration feule peut mc;tre ces terres
en valeur en obligeant leshabitansà
défricher ou à dclailTtr la pojrcdîoa
des communaux ^ <^ui ne p
Mai 1781. 855
pa«; la fixième partie de ce qu'ils
produifoienc s'ils écoicnt mis en va-
leur.
Nous fommes forcés d'abréger la
. notice de cet Ouvrage intcreUant ,
dont les dérails & retendue font fi
confidérabl^s , que nous ne pour-
rions en donner qu'une idée crès-im-
parfaice.
[ Extrait de M. de la Lande. 3
856 Journal dts Sçuva/zs ,
L'Art dt la Vollttre. Par M.
Romme, Protelfeur Royal de Ma-
thématiques de MM. les GaitJes
de la Marine à Rochetorr , 9C
Corrcfponcfaiit cic rAi^at^éoiie
RoTaie des Sciences. A Paris , de
riin[)riiTitrie de Moi tnd , Ii'.ipri- "
nieur-Libiairc de la Remc , de
Madame & de Madame ia Com-
telic d'Aitois, &: t'c l'Aïad.mie
Hoyale des Sciences , rue des \îa-
tlnirins , hôtel de Cluni. 68 j. ag •
in-foLo , avtj 9 piarches en ta;U.-
dOHCC.
Nous avons rendu compre de
l'An lie la Mâture publié par
W. Ronime : celui-ci en tll unr fuirc
& forme de incmc une puftic de
l'Art de la confîruSioa dts faijftaux
4ont M, Rommc continue de s'oc-
cuper.
Comme chacjue rnâc dans un J
VBiflcau porte une vergue , de mê- J
me aulS chaque YCigue touiicac
• >
Mai 17S1. 857
Yoilc. La voile qui cft lacée avec la
grande vergue cft nommée grande
voile , & les voiles portée*, par les
vergues plus élevées & par le grand
mât font nommées voiUs du grand
hunier & de grand perroquet ; de--
forre que chaque voile ainfi que cha-
que vergue , emprunte fon nom du
mât auquel elle eft unie immédiate*
inenr.
Le mât de mifaine porte aufli trois
voiles principales; le mât darrimon
en a deux ou trois \ 8c le mât de
beaupré^ ain(i que Ton boute-hors ,
foutiennenc enfèmble & deux ver-
gues ic deux voiles. Ces deux dcr*
nièies ne reçoivent pas leurs noms du
mât auquel elles font attachées. La
voile de beaupré eft nommée civa-^
dière ; & celle du boute*hors contre^
civadière.
Le nombre Ats voiles d'un vaif-
féaux ne fe borne cependant pas à
celui des mâts & des vergues que
nous venons de nommer : il y en a
encore d'aunes qui font établies en«
s J 3 Journal dts Sçavtms >
tie les macs, & donc le plan c(l
placé à-peu-près dans le fcns de la
longueur du vaifleau. Les noms fous
Icicjuels CCS voiles font connues ,
foiu ceux de focs & de voiles d'cra: ;
elles ne font pas lacées avec des ver-
gues comme les premièrcrdonc nous
avons parlé, mais elles font -dé-
ployées par le moyen de manœuvres
& de poulies placées convcnaKk-
ment Dans leur développenienr elles
fiiivcnt à-peu-près la direftion des
étais qui fervent à maintenir les
mars. Enfin dans un beau lenis Ton
employé encore les bonneces & les
perroquets volans.
M. Rommc confidèrc toores cet
voiles féparément , leiirs dimcnfions,
la manière de les coudre , de les traj-
vailler & de les attacher aux ver-
gues , de les manœuvrer ou de les
difpofer fuivant les circonlbnc^s.
On trouve cnrfuite des Tables, très-
étendues des dimenfions de toutes
les manœuvres ou cordages qui. font
partie du grécmcnt du vaiiieaui il
Mai 1782. 8^9
donne auffi une idée de rufa^c des
voiles pour mttrre le vailL-au en
mouvement & pour chang.r fa di-
leâion.
L'Ouvrage eft termine par une
Table de ix pages, qui conrirnt
rcxplication de tous les rermcs dont
il a fait ufage dans le rcfte de fcs
cxplicarions,
' Comme Tufage des ancres accom-
pagne fouvcnt les opcrarions des
voiles, l'Auteur en donne une no«
tice avec une table de leurs dimen-
fions., Un vaifTcau de guerr? armé
convenablement, eft pourvu de fit
ancres , c'e(l-à-dire de quatre grofTes
ancres & de deux pentes à jers. La
force de ces ancres eft proportionnée
à celle du vaifTeau. Les «rolTes an-
cres doivent pefer autant de fois
cent- vingt livres qu'il y a de pieds
dans la laraeur de ce vaifTeau ; Se
les ancres à jets (ont d'un poid> un
peu moindre que la moiric d^s poids
des premières. Deux de ces ancres
font ctabiics chacune ious cha<^uc
S6o Jeuraaldts Sçavans,
boffoir , grofTts pièces en faiRic
fur l'avant du vaiffeau, iorfqu'il cftà
la mer \ la troifièmc , nommée an-
c/e de viUte , tft placée le long de
borci , de façon que la [latte fuit en
arriore des porrcs - h;iubiin:> de mi-
fainc; &,la L]ua(iK;me eft dans la
rak au grand pantiLau. Les ancres à
jcis Éorc éqtiilibiÊ avec l'ancre d&
veille, étanr placées fur le bordop-
pofé.
Lorfqu'on veut retenir un vaif-
ftiric ilottanr S^-immobile iur le mê-
me I oint de la mer , on aitach: le
bour d'un cabie à l'organeau ou bou-
cle de l'ancre, on laillc tomber l'an-
cre 'ur le fond de la mer; on file du
Cable autant que l'exigent les cit*
confiances , & le cable eft enluite
amarre autour des bittes ou piliers
antérieurs du VciilTcau ; la patte de
l'ancre s'engage nécelTairemtnt dans
le fond de la mer, & la rèUltance
plus ou moins grande qu'elle trouve'
dans la qualité du tond , l'air que le ;
vaiflcau cft retenu plus ou moiiii
Mai 1781. S5t
renient dans Ja même place. Les ca-;
blés ^cl^inés 1 unir pour ainfî dire
le vailHrao avec fon ancrr ^ ont cpus
cent' vingt braiTès de longueur , ic
lent dcconfircnçe proportionnée à U
force du vâilTeau , a autant de fois
Gx lignes qu'il y a de pieds dans le
' maître beau. Cependant M. Rommè
POits Appfjênd que , cetrç grofTeuc
adoptée pr^cédemqienc vient d'être
d/minué d'un fixième ^ patcc qu*oQ
à tirpuyé que, dapr^ cette règle gé*
pénile j les cables étoient trop yo*
lun^inçux & qu^ils tendoientavec
tjrpp 4e force à foulçver Tancro
' mouillée»
Afjt^ avoir parlé de la voilure
id'un vaîflTeaa de ligne » TAuteuc
earle des différences qu'exigent les
atiniens rnoindres de toute efpèce ;
mais çomnie il n'y a aucune pièce
dans un petit navire qui ne falTe pat*
tie ^a grcemcnt d'un vaiiTes^u de
guerre 9 la dcfcription de celui-ci
eft le fondement de tous les aurres.
JL'cxaâitude Se Téteodae de cet
I
■I
864 J&Brnal dis Sçxvam ,
dan4 la focicic , & cetre (ccondc b&xt-'
cation cft coujoiirs ennemie de la
première. Le Ipeùtacle de la (bcicté
dcmcnr continu::] icmcnc les Icçoni
doiii;:(Vi(]ucs; on y voit le lidjcule
répandu fut k vertu, l'indulgence,
les égards mêmes &L •quelquefois
J'adniiTarioD prollitués aux viccS
biiilans i sinlt l'cxeinplc des Lacé-
dcmcnicns, qui prouve que rien ne
lélidc à l'éducanon nationale, pour-
roir erre allégué pour prouver i'inti-
tilitéde l'éducation domeftique &
particulière, qui vitndra toujours
iiitaillibicinent éi'iiouer contre l'édu-
cation de la focicté , feule éducation
jiationalc qui cxifte parmi nous.
Il peut y avoir quelque choie de
fpccieux dans cette objedionj mais
qu'en doît-on conclure ? (Inon qu'il ,
laut que la première éducation pré- . ,
munifle contre les dangers de la fé-
conde; qu'elle fourniuc le fil qui
doit guider dans le labyrinthe du
inonde ; qu'elle mette les Elèves en ■
érat de fc donner à eux-mc
Mai 1781. 865
féconde éducation au milieu des er-
reurs , des travers, des inconfcquen-
ces de la fociéré ; qu'elle les mette
en état de favoir excufcr les torts 8c
ne les point partager , plaindre les '
vices & ne les point flatter. VoiU
Ibbjet qui nous paroîc parfàitemenc
rempli dans le nouveau Traité d*E-
ducation* Quelle que. foir Tinfluence
de cette éducation dangereuFe^que
donne le monde , on ne la redoute'
point pour Adèle & pour- Théo-'
dore. Leur railon eft trop {otmht y
leur cœur a été trop nourri de prin-
cTpcsf Se d'exempies vertueux , pour
que des exemples contraires puiflenc '
les entraîner & les corrompre.
« Songez , dit l'Auteur , à la pro-
w fondeur des traces que lailFenr clans
«notre imagination les imprefîîons*
« que nous recevons dans notre en-
99 fancc & dans norrc première jeu-
ci neflfe : H la raifon &c le dévelop* '
1» pemcnt entier de l'efprit ne peu-
>> vent , par la fuite 9 détruire par«
•>'faitcmencles préjugés les plus ab-
Mai. O 0
866 Journal des Sçavans ,
•^furdes donnes par Icducarion ,
t? combien icronr lolides des prin-
•) cipes fondes fut la vérité ^ & c]iie
«^chaque réflexion doit. affermir eo-
*> core ! M
Comment peut - on (érieulèment
douter de l'utilicé de l'Eclucation ,
& quelle partie de fon pouvoir lui
contelfacra-t'on i Sera^çc^ rinftriic*
tion î.Pcut-oD s*aveugler'fur \ts avan- .
tages qu*elle procuie , ilu la Tupé»
riorité qu'elle donne .à des efprits
même médiocres fur.. tant de geqs
que la nature avoir mieux traites &
auxquels il^'a manqué qtie la cul-r
turc? . . ^
Oui , dit-on , Téduçarion a unf
influence certaine fur l'elprit ; ç'c(l
contrç le ç^raâcre que tous fes çf-
fprc^ viennent çchouer*
Chaffez le naturel > il revient au galop»
JSaturam txptUas furcâ ^ tamcn ufquert^
curret*
j^ Mais, x^. Ccft de la nature en .
Mai 17J2. 867
générai , & non du naturel en par«
nculier , cju'Horace , modèle d^
lioileau 9 a parlé. Il die qu on en
revient toujours à la nature » malgré
les inftitutions humaines qui nous
en écartent. On va , dit-il , s'cnfe-
vpiir dans les villes ; mais le (buve-
ri'nr des champs & des bois conferve
toujours Ton empire. Nos amruble-
mens nous rçpreientçnt des forêts ;
dans la ville même , on aime une
nuu(bnqtti.a vue fur la campagne.
Ncmpt inur varias nutritur fylva coium-
nas y
Idudaturque domus longoi qua profpîcit
Nàturanféxpcllas furcâ , tamem ufquc rt-*
curret ,
Et malapirrumpct furtimfaftîdia viêirix.
j.^, Horace. ,. donc on voudroic
citer i'aurorité contre le pouvoir de
rèducation , eft TEcrivain qui a le
plus rendu hommage à ce pouvoir ,
qui a le plus recontiu que , comme
le die 2^aïre ;
Opij
s ^8 Journal des Sçavans i
L'inilruâion fair tout , & !a main de nos
pères \ .^
Grave ea tios fbtbles cœurs ces preiniers C4*
radlères
Qût l'exemple H lé ceqas Tiçnnçnc nous rç«
tracer ,
Ef <]ue peat-êuç ^ noii^ Pieu ùfoi pçac e^
facer. .
/ ^ . ....
Ccft Horace aui a ait c / '
//n^i/ equuifk tffurâ docil€rn,câr^(;t Aia*
§iftsr
Ire viam quam monftrat eques» VenaticHS
Temp'orc cervinampelUm latravUin anla.
Militât în fylyis Cfltulâs. Nmc adbib^
puro^
Pe flore yerba puer ^ f!^ $^ n^çlioribu^
of^r.
Quo femel efl imbuts j ucins » firvabi$
odorem
Tcjla diù.
c'eil lui qui a die :
â
Stnjere quidmens rîic i quîd indeUs '
Mêù i78i« S69
^Mtrlta faufiu Jub penetraUbus
Poffit.
pafTfige fait pout fêrvir d'épiçrapfae
au Livre ^e Madame la C. ^e G.
Horace eft li çloigné de croire ifti
bon Livre d'éducation , inutile &
fans effet , qu'il n'eft point 9 félon
lui y de caraâère qui ne puifle £tre
calmé pat de fagès maximes & pat
la Jcâure d'un bon Livre.
Fervit avarîiîa miferoque eupîJim pe&us ?
'Sunt vtrba & vocts y quibus hune lenirê
doknm
PoJJis , & mat^nam morbi dtpontrt partem»
Laudî^ amore tumts ? funi ccrta piacula ,
qum te
Ter pure leêlo poterunt recreare libeîlo.
Invidus 9 îracundus y inersj vinofusy ama^
ton
Nemo adeo férus efl ut non mîtefcere pojjity
Si modb eultura patientent commodet au*
rem.
Ces vers fcmblent encore avoir
Ooiij
tyo JotrUal des Sçavans ,
été faits pour le Livre de Mada-
me de G. li ny a point en 'effet de
pa(Tion , point de mauvaire difpofv*
cioD de ianir» point de préjugé Bi-
ncHe qui puiiTe tenir contre la raifon
aimable qui préfide à tout l'Ou-
vrage , contre ce goût pur de vertu
qu'on refpire à chaque page. C'etllà
que l'ani? s'épure en s attend rifl^nt
& en s*éclairant y c'eft là que la per-
fonne la plus vertueufc eft toujours
la plus aimable & la plus beureufe ;
c'eil-là que la fàgeflea rartçrait de I9
volupté. Mais pourfuivonsTexames.
de notre queftion.
Pafcal a dit : «.qn n'apprend pas
•» aux hommes à être honftêres gens ,
*î Se ou leur apprend tout le refte ;
*> & cependant ils ne fc piquent de
•> favoir que la feule chofe qu'ils n'ap-
9> prennent point. »'
Voiri ce que lui répond M. de
'Voltaire: -
«« On apprend aux hommesà être
=»- honnêtes gens, & .fans cela peu
'^ parviendroient à rêffe/Liiflcz vo-
Mai 1781. 871
«» tre fils dan$ Ton enfance prendre
99 roue ce qu'il trouvera fou^ fa main ,
>3 à quinze ans il volera fur le grand
*> chemin. Loucz-le d'avoir die un
««nicnfonge, il deviendra faux té-
M moin. Flattez fa concupifcence p
9» il fera fûrcment débauché. On ap«
» prend tout aux hommes , la vertu ,
nia Religion! «
"^ On voit que M. de Voltaire étoîc
bien éloigné de aoire qu'il fallût
abandonner les hommes à la Nature >
parce qu'une éducation imparfaite a
quelquefois manqué fur eux une par-
tie de fon effet. On dit toujours : ia
Nature ! la Nature! C*eft une chofc
bien reconnue.^ qu'au moral ainfi
3u*au phyfîque , la Nature a befoin
eTart^ comme Tare a befoin d*cllc >
Altertusfic
'Altéra pofcît opem tes , 6» conjurât amicc.
Le champ le plus fertile a befoio de culture.
Des Ameuts anciens ont attribué
tant ci j j^oiivoir à rccUication , qu'ils
* ont dit ou;: les parnis d'cnfuns vi*
O o iv
iji Journal des Sçavans ^
cieux & criminels n*avoient point
d'cxcufe légitime» & ne pouvoicnt
'. imputer qu'à leur négligence les cri-
mes de ces enBins coupables* Nous
trouvons même quelaues traces de
^^cçrte opinion dans TuUgequi , pour
de certains crimes , fait porter aux
parens une partie de la peine encou-
rue par teuis enfans ril cft vrai que
comme cet tifagc 9 botné à de cet*
tains crimes , eft une exception à la
lègle génjérale qui a établi que les
crimes font perionnels > on doit le
regarder comme didé par la politi-
" que plus que par la judice; mais
enfin la raifon politique ^ qui dé«
termine dans cts cas , ne peiir avoic
d'autre principe que l'opinion qu*on
s'cll faite des effets de 1 éducation »
Iclon ,qu*elle a été ou foîgnéc oa
négligée ; & qui peur douter deja
différence de ces effets? quoi de
plus fenfible & de plus palpable! -
Mais, dit on,ilfaudroit unecdu-
cation particulière pour chaque ca-
raderc , pour chaque individu %
/"
Mai 1783. 87J
cornme un tailleur fait un habic
pour chaque taille-, ce qui convienc
aTun , ne fàuroic convenir à Tautre.
Ces HifFérens Elèves font les convi-
vcs d'Horace :
Trtsmîhi (onvivapropè dijfentirt vîdenrur,
Pofcences varia tnultàm dlverfa palatOm
Quid dem ? quid non dtm ? renuis tu quoi
jabci aiur;
Qtiod petisg idfanb efiimûfiim acîdumqut
- daolfus.
Détratfleurs de l'éducation , ac«
corder- vous ! Tantôt vous voulez
abandonner les enfans à la Nature^
parce que vous jugez que l'arc ne
Î^euc rien pour eux ; tantôt vous vou-
ez qu'on poulTe les foins de l'arc
jufqu a les varice félon chaque indi*
vidu.
£b bien ! il faudroic donc , félon
vous , une éducation particulière
pour chaque ame '; oui , comme il
faudroic peyc-ctre une nourriture
particulière pour chaque corps , un
degré particulier d'adion & de rc'-
Oov
s 74 Journal des Sçavans ^
pos, de veille & de fommeil pour
chaque homme , afin dé cirer de
l'efpccc ham&ine en général & de
chaque individu en particulier cour
le parti podible^ mais en atcendanc
que les foins de la culture puifFcnc
être portés au phylique de au moral
jufqu*à ce degré de recherche & de
précifîon , 6iut-il ne prendre aucuns
alimens, parccque chaque individu
ne rencontrera pas peut-être ceux
qui conyicnixent le.plus à Ion çout ^
à foti tempérament , à la conforma-
tion & à la corifticurion parnculièfc
de (on eftomâch ? Avant que Tare
du tailleur eût adapté chaque habic
à chaque taille , uniquemeht 6c ex«-
clufiveménr, falloir -il fc refufcr
toute efpèce de vêtement & aller
tout nud> Faut- il priver lame de
toute inftrudion , de peur de ne pas
rencontrer celle qui con^^ient à cha-
que Elève prcique uniquement -fie
préférablemeht à toute autre? Ny
a-c'il donc pas des principes de mo- ,
aie ^ui conviennent à tous les ca*
Mai 1781. $75
raftcres , comme des alimens cui
conviennent à tous les edomachs &:
des habits qui vont à prefque routes
les tailles ? Défcndoiis notre cfpric
' de routes ces fubtilitcs. Il cft dans
l'éducation , comme dans tous les
arts 9 un degré de perfection où l'on
peut le flatter, de parvenir ^ & donc
il faut favoir fe contenter , & pour
citer encore Horace (car Horace a
dit topt ce qui èft raifonnable , &
le citer n'cfc que parler rai(on de la
manière la plus agréable. )
Non pojjis oculo quantum contendcre Lyn^
ceus
Non tamen îdcircb coniemnas lippus inUQgi p
Nec , quia defperes invi&i menthra Glyco^
conis
Nodofâ corpus noîts prohïbcrc chîragrd*
£ft quoddm prodire tenàs , fi non datur ut-
trà.
Au reftc , en renfermant dans de
joftcs bornes & en rédiiifanr à ce qui
cft raifonnable- ce vacru : que Tédu-
Oov\
8 7<î Journal des Sçavans ,
cation foir variée fclon le caradlète
des difFcrcns Elèves, on le trouvera
parfaitement rempli dans le -tîvrc
de Madanfic de G. Adèle , Théo-
dore, le Prince, Porphire même;
oii'on ptu: regarder comme l'Elève
ae M. de la Garaye , & qui cfl un
exemple d'éducation pour ïes Gens
de Lettres , font élf vcs fur dts plans
& dans des principes difFcrens ; au-
cunes de ces éducations ne fe ref-
icmMcnr , & d'ailleurs nVncre t*jl
pas évidemment dans les principes
de l*Au^eur de varier Teducation
félon lis caractères 6t les dilpoij-
tions, de veiller fans ccfTef. r chaque
lujet y pour appliquer à propos les
fecours ^ les reinèdes convenables,
en un mot de faire fur ce point tout
ce que la critique a paru de(irer.
Mais on fait une autre ohjeâion*
Ces éducations font différentes ,
dit-on, & elles font cependarw mê-
lées dans le cours de TOuvrage. On
pafle tour-àtour d'^Adèle à Théo-
dore, a Porphire , au Piince Eljèvc
Mai 1781, 877
du Comrc de Roféviilc, tout cft
interrompu , tout cil coupé N'y
auroit-il pas eu plus d*orcIrc à fépa«
rer chaque éducation & à la traiter
à paie? Cette objeâion étoic trop
facile pour échapper à la critique,
& ou peut croire au(fi qu'elle nV
voit pas échappé à TAuteur. L'Au-
teur l'avoir prévus & s'y eft expoice
par choix & à deHein. Elle a voulu
faire des Lettres & non pas des
Traités ; or des Lettres fe croifent
Se s'interrompent comme dans fou
Ouvrage ; elle a choi^ cette mc^
thode } parce qu'elle connoîc les
Leâeurs François, les Ledcurs gens
du monde > grands ennemis d?s
Traités & qui ne foufFrent Tindruc-
tion que fous la forme à laquelle ils
font accoutumés 9 c'eit à-dire fous
la forme la plus facile Se qui appro-
che le plus de la converfacion. Au
refte il en réfultc certainement plus
de variété ; en rcfulte-t'il delà con*»
fuHon? nous ne croyons pas qu'on
puirtcit^ire juftcment.
tjS Journal dit Sçaians ^
Il cft vrai que chaque interrupj»
tion 9 chaque paîTage d'une èducav
tion à ^nc autre , ptodutc à»peu-£rès
TefFcc d'un éprfode dans .-un Ro^
man intéreiTanc. On regrette un in<>
ment l'int^rcc dé]st formé qu'on
quitte pour un autre qui ne Te ft paé
lencore; nnais ce moment cft cou«r ; .
TAuteuç a une {eileiàcilité àinté^
rcfler , à toucher, que le nouvel ii>
térêr cft bien promptcmcnt formé.
D'aillçur5 , chaque iriterruption
vous ramène des objets que vous.
connoilTez^ que vous aimez , qui •
vous ont déjà touché & . pour IcP»
quels Tintéret fe ranime aifémenr.* .
Enfin, a*t*on dit encore» lei-
hieilleurs'Traitës d'Education n^ïrit
pas formé vn bon Maîrre ni un lAyA
Elève, comme les meill[eqrs'"p(ii'.-
Vragcs fur rArt Militaire n'otltjpHik''
produit un bon 'Général , irtî lÀ
meilleures Rhétoriques un; OrâtîetMf|;|^^j
ni les meilleures Pbëtrque^h Pd^HbÊi
' Eh 1 pourquoi dénic</aivifi^'>
Livras totttr ij^iftHittvct 6c toâirr^ii
^^
Mal ijii^ Ij-)
litc ? Pourquoi fi de ccrrajiiS Livres
font Tcpuccs dangereux , d aurres
ne Jeront - ils pas rrputcs unies ?
Quelle raifbn Tuffifante rcdc - cM
dVcrtrs, li aucun Livre ne doit p:o*
. duixe aocun cfFec } Les ennemis des
Lettres rendent plus de jnftice aux
Livres \ ils ne les jugent que trop
utiles. £r comment les gL-ns du
métier en tout genre , révélant Ici
fecrets de leur arr , rendant compte
de leurs ob&rvarions & commu-
niquant leur expérience 9 n'éten-
droient-ils pas les lumières & ne fe-
conderoient-ils pas le talent ? Les
Livres ne donnent pas le génie ,
fans doute , mais ils donnent le
goût dans les arts agréables > & la
méthode dans les arts utiles *, ils
donnent les connoifTances , aliment
nécelTaire du génie \ ils donnent
les principes qui le dirigent ; ils
produift-nt mille autres avantages
ou généraux ou particulitrs. Dira-
t'on que TEmile de RoufTeau n'ait
produit 4ucun effet ? Compaici V^
S8o Journal des S gavant ,
liberté y le bonheur aduel de ren-
fonce , avec la triftcfle , la concrainrc ,
la fervitudc qui préiidoicnt ancre*
fois à la prerriièic éducation ; voyez
la plupart des mères s^empielier dq
le devenir doublement en nourrit'
iknt 9 en élevant elles- mêmes leurs
en fans.
il readic aux en&ns^a cenJrcfle it% mères.
L'cloge^renfçriîiê dans ce vers ,
cju'on trouve parmi les Infcriptions
d'Ermenonville, liiffiroit pour im-
moiTalifer cet Ecrivain que l'Elo-
quence a rendu ii utile.
I/Eloquence de Madame la C.
de G. plus douce , plu$ pénérrante ,
plus j'crfuafive , ne icra pas moins
unie pour Téducafion morah quç
celle de RouiTcau Ta ccé pourledu:
cation phyfique. Un Livre qui pcmt
partout la raifon il aimablç > la
vertp fi touchante, la bienfaifancc
fi déliciculc, qui montK: le bonheur
toujours aiucùé à raccompl^flcnient
4
Mai 1781. 881
de tous les devoirs , qui rend (1 icn-
fible Tinrérct de Faire le bien , qui
fait (i fouvenc verfer de (i douces
lannes aux âmes fenfibles- 8c ver-
tueuIcSy pourroit-il ne pas rendre
les homines meilleurs , ce pas per^
feâionner la grande éducation gé*
nérale de la fociécé }
En parcourant ainfi les principi-
les objeâions baxardées contre le
Livre de Madame de G.» nous jot«
fnoos à celles qui n'ont été qi^
ites, une partie de celles qui ont
été éaites & auxquelles d'autres ont
déjà répondu ', nous en avons puifé
quelques-unes dans un Ouvrage [il
3ui-n'a point été dirigé contre M.""
e G. L'Auteur Ta déclaré ^ & il
mérite d'en ciire cru (ur fon nom Se
fut (a parole ; jamais le defir de di-
minuer la gloire d'autrui ne lui. a
mis la plume à la main ; il ne con<-
©oît rcnvic que de nom ; il cft à cet
[i] Réfiéxioni détachtcs fur le4 TraiUs
d'£ducanGn. ''
cgard do petit nombie des EcrivajAi
îrréprocbabks qui pcufcdc dite :; /
Examîfic^aiA nt. Se 6mgfz <|iKi. je fiii^
i .- 3 • ,;,'';,:;«
Son Qnvn^ eft tiès -^ iog£iiiciiii#
très agrciÀle ; il a*^ fort bien réuÇu..
& nous applaMdtiIbi|Bà'ioilfttccéBV
-nous le combattouccpendanr ^ jbÎo|B% \
qui avons toufonts pris plaifiri.firiiiB
valoir fà pierfbnnp & fi»l>ovti^gcs4 ..
nous le combations » & n^iis ^ ;
femmes poinr -aggiefleurs', c eft qfte :
fes opinions (fi cependant- cet fioïC^ '
eft autre cbotè qu un badinage tb* '
génieuz) ont rencontra chez iioâs
des opinions contraires tout èta»
blies t que nous n'avons pias cru éb^' '
voir abandonner , Se que nous d^^
rutons ici par occafion , icoimM'
nous ie^ examinerions avec ïiii dâfli<;
un entretien familier & dsp^UËfi$é^
Tintimité defamitié : ce n*e(l:Dtfi
même la première fois que nous dffr !;
putons ainii en public contre JuS^^;
lans porter la moindre acccince À fieûÉHï:
Mai 1781. 883
tmitîé éprouvée par le rems. Il nous
permettra liTrcmcnr d'avouer quc^
ielon rcxprclîîon de TAurcur ou du
Libraire , qui lui a répondu dans h
Mercure du 16 Mars, ïl nous pa*
rote n*avair éré que nouveau , Se
que fon advcrfairc, que nous ne
connoiflfons point , nous a parj [ 1 ]
vrai.
Revenons au Livre de Madame
de G. 8^ ofotis examiner un repro-
che plus grave qu on fait à cet Au«
teur. On lui impute des portraits ,
des portraits fatyriques , faits avec
intention , avec malignité} d'ailleurs
fi reflcmblans , dit-on , qu'ils ne peu-
vent être ni méconnus, ni dcfavoucs.
En fuppofant ce reproche fonde ,
dans toute Ion étendue , nous ne
fourrions que dire à Timitation de
léchier :
■ « Si TAuteur SAdiU avoit voulu
{ f ] Nous avons apprîs Jcpuîs que c cil
en cfict un Libraire de P^ris ( M. PaûC-
koukc },
>:v*
9 te & iIb Js BflycR î mB "Mt
«bafakm à JawJigiif k 4m
'^dhfommalmmaSKgfiÊéi ftfia^lf
» parlions ^ fil gjbke A A:
» IcDs, ce Qt laoïf qpc jpoof 4t|i#K
«= rer k BiiHitiH ^ clk w
»-- d'en afaulcr [i]^*
Abus qa oo noB pcnnctie iqpâf
- *.i--« ]
[i] Vaîd h plnA dk FUdtes
>
• deffusdctvcfnsknnâBes^ fifirvakvft
»& moJeace n'avcSeoi été aiiidiées A^*
9e(pntdeM& déduite, jefeqMVtrail
• sui rang de» Sdpioos & des Fabiù^ fb<^
9 laiflcrob z la Tanicé k loin dTlioBoicr Jt .
9 vanicé ••••••& fi je parUù de ikigloiiey '
• ce ne (eton <pit pour déflocer iba aidf
• beur*» . .'4
Mai tjSi. 88 J
]ues réflexions générales (ur cet ar-
r «Nous ne dirons rien des Saryri-
îècs de pfofcfljon, Horaéb & Juv6-
iiftl Dommoienc fans ménagement
de» perfonnages auxquels ils inten-
toienc des accufations fort graves ;
Poilerà , à leur exemple » appelloit
mMJchat un' chai , & RolUt un fri*
fam*'Ct% ^rsmdes kurori tés n*im*
Mfènt plus aujoordliui'; la Philo-
ïbpbie n'en a pas moins condamné
la làtyre qui nomme ou qui défigUe
comme û elle nommoit.
* Les Mofaliftes , les Âureurs Dra*
SDanqi^, liir tout les Auteurs de
Comédies ^ ne nomment point ,
Biais ils peignent^ & il faut que
kurs portraits , pour être utiles ^
(oient reflen^lans.
A qui reiTemblans ? A tout le
monde 6t àperfonne; rcfTemblani
«oz -mœurs , aux ufages aâuels , aux
ridicules., aux torts* qu*on a fous les
yeux» car on ne peut peindre ^
& il n'imp~orte de peindre que ce
qu*onvoit«
$86: JonnuU'des Sfmans ,
Queiç^u'im le trouvera donç{ie|[^;<
riéctllaircmenc \ Sans douce % & Jjp^h
que çer row, OQifnal^ c'cft nol^i \
il fa^c.qMirfef jtr^vçfs qtt*Of|MM;
<;ornge^ fpîjencVfels.; il £mc qa^lK M
foiem Tçndus feiQiies 8( que tçtt^
nibndc paille le^ reçonnoicrc» ,
.' Mais oj^c, s*As*e€^mf4Xrte liiieji^
£: ,qu1fiteniî||-ii;^n j^<l« égank^:flN|i
ixicqr4irM uiic«^uiil(lft>«ie rrliiici .i]|f^
^.'^pplrqyçreii ^Tpkci^lMff^^
cluuvemcnt. fig
telxfir tel objet ;. qqaii^ auxjpot tsUtf
mixtes , c'(eft*i dire fonriésîdeinm ;
prif de . rourp. part ^ ^ijb^ ne. pêigu^nc ~
que lesmcjeuiçs &/Eioii ptf krpçrfÎKMH
nejs^ > £;: nui p a te droic dç s'fiA pNjâ
cire \ toys çpus q^ k trjQttvctt intéii
rcHcs aux. jtqrts ou tk)Xt itwtct^ dinâ
cts portraits avertiront ».otitUiië!lNé6
iourcc qui^ tfe fcUt leur inaM|ifer^
aeft de fe cfirjri^rA .Mous fi^pbioM
que ÇQOt çç<|i,^^^t«c^9miaw^^
k fcns de cesJb$a«W<V!eil4e,ficiHoÉiiia
Chacun ^ûtf av^Wc dai» cç^aonviiaii^ii^
roir, ... ; i,j; >^j
« » <
. Mai 1782. 887
■ vit avec plaiiîr , ou crue ne s*y point
iroir» ' ■ i
Avare des preailers rit du tableau fiJcIe
ton Avare 'fiii vent tracé fur fon modèle;
ToîUe fois, un Fat finenaent exprime ,
.'iéèonnDt le portrait fiir lui-même formé.
Il fcroic difficile de fixer d'une
tanière plus précife ce qu'exigent
un. côté Tintcxêc de U Tociété au il
igit de rçfQrmer , Scia liberté donc
s Auteurs ont bcfoiji pour. opérer
:€te réferjçne j de l'autre , les mé«
agennens que chaque particulier ^
roit d'attendre.
, Racine 9 même çn pcii^nanc; les
^ec9. y les Rpmains , les Turcs , les
uiB 9 pcignqit prçfque toujours la
lout de Louis XIV ) & (ans parler
'^fiher t où l'allégorie eft fi mat-
lUée jufques dans les moindres dé*
BÎls^ dans les (ujcts même thrés de
a Fabje , il ramenoit ces ventés fen-
ible« j ces tableaux vivans qu'il
voit fous les yeux»
Les originaux des Comédies de
Mr.::?; ssoistir pour la plcpart à h
Cj jr . &: on ta:tqac LoaisXIV lai
es :c:ciciia Joi^iiiêiiK qoclqucf-mis.
J-j:'aucs-iâ Moiicrc ccoic inéprocha*
h.z , parce que Ces ponraics éroiâlt
miircsj ccft*à-ciiie compoics de
tTâirs tocinis par plnficars perlbn-
pagc5 ; il n'cft rcprchciifiblc que daos
cubiques Pièces , où i! s'cft peimis
àc nommer Bour&ulc & de dc&^
gner l'Abbé Corin comme s'il Teûc
nommé.
Pcrfoone ne douce que la Bruyère
n'ait pris à Paris & à la Cour l'idée
de les caraâèrcs. La Bruvère eut rai-
fon ; on donna une cicf de la
Bruyère, & on eut tort*, on ne fie
peut-être que calomnier l'Auteur &
une foule de citoyens.
Quand Télémaque parut 9 que oe
dit-on pas? Le conquérant Séfof-»
tris , l'imprudent Idoménée qui , par
une conduite altière & injuftc, lou»
lève contre lui tous les Rois de
rHefpcrie, qui protégc'les arts de
luxe èi néglige rAgriculturCy cétoic
Louis
Mai 17S2. 88^
Louis XIV i Proréfilas croit M. de
Lôiivois ; Philoclès étoic M. de
Pompone. LaifTons l'ailégoric des
Miaiftres ; maison ne peut nier que
le Télémaq'ie , compote pour l'édu*
cation de M, le Duc de Bourgogne,
ne fût la condamnation du règne de
fon ayeul , de la guerre qu'il avoic
trop faite 9 du fade qu'il avoit trop
aimé.
Cependant l'ame tendre & ver-
tueufe de M. de Fénelon j pouvoit*
elie abjurer la reconnoilTance quMl
devoit à un grand Roi 9 auteur de
fa fortune, & qui Tavoit honoré de
la confiance la plus flatteufe en lui
donnant fes petits-fils à élever ?
Non ; mais il comprit les grands
intérêts qui lui croient confiés , les
devoirs facrés qui lui étoient impo-
fés 'y il comprit que le premier de
ces devoirs étoit d'élever le Duc de
Bourgogne pour le peuple qu'il étoic
appelle à gouverner* pour l'Europe
dont il pouvoit un jour faire le def-
tin; il comprit que la reconnoi^
Mai. F p
::-j: - ... i.v?::; Le:. < XIV croît
- " " ~ ■ ■• : • •
-» •--■•^ -1," "■*»" •««•■»■•« >«'... |r«^ ^, , I B|«^
1 . m ^ « ^-» Al.--' ».&-« •• — ^ ««•• •ta^im«^KtL
•:'^ ' • 'S * ' ' I
^% - f • I
^«^. . ...^«^ 4. .j. . ^ -■ ■••..^«J.alJ « IL
p::l>r..f; ii tiljoit le ;-r5-!îunir
j?r.Tr r^ iar:^rr ; il faîlo-t décrier
]z r-:r:r S: lî fiflc , cr? S.cu'x gran-
û':? ;r:îJ-$ dr Lojis XIV , car il
::: ::.-: rr'.n: ft fairr illuîion fur
j:* c:::s 2r::c!c5 ; jamais un Roi
^ji::i:r S: fifrjraTC nr fera un bcn
Kc^' , C'jclqurs verra? qu'il ait d ail-
!:..:?• pjhq-Jiî jamais il ne rendra
M^.:a:r.c de G. avaêr récefTaîrc-
:-:7x: rcii-ccjp de portraits à faire;
:1 :-..c!: ^ue îcs travers , les ridi-
v-L? , !:s vices qu'on rencontre
Jar.N !c mor.de, taiT^n: mis d'a-
vârcr r^js i:s yrax de fes Elèves ;
il Î2ilc:r q'je les exemples leur fcr-
v:^:nr G':::!îruct:on ;c*ell la manière
djn: Horace loue ce remercie fon'
I
^■«»-
Cûm me haruntur pané j jhtgaliur ,- at-
tionm'inder, Aîbt lit mafè vlPai fiîus*^
B'érflk itpofsf mépium'dùctimenium / jiç
;l\^Z ^^0f%. î .;. -'v ■■.» .-.■ i'
{5amr r« judwipmfikôkeijldfi^i^:
Sipd nfxtabaii an àoc hAÀnefiuM if inutile
51^ iwèrdj ^hîÀçs Hit^a opprpbrîa fapt ''
Jifiîiftàvitiis.
. «
Sji Journal du Sçavans,
VoJU 1 éloge dii plan d'éducation
de Madame de G. & l'excufc de (es
portraits , s'iis en ont befoin.
On dira peut - être <]ue le père
d'Horace , en lui indi({aani les hoio'
mes dont il devoir éviter les exem-
fJcs, ne l'avoir pas chargé de les
ronimerj & qu'Horacç ne les a
peut - être nommés t^u'aprcs leur
mort ; mais Madame de G. ne nom-
me pas les originaux de fês portraits
Èi paroît les prendre dans les mœurs
générales ; ce qui n'entraîne aucune
défignation particulière, au moins
pour le commun des leélcurs.
}l faiir l'avouer} ces allufîons dont
on parle fi fouvenc , four moins
l'ouvrage des Au teursqucdf la vanirê
de quelques Leûeurs , qui veulent
paroitrc plus infttuirs que Icî autres,
& montrer plusd'cfprit & de péné-».
tration , & toujours en proportion
qu'ils en ont moins. Les fots, ily
a lon^-tcms qu'on l'a remarqué,
entendent bêtement fineflc '
pu oQi fuici?ut la manie de»
Mai 1781. 893
& de^ allégories, L'Auteur n'cft pas
rcfponfablc de leur focrifc & de leur
témérité. Un Ledtur judicieux con**
(îdère les droits d'un Ecrivain , fur-
touc d'un Ecrivain Moralifle , la ii*
berté qui lui êft due, riKiliré de
cette liberté, la nature de l'ouvrage,
la nature des traits qui y font em-
ployés ; il ne recbcrciie point avec
une malignité curieufe Se imbécili<:
à- qui quelques-uns de ces traies peu-
vent être appliqués ; il obfervc s'ils
ne peuvent pas lui être appliques à
lui-même , 8c dans ce cas il fe cor-
rige.
Julqu'à préfent nous fommcs ref-
tés ) pour ainfi dire , autour de i'Ou-
vracre» entrons dans l'Ouvrage mc-
roc 3 non pour le faire connoîcrc,
de qui n'c'ft-il pas connu } mais pour
en confidércr plus particulièrement
certaines beaurcs.
Madame d'Almane efl: un modèle
de fageiîe & de vertu. Elle a tou-
jotirs raifon ; auflî les gens du monde
difcnt • ils qu'elle e(t pédante ; Se
Ppiij
,tf, \
S94 Journal des S^Ovans ,'
comme ceft clic i^ui eft principale*
jiien: chargée de l'itiltruilion, le
prétexte eft tout trouve ; mais cora?
■ bif:n cll^e mêle de douceur &C qucU
queiois d'adrelTe 3 fps leçons ! coài"
bien elle eft tendre î' quelle mère !
Voyez ia 10,^ Lettre du premier vo--
Jiinie,; voyez comme au milieu d'un-
accident menaçant , au milieu d'un
tiangcr.quî liîi;,ell propre , elle n'cil
ticcupçfi-^ue dçs «^Uarm^sde les ent
t.ins'; cniendes Ce cri matctjolj
Jkotirir/ Voyez, toutes les tcodref
& utilcî leçons qu'on fait forrir dq
ce petit évènemenc! Voyez ( Lettre
i6-^i tt»i:-ryÉme volume )■ J» chaiH
mante Ii_vllç (car c'en cft une) do
roiftauinisen literré, \' avccquciJe
lendrcilc. la ç.ceuf àe Madame d'Al^
manc récompenlc Adèle de la boni>e
adïion qu'elle fait en cette occatton !i
Voyez ftitioiir (tome 1.'' Lettre 38.^)
ta Icene toiichanK de J'iiolpitalett»
& les r^l^ixions pleines d'humanité
^u'iiiipttc à Madamci d'Al
Mai 1781, 895
tcncîreflc n'atcrnclîe à la vue du
premier bcfoin , btî'oin paiTiic;cr ^
prefque volontaire que Ils encans
épiouvenr.
-/ Autant les fenrîmcr.s de Madame
d'Almanc font tendres, autant les
principes font fcvères , & c'cll ce qui
M leplusindifpofé les gens du uioncic.
Premièrement elle fuit ce monde 9
elle quitte J^arris pour aller ckvcr
fes énfans , au fond d une terre é!oi*
F née 9 dans le fcjour de la paix , de
iûsocencc & de la (implicite > loiai
des mauvais exemples qui troublc-
roicnt fes leçons & corromproicnc
leurs cœurs. 1 remitrprincioc d édu-
cation qui n'cil pas iiuîiîFcicni t
• Alad.ame d'Alrnanc profcnr rii'ou-
icufemcnt toute coquetterie , &*par
roît à peine croire à J'ainour ; cVft ,
félon cUc , & fclon MaJanie d'Ol-
talis, la plus formée de fês Elèves ôc
la plus Icmblabic -à elle , une exal-
' ration , une eifervclcencc de 1 ima-
gination ; les idées fur. ce point pcii*
jrent être combattues , mais çUwS
PpiY
ggS Journal ^rs Sçàvans ;
vol. & l*tiifl.ûire.îi« la f^eUla Jells;
QiiaMnct.Si. dcia Bambolina FrarK
ccfi, ( Lîttre ^9." da i/ volume-)..
Vov.cz aufli daiiî la Lettre lO."^ Àw
i.^' volume, comment on prévient'
(ians les enfans les préjugés, les vai-
ncs terreurs, &£ comnienc awtc uii'
ïlîo: , un regard , une carelfc faite a.
propos, on étouffe- le germe des
vices inême, prêta cclorcdans leutsi
jtLincs aines.'
M. d'Almanc , dans cet Ouvrage ,
a moins d'éclat peui-êçre que Ma-
dame d'Almanc, & femble lui cé-
der le premier rang; mais on re-
trouve en lui , avec pfaifit j l'efprity
la dcitérité, la terdrclle éclairéfi ôC'
vigilanre du père de Théodore dans
la Comediq du BalSEtifans.
Leut amie Madame de LimoOrs
léuffit mieu^ que Madame d'Almatie
auprès des gens du monde ; il eft plus
aifé d'atteindre jufqu'àf elle ; c'eft upe
femme aimable, faire pour icmondj^
mi'elle n'aime ni n'eltimc & donlfl
elle ne peut le pitflcf J aimjii
Mai x^tté 899
&ni ic ne pouvant fe réfoudre aux
ijacrifices que leur éducation exige-
foit ; atmaDt , admirant fon amie 8c
ae ^fDovanc it réfoadre à rimstcr i
«ûèîe: -intéreflante par fa tcndreflcf
^ÉDgQfcorc par fou indifcrétion ; dt«
gnè p^ rcxccllence de fon cœut
d'une amie commir Madame d'Al*
' Qianc , & la forçant par li légéret&
' de loD efprit \ mettre des bornes à
la confiance & aux effîidons de l'a*^
niiciéj caraâère extrême & plein
d'inconféquenccs , mais caraâère
foûcenu dans fes écarts &: fur lequel
Madame d'Almane a une influenco^
continuelle fans jamais Taltérer un
moment.
:vla première Lettre de Madame
de Limours fufi^t pour la faire ai-^*
ts^ty Se par un art ou plutôt par un
talent particulier à Madame de G/ ,
quatre lignes de cetie Lettre fu({ifcnc«
pour faire venir les larmes aux yeux j
dans un Ouvrage à peinecommencé^
donc 4m »e conneît pas encore les ^
PpVj
çoa Journal des Sçai/ans ,
pcrfoiinagcs , S: don: l'intéri-t n'eft
pas encore forme.
Madame de Lîmours , mccon-
tenrc du dcpart de Madame d'Al-
manc , & bitlTée du fccrcc qu'elle
lui en a Hit, lui écrit une Jercre de
plaintes. A un ion d'aliotd un peu
aigre , à une ironie un peu amèrc
fuccèdri t les mots fuivans ;
«Adieu ce n'cll pas aJieu
» jufqu'à ce ioir , julqu'à dcmaio ,
« c'eiî adieu pour quatre ans , pour
" ma vie peut-être 1 . . . , Voilà une
K pEhfct qui n":ii pai; gaie !
« Coinmcnr une feule idce mélan-
» colique peut-elis ainfi touc-âcoup
"amollir le cœur?.... Mes yeux .
ï= fe lemplilTent de larmes... . Je ne
« fuis prt fque plus en colère contre
» vous i mais je fuis triftc à mourir,
ai Ecrivez moi , écrivez moi piomp- .
« lement & avec détail. Vous voyez
■■= de quelle rancune je fuis capable."
Madame de Limours peut après î
cela faite toutes les fautes qiiVlIs-a
Mai lySi, 901
voudra ; il ne fera plus poflîblc de
DC la pas aimer. Aiidî Madame d'Aï-
xnaiJbC répond-elle : «^ A préfenr que
«^us m'avez pardonne avec tant
9? àt grâces & de générolîrc , je me
»» trot^ve moins fûre de n'avoir point
«» de torts avec vous. «>
L'Auteur a ce talent des grands
Peinrres de varier & de nuancer les
tableaux & les caraâcrcs du même
genre. Madame d*AImane, Madame
d*OftaIis & Madame de Valmont,
font trois perfonnes alTcz fcmbla-
blcs 9 toutes trois honnêtes , fenfi-
bles 8c raifonnables ; mais il y a
entre Madame d'Almanc & Ma-
lfamé d'Odalis la différence de la
Maîtrcfle à TEcolière , de la Gou-
vernante à l'Elève, & Madame d'Of^
talis paife par des épreuves qui la
niodifienr d'une manière particu-
lière ; Madame de Valmont a audî
une épreuve continuelle qui fuflic
pour la diftinguer , c'cft la fottife
de fon mari , qui ne peut lui échap-
per , mais donc elle ne paroîc jamais
^ I Journal it$ SçaYans 9
s'appcrccvôir & dont pcrfonnc ri'ofe-
paroîcre s'appercevoir devant elle.
Les ridicules, donnés à ce mari ,
font (îns, de bon goût & reflem*
blans j audi bien que la peinture de
t(XMS les autres travers & de tous ie»
autres ridicules qu'offre la foticré.
Les deux jeunes amis pterqu'cle-
vcs enferable, Théodore & le Chc-^
vûiicr de Valmont, font pareille*
ment femblables & différens.
Ji en cft de même de Confiance ,
d*Adèle & d'Hermine , & , dans utf
gjcnre entièrement oppofe , de Ma-
dame de Valcé & de Madame de
G^crmeuil.
/ On trouve Madame d*Almane
pédante à l'égard de Madame d'Of-
talis , parce qu'elle lui fait une pe-
tite réprimande d'avoir joué' Ja mau-
vaife joucule au Reverfi par corn-
plaifance &-par gàûé ; cependant »
il n'y a guèrts de réplique à ce que
dit Madame d'Âlmane : ctEtiez-
»* vous réellement au défcfpoir d'a-
voir un quinola forcé? c'efl un ^
w
f
Mai 1781. 90}^
«* vicç honteux. Ne Tcciez-vous pas?
•I c*cfl: nnc afFeétar ion^ «
• .Ma^. ccft une bagatelle! $sO[\%
Jotlcc r & on ftç peut avoir que ^c^
biganrties à ifepvendre clans Madame
«l'Oftaiis; elle c(l (\ voifine de lai,
perfleâion » qu'il faut ïj conduire
&;'«Ghtver rouvrage,.
- -1 On trouve auffi Madame d*Ofta^
' Hs pédant-e., par^e qu'ayant verié 1»
patt dans la rue & s'étant blcilec ,
elle rcfufe de fe laifTcr reconduire
par us homme qui. fortoit de la' me*
me maifon qu'elle. Mais elle éroi(
^?hi porte' d'uiic -femme de fes amiçi ;
il fc trouve d'ailleurs que Tiiommc
dôtit elle refufe les fccouis , a fc-
cretcmeut pour elle dç> fcntiorens
qu'elle dc^pit craindr.» , Se qu'elle
pouvoir avoir loupconncs ; enfin > (î
ec n'ed pas une profanation de fap*
pioUçr î;ci Ips Romans de Ciébillon,
. on !pcu]t fe fouvienir de la plaifante^.
sîci du cocher qui iait vivre.
Madame d'Almane établit à-peuf
près pour principe > quune femme
904 Journal des Sçavans ,' *
n'infpirc point de paHion, (î fa C0-'
(]iic(terie n'a donne des efpcrancesj-
conforincment à ce principe , Ma-
dame d'Oftalis , jeune & belle , s'ap-
plaudit de ne tourrar la tète à pcr-
Ibnne ; & dans la même Lettre cHc
s'éronrc ^ue Madame de Valcé,
pai* fcs coquetteries & fcs minaude-
ries, efpère tourner laiéie à quel-
qu'un. On croie apperccvoirlà une
pLtite contraditftion ; car , dit-on.
Il le défaut de coquettciie tloi-
gne tes Amans , la coquetterie doit
Jes attirer.
Oui,unccoqu£ttertc fin: & adroite,
Qui ne promené ricD Se' quipoHirant engage,
fi.'lon l'cxpreiïion de M. de Fontc-
neile ; mais une coquetterie avide ,
groilîère , minaudièie , qui fe jette à
]a tête Sr ptodiiue les avances , peut
faire pîtis que d'éloigner , elle pcuc
icbuter. Madame d'Oftalis prend un
un bon moyen pour éloigner les '<
Amans : la fagcfle. Madame Ar^ J
Valcé en picod un mauvais poi ,
Mai 1782. ^oj
attirer : l'excès de la coq;?ettcrie ;
entre ces deux moyens , ell celui
Îui les attire : une coqiictreiie adroite.
1 o*y a point là de contradiâion.
Mais la grande pbjeâion qu'on
♦ait prcfqûe généralement , & qui
le nous en paroît pas plus fondée ^
eft' celle qui Tuit.
Madame la Comteflc de G. ;
après avoir établi qu'il ne faut point
tromper les cnfans , & que le men-
fonge , en général , n'cfl: bon à rien ,
admet des exceptions à cette règle,
ce fonr les cas où le mcnfonge eft
néccflaire, Se où la vérité nuiroit
ou violcrôit d'autres devoirs , tels que
celui de garder inviolablemcnt un fe-
crct, &c. Ce ncd pas la doiflrine de
M."^* de G. fur ce point qu'on atta-
que , du moins ce n eft pas là ce que
nous examinons \ mais on trouve
cette dodrine en contradidtionavec
un exemple où Adèle Se Théodore
font trompés par une faufle confi-^
dence ïi\ttfans néccffité.
Nous, ne trouvons point quelle
9o6 Journal du Sçavjnt ,
loic faite fans nfccflité ; car il s'agît
d'une des plus impoii^incc^ Ic^or.s
qu'ils puillcal recevoir , S; d'une d^s
choies les plus délicates Se les plus
diIGcilcs qu'il y ait dans l'éduca-
tion , celle d'apprendre aux enfant
à diftingjîr leurs différons de^ioirs ,
lotlqu'iis lont ou paroilTent être en
oppolîtion, Si. à. préiércr alors le
plus facté.Cet'e leçon Tore de touccs
les circonflances de cet incident ,
a-: y cft développée avec tout rcfprit
éz toute la fagacité poflîbles. Le
â .ngcr & les inconvcniriis de la cti-
li ilité ne pouvoicnt è'tc mis dars un
pi is bfo'ti jour. Oii rcccnnoîc dans
ccTe49.* l.ciitc duiomc i,*'' l'Ai-
le.ir de la Coinîdic h inrcie'lTantc
& fi nio;alc de lu Curuufc. C'eft une
irès-belle idée que celle du coitn tie
vertu cxphimeniaû, & qac ce lyflê-
me de faire palier les Elèves , à pro-
portion des progrès de leur railoii,
par toutiS les cpreuvL;s qui pourront
former leur cafadijre &L fortifier
kms principes. Dans ce Tyf "
tt— .-r.-
' ^ M^ 1781. 907
Ij^fanfle confidence éroir au rang des
inenfonges nccclTaircs.
Il y a quelques idées , mais en
^èç'f^ petit nombre, fur Icrquelles
^UMis «prendrions la liberté de pro-
l^fcr qiiçlques doutes à TAuteujc^
«MÎ^/fQ reconnoiiTant qu^ayant plus
léâ^hi que nous fur ces maricres ^
rlle doit être plus fûre de Ton opt«
pion que nous de la n'ocre,
r Par excmpfc, elle réfcrve les,
fneiileyts'livres & ce qu'on appelle
les livres claflîques , Tclémaquc ,
Racine, la Fontaine, Voltaire,
pour les derniers, afin qu'en les lir
lanç Adçle Toit en état d'en fenrif
tputes lesbeaurcs, & eu arcendanr,
<;lie.ii^i. fait lire des livres moins
b,OQS dans le même genre , livres
j]oQ.t Adèle n'cft pa5 en ctar de fen^^r
les dcfau<s &c qu elle croit les meil-
ileurs en ce genre. Ne peut on pas
dire en faveur de l'ancien ufage que,
quoique les enfans foienc incapablcsr
de (entir toutes les beauccs de nos
ç>fiill?urs livres^,! il importe pepçn-»
9o8 Journal des Sçavans ,
<lanr de leur former de bonne heure
Je goût fur les meilleurs modèles?
€?c qu'on rifqueroit de Fégarer par
la méthode contraire ? Rappel-
ions-nous la force des premières
impreflîons, le charme arraché au
louvenir des premiers plaifirs de
rentance , & nous trouverons peuc^
être qu'il importe que ces premiè-
res impreflîons, que ces premiers
plaifirs aycnt été produits par ce
qu'il y a de plus parfait & qui doit
Icnvir à jamais de modèle. Nous
voyons qu'Adèle ayant [xxTïriJate^
& ne connoiffant ni Corneille , ni
Racine , ni Voltaire, ne peut fe per-
fuader qu'il y ait des Pièces plus in*
tcreflantes. que Tiridate ; c'cft donc
Tiridatt qui lui a donné d'abord
l'idée de Tinrérêt (uprême & de la
perfedion Dramatique-, fi Adèle
n'étoit pa? une pcrfonnerapérîcurc,
ne Yeroit-il pas à craindre que Tiri-
date & ce qui en approcheroit le
plus , ne fût pour elle le modèle du
beau & du parfait par le Ibuvenic
Mai 1781. 909
mèrnc.de cette première imprcffion ?
Au rcfte, ce n*cft qu'un douter mais
ce qui n'eft pas douteux , c cft que
voici up livre claflique de plus à
mettre déformais entre Us mains de
tous les enf^QS & de tous les infti-
tu|cqrs.
- Madame d'Almane paroît atta*
quer la maxime de regarder les do"
mefiiques comme des amis malhcU'^
ftux. ce Nous ne pouvons , dit-elle »
» regarder une perfonne , fans au-
9) pine éducatiop 9 comme notre
M an^ie. » Sans doute , & TAuteuc
de. la maxime le (avoit bien : le (ens
4e I4 maxime ell donc : regardons-
les conime des amis dont le mal*
heur eft tel ^ que , par leur défaut
d*édqcation , ils ne peuvent être ad«
mis ni à notre confidence ni à notre
fi^miliàrité , & dédommageons-les
p^ de l'indulgence & de la bonté.
Madame de G. trouve bien
étrange cette note de M. de Voltairç
fut cç vers de Rodogune :
«ÏIO Journal Jts Sçava/iSt
Tombe fur moi le Ciel , pourvu que fe me
On fait bien que le Ciel ne lomhpasi
Elle fak voir avec goût combien
le fcnciment exprimé dans ce vers,
ain/î que la belle lécicence de ce
vers d'Orofmane:
Je ne fuis point jaloux ; Ij je rétois jamaîi !. i;
peignent ftirtemcnr* le caradlère, &
piéparenc & mocivenc les aflions
qui fuivront. Cependant il nous
Icniblc que ]a critique de M. de'
Voltaire, qui d'ailleurs n'eft qu'un'
trait lance en courant, a de la fb-;
lidirc. Pourquoi peindre un efFct
qui n'a rien de rcel, qui n'exiftc
[ioint dans la nature ? Parmi tous'
les traits employés dans les impréca-'
taons de Camille , il n'y en a pas an;
Ibul qui ne foit dans l'ordre com-
mun, qui ne puilTc arriver, qui ne'
foit arrivé j la foudre qui sr
/
Mai 1781. 911
les maifons en cendre, les lauriers
en poudre , les alliances ennemies ,
les: difcordes civiles , &c. mais le
Ciel ne combe point. Agrippine a
dit : occidat modo imperet ; le fcn:i-
rnem eft auQi fore y &c le craie eft
rceL
Mais nous nous arrcrons à des
dérails, à des minuties; il faut
finir 9 & nous n'avons encore rien
dit de la plupart des grands objets,
de CCS tableaux de bienfaifance ,
tous fi touchans ôc fi variés , parmi
lefquels il eft impoflible de ne pas
dzdinguer ce moment fuperbe ou
Madame de la Garaye femble des-
cendre du Ciel comme un An^c li-'
béjrateur dans le trifte réduit où le
malheureux Saint André & fa fem-
me expiroient de milère', le tableau
âç£ établifiemens & de la mort de
M. de la Garaye , l'homme le piusf
lemblable à la Divinité pat fa bien-
faifancc, & qu'il étoit le plus né**
pcfliTre de faire connoître à des en-
fans donc on vouloic nourrir la fçn^
çil Journal des SçavanF,
lïbilité i celui de la vifitc du Prince «
Elève du Comte de Rolcvilie , chez
Alexis Stezen & fa famille. Nous
n'avons rien dir de tant d'Epifodcs
iî aitaclians en eux mcmes , fi nam-
rctlemtiit liés au fujet ; de i'hiftoirç
de Cécile & du Chevalier de Mur-
villc i de 1" ■" lir de la Duchcflc
de ; aeux "I gédies terribles
fans horreur & breJ fans bizar-
rerie j la : très-morale ôc
d'une mo.-jic ap tenante au fujct
qui n'cd pas moiti le catéchîfme
moral des Pères Si, des Inllicureurs
que des Enfans & des Elèves; il
failoit montrer aux Pères de quel
crime ils le rendent coupables , &
quelles torcurcs le remords leur pré-
pare, quand ils facrifienr leurs filles
à des vues d'ambition &: d'intérêt:
c'eft un coup de Maître & un trait
de génie d'avoir fait trouvera Cé-
cile le coup de la mort dans le fpec-.
tacle du bonheur que l'Amout Se la
Mariage peuvent procurer dans une
cabane & au fein de la pau
^ Mai lyti* 913
nibcdeiit où M. d'Aimery iroyageanc
' trouve ^a fond du nord ^ fous Je
it6mcIeM.d*Ânglure9 le Chevalier
"* jàf Murville » eft on coup de thiirre
' ^ic .fiôî|>pâm ; mais^ olerons*noiie
Ul*'iStt} nous croyons qall feroie
' idiii impoiant encore » fi le Cbevt*
' mf de Murville ne paroiilbit potnc
'ji^fèîtfA.'étA\merY, s'il le conseil*
^wh Ûé fiiirç expofer à fes yeux let
jponpmens qui.i'eftem de Cécile « fa
' Vhe^hire 9 fa lettre ^ &c. &c <}u'il
' rdNindonnât à f es remords , fans le
* voir 8l fins lui parler \ cette abfence »
ce fîknce rèpandroient fur fa con*
; Huicé une forte de mvftère fombre
' Se tragique » qui peihdroicnt plus
jbttêment & pliis noblement que
{^ teproches la profondeur de ion
reUèntimcnt & cfe fon amour ^ de
rinnpoflSbilité que jamais le Clicva*
- lier de Murville pardonne au tyran
* ""^ç Cécile. L*idée delà reffemblance
- du Chevialier de Valmonc Se de Cé-
àje fa tante , eft très-tïaturellé , Sc
' rÂoreur en tirt'on grand parti, *
Âtai. Qq
I
I [- iiakre tous les malheurs de .
I tp chcffc , 'âc l'imprudence qt
fi -lit eue de s'engager trop légè
||a[^ dans une painon funefte & d<
quer de confiance pour un<
tendre.
On prétend qu'à la fin, i
cHefle ne devroit avoir rien c
i?; prcflc que de for tir de fon c
ij ôc qu'elle ne devroit pas ai
que fes parens vin(fent l'er
Comme on voudra; fa cond
la plus régulière. D'ailleurs c
l èV que peu ; elle a les clefs ; il r
yî qu'à elle de fortir. Quant
qui ont remarqué que , refu:
y-
Mai 178 2f ^1.5.
Lcnumérarion des beautés, mè^
ms diftinguces , de cet Ouvrage, ne
finiroir pas , c'cft pourquoi nous la
i finiflfons \ mais qu'il nous foie pcr-
I .mis encore d^ndiqucr du moins ce
nioment où Hermine paroîc pour la
première fois devant Madatiic d'AU
^ane & Adèle > de dire que ce mot :
/< /icn ai plus ! a dans la bouche
<le cet enfant un charme attendrif-
'àntqui fait qu'on revient fans ccfTe
«^ cette page > & que tout Le(5tcur ,
t lexemple de Madame d'Almane
& d'Adèle , adopte Hermine & ne
?eut plus s'en féparer,
Snr la foi de (es pleurs je Taurois aJopcée.
Il nous eft impoffiblc de délîgncr
cette foule de mots aimables , de
traits touchans , qui coulent fans
ccfTe de la plume de Madame la
Comtelïc de G. , qui partent du
cœur, qui vont droit au cœur, Se
qui , prélentés dans un ftylc tou-
jours pur , èlégatït , noble y rendre
& duo goût exquis, rempliflcnc
Q q ij
A
9 1 6 Journal des Sçavans ,
fans cefle les yetix du Lcéleur des
plus douces larmes.
Madame d'ÂImane eft dévote ou
plutôt picure> & c*eil Qd derniet
trait qui caraélérife & pcrfeâionne
une ame jufte & tendre. L'Ange ra-
télaire , aux ailes brillantes Se aux
fleurs immortelles 9 eft peut-être 4in
luxe dans ce genre \ mais rapellons^
nous ce qu'un homme » qui n'eft
pas fufpeâ fur cet article , a dit de
la dévotion de Clàrice dans Téloge
de Ricbardfbn.
Madame de G. a donné à la (in
du dernier volume une Table cties
l^ettrcs relatives à l'éducation des
Princes. Ces Lettres , lues ain(î de
fuite y forment un Traité d où pour-
xoit naître un jour le bonheur des
nations.
Enfin aucun fiècle ^ aucun pays »
ne nous montre dans une femme un
raient littéraire fupérieur à celui de
Madame la Comteile de G, Nous
ne nous rappelions même aucun
Ouvrage qui renferme autant de
Mai lySi. ' 917
beauté utiles & accendriflàntes que
ctlui-ci , & qui grave aufli profon-
décnenr la ver ru dans les âmes;
nous devons ofer le dire, puifqut :
c*jeft. notre opinion ^ qu'elle ne bleflfe
perionne 9 & que nous fommes dif-
poiés à donner les mêmes éloges à
Quiconque les méritera » homme ou
^mme , ami ou ennemi , Tros Bm^
tûlufvt.
N. B. Depuis ce compte ou plu-
tôt cet hommage rendu , les criti-
ques ê^Adekit (ont multipliées » &
ouclques-uiies de ces cririqucs ne
font ni (ans malignité ni fans amer- .
tqme. Si cette efpèce d'acharnement
eft TcfFct dts Portraits ^ 8c Ci Us Por--
traits Totit mcrité, nous n*âvons
tien à dire, il faut que/ujliccfefajfi-
invers & contre tous ; mais après
tout , ces critiques ne lont cil s«
mêmes qu'un hommage ; c*e(l alTez
notte manière d'accueillir les nou- ,
yeaurés heureufes & les réputations,
nai(r4ntes ou croiiTantcs qu on peut
Qqiij
r
9^ 8 Journal dé^ Sçavans ,
cAcbre fc dilpeli(cr de regardw'T
comme çonfacrécs. Tel fait profef-
(îèn d'admker M« de Voltaire^ qui
r^ût décrié il y a cinquante ans ; tel
v^nt d'a[$plaudir If-hnt , qui eût mis.
en pièces (Rdipe. On cite TéUmaqut
c6mmc un chef-d'œuvre à tous
égards; à (a nailTance ilfut enlevé
dr critiqué eomme^^#7l^ Pour ren->
dre pleinement juftice , il Faut que-
nous loyons entraînés par le tems &C
iob) ligués par raurorité. Nous ne
fammcs ni« a(&z fermes dan^ nos'
principes* de goûf ^ ni allez (urement
guides par'' la fenfibihcé, pouf re-
connoicFe d'abord le beau partout
ou il ie préreni?e de poucen meiurer
pTompteirtent ie degré. D^ailleurs-
oîi croie montrer plus de fagacicéen
cèn(uraut qu'en approuvant ; graiidt^
erreur très - commune , qui donne
Irtu en général à- bien des critiques
iildircrètes. 11 n'eft peut-être pas en*-
cote rems d^appréciet Adèle, Atten-
dons %'\[ le faut ; mais en attendant ,
ndus:dirons que ù ces critiques ooc*
r
Mai 1781^ 919
quelque cliofc d'urilc , Madame de
G* faura bien en profiter. Nous di«
rpnsj en général, aux Auteurs dç
ces ctitiques , quoique quelques-uns
montrent cercaipemcnc beaucoup
d'écrit & de goût :
Tenez, tous vos di^ours ne me toucbcnc
poimraaie; *. '
Adèle- avec deux mots en fetoir plus que
Nou,^ obferveroDS qq^ le plus grand
charme de ces critiques eft dan^.Ie^
citations SAdiU; que j^ quapd la
meilleure de ces critiques^ vaudroit
celle du Cid ^ le C^/W-v^uc encore
mieux que fa cridquçi, ^ qu'^tiifin .
. • » »
Eaclépit cl!An(larquç ^4" ÇcAfcur auftèrq
Tout Paris pour Adj^le a le cxciir de fa mèn^
[ Extrait de M. Gaillard. ]
. ^
Qqîv
910 Journal its Sçdvans ,
mUFELLMS LITTÈKAIKES^
F R A^ C E.
DE Lyon.
Progkamkb.
LA Société Royale d'Agriculture
de Lyon propore pour lujct du
Prix de l'année 17S3 , les Queilions
fuivantcs:
Que//* tfl la vraie tkèoiit du Rouif^
fagt du. clmnvre ? Quels /ont les
mtilliurs moytm dtn ptrfeSioantr
la pratique , fait que l'opiration fe
fa^t dans [eau , J'oie qiidle fe fajft
en plein air * Quels font les cas oà
l'une de ces opérations ejt préférable
à l'autre } Y aurait • il quelque ma-
nière de prévenir l'odeur défagréable
& les effets nuijibles du Rouijfàge
dans l'eau ?
Le Prix fera d'une Médaille d'n'
de 30oiiV| ,
r
.• Mai 1781, >j^
Les Agt^urs ne fe feront cormoH,
ttcm dUcékcmcnt^ni indireâemcnçr
antais^Usiinfîterqnc, dans jua billet
cachjBf0^ leur 120m & le li^it de Içut,
téfideDce , avec la m.4^e,iJe?rire ou
ifMgsraphe q^ie porcerouc les. M6*
. ; ïk fea>nc adrefles , francs da
porc ^ à - M. rAU>é de Vitry i Se-
çfé^u Petpéituel de la, ^ocl^jté;.
JRoyaJb^d' Agriculture , rae S* Dq^
ipinii}ue , ài4yQI^ » pu envoyés fouà
Tenvelope de M. de FlefleÛes ^ Ia«^
ie6dftiiidQiCç|c<!'VUlle. -
(- Afléun Méipoire ne fera reçu pafIS
icu.%Mars iyS} ; & le P*ix fcim
fiéumé dans Jie.poiiraiic du mois de
Miîdi kaoême année,
-:■'•] . ' ' ■ -
. P E N A N C T*
*.: I
-PrmJpii^pofi par le Collège R(^yaf^
yj ^ Midcçin$ de Nanty^ fur Us
: . Baux pQtajklm. : _
■' Dans l'ordre des agcnsphyfiq les ^
521 Journal dis Sçavans ^
généraux ou communs ^ autinfluent
fur la fancc des hommes, les eaux
douces potables , onc mérité , de
tout Ttms, une attention paiTticu*
fière de la part des Médecine. -Ijes
Modernes ont ajouté peu dcchofe
à ce qu*en avoient dit its Anciens ,
prefquc tous, depuis Htpp^crate ,
fc font copiés fur cet objet j foie
dans feu rs Ouvrages diététiques.^
fbit dans (eues Traités , aujourdHiuî
très^multipliésy Je air€ ^ lùw &
étquis.
On fcnt bien qu'une telle tfadn
tion £ucce(Ifve de contloifianècs,
prcfque puremeat xationellei ^ xfuc
les qtièlirés'généfiques des caui^
ne luffir pas ^ non plus que* l'obier»
vation purement empirique & fou-
vent ifolée ', de leurs effets particu-
liers y pour former cette partie de
l'art ; il faut encore une étude pra«
tique , éclairée pour la Chimie , &
fpecialement fondée, à ces dieux
égards , iur la comparaifon faite en
grand ^ des différentes eaux-pota^
¥4 lySxi 9*î
Ue»-3 dans les difFcrens pays , & rc-
Jftcivement aux divers foyers de leur
filtration y de lepr écoulement , de
leur ftagnacioD , &c.
Cette étude pourroit fournir une
i3cs branches les plus importantes
^le la Chimie diététique. Il exifte
dé)fi qpe^ucs' xecherchef faites fe*
ion cette double vue. On trouve
■ • •
^dwi le fécond volume de la Société
Royale de Médecine , un Mémoire
iqui contient des obfervacions & des
expériences nouvelles fur les eaux
potables ,en général « &.qui trace
;rn qyelcjvie forte le pl^n des recher-
ches ultérieures à faire fur cet oh*
jet 9 pour établir de plus en plus j(a
diftinâion eflentieli; des eaux pota-
bles^ faines & mal- faines. C'eft
J^'Autcgr de ce Mémoire [ijj qui a
ton^4?V;Cv%c. tloy al.,^ /c fi^jçt
; [i] M. TRôuWnet,. Aggfégé'-Hbuo-
ndre 4a Collège' dé Mëdecirie 'dé'MâQirj^ »
êc AATocié-Régnicole de la Société de Mér;
4çOTC de Paris. ., . .
• Qqvj
924 Journal des Sçavdns ^
du Concours qu'il propofc^ & !c
Prix qui y cft arraché. Il s'agit de
rcfoudrc les Qucflions fuîvanres.
Première Clâjfe. Quelles iont^
dans les eaux de neiges & de glaces »
dans celles des fols crayeux & gyp*
feux, les qualiré^ qui conftftuent
cfTenrieHement leur infalubrîté ?
Quels rapports & quelles difFérenccs
y a r-il enrre ces quarre forces d*caux
douces, relarivemcnt à leur coni-
pofirion chimiques & à Iciirs cfFers
diéretrques ? Pourquoi roàrea * les
eaux qui contiennent de'la' craie oâ
du gypfe; pourquoi toutes celles
'qui proviennent des neiges & des
glaces fondues , ne font-elles pas
mal- faines?^ Pourquoi les deux orc-
niicres , fi différentes , à pluncurs
égards 9 des deux ;autre$ ^ produis
lent-ellcs"dck' effets (v anmogue^f
Seconde Claffe. QueUft le degré
de leur influence y ou çommunèou
relative , dansla pîoduâion de cer-
taines maladiéspopulaires ou cndé-
iniques ^ ^ ^ qptamme'àt des gooé*
.-*
Mal I7?i« 9^5
trcufes , ceroutllwufcs & rachiri-
qucs? Cette inSucnce cxifte-t-cllc
auffi pour la clafTe des afFcâions
calcukures & goutrculies? Pcut-pn
découvrir par-là queiqu'analogie ,
quelque dépendance, tncre les altc*
rations du lyftême glanduleux , lyn>
fibatique , & celles du fyftême of-
eux & articulaire ? L'imprclTion
malfaifamc de ces différentes eaux
potables > s'excrcc-t-elie dan^? le tra-
vail de la chilifîcation , ou bien
dans celui des fécrétions , loit mu*
queufes & nutritives , foit terrculçs
' & cxcrémentiticUes ? '
Comme il cft difficile que les
Sçavans , qui voudront s'appliquer
à ce Concours incérefTant , le trou*
vent à portée d'examiner les d\jfFc-
tcntes c(pèces d'eaux défignées , &c
'd'en obferver les effets fur le peuple ,
on admettra les Mémoires qui ne
^trâitelront que d'iuïe feule cfpècfc
^d'eau , ou de phifieurs dans le ni&-
inc continent. On diftribuera au-
tant de Médailles , de la ^cur de
9i6i Journal des Sçû/yans ,
cent ccus chacune » ouM y agra,
d'ouvrages dignes de les obtenir ^
9U jugement des Commiffaircs
nommes par le ColJége Royal. Ces
Mémoires (èront adreiles > francs de
pcrt, fuivai;it les ufagcs ordinaires
(des Concours académiagjes , à M*
Harmant , Préfidenr au Collcgç
Royal de» Médecins , a Nancy. On
demande ^uik foient rendus pour
le ly de Mai 1784 ; & le Prix
fera proclamé à ia rentrée de la Si.
Martin fuivante.
Le but de çc Concours rçnçrç
dans le plan gi^néral àts travaux 4^
la Société Royale do ^Médecinei de
Paris, dont le Collège de N^ncy
s'cmprelTera toujours de fecçi^der le
zèle. Le fujet proppfc pouvant in-
ft^refler tous les.p^5, Uicra Lbçc^
to|^ui Us Sç^y^nsifl envpven ^ ^Iç-
hioires*, pourvu >qu*ils. {pi.cpt écrits
^ fraiîjsois o.a''etj latLp^,,Qu bica
Îlfief les Auteiirs -Xe chargent *^c les
aire traduire idaas l'une de ces' (deux
DE Rouen*
Séance putlique de ÏAcadimit éia^
. ilu a Rouen fous le titre de lUtn^
. maculée Conception»
■ * . ■. ■
1 Après un Difcours de M. Hamcl^^
Secrétaire, de TAcadémie, fur je;
avantages de la Critique , & TE*
loge de M. le Gros, Curé de Saintç-
Croix* Saint- Ouen , de Rouen 9
moit en. 1781 > on a annoncé la
diltribution des Prix. Celui donc
le fujet écoit ,* la réunion de la Nor^»
wandie à ta Couronne de France^
faits Philippe Augufte , & la i^onfr
tante fidélité de cette Province à fis
Rois comme àfes Ducs , a été rem-
Îorté par Mi^ Formage , Régent de
>oifiènie au Collège Royal de ^
^ille de Rouen*
Le Prix de Poé^e Initie a été
donné à un Poënje intitulé : Scho{te
Çallica tabularun^ ad Luparam exz
pofuio. _ .
91 8 Journal dis Sedvans ,
Un Prix de Po£ (îc tiançoifc a été
donné à un Pocme intirùlé": l Sy
viT à mes Livres. L'Autetii tlt M.
Bércnger , Profcfl'cur d'Eloquence
au Collège Royal d'Orléuns, des
Acadcmies de Marfcille & d'Arras. '
Dans la Séance publiqae du mois
de Décembre 1781, l'Académie
doit diflnbuer cinq Prix. '.
i". M. l'Abbé Teriirc , Prince
aâiiel de rAcadémie , offre un Pris
eiittaordinairc , confiftant en une
Médaille d'or. II demande un Dil-
couriv Académique , dans lequel les
Orateurs développent cette ptopo-
fition que le patriotifmc lui a fug-
géré : Combien il ejl imérejjam pour
la. gloire 6 le bonheur des François -,
de conferver le caraBire national !
i". Une alîertion éga'cmenc iti-
lérc(]'ante6c patriotique eftpropofitc
pour fujet du Prix d'Eloquence , ro^
mis au Concours : X'amour dt la
Patrie s'accroît che^ lis Peuples à
proportion de la confiance qui i'""^
infpirît par (eux yûi Us gouvcr,
Mai 17 Si; ÇX(^
3^. Le Prix de Pocfic latine cft
deftinc à une Alligorit ou Poëme
d'environ cent-cinquante vers.
4^. Des Stances & une IdylU
font la macicre d'un double Pris
Je Poéilie françoife.
On laifTc aux Poètes la liberté
de choi(if les iujéts qu'ils voudront
traiter. On .les engage à u'adppcec
que des matières piquantes par Tin-
terêt delà nouveauté, relatives aux
Arts & aux Sciences , choifîes par-
ihi les évènemçns glorieux que la
valeur de nos Guerriers nous four*
Jiit chaque année. Toute compofi*
tion fatyriquc , ou tirée de la My-
thologie 9 fera rejcttéc du Con-
cours. Les ouvrages feront envoyés
doubles & francs de port nu R. P.
Prieur des Carmes, Tréforler de
TAcadémie. Les Auteurs font priés
d'écrire lifiblenient & correâennenc
chacune des deux copies , & de
renfermer leur nom , avec une feii*
tcnce ou dcvifc , dans un billet ca-
cheté/ Cette Icuîcnce fera répétée
$ JO. Journal dfii Sçavans ,'
au bas de Id pièce di i\it ra4r«flre 4«
billet.
DE P A K J S.J
Prix littéraire fondé dans [Académièi
Royale d^s Jnfcnptions &.BclUsi
. Lettres en Cannée ly^i^
• • • •■
L'AcaJémic Rpyalcdçs.InfcripH
tLons & B elles- Lettres » s'cranrçrpu-.
vée réduite, par la djlctcc des, Me-
ii)oires réponaanji fcs vues, dc.re-.
nonccr au Prix, double qu'elle de-,
voit diftribuer à Pâques 1781, &.
qui confîftoij^ ï. Détermi/ntr ce ^u^^
Us Monumens hi/ÎQriques nous ap^^^
prennent des changemxns arrivés fyr.
la furface au globe , par le dtplace^^
ment des eaux de la mer^ proppfc »,
pour fuict û*nn Prix exrraorditîairC;
qu'elle proclamera à Pâques 17X4»
de Comparer enfemble, la Ligue d&s.
Achéens.^ deux cens quatre vingts^
ans avarie Jefus ^ Chrijl ; celle des^
Suijfes en i^oy detEre Chréii^ru ;^
Mai Alîl. 931.
la Ligue des Provinces - Unies eu
ii57p 9 & de développer Us caufts ^^
tori^ne ,. la nature & l'objet de ces
^Jfociations politiques.
- Le Prix, fera deux Médailles d'or,
chacune 4e 400 livres.
Toutes perfonncs., de quelque,
pays & condition qu'elles ibiet^t ^
excepté celles qui compcfent TA-^.
x^déniie y feront adaiifes à concouric^
pour ce Prix , & leurs Ouvrages^
pourron;,ecre écrits en françois ou.
en latin , à leur choix
Les Autçurs mettront amplement
unedeyifç à leurs Ouvrages*, mais,.,
pouf fc faire çonnpîrrc , ils y join^^;
<liçnt».dans un papier cacheté \ SC\
écrit de hur propre main ^ Icut^
nom , deiTwure & qualités , Se ce *
papier ne. fera ouvert qu après Tad*^^
judication du Prix.
Les Pièces , affranchies de tout
porc jufqu a Paris , (eroçt remîtes
entre les mains du Secrétaire pcrpé-i.
tuel de l'Académie, avant le i,^\
Décembre 1783 , & ce terme eft de,
ligueur.
93 ^ Journal du Sfavans ,
Prix propojc par P Académit Roy ait
des Scitnees ^ pour bannie iy82. •
L'Académie avoir propofé pour
fujct du Prix de 1781 ^ les Qutf-^
tions fuivanres :
I ^. Virifitr & riduirt aux difiàm*-
ces véritables ^ -les dijiances apparent-
ées de la Comité ^e 1 66 1 aux ÈîoiltSy
en ne négligeant pas mime df-enenr
dans la, critique des pojîtions de ces
Etoiles donne :s par les Catalogues» " .
2^. Vérifier & difcuter^ autant
^u il fera pojfible , les différentes pé»
f iodes anciennes des retours de cette
Comète , dont les Hifio riens ont pu
faire mention.
3°. Corriger par f effet connu des
réfractions 0^, des parallaxes les ob^
fcrvations relatives à cette Comité y
faites par Appian £/i i ^ 3 1.
4°. Examiner ^influence que Us,
mouvemtns propres des Etoiles fixes
& lapréceffton des EquinOxesont dû
avoir fur ces différentes çbfervaiionsi,
L'Académie ai dkwuc ce Prix à
Mai lySi. 933
.la Piccc , n^. I, ayant pour dcvifc :
Altiora mundl jccat ^ & twn dcmurn
apparu càm in imum curfusfui vinit.
• L'Aurcur cft M. Mcchain , Aftro-
nome Hydrographe de la Marine ,
des Académies de Harlem & de
Fleffingue.
L*Aufcur de la Pièce couronnée ,
auê rAcadçmie publiera incedam*
nient , ayant trouvé par Tes calculs
des différences a(|ez confîdérables
entre les Elémens de roibice de la
Coiiicte qui a paru en i ^ 3 x , & de
celte qui a paru çw 1661^ l'Aca*
démie propofe pour fujet d'un
nouveau Prix les Queftiotis fuivan«
* CCS :
s ^, Dittrmintr U plus éxaclémcnt
qu^il fcn^ poïïibUy & d*aprh Ut
mcilhuns obfirvations différemment
. combinées , les Elémens de C orbite de
la Comhte qui a paru en \C6\.
2^. Dans le cas ou ces Elémens
dijjlereroient a£ii encre eux pour laip
. fer du doute fur C identité des deux
Comités^ exarpirierJL , en fupgofoM
•93'4 Journal àiS Sçavans ,
que ces deux Comités foUm la mèmty
Vaclion dt Jupiter & celle de Saturne
'fur la Comète de 1532» depuis cette
année jufquen 1 661 , ont pu pro^^
duire ces différences»
Cette (econde Queftion cft l'ob-
jet principal du Prix.
Ce Prix dcvroit être donné, fui-
l vant Tufagc, à Pâques 1784; mais
rAcadémic qui connoît toute Tim-
portance de la matière, craignant
que Tefpace d'environ 18 mois 3
qu elle a coutume de donner aux
auteurs pour traiter Us fujcts qu'elle
propofè, ne fuâife pas pour traiter
celui-ci , & voulant leur laiflcr tout
le tems nécedaire pour ce travail ,
annonce qu'elle n'adjugera le Prix
propofc qu a Pâques 1 78 ^ , & qu'en
conféquence ce Prix fera double ,
c'eft-à-dirc de quatre mille livres.
Les Sçavans de toutes les Nations
font invités à travailler fur ce fujct,
& même les Adbciés étrangers de
l'Académie, Elle s'eft fait la loi
d'exclure les Académiciens regiiico^
les de prétcudxc w Ptix»;
Mal 178»^ 9J5
■' 'Ceux qui cômpoferonr, font in-
,Vités'a écrire en françois ou en
' latin 9 mais fans aucune obligation.
Us pourront étrirre eh telle langue
*^t]Vi*îls^r6iiieIront , 8c l'Académie fera
V Mdtiire leurs .Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits (bienc
• fort lifiblcs, ^ui^éuc quand il 7 aura
- des calculs d'AJf^re. ' .
^ .jls ne. itiectroDt point leur nom à
Jeurs Ouvrages j mais feulcmeivc une
. icmence ou* devife* Ils pourront,
, s'ils vculeftt i attacher à leur Ecrit
\^ un billet ieparc £c cacheté par eux ,
i.. où feront, avec* cette même fen-
!, tence j Ji:ur nom , Iç^urs qualités , Sc
' leur adï'c.flc ; & ce billet ne fera
ôuvcrt'par rAcadémîe , qu'au cas
' que la Pièce ait rcitiporté le Prix.
' Ceux qui tfâvailleront pour le
Prix , adrcflcront leurs Ouvrages à
' Pa:rïs , au Secrétaire perpétuel de
TAcadémie , ou les lui feront re-
mettre entre les mains. Dans ce
*Vfccohd cas , le Secrétaire en donnera
;: ea même-tcms à cîelui qui les- lui
i».
4j6 Jouraai acs- Siavdiu ,
aura remis, fon rccépifle , où fera
marq ce la fenicnce de lOuviagv
& fo numéro, leioii i'oidrc ouïe
. tems wans lequel il aura été rc;,u.
Les Ouvrages ne feront rcçui
(]ue jufqu'au i,'' Septembre 178 j ,
. cxciulîvemcnt.
j L'Aca»" ni ' " 1 afTembléc pu-
blique d es 178a, pro-
clamera ni aura mÉiiié
ce Prix.
S'il y a le du Secrétaire
noui la 1 -irta Tcmporté Je
Prix, le de i'Acadcmic
délivrera la ii le dj Prix i celui
qui lui rapponerace récépiffé. Il n'y
aura à cela uuiJe aurrc tormalité.
S'il n'y a pa^ de récépilTé du Se-
crétaire, le Iréforier ne délivrera
le Prix qu'à i'Aurcur même , ou
au porteur d'une procuration de fa
part.
Hifloire univerjillt depuis It eam»
\ent du Mande ji " "
, Mai lyix. 937
fint ; comporée en anglois par une
^.ociéré dc^ Gens dé Lettres; non-
veUemcnt .fraduire en fc^tiçois par
une Socictc de Gens de Lettres;
enfichic<.d,ç Figu^^ & de Caftes*
"Tomes 3ÇXXV4 6c XLL A Paris ,
chez !Mou;ard , ImprUneur-Libuirc
jdç^ Reine', dcM^danK & dcMa«
,daine if(Cpnuene d'Artois ) rue des
Mathurins, hocel de Cl^ny• 178^.
'Avec Approbation .& Privilège du
Hovi vol. i>i-8^. i
Lç XXXVi/ Tolumc cftle âct-
""met à^s $upptémens & la fia de
1 Hiftpife, ancienne. Il doit être fuivi
,<ïe quatre volumes, favoir , XXXVII,
JfXXYm, X^XIX & XL, qui con-
tiendront la. T^ble chronologique
& celle dès Matières. On les impri-
me aâuellemenr ; mais pout ne
point arrêter le cours de cette hif-
toire, ni faire attendre le Public,
on vient de donner le XLI/ volume
ou le prçqiier de THiftoire oioderiy^,
&on continuera de publiai les fui«-
vansà rordmaire.
Mai. R r
Q ï 8 Journal dts Sc'avans ,
■Avmh^ment'^ far le Ptoffekai'^
- Afla Sanaônim liel^H Selciftai ' ,
En rcm'antcompre ,aiimoisd'A-
vt\i (kmicr , <fc ce P'roJpeBus , nous
avions éré •cronnés du peu de tctns
■accordé àus Soafcrîpteurs, d'atltaOt
■qu'il étoit fixé ati premier du mcfnt
-rtjofs. 'Depuis cette annonce , M-
'Dupuy a rc^-u uhe lettre da[t6c ^e
Bruxelles 15 Avril, par laqijclfc
l'Auteur , W. l'Abbé Ghcft^ùiére ,
l'outorile à déclarer pubhffucmenc,
(Je fa part , ïju'il accorde deux mois
de plus&ux Soufcripteiirs domicilié^
cîiT-raiicc, promettant de tccevoîr
coures les Ibafcriprions qui y {cioiit
faites avant le premier Juin, comme
fi elles avoient été faites avant îc
premier Avril.
Catalogue 4fS %ivns nhbvéa^.
A'Paris, chez Pierres, Impiîmetfr
ordinaire du fioi.
Ce Recueil périodique , com>
^ Mai lySié 9)9
mencc en 1763, paroîc colîs les Sa-
medis ; il porte auilî le nom de
Journal de la Librairie • ou Caulo-
Îue hebdomadaire. On 7 trouve les
.ivres tatit nationaux qu'étrangers;
.Cartes ^ Eftampes , Edits.& Arrêts.
Les ventes des Bibliothèques , les
Livces qu'on a envie de icompletccc
..ou d'échanger. Le prix de la fouf-
.cripcioD eft -de 7 liv* 4^1:
CoUtSioa de Sin^€% ^ in-folio %
papier :d -Hollande. Par M. Bucho^.
Premier Cahier. A Paris ^ chez l'Au*
teur , tue de la Hai^pe , prefque vjs-
à-vis la Sorbonne. Prix, 18 liv.
Voici pne noi4vcUc Colleâiion
donc les Amateurs d*Hiftoirc- na-
(urdie^uroac l'obligation à M.^
Boclioz. Ils doivent déjà à ce zélé
Natura:liâe des luîtes noaibrcules
Hc iatér^ai^te^. L^ réunion de ct:s
afférentes Imites de fij^ures deffinées
ÔC coloriées d'^tprès nature, corn-
. xnençe ^ devenir alfez canfidérable
pour fermer m Cabinet d Hiftoire-
,0 >"'«»' ''"'f!;;^,u«*f.
,„et<l«lX,„„„d=-ceS'""; -
Mai I78l« 941
fs^ncc qui cft au premier fcuilli^c du
Catalogue, vis-à-vis le fronrilpicc,
laiis quoi elle ne leur ferou pas
fournie.
La famille ayanr vendu cette Bi-
bliothèque en un (cul article à M.
le Marquis de Louvois, le Libraire
ne peut plus remplir rcngagcnituc
qu il avoit conrradé de donner l'érac
imprimé du prix de la vente dech.4*
cun de ces articles : il ofFire en con-
icquence aux pcrfonncs qui auruieuc
regret d'avoir acheté le Catalogue ,
de le lui renvoyer au plus tard dans
le mois de Mai prochain ^ 5c il rc«^
mettra l'argent au porteur.
Il faut cependant avouer que ce
Catalogue êft précieux , non-lculc-
ment par les différens Livres qui Ij
compolènr, mais encore parce qu'il
renferme une CôUeAion trcs-bcil-
d'Hiftoire- naturelle, & qu*il pcuc
être regardé comme une Bibliogra-
phie complctte des Voyages.
jiilas dt Géographie ancienne en
Rriij .
»^ 1 JoiirTml des Sfjvans ,
vingt - cinq Cartes , pour Jctvîr A
fuite à L^ Atlas di M. Robert de y au-
gondy en cinqua^K ~ dtux Carits.
M, torrin, Ingénicur-Mccbani-'
cien du Roi pour ]js globes & rphè-.
les , ayant allocic à Ion commerce
& à fcs travaux M. de la Maichc ,
ccliii-cî s'tft occiip^ à compléter le
fi;nds des S^niion &dc M. Roberc
de Vaugondy , en travaillant fur la
Géographie ancienne. Le prix fira
de 1 8 liv. On l'annonce nout la fin
de i annÉc.
On trouve chez MM. Fortin Se
de la Marche des globes & des
I"phi?fcs He fouies grandeurs , drpui* ■
trois jurqii'à dix-huir pouces dédia-
mêire; Us nouveaux i^lobes , ce-
lelif & rcrreftre , cle douze pouces ;■
le céleftc, dcM. Mcflîer, Aftrono-
nie de In Marine , &'c. contenant
routes les nouvelles conftcllacions
6c toutes les ncbulcnfcs obfcrvées
par lui &: par M. Mcchain ,; le globe
lerreftre , fair par M- Toicin , con-
tîfi7t coûtes les noitvellci cîccon
en GéiQgraphiey vcAmz le troUiéTie
voyage du célèbre Capiraioe Cook*
Qn y trouve des Canes collées fur
hoï\ & découpées, pour mftmirs
& amufer les en&ns \ chacune ei|
de 1 1 l}v.
Oq trouve chez les mêmes Ae%
atlas çélçftes & cerreftres.cie di&-
rentes grandeurs ^ des canes géogra^
p^iques fur toutci les parties du
globe y en une > deux & q jarr«
TçujUes ; le tableau des S^Iacbêoiaci^
ques avec (on explicanoa , des plar
niiplièfcs, HOC nouvelle édition des
deux hémifphères céleftes de Ro-
bert de Vaugondy, des lotos géo-
graphiques avec une inflruâion pour
ce jcui j • des planétaires ou fphcr.i<;
de Cppeinic mouvantes, la nou-jelic
maciiine géocyclique cirée dini 1 A, -
tronom'u de M. de la Lande te rv-
pliquée dans la CofmograpkU Je M.
McnreJlç ^ des globes céleftes à pô-
les mot>iles pour changer la poir^-a
des équinpxes & pour l*snreilig»ic^
R t IV
$44 Journal ^ei S'Çavans »
île rOuvragc de M. Dupuis iai
lonç^inedes coiifteilation;.
On trouve chez eux un no.iiveaii
Ca'-alogné , luc de Ja Harpe j près ■
la me du Foin. '
' Manuddu jeune Ofîcler, ou EfTii
fur !a Théorie miliraire. Par M. lé '
Comtt de Bacon , ci-devant Licure-
l!am Colonel des Dragrin'i au firr-
vice de rimptratri'cc df Kuflic. A
Paris , rire Dauphine , près le Ponc-
Nuif ; chez Alexandre Jonibcrt,
jrune, fucceflciir de Charles -An-
roine Jombcrtfoi père. Libraire da
Poi pour rAttrlIcrie 5^" le Génie,
iyS I. 256 pag. in 8°.
Cet Ouvrage , dédi6à M. lePrincii
de Ccrdé , eft le réfuliac des ex-
périences d'un ancien Officier qui
cite pluficurs l^airs réctns pour ap-
puyer les principes Sr les maximes.
Si le Pub'ic, dit l'Aureur , goCrc
cec Efiai , je pourrai dans la fuite
y joindre les Mémoires fut A'v-
Mai 1781; 945
Bey , fcs projets, (es luccès Se ics
Tjevcrs, Ce Héros , qui a fi Korc in-
quiété la Turquie & fixé les re-
gards de l'Europe , eft peu connu ;
l*Aurcur ayant (èrvi fous lui pcuc
nous donner à ce fujec des Mémoi-
res curieux. La comnaraifon qu'il
pourra faire de^ la T adlique des
Turcs avec la nôtre , fera un nou-
vel objet dé curiofité dans fon Ou*
vrage.
Prospectus.
m
EffiUS hîfloriqucs & polin<jUcs fur
Us Ànglo AmérUains. Par M Hil*
liard dAuhtruuiL Deux volunicv
//2-b°« grand papier, avec Carrer,
Eftampcs & Portraits. Il y a aiifiî
une Edition in 4^. papier d'Hol-
lande.
M. Hilliard d'Aubertcuil» qw> *
ofé le premier travailler à cette hif-
toire importante, a étudié & connu
lur les iicux les mœurs & le carac-
tère des Anelo ^ Américains ; il d
lltv
94^ JoUirtal JtS Sçavaris ,
vu & calculé leur Coiinnercc , & ,'
pour amlî dire , (c former kurs
nouveaux Etacî. Depuis plufieura
années il avoit cumniencé à écrire
les i^HexioJis l'iir ce qui le pafTuiC
entre tux. ia Colitdion s'efl enri-
chie par le courage , par le bonheur
de CCS Képuiilicains laboiieux & fa-
ges , pat les Mvnioircs kfl pIu"; éten-,
dus qui lui ont Lié envoyés depuis
quarrc ans, (oir des Jflcs de l'/iniê-.
lique , où il a conlervé fcs Corref-
|.!ondanS depuis fcn retour en Eu-
rope, foie de la NouvïlIe.Angle-
terrc mcme, & qui ont été réil:géï ■•
lur les lieux par des hommes int
trui;s & ttdèlss obicrvatcurs.
Certc Colleftion cil le récit coni-
piec & très-imj'artialde tout ce qui
peut intcrencruuï fiiccès des Amé-
. ricains & ctu:( qui ont part au Gou-
vernement des N.atJo .s , & ceux
qui étudient dansl'Hiftoiielcs hoin-
mes & la lorrunc,
1 es d;ux volumes que l'on pr
pofe pat VouUx'.çvvoti , on que 1
Mai 1751» r^7
x^iurijULT^ fcparéiu.r.-, c^r :. :-
cironr rout çc qui s*t.: p%.i: : tj.;
la naidance des croubi» m L >!to ,
jufcjuà la préicnration C\\ D. j.-m
Franklin à la Cour de Prôner. Oi
y trouvera des tâbiCa.ix ;r:i-r:.i-t-4
de la (ituation poicique d:;A'i:-
terre à difFcrcnccs cpoq j^ i , w': u3
rccic hiftorique &: po.CîTur :t .ai
formacîon & des progrès dr: Co.o-
nies AméricaÎDcs 9 qu: r*r.!-::3i c:
nouveaux points de v je.
Chaque volume fera ornt et Voz-
traits 9 d'Eftampcs de.Unces & |"»-
vées par de bons Ma::r£S ; i/^t. rr-
pré(enteronc les AStm.,xv. ;.î'i>-
palesy & les pi;ccipaux ts^.'j d;
rHilloirc.
Il y aura au.Tî dt: Car::: -:':>
cxadtes des différenres cor.tnts c Ji
cpmporenc les Ecât^Unis dr * A:« -
lique, & quelques Cartes p^rr.cj-
licrcs des lieux qui or.: é:*: .; p^-i
expofcs à la gu;:r:- , fur r; j: -'»c
Cïjcellentc CarVj dc: fro-.ricr:, ùi
Il : V)
948 Journal aes Sçavans ,
Canada & de l'Albanie, compre-
nant la toute des Lacs.
Les Poriraics des Hommes qui fe.
iont diftingués en Amérique, folt
dans les Confcils , ou à la lête des
Armées, feronr gravés avec loin,
& d'après bs meilleurs dcllins que
l'on aie pu fc procurer.
Conditions de la Soufcription , &
- prix du Livre en le vendant jéfO-
Le prix de la foiifcriprioii fera de
41 liv. pour l'EdirJon in-4°. & de
II liv. pour l'Edition in-8°, remis
chez les Soufcripteurs de Paris , à
nicfure qu'il patoîira une partie
compofée de iiois Livres , & rendu
franc de potr aux Soufcripreurs de
Provinces, ou de l'étranger juf-
qu'aux frontièret.
Il n'y aura pas de diminution fur
le prix pour les Soulcripccurs , mais
ils auront l'avaiiîagc de lie pas cty-
4 Mai ijîu 919
voyer chercher l'Ouvrage , qui fera
remis chez eUx , & ils auront les
premières Epreuves des Eftampes»
Gravures , Porrrairs & Carres pac
dares dèièurs foufctipcions»
• j' • ' *
. Prix.pour ceux qui payeront en ^
prenant f Ouvrage.
"' Edition i/i«4^. 7 liv. 10 f. pour
chaque Partie 9 & ii.liv. pour le
volumes de Planches*
/ Edition //s^S ''. } liv. pour chaque
Panie, Se 9 IW. en recevant les
Planches.^ ^
, Les Pianches & les Cartes pour*
ront être reliées ftparément , . &
formeront un volume in\/\é de la
grandeur de TEdirion.
: Celles de l'Edition in 8°^ pour-
tout aufH être brochées, ou reliées
coopipccment ou féparémenc.
£pùques des Livraifons.
• •«■.•
îjts trois prcmici;s Livres des deux
Editions paroilTcnt adhielleqie&c ^
9jO Journxt Jcs SçaVatis ,
& feronr débvTcs aux SdulcriptciirS i
ou 3 CctHt (^ui ïzi uoudrotn fcparct
ment , 5c it en fera d'itvcc troi^
au!ri;s Livres to'.is les nlois, à conij^
ter de la bii du mois de Mars* .
LlS Planclics, les Portrairs & les
Cartes, feront délivrés aiifÏÏ - tôt
après Ituf perfciSion.
On doit prÉvcnir f^iie la lenteur
& les dilHcliltés des Gravures, no
permctcent pas d'annoncer Its ter-
mes aufli précis que ceiix que Ion a
fîxtspourilniprellion, mais on peut
compter avec d'autant plus de rait
ion lur la beauté de l'cxrciitijn ^
tant de l'imprcffion que d;s Pla3-
clies, qu'iodépendamnicnc des fouf^
criptions ,' l'Âurcur a fait l'avance
d une fommc conlidérablc.
. On (oufcnt à Paris chez l'Auteur ^
rue de Bons-Eiitans Saiat-Honoié,
où l'on trouvera l'Ouvrage.
Sermon pourl'j^jfinibUs exiraor'
dinaitcde Charité, qui s'eft tenue à
faris , à L'otcafion de l'éublillc
Mai 178(2. 9^1
ment d'une Maijon Royale de Santé j
en faveur des Ecclcfiaftiqucs & des
Militaires malades ; prononcé dans
rEglife des Religieux de la Gharicé ,
le 13 Mars 1782, par M. TAbbc
de Boifmont y Abbé Co:nmenda-
tàirc de Grcftain ,. l'un des Qaa-
fante de l'Académie Françoife, &
Prédicateur ordinaire du Roi. A
Paris , de* l'Imprimerie Royale*
i78i///2-4^. 51 pageSé
Lettre P a florale de S. A. R, Mort*
feigneur r Archtvli^uede Trêves , Evi»
que d^Ausbourg , Prince d^Euwan^
gen ^àfon Eolijc dAusbourg* Tra-
duire de l'alkmand. A Paris , chez
Laportc & Bclin, Libraire. Avec
Approbation & Privilège du Roi«
17^2. inixi
Nous en rendrons compte.
Êffai fur S Architecture théâtrale^
ou de rOrdonnanre la plus avanra-
gettfe à une Salle de Spediacle^) rc*
9 1 1 Journal des Sçavans ,
lativeiJcnt aiiA pr^nciprs de l'Opti-,
que & de i'Acoufti-qite : avec un
Examen des principaux Théâtres de
l'Europe , & une Analyn.' des Ecritî
Its plus importaiis liir cette inafiiTS.
Par M. Faut, Architcdte de S. A. S.
Monfeigneur le Pr—c Palatin , Duc
régnani de D;i ints. A Paris,
chez Moiirard, lire-Imprimear
de ia Rciij- :s Maihurins ,
. hôre! de C Si. Avep Ap-
prubytioii i. ,cgc du Rai.
ia-S*^. io8 pa;^. Si deux Pianchcf,
Lt Duel , Comédie en-un aile Si
en pro(c. Biochure in-%°. 3 5 pages.
" Pièces Fagiiives de M. le Mitrrt ,
' t'a l'Académie Francoifi.'. A Paris,
chez P. F.G'Jcfficr, 'libraire hnpri'
nieur , au ba^ de laïuc de la Harpe j
à !a Liberté, Avec ApprobaiiotiÔ;
Privilège du Roi, i vol. in ï,°. de
près de 3 00 pag.
Hijloire de CAn de VAn.
-u
'Mai 1781; ■ ' 9if
Par Mè JFinhelmdnn y tracluitc de
Tallemanct 9 par M..Huber, A Léip*
(ig, chez rÂureuf, & chez Jean
Gotci. Imman. Breitkope. 1781.
3 volumes ih 4^. Er fc trouve à
Paris 5 cheziNyon r«iiné ^ Libraire»
tac du Jardiner.
• Traité des Connoiffances néceffai»
ns à un, Notàin ; contenant des
principes furs pour' rédiger , avec
intelligence^ routes iorees d'aites ic
de^ contrats; i^ec des formules drtf-
lées Tur ces mêmes principes.
1
In nuHo^ptecétre^dlvinHatîs magis ifuam
morulitatis tft. Le^e tança 2 a. Cod. de
vecerJ Jure Eiiucleando*
Nouvelle Edition, 5 vol. grand
i/2-i2. A Paris, chez Nyon Taîné ,
rue du Jardinet. 1781. Avec Appro-
bation & "PrivUegc du Roi. Prix ,
15 liv. les 5 vol. reliés.
On travatilie aâuvllemenc à la
954 JoutTiAL des Sçavans ,
continuation de cec Ouvrage donCt
nous nous piopofont de donner,
bientôt un Esccaît.
Code de Snvoye, ou l-oix 8^
Couftitutlipns de Sa Maj<:W le-I^ov
de Satdaign; , publiées en 177P^
Deux volumes , grand in- 12 de 5 os
pages au moins chacun. A Paris ,
chez Nyon t'aîiié , Libïçire , lUic d^
Jardinet, quartier S. Andté-deiii
Arcs- 178 1. Prix , 6 Uv. rcJiç. |
Nous dorujeroHS , le plutôt p^f-.
lîbk, lin txciaic de cet Ouvrage ,i
. qui nous a paru très intér^iiTant &
plein de ûigcilj S£ d'équité.
Hi poire de l'£mpire Affynen ^
ou dts irois Monarchies cîc Niiiîve-,
de Bab)"lo.ie & d'Ecbataiic. Ou-
vrage enrichi de Cartes & de Gra-
vure?. Nouvelle Edition. Deii» vol,
in-%°. Pri?, brochés, 10 Jiv. Ou,
2 vol. ifl-ii. PriXjbrqché, jliv»
A Pari?,, qhczHardouinjl^tbr^içc,
Mai 1782; 955
rue des Prêtres Saint- Germai n-
l'Auxcrrois.
jivîs à la Nobleffi. "
Le fîcur de !a Chcnaye Desboiî ^
Aiireur du Di&iô/inaire de* la No**
bUJfe ^avertit ique le premier volume
des Supplémens audit Ouvrage, eft"
aciuellcmeqr fôu';-pre(re.( Cette hiv
prelfion a été' retardée par des évc-
nemens imprévus.) Lafoufcription,
qui cft de 1 j !iv. pour chaque vo-
lume , & de 1 1 fols pour la reliurs
en carton , fe reçoit aduellcmnit , '
pour le premier volume defdits Sup-
plémens , chez la Dame Veuve
Thibouft^ Imprimeur - Libraire , à
Paris , Place Cambrai , qui en don-
nera reconnoiffance , fignée de TAu-'
teur j av;rc laquelle on recevra ce
premier voltunc qui patoîtra au*
commencement d'Août 1782 , &*
lés vautres, de furrc. On prie les
SoufciipC'urs dg faiiv ha Ibufcrip*'
9 î 6 Journal dts Sçavans ,
TÎpn Aw fccoiid volume en icriranï
le premier , & ain^ de luitc. Les
pcrlbnnes qui n'auronr pas de re-
connoiilancc de foiilcription , paye-
ronf chacun de ces \olunie5 18 iiv.,
aitifi que chacun des douze premiers
volumes qui fe vendent chez ic fieut
Boiidf [ , Libraîce , tue S. Ja^que',
Piocidc nouveau poitr l'Etamage du
Cuivie & du Fer, avic Argent^
& étaira de Métach.
MM Majaiilt, Sallin, Datcet ,
& t!c la Planche , ayant été charges
par ia Tacuhc de Médecine d'exa-
miner ce nouveau procédé propofc
par la Damo Dumazis, & après"
plulîeurs expériences ayant fait titl
rappoïc favorable , la Faculté adopta
d'une voix unanime , le 2 Août
1779 , les conduirons de fes Com-
miiiaires , & approuva le nouvel
Etamagc comme plus avantageux
que ceux qu'on avoit employés juf-
qu'à ce jour.
Mal 178 1. 9J7
En conféqucncc le Roi , par un
Arrêt de fon Confcil d'Erat du 14
' Janviefr 1781 , permit à la Dame
-Dùmàzis'dc fabriquer, vendre 8c
. diftribucr dans toute 1 étendue du
Royaume foo Etamage, dont le
titre doit çtre de /rois deniers de fin ^
conftaté par le poinçon du fîeur Ra-
cle , Efîaysur particulier de la Mon-
noie de Paris > ou par celui à\x pre-
' mler Eflayenr de la Monnoie de
chaque ville, où la Dame Dumazis
auTdit établi des entrepôts. Cet At-
* rct fut confirma par des Lettres Pa-
tentes du premier Août 17S 1 /en*
regiftrécs au Parlement le 7 Septem-
bre , & en la Cour des Monnoies le
• 11 Décembre fuivant.
Cet Etamage reyient à fix deniers
le pouce de furface^ âc on aifure
qu'il ne réuflît pas moins bien fur
le fer que fur le cuivre. La Dame
Dumaz s , qui leroit condamné i
30b livres d'amende applicables à
rHôpiral-Généial de Paris > fi elle
délivroit des uftenfiies non marc^ués
pjS Journ. dts Sçav. Mai 17S2.
du poinçon de l'Eflayeur , vient
cTÎ-taMiT ia Mapiifaâuie rue de
Btilly , maifon de M. J'Aclicnay , U
"porcc cochère à côté du Griffon
"d\jr, fainbourg5. Germain.
Le Syfèiiie di LeSun , connu déjà
, 'focs le nom de Quadrille des En-
Jaus , quanème Jidition , imprimé
pour Tufage des Ptinccs & Prin-
çcfllsEnfansdeMonreigneurJc Duc
l'dc Chartres , (c vend chez i'Aiitcut,
à'Pari'i, à la Pcti(:on Académique,
'luc du fauxbourg S. Honoré , 11*^,
Suivant ce Syftême , un Enfant ,
auffi-iôr (ju'il fait parler 1 apprend
à lire avec beaucoup de faciliré. Les
fuccès ciabliffcnt la bonté de la
llîîcihocie ptopoféc,
iir'. tn-'ti ■
,; .t'rhri:
'. îi'. .
I '■■•».
... , ,.,... 95^
' l~ • l .. ..• . . • . ^ . ... . ^ »w ,
I
è?'inn A O " T .1J....A.
de5 articles contenus
dans lejJgTirç-^l.^iijfois de
Mai 17^81.
/^ o vùFRSp I P/ouc^uee A.
\jr L^MagiJln& Philo fophicc Doc*
$Qlis Logices & Metàphijîccs in Uni'»
verjitate Tubingtnjî ^ &c. 771
Hijloin univcrJïUc. 789
Vlyjfty Tragédie en cinq actes.
Par M. de fiûchcfort. 8ox
M leBre n Tragédie en cin^ acies,
imitée de Sophocle. Par M: 4e Ro^
chefore» 815
Traité des Evitions & de la Cad-
ran tie formelle. Par M, Benheloe.
83X
Opinion d*itn Citoyen fur leMu'*
riage & la Dot. 84 1
j6o ' ^''^
wta^m
Lt Produit 6- U Droit
lUi Corn-
•nanti.
- 8r>
LArt de la FoUurt.
. Par M.
Romtitt. - J /
ArtiU a- ThéMore. -
- 8i<
- 861
Kouyellei LitUrains.
. >^?
ratir.
!i
-4. -^tAi ^ «.. .
rr!!'
E E
JOURNAL
D ES
SGAVANS,
PO U.R
L'ANNÉE M. DCC. LXXXII,
r I
JUIN. Premier Volume.
4 PARIS,
Au Bateau dn Journal de Pans, rue de Greneîlt
S. Honoré» prés celle du Pélican.
M. DCC. LXXXII.
AVEC PRIVILEGE DU ROI.
9^4 Journal des Sçavans ,
demie Royale des Infcriptions 8c
- Belles-Lettres.
Gcrmani iata Mio g(ns^** • pericu-
lorum avida.
Tacite. Hift.L.4& f.
A Paris , de TJniprixnerie de Mon-
sieur, 178 1. Et fe vend chez
Duifand JNeveu, Ubrafre^ tue
' Galânde; Mérîgot jeune; Bar*
rois aîné ; Barrois jeune , Librai-
res^ quai des Âuguftins. Prix, 3
liv, broché Papier fin , 4 liv. 4 f.
Un vol. in- IX de 45 1 pag.
» ■ ■ ■
MDE SiGKAis, dans un
• Ouvrage qa*il a publié pré-
cédemment , a trjiité de Tefprit mi-
litaire des Gaulois ; il aurôit difiré
de pouvoir y mener de front Thif-
toire a le carad^ère belliqueux des
Germains > mais rembarrai des corn-
paraifons & dc$ ^ difpariiés multi-
pliées ^ 8c la nécçffité gênante 4'în«
terronipre & de reprendre alternati*.
Juin 17S1; 965
vcmcnt tantôt le portrait de Tune
des deux nations , tantôt celui de
Tautre , Tont déterminé à traiter fé*.
parement ces deux fujets. Son bur^'
dans ces recherches ^ eft d'en vcnix
aux François » qui tirent leur origine
de ces deux nations. Il a fuivi dans
Tun & Tautre Ouvrage Tordre chro-
nologique» non-feulement comme
le plus umple , mais parce qu'il s a-
git^ dans une fuite d'environ 600
ans , de marquer , autant qu'il e(l
poffible, les variations fenfibles qu'é-
prouvèrent de (iècle en (lècle ou pat
intervalles plus courts, le caraâère
& les mœurs des Germains ; ce
qu*on ne peut Faire quVn didinguanc
le tems par époques. 11 ne faut point
perdre de vue que M, de Sigrais fe
renterrae uniquement dans ce qui
concerne Telpric militaire , c'cft-à*
dire à rechercher quelles pafHons ,
quels principes ou quels piéjugès ,
quelle efpèce de courage ou de fu«
reur , quelles forces phyfiqucs ou
quel tempéramment l^% Germains
S {\\\
^64 Journal des Sçavans ,
portoicnt à la guerre. Les deux Ou-
vrages , le premier fur les Gautois
& celui-ci fur les Germains^ ne doi-
vent être confidérés que comme des
Mémoires préliminaires & une In-
troduAion au Traité plus étendu &
plus considérable qui aura pour ob*-
jet les Francs.
Dans le Difcours préliminaire t
M. de Sigrais combat le fentimenc
de ceux qui pcnfenr que les gens de
guerre ne peuvent prétendre aucune
part à la gloire, parce que, félon
eux , elle ne peut réfulter que des
adlions de bienfaifance 5 c'eft pour-
quoi ils voudrojenc que, dansTédu-
cation , on prévînt les jeunes gens
contre la gloire des armes, en leur
cnfcignant que c'cft une paflîon fa-
neftc qui n'a ceffé de ravager la terre
& n'a peut-être jamais fait de bien;
fyftême auffi imprud-nc que nou-
veau, dit M. de Sigrais , Se qui ne
tendroit à rien moins , s*il pouvoie
s'accréditer , qu*à renvcrfer tous les
principes de l'honneur nacionalt
Juin 1782. 967
« Eft*ce donc chez les dtlce ndan<
>^des Gaulois & des Germains >
» chez une nation que (a valeur
» fiiaîndcBC depuis'plus de tteize
>» cens, ans en pcfleflion de frs con^
f» qQiècei& qui ne peut s'y maintenir
H autrement « qu'on ofe déprimer la
» gloire des armes ? Sont * ce des
>» Quakers enthoufiaftes , ou des Si^
nbarites timides, ou des Sages def-
#cendus d'une autre planète pour
H réformer la nôrre ^ qui déclament
I» aujourd'hui contre la guerre; qui
n voudroient la bannir de Thiftoire ^
H de notre littérature, de nos con-
» verlations 9 comme un fujet faf-
•> tidicux ou comme un g^nre trop
H dominant ; qui refufent leurs oreii-
>»les dédaigneufes aux récits des
» combats , comme Ulyflc les bou-
H choit aux chants feduâeurs des Sy-
>» renés , qui fe permettent de froi-
ndes plailanteries fur des combinai-
n fons aufli férieuics que le font celles
» de là Taâique 9 & fur les fcènes
M fanglantes ou fe décide le fort des
S IW
6 8 Journal des SçaPans i
M Empires j qui afFcâcnc d'appcHet
» les viâoires , des crimes heureux ^
M des meurtres, éclarans ;. les corn-
»battans9 des aflaflins, dés harri-
» ci des ; de. rabaifTer l'hérotTine 9 les
» travaux 9 les fciences militaires 9
•3 pour élever au premier rang je ne
f> fais quelle inertie épicurienne ,
» Tadmiration des arts les plus fri«
» voles , la démence du luxe fc la
» fureur des plaifirs , plus cruelle &
» plus funeftc que celle des armes ;
»qui voyent, non-leulement fans
» rcconnôiffancc & prefque fans at-
» cenrion de nombreufes légions de
» citoyens, veiller jour & nuit lur
» la frontière de l'Etat pour les fiîiirc
» jouir de leur oifiveté , mais qui
» oient écrire que la partie du genrC'
» humain conjacrée à Chéioïfme tfi ce
» qitiL y a de plus affreux dans la
» nature . •. • qui contondcntla force
» cutélaire. des Etats avec la vio^
vlcnce deftruâivc , le courage du
» dévouement avec Ja brutal ité>l*o-
^bligation facrée .de détendre la
Juin 178*1. 969
» Patrie avec lambicieufe frcnéfie
» de conquérir ou de dévafter î Q«ii
» doute, ajoute plus bas M. de Si-
>>.g*'*is j qui peut ignorer que la paix
» ne loic préférable à la guerre y
» comme le plaiHr l'eft à la douleur^
»]a fanté à la maladie, le calme à
»la tempère? Mais enfin cette vérité
» avouée dans tous les tems , n*a ja«
» mais pu & ne pourra jamais em-
>» pêcher les nations d'avoir des ri«
» valirés , des jalouiies, des întérccs
» oppofés , des haines invétérées ,
H des emportemens tubits & de vui-
» der leurs querelles par le fer, puif-
if qu'elles n'ont pas d'autres juges;
^ ni les plus prudentes , d*in(lituec
t>& d'entretenir une brave milice &
» d'étudier fcrieufement le grand arc
»de fc défendre ; ni l'opinion pu-
>»bliquc d'attacher judicieufcmcnc
» une- véritable gloire aux plus rudes
» travaux , aux vertus les plus âpres
f} & les plus néceff.i tes , &c »
Dans le premier de ces Mémoires
furies Gnmains; M. dcS\^'ce,\s.tc-
97^ Journal des Sçavans i
cherche quels hommes de guerre ils
écoient avant Jules Cëfar & de fon
tems. Dans les huit autres il expofe
les variations fucceffives de leur ef»
l^ric belliqueux & , par occafîon , de
leur fortune , jufqu aux grands & fo-
lides établifTemens que les Bourgui-
gnons , les Francs & les' Allemands
Formèrent enfin dans la Xjaule i ce
qui le conduit prefque au commen-
cement du règne de Clovis , c*eft-
à-dire que ces obfervations fur les
Germains feront terminées à-peu-
près comme les recherches fur les
Gaulois à 1 époque de la ruine de •
FEmpire Romain en occilent. M*
de Sigrais n'avance rien qui ne foit
appuyé fur les Auteurs anciens ; il a
taché de tenir un juftç milieu entre
la brièveté parcimonieufe qui fouf-
trait des choies nécefTaires par la
crainte d*en dire d'inutiles , & la
fuperfluité qui s*étend trop pair l'en-
vie de ne rien omettre; il a écrie,
pour ceux q^u\) e\l^eant des pièce»
^ jrobantcs, fe coîa<^wx«cyx. \^ Ssûs.\
Juin 1782, 971
t(îentieU & biea établis , de vérités
'tapprocbées, rie réfulrats ddèlcs , &C
i[\xi , plus curitux du fotid des cbo«
les qu? de belles paroles , n*auroienr ,
idic-il i ni le loiHr , ni la patience de
lire des Diflercarions trop favann-
ment volumineufcs : tel eft le plan
de l'Auteur.
Le premier Mémoire renferme un
intervalle de foixante-dix ans. M.
de Sigrais y donne une idée de l'an-
cien pays des Germains > donc le
véritable nom étoit celui de Theu-
tons» Cette grande nation étoit di-
vifée en un nombre prodigieux de
peuples plus ou moins puifTans , tou-
jours ennemis les uns des autres^
leur pays étoit naturellement dé*
fendu contre les hoftilités du dehors
par fa pauvreté même autant que
pat la férocité de fes habitans , par
le trifte alpeâ: d'un fol inculte ôc
pat la rigueur du climat beaucoup
Ï^lus hroid alors qu'il ne l'eft à pré-
cnt^&qui ne dévoie guèrcs tenter
àc$ ètTMgets. Cependant \e% Qi^v3^-.
97^ Journal dés Sçavans i
lois y ont conduit, quelques colch*
nies ; mais dansj^ fuite & vers l^a
I f 3 avancTEre cbrccienney les Ges-
niains à leiir tour fe jettèrent fur le$
Gaules ; voilà le premier exploit des
Germains qui dit mérité l'attention
des Hiftoricns. On croit qu'ils fu«
rent contraints d'abandonner leur
pays pg^r une violence inondatioo de
î'Ocean qui couvrit, le Jutland â(
une partie du Daneniarck. Quoir
qu'il en (oit, ils ravagèrent les Gau«
les pendant douze ans, & détruifi-
lenc cinq armées confulaircs. en-
voyceÀ' par les Romains au fècours
de la Province Narbonoife% La va-
leur des Germains , félon tous les
Ecrivains, étoic un courage de bê-
tes farouches plutôt que d'hommes
de guerre, une colère indomptable ,
una rage afFreufe; mais leurs feni-
mes les furpaflbient peut-être en fu-
reur & en cruauté j on les voit im-
moler des prifonniers ayant la ba-
taille > pour en deviner révà^çaient ^
dans de grands \a.fc^iTO\^V;v%4>3kCw:i^
Juin 1781. 97 j
des viâimcs » combattre fur les cba«
riots qui fermoienc le camp , fe jetter
dans, la mêlée pour ranimer leurs
gens , frapper & percer \t^ fuyards ,
égorger leurs propres enfans après la
défaite f les faire écrafer fous les
roues des chariots ou fous les pieds
■des chevaux ^ s*étrangler elles mê*
mes pour fe fouftraire à la captivité
ou fe détruire par d'autres genres de
mort encore plus affreux.
Quoique ees peuples barbares fif*
fent plus de cas de la force & de
l'audace que de la prudence , une
pratique continuelle de la guerre
leur avoir appris à fuppléer aux rè-
gles de Tart. Ils fe retranchoient
dans un camp avec leurs chariots;
ils y appuy oient , dans les adions ,
les derrières ou les flancs de leur
armée; & ces longues chaînes dont
ils fe fcrvirent à la bataille des
Champs Raudienspour aligner leurs
troupes & empêcher les rangs de fe
xompre , prouvent au moins qu'ils
avoient de^ ïàiz% de taâic\u^% u^ ^^-
974 Jof*rn(d du Sçâîfans i
foiilent auffi s*ètre exercés aux coim
bats finguliexs. Leur iûfiinceri« avoit
des épées longuet &'lourdef »- 4es
efpèces de maflues de bois dur Bc
pefanc v leurs cavaliers portoîent des
haches à deux trancbans ^ des cuÎp
rafles de fer , des boucliers oméa de
peinturés; tel étoit celui que Marias
emporta i Rome & fur lequel éwic
lepréfenté un coq. Quatirà laSgore
de CCS barbares ,l 'iùftoire leur dootic
des chevinix blonds ^ des ycui bleus ^
un regard farouche , une yoix e&
irayante, une ftature piodigieufe^
qu'ils augmcntoicnt encore en mec^
tant fur leurs cafqucs de$ aigréftct
de plumes , des allés d'oifeaux Un*
guliersy des têtes ou d'aucrei dè^
pouilles d animaux fauvages. Voili
à-peu<près le portrait pnyâqiie 9t
moral que M. de Sigrais lious tracr
de ces Germains ; mais , ajoutent*!] i
ce qui t:acaâérife plus parâculiice»
Ttïcm CCS' penses , c*fA un e(ptit4e 1
guette pttpétuellt , l'babitudcJMW* J
Tjgible y U IwaSie ^jcÀx^ èx Tcn«4i I
Juin 1782; 57 J
brigandage \ ce qui donna lieu i
des Ecrivains de les regarder comme
des voleurs atrroupés plutôt que
comme, des guerriers : c'eft cette hu-
meur vagabonde qui les fit errer fi
long-rems, peut-être plus d'un fiè-
cle , dans tant de pays différens^
(ans prendre de repos , fans en laif-
fer aux autres 9 & fans penfer à fe
fixer nulle part : quand il entrèrent
dans les Gaules ils montoient à plus
de trois cens mille hommes.
Sous Céfar on les vit combattre
les armées des Romains avec des
pl^alanges impénétrables i leur ca-
valerie avoir une compofîtion 8c des
manoeuvres' (ingulières » inconnues
à la tadique romaine; les gens de
cheval étoient fuivis , chacun pour
leur propre défcnfe , d'un fantaflin
qu'ils avoient choi(î parmi les plus
braver & les plus légers d'entre eux :
ceux-ci chargeoient au befoin m
troupe réparée , mais de concert ,
avec les cavaliers dont ils fecov\«
doicntlcs cffotts , ou protfcgiOVcmV^
97$ Journal des Sça^ans f
ralliement ; & s*il &lloic hâter une
marche en avant , ou fe retirer dili-
gemment , ils avoient acquis , à
force d'exercice , une (i grande lé-
gèreté y qu'en s'didant de la crinière
des chevaux , ils les égaloicnt à la
courfe Ces cavaliers faifoient aulfi
lefervice de l'infanterie i ils avoient
accoutumé leurs chevaux à refter en
place, de vcnoicnt les reprendre
après avoir combattu à pied. Leurs
fantaflins combatcoient également à
cheval.
On aura encore une plus haute
idée du courage naturel &c de la vi»
gucur des Germains, fi Ton confi'-
dère que , ne fâchant pas travailler
le fer , ils avoient très-peu de cui-
lafles , prefquc point de cafques, &
que les cpées ou les fabrcs étoicnc
également rares dans leur infanterie ;
qu'ils étoiwnt prefque nuds ;. que
leurs cavaliers n'étoient défendus
que par de petits boucliers , & les
gen3 de pied par des^bettcUers énor-
mes faits tf uuûû\x^«>t\^t^>^i^^Uta-.
Juin 1781, 977
chcs minces ; qu'ils n'avoîcnt d*au-
trcs lances qu'une framic , efpccc de
demi- pique. armée cVun fer coure &
très*aigU9 ou même d'un caillou
tranchant & aiguifé» des javelots
& des bacons pointus & durcis au
feu. ,
Ces peuples éroienc epcore loin
delà civiliiation : préférant au tra«
vail pénible de la terre y la vie libre
& fainéante des pâtres ic des chaf-
feurs y recueillant très-peu de grains ^
vivant principalement de leur chaiTe,
de la chair de leur bétail & de lai«
rage , endurcis au froid dès Ten*
far.ce, couverts de peaux étroites
qui leur laidoient le corps à demi-
nu , ils ont fait. trembler les Ro-
mains & défait en pliifieurs rencon-
tres leurs armées. Narurellemcnc
guerriers par jeur genre de vie , 6c
forcés en quelque forte de Tétre par
leur pauvreté ^ par leur pareile ,
avides de gloire 6c de butin, ils
s'armoienr également pour combat-
tre avec le ?cle patriotique fous les
97 ' Journal des Sçavans ,
enfcignes de leurs Cites , ou pout
aller fervir hors de chez eux en qua*
lité de mercenaires ^ ou pour for-
mer dans leur propre pays des at*
troupemens de volontaires &c piller
les frontières des Etats voifins ^ ce
qui étoic regardé comme un moyen
honnêre d'exercer la îeuncffe. T<>us
les ans les Magiftrats publics diftri**
buoient aux ramilles des portions
de terre qui changeoterre de maître
Tannée luivante 5 Jfe peujr que ie goûc
de l'Agriculture ne remplaçât la
paflion des armes ^& q^ue le défit
d'agrandir des propriétés hérédirai'-
les ne décruisîr l'égalité des fortu-
nes ; ils n'en étoici;^ pas moins ja*
loux d'étendre les limites de leurs
Cités &c de dominer les unes iur les
autres.
Dans les fept Mémoires fuivans ,
M. de Sigrais fait en peu de mots
rhiftoire des grandes expéditions
des Germains & celle de leurs guer«
Tes avec les Romains , & termitie à
chaque époque ces détails par des
Juin 1781. 57^
réflwcîons fur les changemcns arrives
dans les mœurs de ces barbares. A
la more de Marc-Aurèle , ils confer*
voient encore la même valeur , le
même caraâère militaire; mais ils
fentoienc mieux leurs forces & re-
douroient moins cellei de l'Empire*
Sous Caracalia les Allemands , na-
tion germanique , furent connus
pour la première fois, & ^refqiie
auffitot les Goths qui furent dans la
fuite (i redoutables aux Romains :
on ignore l'origine de ces derniers;
niais comme ils ont habité long-
tjms dans la Germanie , & qu'ils fb
(ont irclcs & incorporés avec des
nations germaniques , M. deSigrais
les fait entrer. dans le plan de foii
Ouvrage.
Sous Galiien les Gevnains corn*
mençoient à s*apperccvoir que l'in-
térêt particulier des Cités devoit être
fuboxdonné au bien général de la
nation •, qu'il falloit former des maf-
Jes principales, plus capables, dans
le danger commun ^ de réfiftancc Sc
9S0 Journal da Sçavans ^
de réunion. Ils s*étoiencperfeâidn-
nés dans Tart de la guerre; & s'il
ne cultivoienc pas les arcs , ils pol
fédoient dans leurs prifonniers de
artifans. Ils formèrent des entrepri
fcs plus hardies, fouvent malbei
xeuies , quoique mieux concertée
Dans la fuite les Francs fe diflingu<
rent parmi les nations germanique
& entrèrent dans les Gaules'. M. d
Sigrais fuit l'hiftoire de tous ç(
barbares jufqu'à l'an 482 de TEi
chrétienne.
Ces Mémoires , remplis d'un
érudition fagemcnt ménagée, cou
tiennent, comme on le voit , l'hil
toire des nations germaniques, o
prefque celle de toute TEurope {ef
tcntrionale, autant qu'il cft poffib.
de la connoître , d'après des moni
mens très- imparfaits à la vérité
parce que ces peuples n'ont poil
écrit y & que nous ne les connoi
ions que par leurs ennemis. Les fai
y font préfentés avec ordre & écri
avec beaucoup de clarté« 11 fai
Juin 1781. 981
convenir que ^ d'après le tableau
que l'Auteur fait de cts peuples , ou
pourroit les comparer j pour les
premiers tems^ aux nations fauvagcs
de TAmérique. Cette partie de TEu*-
lope n^avoitpas encore fait de grands
progrès dans la civilifation ; & fi
hs pays du nord ont été le premiers
policés 9 comme quelques - uns le'
prétendent 3 ce n'cft certainement
point TEurope.
M. de Sigrais (è prôpofe mainte-
nant d'examiner dans un autre Ou-
vrage beaucoup plus confîdérable ,
comme nous l'avons déjà annoncé »
ce qui dut réiulrer de l'aggrégation
des Gaulois & des Francs lorfque ,
fous le règne de Clovis, ceux-ci do-
minèrent dans la Gaule & lui don«
nèrent le nom de France ; combien
il falut de tems pour communiquée
aux vainqueurs & aux vaincus un
caraâèrè mixte ; combien de fiècles
&C comment fubfîfta ce mélange \ iC
pourquoi nous confervons encore
aujourd'hui beaucoup de relies de
çSx hurnal des Sçavans ,
l'ancien alliage, quoiqu'il y ait treize
fiècles prcfquc complets entre le
couronnement de Clovis & celui de
Louis XVL
«Il m^a toujours pani> dit- il »
» qu'on ne pouToit (e flatter de per«
H feâionner notre légiflatioo miii-
»> raire^ de rétablir fur une bafè jfo-
>^ lidc & fur des principes certains j
ff qu'en la conformant 9 en raffimi-
» lant exââement au véritable efpric
H de la nation > à fon caraâère dif*
» tinâif 5 indélébile y territorial, (i
H Ton peut s'exprimer ainH ^ & qui
client phyfîquement au fol & au
H climat. Mais il n'efl; pas moins évi-
»dent que 3 ni les méditations les.
>>plus profondes fur notre milice
» aâuelle , ni la plus longue babi-
n tude des camps & des affaires de
»Ia guerre, ne fcroi nt fufHfantes
>> par elles - mêmes pour conftater
^^lûrement & complettement ce ca-
jiradère national , cfpèce de. Prêtée
» multiforme^ dont on ne peut trop
»> étudier les cbangemcns, par con*
Juin ij^x. 98)
» fcquenc qu'il (alloicpréalablcnienc
omettre à contribution les (iccics
>^ antérieurs & recueillir avec loin
» les ohTerv^cioas de cous les âges.
» C*eft fous ce point de vue que j!ai eu
M là confiance de diriger me$(f pcher*
id^çhes, avec l'efpérance ou rilluûoa
1^. cnçouragieancc d'une i\cihté publia
j|f gu9 « nifi ui^fi. efi quod facimus ,
nfiuUa €0 ghria^ Phèdre* fab. 1*
^ExÊ/aùde M. de Guignes^ ]
ASECDOTA Graca eMegia Pari»
fienji j^ € f^eneta ^anai Marci
^ Bitlfàf,'j4^roinpfa 9 ididUJçan,
f £0ft.-id^j\si(ïçjàç Villoifon, Ri^
; giarjfi/[cr!puéfmj4^adcm. • .^ .Sa*
<:«»jf ,,.^f.. 17811. i vol. /«-4^.
, . r. .1
Second Ex trait.
I ' •
Ap f^Jl. s pvoic rendu compte des
Piççcs que M, de Villoifon pu-
blie, poupla ptenr)ière foi^s, ii noii(
xefte, aânfi que nous l'avons promis^
à, cntr et dans quelque détaU fur leji
1
984 Journal des Sçavans i
notes dont cft parfcmcc la Diflctta-
tion de TÂureur ; & nous commen-
cerons par expofer fes idées, fur la
queftion tant agitée 9 dont l'objec
eft la vraie prononciation grecque.
Il obferve d*abord que les Grecs
mo'dernes changèrent la prononcia-.
tion de l'ancienne langue relative-
ment aux accens, puilqu'ils les pla-
çoient ibuvent avant l'antépénùltiè-
me fyllabe ^ au lieu que les Anciens
ne les avoienr jamais rejettes au-delà
de ratVtépcnultièmc. Ils n'altérèrent
pas moins le fon de la lettre H, en
lui donnant à*peâ-près celui de la
lettre J ^ au Jeu que les Anciens la
prononçoient prefque comme- r£
long. Auflî avant invention del'H,
ils mettoient un tiret fur Ye pour
marquer la longueur de la fyllabe >
ou i Is employoienr un double epfilon
(fs). Par conféqucnt le fon qu*Us
dttachoientà l'H approchoit de celui
de W long. Ce qui eft encore con-
firmé par cette acclamation ufitée
dans les feftins romains pie [tfis ,
( bibas ^
Juin 1781. 585
{éihas 9 yivas ) & au plurier pictt
[tfutj qui paroîc (ur les anciens
verres à boire que Buonarroti a fait
conaoîcrc : car fi Th des Grecs a voie
eu le fon de Yiota , il auroit fallu
prononcer [ijis 6c [ifue. Cependant »
ajoute M. de V. , il y a lieu de
croire que lancienne prononciation
de Th j n*^toic exaâement ni celle
de !'£ 9 ni celle de Ti. Platon » dans
fon Craiylus 9 témoigne que le mot
]î/Ltjp«'étoit prononcé par les Anciens
ou c/xf'ptc ou i/A»'p(t ; ce qui prouve
laffiniré des Ions de Te & de i'i , &
celle du (on de l'H avec celui de ces
deux autres lettres. Nous ne dou«
tons. pas que de pareilles variétés ne
fc trouvent dans toutes les langues.
Quelle différence 9 par exemp:e,
n'y a-t-il pas entre les Tons de nos
trois fortes d'e , muet , fermé , ou*
vert \ La manière dont nous pro«
nonçons . l'i dans immenfc , impar^
fait , eft différente de celle donc
nous le prononçons dans Lïn , mufi^
qut% & peut approcher de celle
Juin. Prtm. Vol. T V
9 s 6 Journal des Sçavans ^
donc les anciens Grecs arriculoiciH'
ijjiifet 9 t/jiip« OU ifMfA» Une légère
nuance xn faifoic vraifemblablemcnc
toute la différence. Ne fuffit-il pas
de faire une lettre longue pout en
changer Ip fon? La prononciation
dé notre a long, comme dans ame,
cft elle la même que celle de ïa
brct , comme dans apôtre ? On peut
faire la même remarque (ur la pro-
nonciation de 1*0 long danscompc/é^
comparée avec celle de Vo btct dans
compojïu ht kamcts chez les Hé-
breux efl un mélange de Va & de
Vo ; ajuffi quand ïts Chaldéens pro«
poncent^ > les Syriens prononcent o.
Citil par ce moyen que M. de V. et
faye de concilier les différentes opi-
nions fur la prononciation de TH
grec. En général il hut avoir en«
tendu prononcer une langus pour
pouvoic décider quel eft exaâemenc
le vrai fon de chaque lettre.
Les Grecs confondirent auflî les
ions de. Kl & 0 9 de «1 & v* Un Gram-
qiairien nommé Theognofte dédia
* 1 Empereur /éon, M , '^7
^"^'jgc/uria °"-j^''"^n'cnun
« ». 40 autres détermJl • ^""^ *«
P^oi de ./ & „ r!l ""'"«enc j'en,,
«•"t *»« 6ate,Teft £"*" ^«^ f«rc
y<i'«ren,i„e„ r^^^M»' ^crivofeft
*«'»* de i aJpi.ri'J^"';:' routes ie,
"'f^. On attribue f^rr^^"»
'a<aercs grecs. Dans i. ^^'''î^^^^
"««ontconferv/ 'L'^^^ie*
^8 8 Journal des SçavMns ,
pic , Kpor.ç pour ^ifoçtcmpus ; qu
cnfuite on eut inventé le (igné ci
piracion H^ on écrivit khpon<
te même on employa une partii
cette lettre cotipée en deux per|
diculairement , Torfquon eut <
tiné la portion de la gauche à 1
cent grave ^ & Ja portion de la dr
à Tacccnt aigu. On en ùfa de mi
à regard du ^ : c'eft-à dire que <
bord len fe prononça tantôt afp
tantôt fans afpiration , jufqu'à
qu'enfin on y joignît l^afpiration
amîî on écrivoit AriHPOi pour ce
fpuma : car il ne faut point oufa
que la Itttre H ne fervit jamai:
voyelle daAs 1 alphabet ancien a
que , & ne fut employée que con
afpiration. Rien ne confirme mi
Topinion de M. Dvpuy^ q^ a (
tenu , dans une Diflertatlon , 7<
j Gits Mimoins dt CAcadcmit 5
ic ht des Hébreux n avoit jan
fait chez eux les fondions d'une
îitablê voyelle, don pla<i que les
f rcs Hgnes d'^ipiration. Car ceux
Juin 17S2; 989
penfent autrement , réconnoiflenc
que le H des Grecs a été rire du lu
des Hébreux. Quoique M. de V. »
qui cite cette Diflercatton , aflfocie
TAuteur \ Meffieurs Scfaultens 6c
Adler, dont le dernier a publié en
1780 la defcription de queloues
manuscrits cuûques confervés dans
la Bibliothèque de Copenhague ,
& contenant quelques parties de
TAicoran 9 il ne fiiut pas en infètet
que leur opinion foit la même. Oa
fait quelle a été celle ditfcélèbre M.
Schultens j M. Adlcr penfe que dans
lancicn fyriaque Eflran^clo » d oii
le cufique a été tiré 3 un point placé
au^deiTus ou au-deflbus d*un carac-
tère dédgnoit différentes voyelles.
Au lieu que M. Dupuy prouve qu*il
y avoit ancienncniient dans le texte
hébreu des marques particulières ^
qui n'étoient pas des voyelles , mais
qui fervoient à déterminer la pro*
nonciation & le fens de pluheurs
mots qui 9 compofés des mêmes
confonnes » pouvoient avoir des fî<«.
Ttaj
990 JoumatdisSçAvansi
gnificacions très-différentes , & que
plusieurs de ces marques ou (îgnes
exiftoient encore dans les manufcrits
que lifoir S. Jérôme. Ainfi ce fyftc-
me d'écriture éroit fymboliquc en
partie, comme M. Dupuy Ta fait
particulièrement remarquer dans
une Lettre où il a été obligé d'ex-
pofer de nouveau (on fentiment
contre la ccnfute d'un Moderne qui
ne l'avoir pas compris. ( Journal
des Sçavans , Stpt. 1 777. j
Quant # ces points de couleur
rouge ou jaune , que M. Adler croit
aulFi anciens que le manufcrjt même
cufique, où ils font ks fonâions de
voyelles , M. de V. eft porté à pcn-
1er qu'ils Ibnc^d'unc main plus ré-
cente , & ne remontent pa^î plus haut
que le tems où il tut détendu de lire
d'autres exemplaires de TAIcoran
que ceux qui étoient munis des
points voyelles. Cefl ainfi que dans
plulicurs anciens manulcrits grec!
on voiries fignes critiques imaginée
par les Grammairiens^ tracés après
l *^«' *
^COQp pàrtme main plo^féteviteqae
celle au Copifte. M. Adler eft forcé
lin-même ae reconnolrre que ces
pointt • vojreUes ne paroiflèoc fu
«dans les plos imcièniitii inCbripcibiis
'cufiqutt^:
^ Lorfipie fe H ffcétÈ^itùitftâ en-
Mre eo^loyé comme une voyelle
longue, on fè fetvoit de Tf qu*on
doublott quelquefois \ ce qui ùÀt
qu-on trouve dasH Homère /«Aèr
pour /«xof ; ou^bîdfi 6ft tnef toit un
< tiret au*de({us i^àt^ qtiand-îl étoîc
-Hu-deflbus^ il annonçM; Tf bref.
On fui voit la même méthode i, Vé^
gard de To avant l'invention dé Vo^
mega. La' forme même de celui ci
vient fans doute de ïomkrùn double.
Les ancienjf Rômaitis fuivirent un
' pareil ufage pour marquéir les voyel-
'les'longues; on trouve fer des mé-
dailles & dans des inicrîptions an*
tiques vaa/a , paaftores , faato , U*
bmiis , pourvâ/a ^pafion$\ faio , k*
bttùs Quelquefois- «ufli les anciens
Grecs employèrent Tô au lièU de
T t iv
991 JottnnUéUsSfÊrÊm$i
de r Y : AMOMâM p0ar ^-kfjtvpmf ; ce
^ui revient à rjmdeone écriture des
rLacinSf» na^ckos^fuom pour .JMvt-
. tus ^^um^ Ge jqu*il y a mênie,^a&
,fez fingulicjE ^ jcVft ciuc récriture <lc
ce dcroier root répond piécifikaeot
• ^ la noabièf c; dpBt lepCDiioocciit *à^
joucd'httî: les François. Car ^ qùoW^
€]Qe le fop de leur u foft trèfr-diffé- •
xenc de celui de Yo , c*cft ce dératct
qu'ils font emepdre en pronovçaàt '
i €um , l>omùiu9:% .6*^ tandis que le
vrai itoin dejçur » revient dauf la
;f)iofnopâatio& die Dominu$^ fi^
tus » &c. tant il règne de bifarrerle
dans Us ufagcs. Que les Italiens ne
s'imaginent pas en avoir été exempts;
, car 9 ^ comme le remarque Horace
. Marrini daps Tes notes fur le Roïme
intitulé , il lamemodi cecco da Vat*
. Uingo '4i Frii^^ifco BaldovinL Bit»
.gamo» 1/62(9 ii y a tant d affinité .
.entré leur o & leur ii^ que leurs
Foëces ont fouvent fait rimer J'im
; avec i'jautre^ On tfoiivc dans le Dante
omorcp lomc i^owt umon ^ium€^ 6n^
Juin lySi. 99}
Quanta la forme de rhonibe^ don*
née à Vomicron , & rftcnic au thcttz
&.à ï oméga , M, de V. prouve , par
des médailles & des infcripcions »
qu clic eft bien plus ancienne que ne
Ta penfe le P. MoncFancon.
Il paroîc que les Grecs ont aufli
donné à \t\xi y pJiLon la forme du V
latin» puifqueîur une médaille pu-
bliée par Haym on voit xeaevkov
Em^ÂNOys» QÙ Ion peut encore
remarquer \tjigma avec la forme de
l'S des Latins. Mais ce fignia fc
trouve encore figuré comme notre
M majufcule dans plufieurs infcrip-
tions ; de-là Terreur de pluHeurs
Sçavans qui, voyant fur une mé-
daille Y M , ont cru qu'elle appar-
tenoit aux Ombriens, au lieu que
ces lettres défignent les Sybarites,
On trouve de même fur des mon-
noies des Pofidoniates Mori y Se
l3Mon, c'eft-à-dire ri02 noiiu.
Ccft à quoi le fçavant Mazocchi
n'avoit pas fait attention.
Ccft une queftion agitée parmi
TtM
994 Journal des Sçavans ;
les Antiquaires 9 en quel rems on a
commencé à donner dXiJîgma & à
Vepfîlon ïa forme d*uh . croiflantr
Môhtfaucori a cru que cet ufâge
remonte à Augufte ; Spanheim le
place au fièclc deDomitien; d'au*
très à celui des Ptolemées en Egypte»
Le P. Paciaudi lui donne une ori-
gine plus ancietine , & (on opioion
eft confirmée par les obfervations du
fcavant Prince de Torremuzza ( Ga*
britl Lanccllotus CaJltUoy dans fon^
Recueil d'anciennes Infcriptions
de Palerme , où il prouve que lesf
médailles où paroilTent ces for-
mes font antérieures à la premièfc
guerre punique. M, de V. ajoute
qu'on les voitauili, de même que
Y oméga curfif (&>) dans les Infcrip-
tions publiées par Chandler, ftîr-
rout dans une Lettre d'Antiochus ,
Roi de Syrie, àans un pjcphifmc
adreflee à Augufte, & dans d*autretf
monumens. On les trouve fréquem-
ment auflî dans les Antiquités d'Her-
cuianum , entt'autres Vepjilon dans
Juin 1781. 99J
le nom âiHermarchus , riicriticr & le
fuccclTcur d'Epicurc , qui cft nom-
mé Htrmachus dans les éditions de
Diogène Laerce ^ de Cîcéron 8c de
Sénèque. Mais fon vrai nom efl:
Hcrmarchus y comme le prouve en«
core rOuvragc dp Philodème fur la
Rhétorique , trouvé «Uns les fouilles
d'Herculanum. Les Sçavahs ne peu-
vent qu'être affligés de voir que raiic
d'autres volumes découverts dans
ces fouilles n'aytnt pas encore eu le
même fort que celui de Philodème.
Que fcroit-ce donc, fi un trcfor
peut-être inappréciable étoit à ja-
mais perdu pour la poftéricé , &:
que notre fiècle fût condamné à un
opprobre éternel > que méritent les
-(îècles feuls dignorance & de bar-
barie. Revenons.
Pline & Tacite ont romarq'ié
que les anciennes lettres î:;rcci, i'J's
différoient péu.des romaines ; iufîi
voit-on le C dss'Larins fur des n!C*
dailles de Gela & àAgrUjcmc , nbci i
la vérité avec le fon du fi^^ma , wr^is
T i 1^
99^ Journal des Sçavans ^
avec celui du gamma , comme Air la
colonne de Duillius érigée à Rome ^
après la première guerre punique ^
on l\t leciones , macijîratas » pour le*
giones y magijlratus. Mazoccbi avoïc
déjà pbiervé que les letrres latines D ,
L 9 R 9 S , fc trouvent dans des inl-
criptions attiques^ & que*ces peu-
ples donnoient à leur koppaz'iptW'-
près la figure du Q latin, en diri-
geant la queue de cctrc lettre per-
pendiculairement : la forme du P
éroit auili commune aux anciens
Grecs & Latins,
Spanheim avoit cru que \ç /igm£
de forme quarrée ^ femblabie au '
beth hébreu retourné 3 n*avoic corn*
mencé à être en ufage que. fous les
Antonins ^ & Monctaucon fous Au-
gure ; mais Paciaudi , dans Tes Mo^
numenta PeUpon, ^ a prouvé qu'on
le trouve lur beaucoup de monu-
xnens antérieurs de pluûeurs fiècles
au règne de ce Prince.
Les anciens Grammairiens 8'é*
roicnt attachés çarticulièremenc i
Juin 1781. 997
fixer la prononciation , la profodii- ,
& par conféquenc la Icânre. On
attribue à Ariftophane de Byfance ,
qui vivoic du tems de Proiemce
Philadelpbe j Tinventi on des accent ,
des efprits & de la pondluacion. Mais •
il y a lieu de croire qu'il ne iîr que
déterminer la forme de ces (îgnes ,
laquelle n'étoic pas confiante ni uni-
forme avant lui. Quelques perfonnes
-ont avancé que les Anciens n'avoient
point ces fîgnes 9 parce qu'on ne les
voir pas tracés fur les infcriptions ni
fur les m dailles. Elles ignoroient
apparemment quon en voit dans
plufieurs infcriptions rapportées par
Gruter^ & que peut être les Co-
piftcs les ont fouvent oiiis , quoi-
ue les originaux n'en lulDnt pas
épourvns. Manuce a obfcrvé qu*on
voyoit des accens dans Tépiraphc de
Teléphe, quoiqu'il n'en paroiiTcau-.
çun dans U même épitapbe p'.ibliée
par Gruter. Le Cardinal Noris,
dans fa quatrième DiiTertacion fur-
ies Cénotapbes PilknSy avoit prouva
3
Ç9^ Journal des Sçai/ans ,
que i'ufagc des acc^ns croit ancien
chez les Romains , puilqii'on en
voit fur des monumi.-ns du tems
d'Auguftc. MafFci , dans fon Mufeum
Vtion. , prodi)ir une infcripcion où
les accens lont tracés. Le fçavanf Za-
charias , dans fon IJliiu^iont Âni'i'
quaria Lapidarla , &£. Kom. *jyo,
obferve qu'on en voit fur plulicur^
autres monumtns , & renvoyé à
Fabrecti qui en fournit beaucoup
d'cxcmpics. Il remarque auffi que
s'ils manquiint dans uiie in!ciipticin
d'Agrigeure rapportée par Grutcr ,
c'ell par la négligence des Copiiîcs,
puisqu'ils font marques fur ce mo-
jiuinent. Ils paroifTcnt auliî dans plu-
ficurs dfS anciennes iiifciipEiôns que
Gori a recueillies des villes d'Etfu-
lie. Sur quoi on peur aulîi coniulrcr
- le Recueil des antiennes inlbriptiom
de Paiermc publiées par M. le Prince
de Torreniuzza. Quintilicn donne
4 ce fignc le nom cîaptx ^ c'eit par-
la qu'on diftinguoic les lyllabe
gucs des btèvw 1 Comme le
Juin 1781. fT^
fuhftantif d'un arbre malus , ilc 1 ai-
jcâif, & Tablacif en a du nomi-
natif. Quant à la ponâuacion» M.
de V. cite Arifiorc poar en prouvée
ranciennecé. Mats il n*en eft pas
moins vrai que longtems après Aris-
tophane de Byzance ^ elle t-'ut négli-
gée par les Copiftes ; deferte que lei
Critiques , comparant les nouveaux
manuicrits avec ics anciens , Furent
oblieés de rappeller & les accens &
les Mgnes de ponâuation. C'eft une
fondion que remplit Valcrius P^-
bus au rapport de Suétone , & Tur«
cius Rufus Aftérius Apronianus à
l'égard du Virgile de la Bibliothè-
que de Medicis , publié par M« Fog-
gini. C'eft ai n(i qu'en ufa Cométas
en revoyant les écrits d'Homère &
un Grammairien nommé Nicanor,
qui vivoit du tems d Hadrien » &
oui fit même un Traité en fix Livres
Kir la pondhiation. On verra une
bonne partie du travail de ce Gram^
mairien dans l'édition d'Homère
que promci M* de V. d'après dcux
looo Journal d€$ Sçavans;
manufcrits de S» Marc > qui con«
tiensent des vatiaotes tirées desdif-:
férentes éditions de ce Poète , ( cat
on en diâinguoit pluificurs , comme
celles de Cbio , de Crète , de Chy-
pre ^ de Sinope , &c. .) & une. foule
de fcholies tirées d'une mukitade de
critiques. A la tète de cette édition,
paroitra un Ouvrage grec , conferRé
dans la même bibliothèque , oàfonc
expliqués les difietens fignesfdepigbo^
tuation. Nicanor en çomproit liuic
efpèces, ainfi que les Romaînt^
comme Ta remarqué le P. Mabillon.
La plupart n'en comptoient que
trois 9 l'un marquoit que le fçjis
étoit âni ,. &. fe plaçoit au haut de
la dernière lettre , l'autre aii bas^
& le dernier vers le milieu de cette.
lettre. On peut voir ici des frag^f,
mens grecs où cette théorie eft ex*
pliquéc. . .1 . :.'; .
On trouvé, d'ancieanes infeript:
tions ,' où non-^feulcment. t^tts.rfet
nipts > mais encore toutes'les iottiïet
^ont lèpat^es çax des pointsi* Daos ^
Juin lySx. looi
quelques- unes, chaque mot eft fuivi
d'un phi , d'un p/I y ou d'un dci::: ,
d\in Jigma , d'an y p filon , du d'an
omicron , quelquefois du mono-
gramme de J. C. Si dans les manuf-
crîrs CD voie fi fouvenc tou5 i^% m Jts
unis fans aucun inrervalc cncr't.ix ,
il ne Ëiuc pas croire que cet ui^i^e
fût obfervé dans récriture Pamilicrc
des Grecs & des Romains. On vote
au Tome II des Peintures an:i;]ues
d'Herctilanum une înfcriprion i;r=c-
que au moins du tems de rEnips-
xeur Titus , où non-feulemen: pa-
roiifent dîç cfprics & des acccns,
mais encore où les mors fonr i'rpdrés.
Cène inicription, qui écoir pla-
cée fur un mur au coin d'unt; ni-: ,
prouve encore que l'ccriturt curiiv-.* ,
rout-à-fait diffcrenrc de tc^i: o'.u
n*eft compofcc que dr ic^trvs rua-
jufcules 9 & partaircmen: fcînbîa-
ble à la nûcre > étoir audi alors en
ufage ebcz les Grecs , 6c (uffi: pour
réfuter l'opinion de la plupart des
Sçavans qui ont cru q-iç iwS Anciens
I
1001 Sournsi des Sçévans i
n'ont connu ni employé dans ledt
écriture que les lettres majufcules.
Sur quoi les fçavans Editeurs des
monumens d'Herculanum ne man*
quent pas d'avertir combicnK>n doit
peu compter fur des argumcns né-
gatifs pour établir' un fyftème,
quand il eft queftiod de hrits ; &
comme ils ont auffi lemarqué les
minufculcs latines ^^ r\ s^u dans
d*autrc!i monumens y n*ont ^ ils pas
raifon de conclure que vrtfHembla-
blement les Anciens avoifnt y com*
me nous , denr lortes d'écriture ^
Tune en ktcrés capiraies > l'autre en
lettres curfîvcs ? Cette conféquencc
eft avouée & confirmée par lePrhice
de Torremuzza dans fon Recueil
cité des anciennes infcriptions de
Palcrme. C'cft de Tanciennc écH-
turc curfîve des Romains que font
nés ces caraâères qu'on .nomme
Gothiques 9 Lombards j Mérovi/i'-
giens 9 Carolins , &€. ôc qui ayant
tous la même origine lie préfentent
que des différences accidentelles ^
f
Juin ijZx. i»0)
celles quVn produit ordinaircnisnc
la diverfité des mains. C*c(l de-là
■
encore , comme le penfe M. de V. »
que .font venus ces caradères arich*
métiques ou chiffres ^ dont nous
nous icrvonis » & qu'on nomme ara^
biques, L*opinion commune e(l qu'ils
ont paflfé aes Perfes ou des Indiens
aux Arabes qui les ont communi-
qués aux Maures d'Afrique par qui
ils ont été portés en Efpagne , d'oà
ils fe fon*- répandus dans route l'Eu-
rope. Mabiilon afTure qu'on trouve
rarement ces chiffres arabes em«
ployés avant le 14,® fiècle , fi l*on
excepte quelques Ouvrages d*Arirh-
niétique& deGéomctrie.M.Ward,
dans les TranfaS. Philof. iy^5 ,
affirme que peribnne avant Jean de
Sacro-obfco, en 1x^69 n*d tait
uiage de notes arithmétiques, ÔC
qu'il fut fuîvi par Maxime Pianudcj>
<iont larithmétique eft en manufcrit
au Vatican , & qui vi voit encore , ci\
1353 , à Vcnifc , où il fut relégué.
L'opinion qu'adopte fjr ce point
X004 Journal dis Sçavans ^
M. de V. eft cdle de TAuteur ano*
nyme d'une DiiTçTtation inférée
dans le tome 48 ^ Raccolta éCOpuf-
coli fcUntifici e filolo^ci. ycn€[.
'7^3 9 S"^ pcnfe que ces noces ^
qu on a cort de nommer arabes ^ (e
trouvent dans celles de Tiron & de
Scnèque 9 & mêmç. dans des in&
cripcions anciennes ^ non à la vérité
pour déHgner des nombres, mais
des mots ou des fyllabes , quelque*
fois (les poids & mefures, qui ont
tant de rapport aux nombre*^. Il pro-
duit même quelques inicriprions.,
où elles fervent de notes numéri-
ques. D'oii il conclut qu elles font
tiès-ancieunes chez hs Romains »
& qu'après avoir déiigné des mots
ou des iyllabes 9 des mefures ou des
poids , elles furent employées pour
les nombres , introduites dans Tarith-
xnétique , & en£n adoptées par les
particuliers pour Tufagc doniefti--
que , mais rarement mifes en ufage
pour les monumens publics* De
l'Italie elles pafTèrenc dans toute
Jûîn 1782. iroj
TEurope & dans les contrées de
rOricnc; mais leur ufage ayant dif>
pam aTç£ les arcs 8c les fciencesi s'y
récdUiràfrecr dte^ » lorfque les Ara«
bcsy'apporrèreni; \t% Ouvragés greoi
de Boâi^que 9 d'Aftronomie 8c de
Mafhéinaciquès » qa*ils avoient cra«
àùXtè en leur langue; & les Arabes ;
comme le remarque Huec ^ facbanc
bien qaTils n'ien ftotcnt pas les in«
feoceufSi mai« ignqranr^ou ne vour
iant pas avouer de qui ils les ce«
BOtcnCf dirent qu*dies leur Tenoienc
de rinde. Le (^avanr Evêquè d*A*:
VfancbeS crojoit très- ancien l'ufage
de cet chifives ^ qui n'étoienc 9 à fon
avis 9 que des caraâères grecs défi-
genres par le firéquenr ufage des cal«
cuiateurs* Ega vcrà non antiquiorcs
jalum tffi éùù Uuraiura Arabica i
fid meros tffe charaSeres gracos fn^
yunti calcutorum ufu dcpravatosi
Ce lont fes termes dans une lettre i
(jiSDvius y RtduU de TiUadee ^iom.
2:*j^gi'3fSé Cette opinion peut£tre
pcii^fferente de celle de l'anonyme i
ioo6 Journal its S gavons ^
cependant celui- ci obiervequc, com-
me les Copiftes do&^ciens manuf-
crirs empioyoienc fouvent le [Ha
des Grecs pour défîgner plus facile-
nicnc & plus promptement le II des
Romains ^. ils ont donné naifTance
à la forme du ch ffre 2 ; au lieu que^
félon M. Huec ^ cette figure eft ve«
nue du bttha gr^.
Parmi les morceaux que Macaire
Chryiocéphale a recueillis dans (a
Rhodonit ou SpUiUgc , dont nous
avons parlé dans le premier Extrait ^
on en remarque piuHeurs de Thifto-
rien Jofephe > encr*autres le célèbre
pàflage qui regarde J. C. , & fur le-
quel M. de V, porte fon jugement.
Il croit que le texte de Jofephe a été
interpolé par un Copifte chrétien;
& d'abord celui»ci avoir mis en
marge , &c peut- être innocemment ,
czs mots , fi tamcn cum homincm dU
ccrc oportu , qui enfuite ont pafle
dans le texte. Au lieu de rù ùxnOil^
ou veritaum txcipientium ^ il juge
^u'il faut lire tù ùvli ^ i. e* doSri^
Juin 1781. 1007 *
nam ipfius ampUclantium. Les mots
fuivans hic trat Chfijlus intcrrom-
penc le fil de la narration , & pat
conféqucnc ne ibnt pas de rhifto*
rien -, il en faur dire autant de ceux«
ci , nam ténia du iterum vivens eis
apparuit , cum hoc & alla multa mi'
rabilia dt co divini Prophétie prm^
dixijjcnt» Après ces correâions &
ces mutilations ,-M. de V. juge que
le padage dont il s'agit n'offre rien
qui n'ait pu fortir de la main de
Jofcphe , 6c nous ne croyons pas
que perfonne le lui puifTe contefter*
Mais il n'eft rien qu'à force de chan-
gemens 6c de coireâionson ne puiffe
faire pafTcr.
Cb n*cft pas que nous prétendions
înfinuer que nous regardons comme
fuppofé ou interpolé le pailage donc
il s'agit. Mais , (ans vouloir ici trai«
ter ce fujet y nous pouvons dire que
nous fommes peu afFeâés de la lai-
fon qui paroît Faire beaucoup d'im-
prcflion lur refprit de M. de V. Si
ce pailage cft lorti de la main de
ioo8 Journal dês SçépoMê ^ .
Jofcphe» qa*on m^cxpiique y dit-il ,
pourquoi il n'rmbniua pas lo Cbri£»
tianifmc* Les paidles du Pbarilicn ».
du Sénateur Nicodème ^ qui porte
dans le texte le titre de Ffincêdês
Juifs , ne font-*elles pas plot fortes.
& plus favorables \ 3. C. que odlct
de Jo&phe ? Or , voit-oh quel^oe.
part que Nicodème aie renoncr 4-
ladminidration de TEtat & .em-:
bialTé la Doâtîne cbrétiennc I Les
Juifs le regardent encore aujoow
d*hui comme un des leurs & s\n
glorifient. ;- '
Y û'i^il quelqu^un dts Sihatmrs
ou des Phanjiens qui ait cru eniui^
difenr les PhariHens eilx - mêmes.
(Jean. viii. 48.) Eft il daiUràrs
plus difficile d'expliquer pourquoi
les Pharifiens, & en genérial le$
Juifs y qui et oient témoins des mi%
racles de J. C. > qui ne doutoicjit
pas de leur vérité , ne dcvinrroit pas
tous fes Difcïplesi Ne fait'Onpas
de plus que plufieurs . Pharifiens ^
pour avoir embrailè la foi » n'ei|
étoieat
Juin 1782. i«09
croient pas moins attaches à Tobrer-
vation ide la loi de Moyfe ( A A. x v.
5.) ; & que la croyance qui avoic
pour objet la néceflicé de joindre le
ChriftiaDifme au judaïfme fubfifta
aflfez iongcems ?
C*eft encore aflez légèrement , i
iiorre avis , qu'on a fondé le foup«
^on de lûppofition ou d*interpota*
tioa fur ces mots hic trat Chrifias^
Us fignîBent fimpiemenc , que ce
Jefus donc parle 1 Hiftorien eft celui
•qu'on nomme U Chrijl , nom plus
lépandu que le premier, comme
celui d'oà les 'ChréticBs ont tiré le
kuo C'eft comme s'il eue die : ce
Jcfus étoit le pcrlonnage connu fous
le nom de Chrifi. Pilatc Tavoic qua«
lific Roi des Jui/sj le croyoir-il ?
D ailleurs les Juifs n*écoienc*ils pas
alors dans Tattente de deux Meflics ;
6c £ cecte opinion fub(iftoic déjà »
qui nous prouvera que Jofephe ne
Ji^eûc pas adoptée } Enfin il eft aiTez
probable que, lorfque Jofephe acheva
ipn biiloirp , la treizième année du
Juin. Pnm. Fol. V v
loio Journal des s çavans ^
règne de bomitien, il avoir des
raif bns pour parler avantagcufemenc
des Chrétiens.
Mais revenons, & n'oublions pas
ce que dit M. de V. des funeftes
efFecs qu'a produits , & la négligence
des Gopifte$& la hardiefle des Edi-
tcurs.Strabon nous apprend que les
Livres deThéophraile Sçd^Ariftotc
avoient i beaucoup foufFert de Tin-
curie des Copides. Cicéron avertit
que les Livres latins que lui de-
mande fon firère Quintus , font
pleins de fautes. Nec fola , dit à
cette occanon Mé de V, , lihrariorum
incuria ^fcd Aiam emcndatortim aU"
daciay Hcrodotiy Thucydidis ^ Phi*
lijli ^ aliornmqiu egrcgiorum auSo^
rum ^ ac prajer/irn Poctarum , &
Horneri opéra depravata ejfcjîc ob*
firvat PhiUmon^ ctlcberrimus cri--
ticuS: qui Altxandro coavus fuit ,
apudPorphyriumQuafiir. Homme.
Oh a reproché à Cynaethus , qui
recueillit le premier les vers d'Ho-
mère ^ d'y avok inféré & altéré
Juin lySl. 10 II
bien des chofes , muUa în ils cor-'
Tupit y ntc pauca de fuo intrufit.
Galien a taie le même reproche aux
Editeurs d'Hippocrate. M. de V.
n'épargne pas davantage \^ nou*
ireaux Editeurs qu il accufe de haD-
die/Te , aliorum reccnilorum EditO'*
rum audacia 9 qui fapc pro Mrbitrio
immuiohant , addcbant , dttraht^
bani; quod ipjorum confiffîonc &
muliis €xemplis compr^batur^
Il conclut pourtant, première-
ment » qu U y a dans les Ouvrages
de rÀntiquité des fautes plus an-
ciennes que tous les manu(crits que
nous en avons ; fccondement j qu'on
ne doit pas taxer de hardi efle ceux
qui ) contre l'autorité de tous les
nianufcrits, attaquent une leçon ié«
gitiinement fufpcâe , & refondent
le texte* l/ndt pattt in vtttrum
fcriptis plurima mtnda omnibus qu(t
fwHrfunt cûdicibus longe antiquiora
q/i^ ncc proinde audacia in^mun
landos , qui cunSis libris manufcripm
lis repugnanùbus , UBiontm mérita
Vvij
•loil Joumdl iês Sçêfans y
fufpmam foUidtant ^^ me te^
. Ne confonddi» rien.' S*agit-i
•Gritiqucs qui ^ptabllênc iîpa(i<érti
6c bon d*(iii ancieh texte j ^es
•ledKons V de nourdles *leçodi
lieu ^es «ndenDès <)ui leur pai
'lent- fu(pcfftei4 Oti .- leur • ace
tooee Ulilàmté^tii pcutJeiit ap
tenir; Sr fi la niani,e ^ con
fait qu'éfeafi tbufeot , on les d
ou M en rîr; Mai» c*eft à TEdi
qu'il ne doit pas être pcmus de
fondre le texre reçu , en y fui
tuant , contre raurorité de tow
manuicritf ^ de nouvelles leçons
anciennes , Ibus prétexte que cel
ci font vicîeufes* Sans cela f
reprochés a-t-on eu droit
aux anciens Editeurs^ Aflurénu
s'ils ont pris la liberté d'inférer c
ks textes qu'ils publfoient de q
veiks leçon^-î c'eft-parcequ'Uf
cru que lesprtsnièrem'étpientflj
gitimes ni admiffibler; fls fy^é.
gré la comiéiilàace qii'ils.jk^pi
del
Juin 1781; 10 ij
de leur langue , cette liberté a en-
fante des erreurs , & nou5 a tranl-
mis des écrits fautifs & corrompus ^
qui nous répondra » que celle des
nouveaux Editeurs , avec moins de
connoiflance delà lan;;ue originale ,
ne fera pas plus funefle encore à la
Littérature ancienne» & ne leurat*
tirera pas de plas (angians reproches
de la parc de nos neveux^
Nous n'avons pu jafqu'ici extraire
de la Didercation de M. de V.
qu'une partie des obfèrvations qu'elle
contient. On y remarquera une éru-
dition peu commune , une Icâure
immenie, qui pourtant auroit peur*
être pu erre difpofée dans un meilleur
ordre. On ne fera furtout pas fâché
d'y voir cites une multitude d'Au-
teurs italiens 9 donc les Ouvrages
font ici rares & peu connue?. Une
ample Table de Matières met le
Leéleur à portée de chercher dans
rOuvrage ce qu'il délire , & remé-
die en partie à la confufion dont il
pourroic fc plaindre. On y trouve
V V iij
iOi4 Journal du Sçanmns ,
même (oovcnt des obfcrvadonf ptf^
ticultdres qui tendent à confirmer
ou à écUiicK celkf que-prifctiterle
corps de rOufirage;' s '^
[ Exiraii d€ M. Diipu^» J
Lb Produk & U Droii dts Com^
munes^ & left^intérérs de TAgri*»
cuIcof^C) Population ,, Art JT, Conl*
xnercey Maânsy^Finaticis^-^ Mî«
liraire ,^ 1= concilier |»oûif le'fkïuc
desindiiriciùs & propriétés,- fa-^
mèlsoraribn des Domaines AT iai»-^
très parties , la richeflc &t proA>
périré de TErac & des Citoyens.
- jTrairé d'Economie - politique ,
où le Pacriodfme: ontbraflfant toii«
tes fes Vranchei > eflaie prmci{>»*
lement de rendrcàJa^fois leSbu-r*
verain plus: fatislaic & puiilEi^t»
les Provinces plus xapprochées fie
commerçantes , & moins affligées
d'épizooties 9 les Habitans plus'^
fains £c plus fortunes jjes Ar-
mées mieut* pourvues^, & leurs
divers convois .moins tardi& ^
>
Juin Ï784; 10 15:
* difpendicux , pat les défrichemens
& deflcchemens ; avec canaux in-
diqués de navigation > ain(i que
darroiage ou aiTéchemcnc , di«
^ues & réparations aux courans;
toutes opérations dont la prari«
que eft enfeignée , pour parvenir i
les fins , fpécialemcnr convenir en
champs > bois 9 prés artificiefe ic
nos landes inutiles > & matais
peftilencicls ; en mêxne-tems qu'on
apprend .de nouvelles cultures;
le perfeâionaement de celles ufi-
tées» & les moyens généraux , re«
latifs au fol > aux mœurs , à Tin*
, duftricy pour porter les reiTour-
ces & les forces de la 'France au
-dernier degré de fupériorité. Con-
tenant le Tableau le plus étendu
des Loix univerfelles & locales
fur les Communes & Terres va-
gues, & les droits de Parcours,
Vaines pâtures , Ufages , dans
tout le Royaume > & particuliè-
rement en Normandie & en Bre-
tagne ; afin > en les rapprochant ,
V V iv
ioi6 Journal des Sçapéns^
de ficilitc les jugemens qui pré*
céderont la mife en valeur , &
les réclamations de chacun fur fon
objet) outre un plan 9 tant <Fun
partage au profit des Communau-
tés laïques , afliirant la conferva-
tion de leurs Communaux , celui
d'une inféodacion par le Roi &
les Seigneurs aux Sujets Se Vaf-
faux 9 qui réunit fans inconvé*
niens les avantages à quoi i.s
trop grandes conceflions ont en-
vain rendu jufqu'à préfcnt. Dé-
dié à la Monarchie Françoiic pat
un Honoraire des Académies des
Sciences d'Amiens » Arras , &c>
de celle, de Metz , & des So-
ciétés Royales d'Agriculture de
Paris , Tours , Soiffons , Rouen ,
Cacn , Alençoni Lyon , &c. '
O foTtunatos nïmîum , fua fi hona nO'
vin.
Virgile y Georgique, Liv. II*
A Paris , chez l'Auteur , cul-dc^
Juin 1782. 1017
facS.Dom nique ,près le L'-x:!!:^
bourg. Chez la Veuve Duch.fne ,
rue S. Jacques; chex Cciiet» rue
& vis-à-vis les Grands-Auguftins ;
chez JomberC) frères , rue Dau*
pbine > Efprlt y au Palais Royal ;
chez Valadc , rue des Noyct s ;
iç chez Outroy & Lamy , l'un
& Taucicquai des Auguftins Ec
en Province : à Âuxerre, chez
Fournicr. A Bordeaux , chez les
Frères la Botciere. A Caen , ch:z
Leroy. A Lille , chez Jaquer. A
Lyon, chez RofTet. A Marfeille,
chez MofTy. A Nancy , chez La«
mort. A Poitiers , chez Faucon.
A Rennes , chc;z Tcmelm. Et à
Rouen/ chez la Veuve Machucl.
1782. Avec Approbation & Pri-
vilège du Roi. Un voli/2-8''. de
plus de 600 pag. petit cataâere.
L* ÉTENDUE que T Auteur ,
qui eft M. le Vicomte de la
Mdillardxrc , Licutenjînr - Gér.c-
V V \'
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'^
a donné au titre de Ion L
bleroit difperifer d*en donr
trait, puifqu'il contient J
en très-grand détail de toi
jets qu'il Te propofc de trai
l'Ouvrage nous a paru (i lo
fon motif & par ion util
bien détaillé dans fon en
que nous avons cru devoir
ner au moins une idée cap;
gager nosLe(5tturs à le hr
tention , perfuadés que^ le
f éfuheroit de l'exécution de
pour le Royaume en générs
les Sujecs en particulier^
feul motif qui a excité 1
Juin 1782. 1019
ui dok en rcfultcr , des voyages
]U\l a taie dans tout le Royaume »
c des loix qui regardent les com«
nuncs &ies biens communaux , deP
^uels , pour l'avantage général , il
)ropofe la fuppreflion , dont il pré-
cBie les moyens 9 fans nuire aux
»ropriétaires , qu'il nouve Ta ma*
lière de dédommager.
Son Ouvrage cft dédié à la Mo-
xarchie Françoife. a C'eft , dit- il
^ au commencement de ce Difcours
> préliminaire , le dédier tout àla«
> fois au Souverain qui en tft Tange
> tutélaite , aux Minières occupés
> comme lui de fa plus parfaite ad-*
> miniftration ; aux Citoyens dont
> clic cft la mère , & dont l'intérct fc
-» confond le plus généralement avec
t le (îen. Le plan que nous mettons
> fous les yeux du Gouvernement ,
♦ pour faire tirer le parti le plus
» avantageux de Tuniverialicé des
♦ fonds du Royaume , auffi-rôt que
►>lâ paix pcrmcttroic ceux des tra-
>y vaux relatifs qui feroienc à la
y V vj
1010 Journai dit SfOPMns i
» charge de TErat > ne powoit être
^ préfcDcé foiu un tèfjpc «di&vo*
>f table. )l (où exécution * qne ctloi
>» qui retraite en COHC le .tègne î j»*
» irais mémorable; àfi bon & gmid
M Henri , ce Roi qui le' promier
» donna Texemple à Ces fucceflcots
>» d'excicer :1e» peuple^ À det: défri*
» chemcns & deflicfacAieiirittixqucls
n ils devroienc IVifthce & 1» fiioté.>»
•• La ntcdùté, d aflicbcv ifcs.frianiis
& de cultiver les terres inaders , eft
donc lobjet principal de couc ce
Traité ; iH a vu de (èf yeus, dans
Tes yojages j là quantité énotniie de
niarais que l'on, ne dc/Téchc point ^
& les maux qui en. réfuicent ;<& voici
un fait trèsrintéreiTant qu'il rapporte
dans ce même Difcoun ptélimt»
naire, d'après un Obrervateuc pi«^
caid. qu'il iie nomme. pas. A Ja &
Michel 17S0 , plus ^es làtaz tka»
des habitansdu Marquentefreéltoîcac
attaqués d'une forte de £év« .^ap-^
pellée Sue(u , occa6onnanc j desi
iueurs çonfîdétabks , & fuivic li'unç:
Juin 1781* loii
te' le mortalité , qu'on Ta legardce
comme une branche de pefîe. En
Cotentin les fièvres malignes ont été
plus concagteufes & plus opiniâtres
encore que les autres années. Trifte
effet » dit TAuceur , d'une {echereHe
& chaleur plus continue. On fait
an)our(l'hui que Tair inflammable
des marais joint un levain morbific
extrêmement aâif à celui que l'at-
mofphère voifin a reçu de Thumi-
dité dont il eft chargé.. Dam un été
plus léç 9 la tene ayant été deflé*
chée plus avant 9 a porté dans 1 ait
une maiTe plus étendue de vapeurs
fétides 9 auflfi contraires à la vie que
les vapeurs méphitiques , dont les'
papiers publics annoncent de tems
en tems les terribles effets. « N'cft-
>» ce donc pas afTcz , dit TAuteur à
» cette occafion , de la quantité de
»fujets qu'une nation fe voit enle*
>» ver par les guerres y & faut - il
» quelle en perde encore plus pat
•* cet autre & continuel fléau ! Té-
» moin hélas ! trop fréquent , dans
JOil Journal des Sça¥9ns^
>» une terre à nous » de U <lépopiiIa«-^
>» tion des environs » & de la mi-
>» (cre aggravée de la veuve & de
»rorpheliii qai ont furvécu » le
Mtottt par une fuire avérée de la
>» proximité des malais , nous cHcr^
>» cbons à convaincre en ce Traité »
» combien îl eft ; urgjcn^ dans une
Mpareillepofoion.de mettre cnSn
s» les intérefles en écat d-alTécber»
>» comme étant le Teul remède à
9» cette calamité pour le Gouverne»
» ment & les particuliers, i*
Les difficultés qui naiiTcnt très-»
fouvent entre les propriéraires des
di£FéreDS terrains , ont donné àTAu*'
teur ^ jaloux d*cn faciliter la folu-
tton> l'idée dap|reUer, camme il le
clir^la Jurifpfudenceà (onfecours ; 8e
pour y parvenir , il a rapporté à la
tîn de ion Traité toutes les Loix tc
m
les Arrêts des Cours fouveraincs fus
ces. matières. Il a fait auili des ob<*
fervations très-împortantes (ur les
Epidémies; & enfuite^ pour nerieo
ifler à defirer ^ il en joint à ^ celles-
Juin 1782. 1015
là j comme un autre Bourgelat y ce
font Tes teimes , beaucoup d'autres
fur les maladies & les alimens du
bétail.
Il: femble que l'Auteur ait prévu
quelques reproches que l'on pour-
roit lui taire , & , en effet , ils nous
ont nous*nnêines frappés en litant (on
Ouvrage. Le premier , dont il con-
vient lui-même , cft fur fon ftylc ,
& nous conviendront qu'il eft aiîcz
fouvent prolixe & quelquefois diffi-
cile à entendre à caufe de la lon-
gueur des phrafes & des fréquentes
parenthèfes qui en coupent la i'uite ,
quelquefois mêmes des motsimpro^
près ou peu françois ; au refle , la
modeftie de TAuteiHr , en prévoyant
ces reproches .& en convenant en
quelque façon de leur juftefle , ne
peut que lui faire infiniment d'hon-
neur. Voici comme il répond à ce*-
lui-ci : w Vainement on chercheroie
>' dans cet' Ouvrage une élocution
» qu'il ne comporte point , ornari
•^res ipfa negac , contenta doceri%
1 024 J<^^^f^^ ^^ St^ans 9
y^ D'ailleurs , plus occupé des pen-
M fées que des paroles , &4i*ayaQC à
»> donner quun .ccois*plus. borné
» qu'elle ne demandoit à cetce coqs-'
» pofirion , on lui piflcra ce vidiù
» meliorapraboqué, écuri^raftquor ^
. •' à quoi la foibleife bufnaiq^ eft trop
•> fujeue & dans descM plpsgsaves»
» & l'on prendra nooinigarde i cette
>» irrégularité ^ dans .fon cQ^emblc» «•
Le fécond reproche que TAuceut
fe fait à lui-même ^ c'ell de n'avoir
pas mis des fubdîvîfions dans (on
Ouvrage, donc il refaire , fqrtQuc
vers la fin , une condifion qu'il au^-
roir fallu tâcher d'éviter. Voici dans
ies propres termes la manière, donc
il y répond: «C'eft une confiifion
•»pour laquelle éviter chaque foi|
••qu'il puifoir dans de nouvelles
M fources au fujet de matières déjà
» traitées 9, il auroit fallu qu'il n^
^^fondt entièrement. celle*cu^ Au
furplus , ce défaut d*ordre eft fop*
plée par la Table des matières ,. où ^
ious le même mot 9 fotit indiqués
Juin I78X. ïolf
les (Jivcrs éclairciflemcns fur les mê-
mes objets, & qui n'cft pas moins
urile à confalter que la Table des
chapitres, afin cie trouver tout-
d'un-coup les jifFérenres parties de
rOnvrage auxquelles on prendroic
plus d'intérêt.
Le troifièmç reproche tombe fur
\^ ténuité, À\x caraâère. Mais l'Au-
teur a voulu que fon Ouvrage fût
à-la- fois portatif & facile à le pfo*
curer. D'ailleurs il promet un autre
Traité , dont celui ci y félon lui 9
fait la première partie, & que Ton
imprime ailleurs, &que l'on pourra
fe procurer (éparément, fi Ton veut ,
ce qui par conféquent en facilitera
Tacquifition aux gens qui ne font
pas en état de dépenfer beaucoup.
A ces défauts près , dont l'Au-
teur convient &dont il rend raifoii
de lui-même , ainfi qu'on vient de le
voir, fon Ouvrage nous paroît très-
utile & fes vues très-louables , &
qui ne peuvent naître que dans l'eC»
plie d'un homme très - Uonnêtc &
Description & txplid
la Fhilopatrii y pcifoun
nologique ^ rcpréientanc
ri de la Patrie ; imaginé
' . Métal ^ deflîué par M,
Cheval cr de l'Ordre du 1
ciité en rallie- douce par i
rent^ Graveur de la Gi
dédié aux vrais Patriotes
j î , venteux : enfcmbJc des Ex
[ \ vers & en profe , lelacifs à
[ veau pcrlonnage.
! ,; Omnia qua a nohis gerunti
^ .'. noflrum utilitaum & commod
'f- ■ . Patria faluttmcon ferre debcm
vî Cicero atl Onirirf « noft i
Juin lySx. 1017
]78i« Brochure inrn^^. de 34
pages.
LA figure à roccaHon de laquelle
a éré faite la brochure que nous
annonçons , eft telle qu'on dévoie
^'attendre des deux célèbres Arciftcs
]ui l'ont dellinée & gravée d*àprès
ics idées de M. Métal. Un port no«
:>le , animé , plein de dignité & de
grâces , une phylionomie dans la«
quelle la beauté eft encore embellie
par TcxpreASon des fenrimens géné-
reux qu*on y voit briller \ des attri^
Duts hc' des acceflToirs qui rendcnc
parfaitement l'idée qu'on doit fc for*
mer de l'amour de la Patrie , comme
d'une vertu héroïque perfonnifiée,
x)rment de cette belle ficjurc une
Eftampe très-propre à orner les ca-
3iners de ceux qui rcunifTent ^ la
|ualicé d'hommes de goût celle de
>ons citoyens.
L'Auteur déclare que voulant rc-
îrefenter par une (lîule figure , Ta-
iiour de Ja Patrie , il a conlulté tous
toiS JoutnaldcsSçavans y
les livres iconologiques , fans y l'icn
tiouvci qui pût remplit fon objet;
il a htk pat confeqncnt dan$ le cas
de créer hiimêmc fon pcrfonnage.
Il efl {bus la figiue d'une jeune ^ni-
me qui a tout 11- mérite donc nous
avons parle. Elle z&. vécue d'une
lobeà la grecque d'écofFc; blan>:hc,
Çufçniée de flammes couleur de feu-
ar-âelTiu cetcerobe eltun manccau
d'écarUte qui a pouc bordure des
6ammcs bipdées en blarc , & qui
tombe de rëpuule gauche fur lecôci
droit. Elle tient de la main gauche
un boucticc en forme de ctrur, fur,
lequel cft en grandes lErtrcs à'.çi le ~
mot Pairie^ enfermé dans .Untf bor>
dure aufll d'or, parreriiée de flvn--
mes couleur de feu. HLlC « le bna.
droic nud , & elle tient de la nMÏQ
droite une épée nue. Du milieu det
cpaulcs une chaîne d'or lai tooidw.
fur la poitriDc, & ï cette chaîne èft
fufpendu un petit médatllQa oMl ,
toimé d'une pierre antique, fuF-le-:
quel cH gravé 'le mot giec ftUfUi
>e£i|ç àt cette figure atiégori*
eft un câfque 4) or couronné
Coq blanc que furmonte un
çhe de coaleur ponccau : fon
BMi eft natté & retrouflé avec
œpd de ruban du moitié ton
l(l»jidÉiicIik «: les boucles de fts
niAcioDt! flothuites fur ion col y
d n*a' d^aîttrsf ornement .que la
p & le blanc de h nature. Ën«
ife«jJour chauflbre des brode*
I y doù fbrtent plufieurs- flanw
) del^uëllcs une principale porte
lé milieu de la jamoc. C^ette
Qffuûrrîe Ibec de :droite»i gauche
D tente au-devant de laquelle
a autel V dont le defltts eft cou*
d*unc couronne d^ chêne Su
t branche de laurier. Dans le
«tli eft un niur de ville ou de
ireilê , fur lequel on voit un ca* |
dont la' bouche çft touriiée vers ' j
ice.^ .]
es omemens , attributs & accef-
de 'cette belle* isgorc s*entèn»
^ftcUetkienc 8c n*ont pas '
I -1
tajo Joanudéu SfénuÊSi
d'ciplicsrioD ; nous oMcwcmrôfaril
lemcnc que ce où. Çom que cent
d'une Phitopaifiegiiefiiigc^dg qiilëé
coolcquenoe la ûguc a an gnnd
lappon avec celle de Mînecve ba
dePallas. .
. Ce qui iocéreflêra lepïaf dans la
Brochiiie de hlL Métal « Ce font lies
diâeitns morccauz relatifs 2 Faoïooc
de la Patrie , dont îLuqiIs a donni
des extraits ou dès firagiucnSy &
qui qous paroillênt bien cbbifis. >
^ * Le premier confifte en des fiEig*
mens de la Mercuriale prononcée
par Tillaftre & l^avantM. d'AgtieC-
lèau , en qualfté de PrQC0ceur*G6»'
néral du Parlement de» Paris ^ à la
S. Martin 17 1 5 » deux annies avant
qu'il devint Chancelier. Ce:fomdè
ces morceaux toucbaos , philoib*
phiques » éloquens » qu on ne fào«
roit trop citer, SC que tout citoyen
devroit même graver dans la mhf
moitew '.'■':* • ?•• T
• On trouve enfiiice des fragment
d^un Pipbne itadtulé ic Ciioymp
Juin lySii 1031
par M. de Vallier, Colonel d'In«
fanterie ; il y a dans ce Poëme &
At très -beaux vers & de très-beaux
{eotimens*
Vient après cela un Extrait de la
DKTertation de M. TAbbé Coyer,
iur le vieux mot Patrie. Tous les
Ecrits de cet ingénieux Auteur font
audi connus queftimés à jufte titre.
Notts ne parlerons pas d'un afTca
grand nombre de palfagcs relatifs
au Patriotifme , que M. Métal a
tirés de difFércns Ouvrages tant en
vers quen^ profe 9 plus ou moins
connus 9 mais qui , en général > mé'
ritoient d*ctre cirés , èc qui ont un
rapport df reâ à (on objet ^ & nous
finirons cette notice , en diGint un
mot des firagmcns d'un Difcours de
M* Nonal de Bonrepos , iur ies
fumftes effets de fEgoï/me^ qui a
remporté deux Prix d'Eloquence à
d'Académie de Befançon en i ^80 ^
& par lefquels l'Auteur termine fa
Brochure.
La fin de ce Difcours eftimable>
** doU un cartOirc pamod
nâtofefti ilaimc^.puti
» ÙA P«iples l« .èmâions
K du Gouvnqcmçot » il In
tfhi i^paitition des iinpoi
I» admet, pour aipfi dire,
» mité de kt dilibératiow
Hcompic qu'il leur tend di
wqui le dirigent. C'eft en
»»pour JMtiut du milieu <
Hn&e* honteux de la £<
it c'cft cn^fuppiaMnt 1rs lil^
ndo ik manon , plutôt qi|
t» prendre fut leur néceflaii
>»eo up nior* enfemoQi
M pèiF , qu'il let &it IbuT<
^.ft l...rll»i
Juiu 1781; 103}
il ï la profpéiiré de fou Empire • . • •
>»Rien ne manqueroir donc à (a
>f gloire , Gy arrachant du fond des
Clames Icsgeroies dépravés de Tiu*
>f tétèt perfonntl j il ramenoit toutes
liles volontés à l'intérêt génital ,
>f Se renoplaçoit Tamour de loi par
>» l'amour de fes femblables. La na-.
y^ ture fécheroit fes larmes , la fo-
>^c)été ne formeroit plus qu'une fa-^
famille où le plainr tiendroit la
H chaîne des devoirs; la Patrie fe
>» couronneroit de lauriers; & TÊtre
I» étemel, en abai liant fes regards
I» fur Louis > fe complairoit en fon
i> image.»
[ Extrait de M. Macquer. ]
'V
Juin. Prem. FoU X,x
Neumann. Har tcJ M.
Doreur de la Faculté d
cnt de Paris , ProfelTeur
inie , &ç. Première Parti
giic Minéral. AParis.chi
Tes Guillaume Lcclerc, \
c.uai des Augiilliiis , ent
Gît - le - Ca'ur & la ri
1781. m-4**. de 3j8 pag
3 liv. en feuilles.
LE s (EuvKs chiniiquet
nianii , cjiii joiiiiToieni
tirce d'uiiE grande répi
avoient eu pour Et^jrcurs.i
nientatcurs M, ^immerma
JaiàÊàÊiilÊÊÊliUt
Juin i78i, 103 j
^voîcfaic dçûrçr une Edition fran-
«joilc de ces Ouvrages eftimablcs.
Feu M. Baron, de l'Académie des
Sciences 9 Médecin de la Faculté
de Paris & Chimiftc rrcs-didingué ,
avoic entrepris de donner cette Edi-
rion; mais la mort l'ayant furpris
au milieu de fes travaux > VEdition
de, Ncumann a été comme aban*
donnée pendant plufieurs années;
feu M. noux s'en eft enfuire charge
^ y travailloit avec zèle lorlque la
jnort nous Ta enlevé. La deftinée de
cet Ouvrage fembloit ctrc de palfcr
en beaucoup de mains fans être ter-
miné par aucune ; car M Bertholet,
fçavant Médecin & l'un des Chi-
iiîiftcs de TAcadémic des Sciences,
4jui avoir enfin enrrepris de le con-
tinuer après le décès de M. Roux;
ayant fenti que les nonibreufes clé«
couvenes Étires depuis Neumann
fburniroicnt la matière d'un Livre
prefque entièrement rieuf» a pris le
parti de travailler daptès lui même
|iu lieu de nôcrç qu'Editeur &
Xxij
fe"C'
J
Juin l^i^l i«37
grand corps de Chimie com-
oiC'par l'hiftoire d^s corps du
: minéral. On y trouve une
)onî:e Introduâion qui con-
tes principes généraux de Chi-
Enluiceune première caflj qui
me Jes terres & les pierres.
clalTc cft diviiéc en cinq fcc-
Dans la première il s'agir des
& pierres de nature (îlircufc ,
[efquelles M. Roux a place les
UY , le crillal de roche ^ les *
s pr^cieuies. Dans la TwCcide,
aice des terres & pierres cal-
, on rrouve un art cle fur la
, un fur l'oftéocolle , & un
me fur les pi.rrw'S à chaux.
la troinème feâion , qui a
objet Içs terres & p:errcs gyp-
& fpathiques , on trouve lq
c d'articles le gyple ou pierre
re, la pierre de Boulogne, le
fufible, U lapis la{uU ôc la
d'Arménie , avec tout le dé-
î la préparation du lapis pour
rc l'outremer. La quatrième
Xxiij
1
1058' Jouraaidis ffî$m» >
CeCâoii , qtii tenfeioie làitètiéFft
jfittra argiiea&i , ttlite <}ffi*iliintev-
des bols , Ju ftipoli fàtiii ^tkt
^ de 11 pierre tfépfaritiqu*;^. Enfin
datii U cinqultoK ^ dernière fec-
rion «ie cctt^preniièce cUÛc , (^ui
renferme les tmcilk pierres tal-
qucufcs , il efl trafté en ijuacre arti-
cles, du talc de Vetitf: , du raie
fdlaire , de l'amiuithe Se de la
pierre- ponce.
La féconde cliffe jtdlc'^ï^
unx Tubflunce^ métalliques :' tlté'd^
voit ècre divifîe'ians ddiitc th ptti*
£*urs fcAions, divifScs ellesitafrtlÔ
en 'pfufîeiirs oïdfet. .Dànt ïs'àtfi-
nliére Tedlion , qlii l'r&ité def^tnéniïXT
& qiii n'ÈftptJinf adlwée';'oàiï6Wçe
le premier ofdrt^tfûjtftlrilirtift "^^
rlicraux prftfj,its^iavoir';W8c=Vtti-
genr,& le cdmirtchced^^f dû '^''
cond ordre renif^rrriant' liïï VtètmÊ^
Juin 1782. lo'i^
On voit par cctrc énumération
de ce qui nous eft refté de ce fça-
vant Chimifte , que fon Règne mi-
néral (toit déjà fort avancé. On
peut même regarder comme fini
tout ce qui concerne les terres 6c
j)ierre$ , quoi qu'il y manque beau-
Cc.up de chofes ; mats ces objets
font fi étendus , qu'il eft comme im-
poffible de traiter chacun d*eux c(l
particulier , & que dans les Ou-
trages de Chimie & d'Hiftoire-na«
torcUc, regardés même comme les
plus complets , on trouve toujours
beaucoup de chofes à^eûrct à cec
égard.
Un des grands mérites de cet Ou-
vrage 9 fie qui doit faire beaucoup
rcgreter qu'il n'ait pu être achevé ,
c'eft l'érudition fnfiniment utile
dont il tft rempli. Nous difons
utile y parce qu'il faut bien diftin*
jguer celle-ci de cette érudition de
f)atade dont autrefois on grôflifToic
es Livres , & dont on s*eft dégoûté
avec raifon^ parce qu'elle tie Jahfôic
ÏO4O Journal dtt Sçavans ,'
que fatiguer les Leflcurs )i dicieux
fars leur run apprcn.iic, lînun que
l'Aiiicur avoir conlulté un grand
nombie d'Ouvrages t^ui n'avolent
gucic dt lapj oit au lien Les cita-
tions de M. Roux font d'un genre
tou dilffrcnt&' que uousavons pcur^
être itof ,ncg!igé i elles confinent à
raj'] ortcr un giand nombre d'cxpé-*
iknccs (les Cliimines déjà lia pctt
anciens , mais pretque routts trè**ci^"
^^—î/niiflk-s à connoîcre & ncâtimoÎQ^J
^^^^op peu conoiies , parce que la plo« 1
^^■farr de nos ClumilU-s inod;;rncs.'
^^Bîtjlouis par l'eLlac du grand nom*.
^^Hbie de déeouvcnes qui if. font lue-
^^jcédé avec tapidué depuis que 1»
goût de la Chimie phylîquc
cor-fidérablcmcnt répandu , {ei
tient ne plus s'occuper que de <
jppuvcautéi brillanti-s.
Après avoir donné à lOuvraj^
M. Roux tous les éloges qUÇ^
igous croyons qu'il mérite, nouij
sommes fâchés de uc pouvoir nousj
Biff eiifei d'ca cicct un pafTage <^
Juin 1781. 1041
tout le monde y verra probablemenc
avec peine y Se que le Cenfeur àu-
roic certainement confeillé à l'Au-
teur de (tipprimer» s'il en eut eu
connoiflance. U s'agit des expérien-
ces de M; d'Arcet fur le diamant.
a L'attention , dit M. Roux, que
nie Public avoit donnée aux expé-
»rièhces de M. d'Arcet» en2a;^ea
»pluueurs Chimiftes de l'Académie
Ha les répéter , moins , il faut [a^
n vouer 5 dans la vue dt découvrir la
» vérité^ que pour jetter du doute fur
» ce que f on travail préfentoit de nou*
» veau & d^intérejfant ^ & de leurs
» expériences J^i^ites avec une précipi^
yi talion incroyable; ils conclurent ^
» i.*^ que Ai. iPArcet s* était trompé
» lorfqu^il avoit avancé que le dia^
ornant fe détruifoie dans les vaif^
y^ féaux fermés ; 2.® &c »
Les preuves qu'un reproche tel
que celui-là étoit bien fondé , ne
pouvoient fe trouver que dans les
détails des expériences faites par les
Chimiftcs de l'Académie : M. Roux
lAl Journal àts Sçavans ,
n'c'ri a pas rapporte une Icule. Cotit
m: ces expériences onc duré foi
iongtciiis ; qu'elles ont été très
noinbrcufes , & nombre de f '
réïférées , nous ne pouvons
faire menrioc ici , même par
trait. Mais ceux qui voudront
prendre connoitTancs peuvent coi
Ibiccr l'articb Diamant de la di
nière Edition du Dictionnaire Aj^
Chimie 1 ils y trouvetont rhiftori»
que de tous les faits bien conflit^,
& fur Itfquels l'Aureuc lie ciaiw;,
point d tite contredit i Us y vcrfoilQ,
auûi l'cxpr:nion véritgbie de toute
l'cftime qu'ont infpiré^aux Chimi^^
tes de l'Académie ainlî qu'à joui {è
Public, les talens & Je raéiitc An
Chimjfte illuftre au fujet duquel M..
Roux s'ell permis de leur imputet
fcntiinens d'une efpèce bien di
icnte.
^k. [ Extrait dt M. Macquer. ]
Juin X^tli fo4}
C
MkMOIRE fur funcienne vitit de
TautOintum, lu à ta Seanct pu^
Hiqui dt t Académie de Marfeitle
' k2S Jvxîl 1781. ?âitA. Marin,
de pkneurS Académies ^ Ccnrei)r
''' Hoydl & Lieucetianc-Gcnéral au
Siège de rAmitàucé de la Ciotac«
Jâmfibim fIttiUs & patres rohorc ttUnci
' AJJarati preffiré dcmos & templadcoratn
. Jam iaffa tadici ieneni ; at tôt* tifan 'ûr
, Pefgama é^nuth i êtiam perùrr mitik,
L0Û4 Lib. IXé
I^ft£MiÊliE Partis.
OK croui^ , non \ un quarc de
mille de ta Ciocat , comme le
dit le nouvel Hiftorien de Provence ,
niais \ 5 milles psLr terre & ^. 3 A^
moins par mer , de^s ruines de md-
numîus antiques. Elles font éparfes
fur le rivage au fond du golfe , dans
on lieti dépendant de la terre des
Beaumelles & appelle par les habi«
tans des environs Tarento. Ct wôia^
Xkv\
1044 Journal des Sçavans ;
lappclle l'ancienne vilicde Taure
■ L'Académie m'ayant chargé &
ni procurer quelques éclairciffc-,
ttiens fur cette colonie de Phocéens,
1^ me luis cmpicfTé de remplir cetU
^»èomniiflîon honorable, & je va't
3ùî rendre compte de mon travail.,
r Xai d'abord examiné ce que là
VMutcurs anciens , ceux du moyeîl
: Se les modernes ont die de cette
KvUle. Après ces recherches je me
Unis tranipoicé tur les lieux; fie là «
Léïfàntt pendant plulïciirs jours, fiic'
débris refpedablcs de l'Antî-
knihé , fn prtnant les dimensions
de ce qui refloit, j'ai pu conjeâurci
de la grandeur de ce quiécoit dé-
truit, & outre ce que le fol oiFroit
à ma vue^ dus fouilles m'ont décou-
ert une parnc de ce qu'il potivoic
leccler ; enfin, & par les témoi-
gnages des Anciens & pat l'inipec-
tion des monumcns, par celle du
Iitu où ils font placés Si. des terreins
^lû les AVoifvusuî , )'a.i cru pouvoir
J
Juin 1781; 104Ç
établir mon opinion, ranc fur le
port que fur la ville & la cicacTelle
de Tauroentum.
Les Auteurs anciens qui ont parlé
de Taurocntum & donc je ne itp-
porte pas les textes pour ne pas fati«
guer 1 aflfeniblée par l'étalage d uoe
érudition faftucule & facile , font 9
Scymnus de Cbio, Scrabon , Qaudc
Ptolomée, Jules Céfar, Pompo*
ni us Mêla, Antonin & Appollodore
d*Ephèfe. Us marquent , bien ou
mal 9 le lieu où étoit iituée cette
ville maritime 9 & lui donnent dif-
férens noms , favoit , Tauremum ^
Taurentium , Tauroentium , TaU'^
rcntinum , Taurois , Taurocis , Tau^
rpentaj mais le plus commun &
celui que nous adoptons , eft Tau^
roentum. .
Les Ecrivains poftérieurs , tels
qu'Etienne de Bylance, Cellarius^
Holftenius » Ortélius , Yoflius »
Cluverius 9 ont commente ceux qui
les ont précédés 9 Se ont été corn-
çicncés ou copiés par les Modernes ^
^à^ Jôutnat its Sçavans ,
tipirius iMafTon, Robert Ccnalif
Éenila , Monot, Raymond Soicti'
PlPcre Ifnaid , MmJmc , Samfoit
iabbc, Charles Etienne, Boachej
DWn Martin, la Matrinierc, M
d'Anvillc & le Pérc Papon de ]'(
Jaroirc.
Noits n'cmplûverons paî une pal
tic du tcms que l'Académie a fi*
pour cccrc fcancc , à teiever quel
?iucj crfciirs dans Jcr^ucUes plu
leurs de ces Géographe? & de CC
Hifloriens fon: rombéî. On en idî
géra par le rapprochement des texte
que nouî placerons à ta fin. Nûi*
n'aurons pas la vaniié de les corn
Ibitre ici avec le^ armes de la critii
■iCj armes inégak-ï , parce qu'a
pin d'cu^ n'a eu , comme nous , l'a;
*«ntage d'écrire fur les lieux , flc d
(iBcer, pour aind dire, le CableM
i*après le modèle.
En parlant de Taurocntum , Ic
Ecrivains anciens défignent un port
l pertus , une petite y iMz ^ oppidum'
Juin 1782. 1047
mîer loin , en arrivant fut les lieux,
a été de chercher h pondon du porc y
de la ville & du château.
On jugcroic à rinfpeâtdn du cet*
rein , qu il n'y a jamais eîi de porc
dan$ cec ctuiroic, Ceft une plagef
entièrement ouvene ta fud*oueft i
d*où la met fè retire chaque jour ,
par le fable qui s^amoncîte fur 1^
rivage. Ott voit de-U un baflin fer*
rilc furtôuc en vignes, qui fc pfo*
longe dans la longueur d'une lieue 4
fur dû mille ou un mille & demi
de largeur ^ félon le lieu d'où YoA
Îrend cette dernière dimenfîofh
out ce retreiu n'étoit pas occupé
par la mer s mais je dis que fe port y
en partant du Cap deXauroentum ,
s^étendoit prefqu'en ligne droite fut
la partie orientale à 600 toifes de
profoudeur , oà eft aânellemenc le
village de S. Cyr, appelle vulgairA
meiit S. Cens ; que là il recevait
une courbure vers le nord^ & reve^
noir , par une ligne (inueufe , à ion
ouverture qui avoir environ 60 ^tx
I.*" Puifqu'il y a eu un [
cet cnJroit, il ne peut ave
que dans la plaine de S. <
feroic abfuide de le placer
Cap d'Allon jufqu'à Tam
Ce rivage, fornié de rod
cxpofè au nord-oueft , & t
bartu par le fuiicux venr
irai, qu'on eft forcé de tire.
icTiddnr l'hiver , les bare:
drague qu'on a crablîe
lieu le plus fût Çi ie (cul a(
1." Cette plaine n'ell \ic.
forme paitout; elle cft piei
plus élevée vers le nord , 5
à-iorient par des moncicul^
Juin 1781» 1049
pation faite fur les raux : c*eft le
fcul audi qui aie reçu \ts travaux du
de/Téchement.
5.^ ,D^ns cette étcnJuc & à plus
de 600 toiles de la mer , des fouilles,
ont découvert une ancre de galère à.
quarres pointes corrodée en très*
grande partie & du poids de plus de
200 liv.
6.^ Ceft encore là & à -peu-près
à la même diflance du rivage , qu'on
a trouvé fous te^re des murs laté*»
raiix en forme de quii , chareé»;
d'anneaux, rouilles ou bagues da*.
marrage. Les vieux laboureurs du
pays m'ont artefté avoir rencontre
& détruit , avec la plus grande
peine , de ces murs fourerrcîns qulls
appélloient des aqueducs , & il en
exifte encpre fous cette dénomina-
tion depuis le village de S. Ceris
jufqai ia mer.
Ce port [i], ouvert .prefqu'au
[i] En examinant la ficua.tiQn de cet an"^.
iùt^ porc } la nature da cerreia , le foai
ïûJO Journal des Sç.xvitns
midi, éroit garanti 'k l'aiieft pat Ul
pointe des Icquct , au nord oucft"^
au nord , aa nord eft & 1 l'onenf
par les terres qui s'éicvcnt à droio;
& à gauche & pat les mo
Î|ui boiddu route la plaine
ud-cucll, par les caps At ia Bcdi
iflic & de Taiiiotntum , qui
tçoicni beaucoup plus vers ic
iid [i] , & doiii Je dernier , foi-
^es puîis <ii(1ribii^s d'crpace en cfpice , W fl
renfinccitiEac de CMe plrtin; , on peuc''|
conjcftaret <^ae , fi te Gouvenieinenr avfj
bèroiu d'un nouveau poii dans U M^Jité^||
zinéi . on pourroit en crcufer un dins ^
CiiiJroic , i^iii fc prolon^eruii i deux licu^
& qui fcioic & plus ficile & p!ua fiSr^us
plupai'c àe ceux qui eïillcDt.
^ [i] IiidépendammeiiE des suircs preogl
que nous lioiineroiis , dans ia fuite, de l'iH
^laiion violente tjae tûiit le teirdi «^
éprouvée, iiouj remarquerons ieï qu'i t
feule inTpcftion des lieux, on voir*
^we la faitie îndîndt an nont-oft-.-iii 1
• Juin 178*, - 105^
fifie par Tare 9 en défcndcic Tcntréc.
D'après les dimeniîons que tient»
lui avons données ^ on conçoit qu'il
pouvoir cotitcnit un grand nombro
de batimens. L'hifloire nous ap*
ftttiA que dans une feule occaHon %
il reçut près de cinquante vaifleaui
armés [ i ].
•
ner dépofe des amas i% fable qoe les venti
élévenc f^r les plus hautes montagnes » 9^
èoxkx Us couvrent les ruines de Tanrociir
tum , s'eft aflaiflKe > & que ces cooraas M
fable n'exiftoient point ancieaaenient : !*•
^e le Cap de Tauroentum s'étendoît beaif*
coup plus^anc versle'norJ : 3^. que celui
dt lA Beaboielle au fud , brifé & fèparé
dans pluficurs de (es parties > pore lem-'
preinte dubouleverfement qu ila eiïuyé ainf^
que tout ce rivage. ,
• [f ] Pendant leBimeui (îége de Maffcille^
par Jules Céfar, L. Maiîdius /Général de
Pompée , y arriva avec feize galères. . Lea
Matfeîllois vinrent' le joindre avec une flotc%
plus ni^mhreitiè. que b précédente.,, ^oi
Ojî Journat Jts'Sçavam i
L'écroulement du toclicT fur 1
ici la fottcrcfTc de Taiiioeiuui
aflîlr , a donné une nouvel
lion aux courans, (}ji ont cl
■ &,' cnlablé l'ou^efturc du poi
■s pluies y ont cnnaîné les rctï
>ncs voifinci, 11 s'y ctfl
"orme des ma'aiï fœciilcs, c]tii s*
tendoicnt infqu'à urc parrîj du rc
tolr de la Cadièie , appelle , cnco
de nos jouts , Ja Palu . du moc lari
Palus y ii;arais; enfin , la maiii la
boiituledc l'hodimc a défriché it
icnlrblcmenc Ici caix Hagnanres , J
^■donné à l'Agr cul urc le ïeneî
lé la mci avoii abandonné.
avciic éti Je dJx-fept galères Se. de plofien
bar^ues:aiDfi an peut Tupporer qu'ils avoiei
cctie fois 14 galères. Ils équipécenc I
Qx que ceux de Tauroentuoi le
[préparés, & qu'on peuimeitres
e de (iï. De toures ces foramci rrfH
il réfulcera qu'il y avoit alors danse
[>orc quaran[e-(!x galères, ourre les baiiju
it les bStimens propres au ceinroeiee^
Juin 1781; 10 5 y
Sierilis quedià Puius aptaque remis
Vicinas urbcs alit 6; f^ ave /enrit aratrum*
Ho H. de Ac. L^cec.
- La YÎlle oppidum [1] étoic dif-
tribuée» partie lur le penchant d'une
colme qui dominoit le port.au fud-
oueft > partie au-de-là fur la hauteur
& vers la Madrague. Mais la madt
' ['] Oppidum locus proprie mambuj c§ft'
clufus, in quem homines multi hah'tandi
caufa eonveniunu Malgré le témoignage
de Scrabon » qui place Tauroencum au
nombre des filles conGdérables de la Pio*
vince, c'époic uoe ville dn fécond ou du
troifiènje ordre* On loi a toujours donné
le nom êi Oppidum p perice ville , 5c jamais
celui de Civitas , par lequel les Romains
défigaoieoc une grande ciré, celle que Mar-
Csillc^ Arles , &c. Ces deui mots , em-
ployés^quelquefois indifFëremmenc pour va*
der le difcours, n'éroienc pas fy nonimes ;
on difUnguoit Oppidum de Civitas. Rome
Ibule avoir par anconomafe la dénomina*
«on turbs a la ville pas excellence , wrks
fer dntonomifiam*
.aKf Journal dgi Sçavgns ,
Srinctpale des maifons icoit «u n
tan^ un icrrem envahi par la mS
âinti qu'autour & dans J'cnccintcdp
Itxiiadclle, & il y en avoit quel-^
unes fur le port.
-'.La Ciraddle, {cafitUum') fa^j
^uie la première hiibifacion 4Ï
Pfaocccns , écuil placée fur le CÀ
Je Taufocntum , qui s'avan^oT
jDrcfquc iufqu'à l'oitvcrcare du poi
Ces deus aflcrtions vont êtd
:ouvées par les ruines i^ue noa
Ijpns interroger.
A/ant que d'en faire l'examen-
j'ai parcouru !a foret de pins JotD
toute la moriragnc cft couv.-rif. J'a? J
vu au milieu du bois , daiH un liel^a
fbtr élcvÉ , deux ouvettures circw
lairej diilantes l'une de l'autre i
quatre pieds & demi ti de dcu^
pieds & demi de diamètre , enduites
d'un cimrttr antique. Après les avoîc
fattvuidcr, j ai trouvé deux graodi
valeK de cinq pieds de proiondcuift
.& d'dUfâtii à< largeur dans le foil4 J
creulcs & maçonnés fous tcttC» T
(êniblables à deux grandes jarres
d'huile applaries par le bas. Leur
capacité cil, H je ne me cronripe dan)
mon calcul ^ de 5 5 ^ de pieds cu-
bes chacun ^ & par coniéquent die
198 5 pintes f meiure de Paris. le ne
fcais à quel ufage ils pouvoienc erre
deftinês > furcouc dans un lieu éJbîr
gné de route habitaâon.
En defcendanc vers l'orient 9 au
château des fieaumelles, éloigné
d'un mille de 1 auroentum , j'ai ap«
perçu une aqueduc que j'ai fuÎTi
longrems fur le chemin de Toulon )
CD ayant perdu la trace , mais mar-
chant fur la direûion qu'il dévoie
avoir ^ je l'ai retrouvé par des fouU*
les auprès de Tauroentum , enfevell
foua les fables. La terre s*eft ici af«
taiilée , car l'aqueduc perd fon ni*
veau ; & la caule de ce changement
doit avoir été bien violente , puif-
3u*un énorme maifif de cet aquc-
uc a. été arraché de fes fondemens »
porté à un grand élo\gnement , 8c
renverie de manière que le can^l
Rbf £ Tournai 3es Sçàvgrtt i ^H
Eiionloncal cil devenu parallèle ^^Ê
Mlan d'un mur. ^H
t' La plus grande partie dcJa colire
I Kjuc ctrrc condurrc d'eau ftc^ cntoie
[ 'a rxé défrichée ; ony a trouvé , pat
[ intervalle, des fondcmcns d'édlâ-
[ Ves , des vafcs , des me tailles , des
- 'fibula', des inltrumcns de facrîfîce
Se d'aucret ulknciles de fer; mais
CCS travaux n'ont point été 1 ut vciiiés
par un amateur ; les ouvriers , livres
[^eux-mêmes, ont brifé les vaTes,
:s marbres façonnés & peut être des
Sntcriptions précicufes. Ils ont en-
file le tout pour former les mu-
feillcs qui founennent les rcrrcs. Se
Won n'apprendra pas, fans douleur j
ne leurs inllrumens ayant heurté
i enlevé une têce de femme , ils le
Ibnt amufés à la mutiler, au lieu de
Kbercher les au;res parrîci qui ref-
seront éternellement enfevelics foidl]
Bes nouvclJes plantations. Cette tête
d'un bon travail , rcpréfenrant ud
Jtune perlonne , cft de marbre blai
'èUc a ia prunelle des ycui cceu{^
Juin 1781. 1057
les cheveux rrcdcs & icparcs au mi-
lieu du front avec un petit floccon
pendant fut la tempe ; clic ne porte
aucun attribut; fa hauteur eft de
Icpt pouces 9 & la ftarue avoit par
conlequent plus de quatre pieds.
Dans un Mémoire de M» Barthe-
lemi^ exemple rare d*ua Ouvrage
d*énidition9 qui joint aux penfées
Î profondes & fortement exprimées ^
e ftyle le plus noble 9 le plus élé-
gant & le plus corred , on établie
pour règle confiante, que les Sculp-
teurs n'ont commencé à tracer des
prunelles dans les yeux que du
tcms d*Hadrien. L'obfervation de ce
Sçavant , dont il n'cft pas permis
de sMcartcr , prouve que cette ftatuc
cft antérieure au règnjc de cet Empe-
reur. Mim. it PAcad. des Injcrtp.
Tom. XXV m y p. 453 •
En br liant un de ces muis anti-
ques qu'ils rcncontroient à chaque
pas ^ ces barbares ont épargné une
infcription qui nous apprend qu a
Tauroentum il y avoit des femmes
Juin. Prtm. Vol. Y y
1058 . JùurmëU'iHySfm^Mns ;
quit méntocœt iPèM rmméei; ))to'
Icucs.niknr Ow.yiit's lur en nNtir«>
bce b|aficiatiiiâtff|^:dc dirpisWHii dbi
kingneuf fiitin db targ^,-: n'vi';.
I ; ^
..-■.?,
» ' '.
I%€AECIMAB
c eft-t dire , .tuiciif Çiicmm • Ijxm
/?//« Dênatm Falu'itis JPiUa/kr^:
jfiijffima com/ugi hiuiç mfri^ti {f ]•
[ I j Les Romains aveiept trob^nopAS^ k
nom de famille, nonm, GtjpnGtmm^ Ip
piénom & le furnom. Le premîq: défignok
rorigioe de la famille , les cbui anttes l^s
difiRf rentes branches, lie les perfonnes^- X^
prénom précjédoit le nom qui'-droirXum Ai
imnom. Cajus JMiiks.Ci/éO*, id i««id»
(prénom, CcciUa.(ii9M). Dtàimi [^àr^
nonu) Lor£]tt-ils rappeUcikftK le 4toiiB^iB
père , ils le phif oient tmttWn^ ftfà lif«.
nom f ou pimdc, cooune le vtàm ^ fèk
.\
Juin 1781; 1059
Cette înfcription cft une preuve du
mélange des anciens Colons Pho-
çk^tis avec Tes Romains devenus
maîtres de la Provence. Lucius C«-
ùUa Valtrius font des noms Ro-
mains , & PhJdojtta (ami de Junon)
a une origine grecque. M. GrofTon ,-
notre coofirère \ a remarqué fouvenc
cette union de noms romains, grectf
& même gaulois, dans pluueurs
înfcrip.ions de Marfeille.
L'explication que nous venons de
donner de ce monument' conlacré
à la tcndrefle conjugale , peut ce-
pendant n*être pas la véritable.
le du fils écoic lè même, ijs ne meccoîeoc
que le prénom du premier. Marcus Tullius
MarcifiUus Cicero , c*eft-à-djre, Marcus
Tullius Marci Tulliifilius ^ & dans Iin&
cti^ûon ^ Lucia Cecilia Lucii {Çeciln)
jUm Dojuua Tous les noms de familleé
& terminaient eu ius* lis avoienc trente
prénoms, dont huit (èalement avôienr là
terminaiibn en iui^ du nombre d^fqacb
itoilLuciitSw
. Yyij • ';
lOtfo Journal des Sçavans^
Comme il n y a pas de point aprèt
Philoftra , & que Ti daiis/ri^ n'ex-
cède pas la lettre J , (car un grand*
I dans plufieurs infcriptîons , indi-
Que une abréviation & équivaut à
deux I) il faut probablement lire
Philoftrapis , ami de Scrapis. Peu
importe de lavoir (i CtuUius , père
de cette femtne 9 étoit de la noble
famille Cwilia , ou un Grec &
niêmeunG^iuloisquipritlenom foie
du mditre qui Taffranchit , (bit du
Rom^m qui l'adopta ^ fmr du Pa-
tron dont il étoit le client 9 foit du
Proteâcqr qi|i lui procura le droit
de Citoyen, On fait que dans tous
CCS cas 5 Tcfclave 4 le fils adoptif ^ le
client & le protégé, portoient f pac
TcconnoifTance > le nom de leuc
bienfaiteur. Quant au mari , c'étoic
certainement un Grec qui , pour
une des raifons que je viens d'indi*
qucr 9 prit le nom de Faltrius^ &
confcrva le furnom de fa famille
dévouée particulièrement au culte
de Junon^ Philoftra ^ 0)xàzScta^
pis^ PbUofirapu.
■\
Juin lytt: \oi\
Sur le penchant de la même co-
line , \t% ouvriers ont ouvert un ter-
xein qui fervoit apparemment de
cimetière. Il étott plein de vafes ci^
néraires , de lacrimateires & de piè«.
ces de monnoies. Une particularité
remarquable 9 c'cft qu'une grande
quantité de toiles , femblables i
celles de nos toîts % étotent rcnver*
fées £c couvroienc des cendres tc
des charbons. C'étoic> fans doute»
félon le vœu des Anciens , pour que
la terre ne peflt pas fur la cendre
des morts , fit tiùi terra levis. Ce
cimetière étoit deftiné au bas peuple j
Hoc mifero pUhi fiabat eommunt fepul''
êkrum»
puifqu'il n'y avoit aucun tombeau.
La vanité qui furvit à Thommc ,
faifoit dépofer les cendres des pcr-
(bnnes de confidération dans des
tombeaux de briques , qu'on ren-
contre fréquemment dans tous les
environs* . • .
I o6i JouriHil dts Sçàvams ^
N'^us remarquerons îct que Tu-
fagc de Taurocncum a toujours été
de brûler ies morts. On n a décou-
vert nulle part des oflcmens entiers y
niai^ Toujours des os calcinés, des
cepdrcs ^ des charbons. Les PhO'<
ccçns ap.-'ortèrent de la Grèce cettf
courume^ qui s'.ntroduilit cSes ies
Romains vers la an de la Républi^
que, iubfifta parmi eux juiquau
règne des Eippeneuri Chrétiens^ te
ne s'abolic enûèremenc qtte fousc
Gratien.
En montant de cet endroit a*
midi , on arrive fur une grande ^f*
planade , qui peur avoir été une
maifon de campagne^ ouunjardiiï
de plaifance. On y voit une mu-
raille antique qui formoit unjçrand
quatre. Les défirichemens fàirs aux*
environs ont mis au jour beaucouti
de vafes brifés , de médailles & d'ul-
tenciles. M. d'Arquicr, propnéraire
dc's Beaumelie^ , a bien voulu ajou-
ter à la permiffion de t:buUler à Tau-
Tocntumi UçromeiTe de mefiuse
Juin 1781. 10^3
affifter aux travaux qu'il compte
faire dans ce terrcin encore vierge ,
-& où Ton découvrira peut - être
queiqu ilDCiquiré précicufe.
Je iuis deiccndu de- là vers Tau-
roentum fur jdes monragncs de fa-
ble qui iurmootenc quelquefois lu
iomm»:é des pins que la nature y a
produits. Il n cft pas au pouvoir de
l'homme d'tnlevec ce iabie. mou-
vant pour chercher les monumens
qu'il peut cacher. On auroir beau »
à f^brce de bras & par un travail
opiniâtre , faire des coupures ^ le
premier vent de nord-oueil comble-
roit ces fodes profonds, & rcmettroic
le terrein de niveau [il.
[î] J'ai éprouvé cet îaconvénîent i Taa-
foencuiu ^ quoiqu'il ne (bit pas dans la di-
reélion de ces courans de fable. Les exca*
vations Eûtes la veille écoienc fouvenc rem*
plies dans la nuit, & il falloic recommen-
cer le lendemain. Ceux qui doucerozenc de
la fidélité des Voyageurs qui racontent cane
de merveilles touchant les' fables de la Ly
ÏJW
\
1064 Jéurnal dis Sçavâns f
Arrive au bord de la mer, com«
inençons Texamen des tutnes par
les environs de Tauroentum 9 avant
que d'entrer dans Ja citadelle. Mais
on doit être prévenu x}u*onDe trou*
vera point ici le fpeâacle impofant
des ruines ordinaires^ Tout eft dc-
îiuit; aucun édifice n*a réHdé à la
fecouiTe qui les a tous renverfcs, U
ne nous refte que quelques fonde-
mens ; ce font des troncs d'arbres
morts & coupés à terre^ dont nous
bic, pourroienc fc tranfportér à Taurocn-
rum , dans des cems aufli ofageur que ceux
qui onuégn^ pendant mon féjour.Li^ îlsver-
roient avec furprKè le fable partir du rirage
en forme de torrent, gravir rapidement fîir
les montagnes les plus élevées , former'des
monticules partout ou il trouve un obfiacle ,
& cnfevelir dans deux Jieures un homme
qui auroit la confiance de Ce tenir dans (à
direction. Le vent d'cft fait defcendre avec
la même rapidité ce (àbic qui forme des
tmincnccs différentes de celles qu'il y ayjMt
auparavant. .. .;..
- Juin 1781. X065
cherchons à démêler rcfpècc en
fouillant jufqu'à la racine.
Sur le rivage au nord » on voie
un rocher taillé par la main de
rhonrme circulaircmcnc & en gra-
dins. On peut conjci^urer que c'cft
le refte d'un ani|Aichcâtre ou plutôt
d*un thâtre. Dans cette xlernière fup*.
pofition 9 on nauroit ici qu'une
trè^petite partie des degrés ic des
èfcaiiers ; ic f orcheftre 9 iz podium »
le profctnium il it pojl fctnium fe-
roicnr engloutis dans it% eaux* Il fc-
roit difficile. d'en chercher les dé*
combres dans les fables donc la. mer
lésa con)bié5« Ce rocher , illlonc
par l'air & les pluies , - n*a pas con-
fervé la maçonnerie qui y étoit
jointe 9 & dont on voit les débris
épars. Il tient aux premiers édifices
de la. citadelle 9 & le théâtre pou«
voit communiquer j par eux , à la
colonnade dont je parlerai bienrôr.
; £n montant à l'orieqc & en tbur*
nant enfuKc vers le midi y on ne.mar-
che que fur des démolitions ^ & l'on
lO^é JournaldetSçaranSi
foule avec regrec des morceaux Jèr
marbre façonnés pourdes corniches^
pour despiédeftaux ou des . tables ^
des débris de vafes chargés de figu^'
les 9 des verres antiques y de petits
cubes de pierre fie m marbre qui
formoiem des. ^w(k tvt mo(àiiquc>
& furtout des peiotmcs àireique de
tomes couleurs. Ces débris prouvent
que coue cet arrondrflraienc ^[toic
habité 9 & en hes fuivant fur la lb«u-
teur, kii- fouilles m*ont fait décou-
vrir un fécond aqueduc qui porcoît
de l'eau à la partie de la ville fîtuér
au midi. H defcend de 1* montagne,
fe jette- dans un réfeivoir donc les
eaux fe diftribuoient dans la cita*
délie I & hors delà citadelle aux édi*
fices placés au fud.
Les fources de ces deux aqueducs
font encore fubiiltantes :; quoique
beaucoup moins- abondantes; -£lks
font mouvoir par ;intervaite y un
moulin au-deifous du château des
Bcaifftitlles ,. où commence le pre-
mier aqueduc ^ Se en gravilTanc les
Jmm 1782. 1067
nfonfagnes qui dominent tous les
environs j j'ai trouve fur la hauteur ,
a» midi du château & à l'orient de
TanroeiKURi , deux auires fources
qtii fe perdent dans les tenes & qui
foumilloienc les eaux du fécond
aqueduc , dont -j'ai trouvé quelques
débris prefqtt'au (ommcr de la mon-
tagne.
Mes recherches , dans la partie la
plus élevée de Tamoemum , vers le
fud 9 m'ont tait voir de diftance en
diftance > des fondemens de murail-
les jufqu'au près de la Madrague ,
i un demi^mille de Ja ciradelie dans
laquelle noi» allons entrer.
'' Elle ^rolt -avoir éré feim»;: Av
tôiédctefre» par «ne murai 'i. .'.-.
viren cent ouatre-viniir : .:] ^ ' '
pourtour; ion apperçuir ni'. :'
f^rient) \ti fondemen* r?c cj »- . j *'
tours ^i y écoient ba*i^*'.
Ett pfikécrant dans ce**" ^wj
pal te micK-, on-roul»-
ea fiillie fc prêt a &'""<
commencement d un y;mtMkt
ï 7 n
]o68 Journal JUs Sçayans ,
qui d.omuvoit la cicadellc.»^ou qui
en faifoicpwiey Se q^i e/l to,uc-«n«
tier tombé dans Uinet ; cnfuito une
partie de rocher, raillé circulaire-
xncnc, & qui tenoic à des maiibns
également englouties dans les ondes.
A quelques pas de U 9 l-'ai appetç^
les fondemens d'un ^difice régulier
jk élégamment defliiné. J'y iifàêOifi
l'infianc , appliqué mes ouv|içi:s^ J'ai
jugé par le, cimenc.dont.il e^^çpdM|r->
que ce pouvoir ê.tr9«un réfervoir oit
une falle de bain > & dès qu'ij^a été
vuidé^ non fans beaucoup de trsir
vail, parce qu'il a fallu brifer^li^
voûte qui y étoit tombée cout« mar
çonnée ^ on a vu d^s un a9gl(f 8c
lous des degrés^ iouvçrture ijtfifk.
tuyau de plomb qui y consul foic .d«
l'eau.
Tai trouvé danS: ce(^é4>ficç.ii|i
petit bufie .de^quatra poi|pe^>ir 4^
Dieu Mars>^. fans cêter^V&iljo.^jbas
d'une (lacue de femme {c^^téffiî
d'un marbre , blanc 9 inf^riei^
remier , un chien place Air la ba(è ^
. Juin 1781. ■ ~ 1069
(eroit conjeâurer que c'étoic Dianr
CbafTereflè. Elle avoic dix-fcpc pou-
ces de haucoun
- Après deuis journf e» de travaux ,
cette ialle de bain ^ a été entière-
ment déblayée il cinq pieds de pro-
fondeur > & prélème un parallelo-
grame reâangle de 14 pieds fur dix*
huit & huit pouces. Il eft terminé
par un demî-cercle de cinq pieds de
rayon , & Ton voit que Tautre extré*
mité avoic la même. forme. On y
defcendoît par des degrés placés à
Tun àcs angles. Elle eft revêtue êc
pavée de ce ciment îndeftrudible ,
formé de briques priées & de chàûx*
Il règne dans le bas & aux quatre
angles , lin cordon ou monture ar-
rondie de quatre pouces apellée^ dans
la langue de 1 art , quart de rond.
Après les bains , on voit une par*
tie d'un petit fallon revêtu de mar-
bre^ & une falle attenante pavée en
U^u,» avec des compartimens de
marbre en Ibzanges. Il y avoir le
bas d'une colonne tofcane^ avec
tiO •• ***^L„ aope«î«*« '^?*^«tt
?..«r.* mon»»»»"* ?Zll-r : t>tofc««
^ Juin 17J2: 107^
Les eaux fe minent continuelfement^
& ils fe détachent tous les jours de
ce rivage très-élevé & forme par
couches de rrrre ^ de pierres môUcs
Se dures & d'argile , des blocs de
toutes Ces patries que la mer diviCe
par fon agitation. A Tinfpeâion des
lieux i on ne peut douter que la cita-
delle commençant \ la pointe qui-
exifte encore y oe s'étendit beaucoup
an couchant & au midi. Un aqueduc -
coupé au rivage 9 portoir de l'eau
à des lieux qui ne ftibfiftent plus.
Ici l'on' voit avec étonnement ^
dans la profondeur de deux cent
quarante pieds & exaâement fur la-
mêmeligne.dc grandes pierres froi«:
des , donc les moindres ont plus de-,
deux pieds en quarré [i]. Ellc^ ont
[i] Elles ' portent furie rocher i 3 , 4..
oy 5 pieds de profondeur àri teirein a£tuel.
qui n*eft pas unifoime partout. Celles qui
(ont entières ont environ fcpt pieds de kaa-
tear depuis leur !»»&• Les unes font indt-
nées, d'autres ont roulé fur le rivage oa:
câncDt en qufiiriè loi^.r -4^1 S-Xow
ycuc , uoe crtpaiKUiippMipr« à jçii^
tenir un pi vor d<j^- <loatjùii»|ipBSr^
çoit rcmpreÎDtjÇ.. A ce i|pej^k>;
)'«i jugé que cet piencs-.df^^^
fervir de fenclei à i|Qe col90<i%4Ra||ff t
gnifique. Je fuî$.p«raenii>^ f«?^M9
recherches, àtrouimeiifi wammmwA^
colonne de imrlirr }Av»^.PS»9^
de Ç\x pî/tdsd: haiit>de vîa|^:péu<^;
ces de dtao»èrre « flrptrdMwqBene
de dix ptmce!: de;-9iodiileis^OÉ ^Sea.;
Ufuppofànt d'ordre ^coiîiHhiibftu ou
Gomiofite, elle aaroittttieizeîpiffds>
hiiit poucerdehaorcur^ ficeiiif ajou^
tant le prédeftal^ ^ 1 archttmve: »-' la
frife & la* comichié ^-tdf.qne.rexi*
gcnt CCS deux ordres » cette coloor ^
nade aurait eu vingt-fix pieds huit
pouces d'élévation » & moics fi elle
étoit d'ordre ioniquSe'y dottquë oo ^
tolcaii. • r »'-^- ■•>
.1
- ■-■ I
-• *■ ■■ r'.:*-^ '■; 'à
dans la iner^ makiçmtcaeitt èneoBa ietn i
foademen&fuilamêoielîlpie* >
Juin ijin,. 1073
Mais^jc ne pouvois concilier cctrc
grande idée avec les diftances reia*
tivts de ces loclcs. \\% ont enrr*cux ,
tantôt , ^uze pieds d cloignemeuc ;
Tantôt , dix. J'ai jugé que (ï c'ëtoit
un monument public , il devoir être
régulier , & quM y avoic un grand
ordre au milieu , & deux ba^ côtes.
Que fi deux ou trois particuliers
avoient bâti fur la même ligne , cha-
cun avoic orné (a gallerie lelon fa
licbeiTc & Ion goût. Je me fuis donc
opiniâtre i chercher d'autres colon»
nés ; j'ai trouvé dabord un morceau
d'une colonne plus petite que la pr&>
mlère ; & non content de cette dé-
couvettC) )*ai continué mes fouilles.
Enfin y à plus de quatre pieds fous
forre ; j'ai obtenu une colonne tof-
•cane entière , c*eft-à-dire, le fuft de
•la colonne) fansbafe& (ans cha-
piteau y dont le diamètre moyen cil
de dix pouces , la moitié exaâement
de la première. Elle efi: dans toutes
Tes proportions y car clle-4 fcpc lois
w4 ^«rff^ '*'•**
"^ très * t««^'=l^*'* î « «atbi* *«
Juin 1782.' 107^
hauteur, & de huit lignes de faillie.
A l'occafion de Cette colonnade >
je ne dois pas oublier de lire que j'ai
rencontré Ibr la hau:eur> & fort ioia
de là, quelquv$«ins desTocle^ donc
î'ai parié avec la même entaillure aif
milieu; ce qui prouve qu'il y avoic
égalemLntdescoiDnne<;«}*ai la preuve
que tout ce reirtin é:oic aucretois
couvert de ces groffcs dalts de pier-
res froides \ quelles ouvriers s'y font
établis pour les façonner \ qu'ils cti
ont tait des chargement , onc brifé'
& enlevé des colonnes \ 8c outre les
trois dont )'ai don'né les dimendons^
un tronçon de fept pouces de dia*
nièrre , fert de borne, à une ba&ide
voifine & un autre de douze pou«
CCS du même marbre que celui de.
vingt , a été tranfporté ancienne-
ment de Taurocnrum aux Leques^
&C des Leques à la Ciotat. Voilà déjà
cinq cdiBces ornés de colonnes de
différentes grandeurs, [i]
[i] Prévenons les oUjc^lons. Cesgraa«
U&j€ Jaurnfldii Sf^fMM ,
; La galkrie tenoit mu npv4 -y ^ ^^
f'and édifice cmKÎgju au ib^re .om
rampbith^atic.; oo f voât.mi riè^
cond aqueduc courbé vcn le %»tcn-
trion 9 & qui aboutiflbît à ^dcf^licui^
perdus Touf le fable. ^ ^
Dans rintéricar dej^eocciate que-
fai dit être le céf^Uum^ me^ff^m^/
les m'ont découvert un graed H^ecp '
* voir , des pavés de dmoHiai^iquc»
d'autres èh briques fofécadkÀamp 9
ou en épi ^ ou eu point 4*HoDgrie 1
des pierres froîdas qu'où vcMCfti» le sivage, ^
peuveoc n*êcre pas d^ fi>cksf flsfb dès fe^*
(^rnens «ie coloMoes. Oa ponmtff débite
encore qa'eiles ont Ctni à fcfaaei des ar-
ceaux ôc non à (buteiiir des colôimes^ Dans
cette fiippolttion les colonnes âorotem orAé
des édifices dont il né refie aa£iià vèftige:
c*eft cependant auprès des pierres que f«a
ai trouvé deux i quatre pieds iGms téire » A
c*eft encore U'qu'étoit le tron^of^-dc flfîngt
pouces dediamctre. A» reftç» jejncBsLcQ
que j'ai vu/nuùs nooauz conjeâiues.que
jlcnûrc. , I , ,.: . . •
Juin lySii 1077
d'autres en ardoifts , d'autres en
n^arbre, un petit fragment de pavé
en mofaïquc , qui ornoic apparemr
mcnc quelque cabinet \ car ces cu«
bes n'ont que la moitié des autres 9
c^e(l-à-dire 9 trois lignes au lieu de
{)x 9 des têtes de clous avec des or-
nemens circulaires en fer ; d*autre$
avec des compartimens en couleur \
enfin , ma (atisfkâion a été grande 9
lorfqu'à quarre pieds de profondeur 9
)*at trouvé deux fuperbes pavés en
mofaïque ' de marbre.
Le premier e(l en marbre blanc ,'
avec un double cordon bleu ^ & le
fécond avec la même bordure , a ^
dans chaque angle, un vafe élégam«
xnent deilîné. Il en fort une double
tige qui ferpente ï droite & à gau-
che, ëc diftrtbue à des diftances éga-
les , en haut &: en bas , des efpèces
de tulippes j les unes armées , les
autres ouvertes ; ce cordon de fleurs
eft {butenu d'un autre orné de lo-
sanges bleues y partant de chaque
cote du vafe , & foutenu d'un troi«
i 07 S hurnal 4^ 5ia¥an$ ;
£ème enrichi de defleint .de couleur
en demi'Cerçle* JLo . milieu eft cou«.
vert d'un eocreliiçsdç difitraifcsngçi
chargées d'autres 0eîirs.. Le'. £l(>ad du
pave eft de marbre blanc ;; mais les
vafes , les fleurs 8ç les dd&Df » font
en émaux de diverfes cpùleiiips^ l^*
voir: en bleti ^^z^t f.h:^^lÂtu,dc
que tout les voyageurs voot f<mîret
à Orange. Maihcureufemçot^ il 9^
été dégradé en partie ». par. onei^es
îaifons que )e dirai bientôt Ces
deux (allés pavées à la:motaïque»&
qui fe touchent , font encore reyc •
tues > lunr d'eau carubcis àt pein-
ture à frcfquç rouge ^ fautre de la
fnêmc peinture bleue.
Des fouilles plus iulvies pj^dtUif
font 9 en d'autres temsji peutrèàrc^
des découvertes plus.inu&rdÔantcs»'
Je les auxpis cohtini^écs > V^ffk ^
contrariété des'fables qiii couyrcjaCn^
en peu d'heures 9 Ici çxcayacioof'£ii«
{^^perfddtft- pitificiiTs Jours. Mais ,
ttâTaîllànt làhs atKorttt dans ce lieu
abandobné*; fêtois environné de
.fà^ùM-ptitSéti qoi jôîgnenf lavi-"
liiti I: tint érédolîté ftopide: Gaide^
fMAt *dè ptéteà^m devins, ils ont
tbtivtnc 'Vs^vtjrf^çe refteih pbaV y.
chercfaeî fer 'MfôH qtfib 'cro3^nt|f
ètM eâftiidiV;llsitgitdciitV:dmtnq
dbfdiAlnitili^
A«lè»^ikta5H!.lb Sàitt tés terres';' &
iefaTeffatife léifcécter à prix d^afgenc»
pour 'ÎMt |HBtt ^perdre** leur fortuné ^
; cu'ilf îmiginéht y ccre atràèhée. le
IpèâMcle d*ûili!i «btttnmé muhi d*utid
bdttflS>le^j'd'iih'^ajpbdmètre , ^*M^
ttti fofhniMeiTS, fûivild'un Deffi^
iiatettr ^ d'Un Arpenteur & plufîeurs
ouvriers.' exdroit 4eur curioiîté 6C
tréveilloît leurs efpérances. Malgré le
£iènce^ impofé à ' mes travailleurs «
iM^rè la ^écauHôn <^t je prenais
è^ Wfo--combler de^iêrres-, dcr^r««-
V^ « de4able> h^'^
féJtAigteiStju'on tftn Vinrtooiédéi
l^der après moiy me eroyant <FautaS4
1\
loSo Journal JUsSçavàns^
plus fondée» que tandis que )cf rcnclois
compre à i'Âcadcmie de mes re-
cherches 3 ces payfàns ont repris ces^
fouilles» & en its continuant, ils
ont détruit une partie des anciens
édifices y arraché & vendu à tout
prix des tuyaux de bronze & d'au-;
très objets peut-être précieux.
Les habitans du yoifinajge , dé«
fert autrefois & très-peuple ao)our«
d*bui 9 enlevèrent fuccefl^vement
& les marbres, & les pierres de
CCS ruines pour en former des mu-
railles. Ils brilcnt encore les fo«
clcs donr j*ai parlé, ^ l'on parta*
géra Tindignation dont j'ai été pé-
nétré , lorfqu'on m'a raconté qu&
CCS barbares ont mis en mUIe pièces
une grande piçiie contenant une in(«
criprion qu'on ne pourra jamais lire
f)dX la maçonnerie qui couvre ces dif^
ércps morceaux impoflfibles à retrou*
ver & à raHembler. Le village de S«
Cvr, & les bafiides voifincs. ont
été bâties , en parrie ,de^ ruines du
port 9 des mailons qui y tenoient &
de
f •- '
5 cèllif 'de TauroémUiii. Dans
uelqoirs années il ne fortira peut*
Te Mciin veftige de cette ville , 8c
hn {HMirrà' difre avec Célar , cher*»
iiibt .inotileinetit Troye dans le
èi| flai£iiie. oà die «voit été bâtie.
Itiéfolà de ce ose^ nous avons dtr^
W (eecÉe vUle n'etoit pas paiflante»
feétdiuv^.^)l«'y a que des honi«
les* Opiilhss , qui embciliiTent kut
eirièÉreiaveç tant de fisfte. Le porc
ottirottî^x babitans un commerce
làriâoteiaVecMarreille. avec les
«(oiomes^St les Pays étrangers. U pa«
ait qttc If U]r comoierce cf exporrii*
0Oj^^^)ttfiftoît principalement en
riqiiCy en tuHe &C en poterie de
nice éfipièce. On ne peut ouvrir la
rtxz ; da^ les lieux même qui n ont
oifot été* habités» fans y trouver des
ijnpbotes Y de la vaiffellc ii des uC«
nâSles de terre en tout genre. On
'èviatillàit avec plus dé foin utié p6-
ïkline plus beiieque notre fàyance.
«^CGànbre de. débrisde ces vafes eft
Juin^ Prctn. FqL Z z
\
loSa Joumi/t4ttt^Siê¥ans^
i\ç iK)irSt <k giin 4t de9aiiaëa-Cenxt:i ij
érgicmcifi! mioice^illÛB l«pfa»gxidri>
lie parue écoit d'uMicocAcuriîipgiiiflc. ^
Ces derniers ktici^lus épais &€lui(> ;|
gés d'Qroefnens tmicitfciiicàc.dcflî-
nés y Se de figurtsJMiomrtwm AT'd'a-
pima^X'.St aesifapgmrob étmiàitgfa-
yés ^4^'iMididpt» pMwéif sÎBSdiitarA
expiiqpes cei by;erodlfflbc^Jiifiii m»
vricrs- «ttatboieni dt la.glèdlj^îîces
ouvrages ^ : ,piii(qtr*ili tpl«f«iewifnits
noms au ^nd des cpûpies|!daBii l^a)
pn 1 î t en tfèi > bcauk 'caraâènR C.^m
iius.Clcfnens^ Dans d'aiiCftfrydn voie
des .ktjtfcs ininaJcs i -trpeçfc.derchif^
frc par; lequel clKqii^tffi^gKmM
défignoic ion ouvrâgfiii)>J^* >^o**^*i
Ces fragmens , iU|ipaceifl$tit aVôk
appartenu à des cwpei» non^ tap
peîlcnt la magnificeiice ayeclaqusUf
les Grecs & les Jlonrâîn^.oiiloieifC
ce$ fortes de yafes* Us y. tepjr^iciH
toicnt en reliçt^. comme flUs» cet
morceaux,. des: traits bsftoriqfieSi&r
labuleux* Us en fefoiedt hiboêm^
ipenfc it la valeur & àts taléns. Là
le nom de Parhafius, ici celui d'Aï-
cimedonajou^icrntun nouveau prix
à l'ouvrage^ & ces noms éroienc
gravés furies coupes. Vid.Hom. Vit g.
Athcn. PéUiS. Plin. " '
Ce qui doit principalement iixet
notre attention 9 ce lont des mor-
rcauz de peintures à frefque, qu*on
rencontre partout. Il y en a de tou«
tes les couleurs , te principalemenc
de rouges & de bleues. Cette façon
de peindre des anciens nc^us eft con*
nll^.;^mais rimagination fe refufe à'
. penfer- que des débris de cette peinture'
expofés depuis près de quinze (îccles
à Taâion dévorante de 1 air^ à cellr
du foleil & des pluies , au (el corro-
dant de la mer y & aux frottemens
du fable que le vent agite conti-
mxellement fur leur furface ^ ayenc
Gonfervé leurs couleurs auifî frai*
ches j aufli brillantes que C\ elles for-
toienc de la main de l'ouvrier. Com-
ment toutes ces caufes dt dcftruc-
tiOiVr -qui roDgciit. les marbres -des
Z zij
1084 Uurma»^ Sf^f^ans ,
maifont'^iuicf^jor le.riVage de U
xncr ; çpmnitnf?ct ftmpm tdax n^
rum j ont-iU fftrpeâ4 ces peitAures ?
Ces obfcrvations nous forcent de
convenir que les Romains 'étoient
bien fupéncurs à nos^rûftes, dans
la componcion des couleur^ dura-
bles, aiufi que:dàps le cbcMX.des
jnaticrçs propret. à former un enduU
Ç\ compta qu'il pç foiiffiric aucune
alrér^non de l'air, tel mie cjleloi
dont ils ^voient reveta plufieurs ou-
vrages dç Tauioencum ^ tel encora
que x:clyi des rtfervoirs & des aquc:
ducs de9\f nvjrons de Naple^»
\
L 'ifONNÊTB HoMMEydidlé
à Madame la Comtefe d^H* *♦•
par M. lAbbé May^dieu^ Cha-
. noiçe de l'Eglifc de Trojres en
C^mp^gnç. A Paris > cbeis Mé*
rixor le jeune :& Bariois le jeune ,
Licràîres , • quai des Augujliiis; =
& Lefciaparr , Librairç , Po6t'
Notf e*Damè , à la Sainte F^niijie* t
1781. Avec Aipprobacion j^Piri-.
vllége du Roi. i/sMii. l-irâd. <le
607 pag. en deux ^
?>.
L> tnb-morat , dônc^ kj'liérbs eft
pàipte. Ce Socratc^ M Muiuh
lier; mais il ne cède ni^ en^liimtêVèif
ut. en verras au Socrtice cPAth^nes ;
comme Socraté , i) fait accoucher
ks. lM|iiifne^4^ Icui^ipenffes^ tn les
nuMÔt jde brincjpel m 'priricipe$ à
h^^tkêêc à la fuftice I cdmnle SôK
ctàic y .U* eft éprouvé par uftè fchv
me acariftrre qui raime Se qui lou-»
trage fans cède ; comnfie' Socràre , *
il ^ft livré à la }uftk:eibuvem injufte.
dci; hommes 9 il fuetottfee â' la ca^'
loRwIe, & confarvê'^rfi^Wdcr^^^
nîei mofii4nr fa vertu Ai^fâ îétéhitf'f
il'eftî accule- de- 'Vblî<âi: i'à([4àn%ï-i''
il eDcftnacmccbn^^àfecuVilcfïcôAM
damné au Chârelcr ,' il l-cft ail Par^^ ■
Icmentyilva fûbir fon fupplice^ it
cft Waîné^à la Grève; uftartii^ .^lii:
Ta ^(a«*eiliciw défendu iiifqtfau dVI- ^
fa malhfUfiqH^ libifiillç ^: bien oer-
taine qu'il raeurt innocent. Ils arri-
vât iiXitfcîiHf j<:Usy fci«rw(Hh(
k vi^HÔlh^t affiiflSn, qu*o» aipènc g*
ÇclqiTl4:«!^5 IliTBWçiKC l^oî JSoçtefc
il fyoi^,U(4s^H^^.X^li}iJi^k^
office; ila)ananceUrcncpftrfe.<}uik
a Faite SfÀ*wE^\yic prochaine du cou^
pablc V QfriitrfçQit i l'exkùfîoh , ier
cpup^W^ . .♦çf iyp;,, rtnonvcUfxlf^fi»
vpy^fA>fôKs , ^ti afnille taniàP4i«nf
trioinp1veiaurf4pp,:4e fa &niiMlc;ft^'dâr
fes anitis trai^rportés dé joie. Gbtrc&i
man l^nir Dicti.quj ni^Qiif^iatô&i
prç^i|e[ oiiraculeufeoleiir fo^' imcHh-^
cep<;ç > ;QCr ilavoic co&ftAnaeKiilc }ut.
V-
, Jtdn^ tj^SÀî^. . . 10S7
tificfçsr Juges qui, fclon lui, n*avoicnc
pu fc, difpenièr de le condamner
d apuès ia force.des indices* Les ap«
patciicest en efitc étoienv toutes çouJf
trejluti; il avoiteuavec le Concierge
d-ua.cbatbau :Ofài il 'étoit allé rrd^
vaûl^n^itinç tontéftatioii qui a voit»
é(è rcniarquée de la part d'un hom«-
fpe (r modéré ; 1^ nuit fui vante ^ Itf
Concierge fift aflafliné ; i aflai^n , en^
k^rtrappant ,. «vdtc eu grand foin def
dire y, en imitant Je- pUus qu'il pou<f
voit la ycfcïx .de »Goçtcfman ; c\ft'*
ciri^fi qut' Gouzfmant \ft vcnge^ i.cï
Concierge nétoit pas mort fut le=
cbahip; il:av6it parlé en fHréfence»
df: témoins > & les derniers mots
aboient été :4;A^/;.^ir*tfr« Gouef»
mÀ(k L mfè qid, U croyais un fi par--
^V^^iiff«rc!i0/»/»tfy De plus> on'
avoit rrousocldansllds plis de rhabit
de Gottefman 1 anneau du mort 5c
diipioùis'que TafTaffin avoit remis la
vQiUcaUiConcierge en pcéfence de'
Gottelnian » qu on ûivoit ctre patci
io8S JouraatÈf^Sçmims i
de Paris fans afgenr. C^eftlpar vnf
Ihrpragême à*peà«près pa^ii, 4qttc
les Dtlphicns firent , . dir«>oà , périr
£(ope coitmie: inilcor:& commcia-
Cf ilégc ; GQttcfnian'jpleincnfitfDt juP
tifié , iiKun ce^mtanr des. maux
^u'il a foufirrts da»'£a pTtfQn^l)86
malgré Icn indulgcntcéquité^tn* h*
veur de Tes Juges « maigre la fùtce
des apparences iaiTembUes comre
lui par un art^ infectial 9' nçm ne
trouvons pas IfS Juges abfoiuoienc
jfréprochaDiIes^roHdus ne leur toyons '
pa| cette crainte iàintetimirjfoperAî-
lieuie de condamner un innôa^n^,
cette ardeur à'iuivrc les traces d'ui«
nocence qu'on leur indique, devoirs
iacrés de tout iàgc, furtbUt lt>rf(^d
l'accufô perfiAe » nici^^La'^iéfeitfe
dâ Got tciman' ou de' ion>iiiic4j^iK
lui, croit cdile cKHippbiiecf :- «^ ' :•
EzAmtnez ma vie , fit voyez qm je-fiifis • • • •
Vn jour, feul ne fait -point d'fmJHétSelvtr*
Un ptrfidevafiUSil • • . • &c.
. Juin 1781.' . . 1087
Nous ne voyons pas <]uc les Juges •
fuivcnr c:rcc indication; nous ne
voyons pas qu ils fafTent une. info:** -
marions vie:& deaicDUisv^lui <^ût:
écé^-alors C\ nécelTaire s xat il cnna j^^ l
Toit i;pfulré qu'un homme d'une pnM»i
biré & ilàlicare 9 d'une vertu non-
feulctne At Si pure , mais Ci . génc^ .
sçuiê^ .fi ikëroïque 9 ne poiivoie pas :
avxxtfipftfîi'bii un monienc' au^voînlc:
à i'^liaffinar y fans être dcTomitCouift
auqniel cas on n^efl? point coupables; j
& on ne doit être ni fiétrlni piintf)
mais fitulemcQC fieqaeRrQ dâ fai:fo^'
cséié^r De plus^v ceux qui ie^iouHttbi^S
vcrm ^ le reùcénneïit prenant tran^^T
SuÙlement la tàurc de ]Pàiîs vils lé»
eva^éem à Patiî), jnprenittnt main*fl
fbne & 1er retcouvenDencore'^uiiJi)
même route où ils l'atiiftstç^. Eft ce-^
là' U marche d'un volcàr ic d'un af*-)
faffiq ? Revient'':ili3iin6 trafvquiHe*>
merrt chex lui aptes» fotT:crtaie par Je;
grand & droit ctemin ?tH ^y a&roiÇî
encore dans le ton de Taccufc com-* t
me dans piuiîeurs do^firs. tcppnfcs^
déSidàdtces d'innocence qui: poe-
voienfcoaibnttfe. ks indices coii'-.
tntnss;.nunt bflf ibdtne ton^iu»'
trop à ccois&raccuié coupable ;:-&
la 1 flniime.'<i)tte Vatoèfi ta tiputL
fooTCnc perdue de vue. Pans ces!
avittturdi lulhcureufeÉient ntropi
réelles, où l'innocence « fiicooaib6'«:
uÉmméfiient dans celicr^ Oftilieu^;
rçox.!Leliiiin^ les Juges n*ontl! pas',
érë^.afi^ exempts» iHk prévention y.
catis'ilf «voit de festes apparencet
ceorcri lui ^ ii-^; en avoic auffi de.
bien ^ foeces icn (^ £ivei^ ^ jconCihe, etnj
peut ie.^oir daiisJefiMéinoiile$ me.
JBârbiec ?d'f/liicburj * fie pouf > .iki né*)
G'^ft pcm'j&tre:'inenifi dani i2e mèr:
langé dTappaéeticcs fortes. qui oocdui
entraîner ks Ju^ , & de négligienr >.
cts ievcirfiiblèfiideJicuri part fil: pctt^ :
y en qtvoif ri)tcacu(àbles en-jparetU
ipatière*^ ^ué con6flrnt:jpkinci^l-!*.>
ment lareftJa moralité oe i3etlObf^.'
yr^gc ;:îl' enitfultQSMSiaviBrtiflèéic v.
-,\
Jmn i^Sa, 1091;
utUe poui: lesi Juges & . une démonf- .
tii$i.ci^9 r^iu'il; :Uy a rien à hégUgct 4
<)Mp4 ^ ^'^gic ck iiifccTnei le crime.
riimpQ^i;e;éj^oucons touC| & ne négligeoiis
Lç ^^iipoîo J< plus vil >. ^ Iç9^ iQQÎndrcii.
• ■ «
Nous montrent quelquefois de grandes vé-tf
s. V*
Voilà ce que doit tQUJoyrs dire ua
Juge*'.. -. • ■ /.-'•■■
• Cç^Livre d'aillçuj^ n'eft pas. moiss'
pieux que moral ^J^t^vercu de Got--
tçfrpap.^^ppur bajfe^4a Religion. l'a
plus pure \ il ny.^ jf^ dans <îç Ro;**
ixia& jlo^t un . hôinii)|S de l'ét^ de
TÂuteur nç puiilç^&.ne doivç Vap-.
pUudir. On pourra y trou^i^^j^ut-
êcrç quelques déclamaûons à{ lln^s
cericains> epdroics qjuelque$^ jîgèresr>
rraces . 4*adulfitiQn j on frouvera j
auffii. & ç*eft dommage ^. quJp^l|^9 1
expreOtoos baiTes» q^iseiques <,Oiirfti
Zzv]
lojl Journal dts Sçtvans y
incoTreiis dans les tnfiJfoiM m|mw
QU^c'elt l'Aiiteiir qui parle « oii bien
«juciqiic perfonnage noble ; par
exemple : •• ceiu impTudtntt fÀàtr-
n LIT ME COUTER ch.tr.
*y II fallut pnndrt et malhturtux
*>bouillon^utji fus vingt /oii unie
M de lui JETTER A LA FIGURE.
»UNE fois du'il en efi fof-
nfidé..
»» llejldifagréabie d'avoir quilqut
» chafe à démêler avec DES CRABES
M de cette efpice.
1 ImagJrjcroie-on qiiun kommt dt-
itconduton , QV'vjf MarQUIS
a pût i oublier ^ &C. 1
»Me RAFPELLAKT de ctqut^
ttjevenois delui dire. ■ '
» Dan^ le cas oà ces filUs EUS-
» SEK T beaucoup de peine. »
Mais ces taches fonclégères & rares.
Le Pbilorophc-Mcnuificr difcute '
d'une manière lumineufe & fouvcnc-
tioqucRre les principaux points de-
là morale pratique Si ufucile, & en^
"»iir', cet/Ouviagc doJc occupe»'
me jphcé' tUftiogtrée paermi Icis Li -
Su'M-iàppffibUia dt¥(fl€AL(ÈVê'
■'* if Mi dt'la Lande â Mtfficurs
'" bx'^^btàiurs^ du * Journal dis'Sça^
l » • • • » .•
ESSIEURS,
' ' Je ne croirqis' pas qu'il fut utile
fe vous tetretenif des folles tentàti-
^"fM que les hommes ont faites pour
sWcVer tn Tair , fi depuis un ànr tout
P«irif ii'avqit été voir dans la rue
Taranni;^ un vki fléau avec lequel le
Sèur BlatTchard promet de voler , &
G le Journal de Paris', ^d'aillears (t
rdifonnable , n*avoic * pàîd^ fepf à
bùtrfôrj de '.cette- prétendue iàpé«
rànce',' fân^ en montrtft ratjfbr^té^
^^*ff. Mêrcîet, Abté deYAbbàyc'
aè^ ae S; l^gér d^ Si[>iiron$ ,
dkJttt^^t (^oir cft cahftu , ^îiwnblV ^
\
Io94^ Joitriîttt (/ff SçofMns ,
ntêmc (iifpendre foD jugement , iaxit,,
la feuille du 4 Avril 17^2; mais il.,
fait à ce (ujec tjiielqucs remarques
d'érudition par Iciquellcs je coni-
ijic^cciai mes léClcxions lur.Tarr d^,
volet. Roger Bacon avoit eu l'idce
dunch» volanci qui a peut-être
donné au Cbanoinc d'Ei^ampçs., M-
dcs MazuTcs , l'idée de ton cabnoJec
volaDt, donc on n'a plu^ cE^rendu
parler. Lp P. Honoré Pa^rj i'étoic
occupé d'un vaiiTeau volant, aullî
bien que plufieurs aucces Phylî-
cieni, dont George l'afcKius indi-,
eue les noms & les Ouvrages dans.
fcs Inventa ^çva jinùqua , cliap. ,
VH , pag. 636, édit. de lyoo , ,
1^-4°. L'on y trouve aulfi des obler-
valions cuiieules fut l'acide volec,
dans les aifs, fur ceux qui ont tenté
de voler , fur plultcurs automates vo-
lans , tels que le pigeon de Bois
d'Archjitas , de Tarcnte , celui da ,
P. Kirehcr Jéfuitc; la mouche Se
l'aigle, dont on attribue l'invention
au céiçbie Regiomontaaus, Cetce
','- Juirir iy9%. 1095
moâchc de fer vola , dit-on , (uc
plufieurs pcrfonnes , à Nuremberg ;
Se i aigle 9 après êcre allé au-devanc
de TEmpercur Charles Quttir à une,
diftance aflèz conCdérablc de cette
vUle 9 y rameDa ce Prince.
. Le P. Laoa » qui s'ctoit fortoc^
cupé de mécbanique , employé tout
k chapitre quatrième de ioù\ Pror*,
dromo. aie aru MAtfiraj à prpuver la
poffîbilité d'ut^ vaiâcau qui iroi(
dans Fair , cooime les bateaux navîr
eenc fur l'eau j ce vailTeau devoifi
ctce à mâts & à voiles \ l'Auteur en
donne la figure à la fin de fon vo-^
lume i il avoir % à la poupç & à la
proue 9 deux montans de bois 9 por*;
tant chacun un globe de cuivre qui
dcvçit être exaâement purgé d'air#
Des induâions tirées de la pefan*
teur de l'air & de la légèreté qu'acr
qoicrt un vafe qpi en cft purgé , pei<>
luadèrent au P. Lana , que quatrç
globes dont il armçroic fon vaiiteau ,
contrébalJMiçant Tuffifamment y p^
leur lé|[èreté le poids de cette t^
logfi Journal des Sçavans ,
<:hinc & des homnics qu'elle icnfer-
moit, ce valireau monteroit ncccf-
foiremcnt en i'âir dès Cjuc l'on cou-
peroic les cables qui le retciioient
îurlc ch3n[iL'r; qu'il s'y foutiendroic
& qu'il vogucroir en Tair aulîi ta-
cilcmeni que les bateaux iur l'eau.
L'Auteur ajoute que la rhéotis fur^.
laquelle il érablir la podibiiiré de Ion
VitilTtait, ayant ^té foigniufcmcnt
examinée par des perfonnes habiles,
elles n'ont trouvé aucune crrcui dans
fcs calcuN.
Le ProdroT.o du V. Lana étant
fort ditStilc à iroiivtr à Pari', M.
dcS.L. avertit que Jean Chrilioplic
Sturmius en a traduit ît fhiapitre en-
tier, furJa confttuaîofcidùyaïfleaa
volant ; cette fràduâton qui, pat la
comparaifoti que M. At%. Legcf en
a bite avec l'original Italien , lui ti
Êatu-esafte, efl réimj^rimée-dâtH le*
j»rc de Pafchiùs.' - ' "■ ' ■-
■ 'Gepeii^ant tint -feor' JuB 1»ftMii.
ctAip dé 'calculs poôt'fenvtrilcrks
*^s du P. iani. L'air ^ huid
Juin 1781. 1097
ccBt foÎJ plus léî^cr que Tcau ,
ainfi , le bateau* qui fc fourient dan^
l'eau dcvroir non-feulcmcnr erre vide
d'air*; mais avoir huir cent foisj>l'i$
de volume pour la même malTc. Un'
homnie a beloin d'occuper environ
deux pieds cubes dans l'eau > pour^
s?y fourenir ^ luppofons que lebareau
pèfe feulement autant que Thomme ,"
si faudroir qu'il occupât quatre pieds
cubes dans x eau , & trois mille deux
cens dans l'air ; ain(i , il lui FaudroïC
une chambre qui (ûc quinze pieds en
fous fcns-, qu'elle tût vfdée d'air , &
qvi'ellcnc pefârpas plus qu'un hom-
me j ce qui èft humauicmcnt inipo.'-
fible.
'^ Oh a cherché à fuppléer au vo- '
lume^ parle moyen du choc des aî-
lës , à la manière des oifeaux ; mais
ctM tft également împofliblc , à rai-
Ion de la foiblcfTe des mufcles et
l'homme; relativement à là malle
qVil ï'agit d'élever, -à la quantité
ifmir quLÎl faudroir ' frapper-, ic
{
V^^Zj Jet/maldts SçMvdnst
à la vircHè (|ii'U faudioit donner w^
mouvement des ailes. -
M. Coulomb, habile Ingénieur, ac*;
lueilcmcnt de l'Académie des Sçien»,
C|Cs , y a lu un Mémoire en 17S0,,
dans lequel il ex3Ri:iic le plus grandi
cftct que les homnïcs peuvçni pro-,
(luire pendant quelques ftcohdqs.i,
cn.-conridccant le produis de la vÎk.
tclTe, du rçms j & du poi4s ; & yi
appliq+i^ni Ifs expérience^, j1 irouviCi
qu'un honjine.qui pèfe ce(ir quatanfc,
livres, ne peur cx.cçer une prel-,
{ioii cgaj,c à cenc qtiaranre iivies *,
qu'avec une yîrellc de trois pieds pat
(cconde ;, & qu'il faudtoïc, pour le.
foutcnir en l'air , cjue îa furface des ^
afies, niUL-savec ceccc-vîceflp, fût de
4puze mille picdj ; il ne poucroiMa*'
rnais augmenter fa preflîon fans d;-;
mjnuer la vkcIIc; ainfiiln'ya au--,
cun bras de levier ni aucune machine
qui puifle augmenter cet cffeu Mais ;
comme il y auroit niceirfiireïçenc 4* ,
teins & des forç^. perdus po^r iç*,
Juin l^%^. ... loM
lever les aîlcs, & pluficurs autres ef-
fets à déduire de ce réfukaf y il faurf
droit peut être douj^ler ou tripler les
ailes. Or j il e(^ yilibJc.ment impoC-
(îble L^u*un homme puifTe , fa^ns^vpir
d*autrc point d'appui quelui-niême^
foufenir 8e''maficEuA£r des plans de
ceril jquatrc vinjjt; pieds de long» &
amant dclàrge,c'eft-àdjr«,pl'jscten-
^us quç lef voiles d'un.v>ii(]cau ; cria
(uffirpour flirter qujauçune tentative
^ans içe ge<vrç.»iiV-fçawroît jamais
rèiiffir. lies oiicaux ont les mufclcs
dcs.^l|s%^b|îaïic/pUp plji^ torts i: à .p'tlo-
portion du poids de lair corps , 6C
\\% 'peùVçiH donner à leurs itîlcs une
plus giandç.viuile que celle, dont un
f^ommç.eft capable , d'après Tcxpé-
riencc. Ainfi , rinpnpîlîbiluc de te,
ioutenir en frappant Tair ed aulli.
certaine ,que Timportibilité de s'cle^i
ver -par la pcfanteur (péciâque dcSr
corps vidés d'air«
^ «
j^
X 100 Journal dtt Sçavans ,
TttAtTtdtla SèJuaion , con-
Jidirit dans tordre judlciain. Par
M. Fournil f Avocac au Parle
icfnt.
Uitrt^ non abattre,
- A Paris, chez DEmoiiviiie , Im-
• primcui-Libiaiie de l'Acaiiei:>îe
. ï'ran çoilc, rue Chiirine, lySi»
Avec Appoi acion & Pnvii^gc dit
Roi. Un vol. ia-ii. de 461 pag.
Premier Extbait.
CE T Ouvrage; cft conracré X
traircr de la Séduflion em-
ployée conrre les filles ou veuves ,
pour parvenir à triompher de lent
iagcJIc. L'objet de l'Aiireur n'cft pas
de confidércr cet attcntar (ouï les-
rapports , avec la reln;;on ni la mo-
rale ; mais feuieinetic tous ceux <]u'it
peut avoir avec l'ordre judiciaire , .
& de réunir en corps de droit 1«
diâfâens principes analogues à cette
Juin €781. " i\o\
atîifc. Ce traite eft d'autant pljs
île qu'il cft uniquement dcftiné à
^profoodir cette matière , & que
ux qui aarpient à la traiter .de-
ut les Tribunaux ^ y trouveront
unis ) tous les principes, les.au-
rites s Içs moyens & . les déci«
>ns des Tribunaux fur une matière
iffi délicate &-auffî }ntcre(Ianto
Hir les p/èrcsj3c mères , & pour les
l^ fàges , mais foiblcs 9 que Tarti»
:e des hommes audacieux & liber-
91. parvient ï fédgire. Beaucoup
Auteurs ont traité c«tte matièret
aïs très*légèrement & dans desOu*
âges 5 ou Diâionnaires j où ils en
■îtoient en pafTant beaucoup, d*au-.
es; mais M.Blondel, Avocat , eft
premier qui l'ait traité <xprofeffo^
; qui ait raiTemblé dans un Teul
irp« d'ouvrage tout ce qui la confi-
rme. . )
Nous allons tâcher , dans ce ^re«
lier Extrait, de donner une idée de
i dîvifion de cet Ouvrage , fi im-
ortaac pour ks famiUes^ & de i oe^.
i
«,i..cip«'' ,"'„, 1, détail J« 'i*'^.
par,.», q-fo^v'S. "'*»""■ ';"*■
1^,1 pém-i. »««„•„, que
fe«confon'î'=f°"^,a= «*«*■>,"
« ™v cot.l4q>«« '" f
TtàTF.
U Oédaration de 17^9 rexpref^
fimï de ^ommtrct jlUtucy pour déH*
gaop^qexjuieft cohmiidans le^drbic
>vafinn!Mr A^motfiapre^ Téfetvant
Id tkpe at^tf/'/ ^ ftduâficMi pour un
délit id^iitie dmtt efpèce ^ 6c>qui dr^^
fère^cflciitaiéiyeitilknient'da' com*
«lenft UKsm :p2» fod objet & pat
. £ lifÂmrtir 'développe d'une ina«
.sière^«rès--daire dans ce chapitre
. piaf limmire 5 cette divifion; nous
gUoni rupponer fes propres e}^pte&
fioBf 9 <1 après Iclquelles le» ^ \zJsSp^
^cecns'J» pourront juger de fon ftile ^
de f* méthode.
■\i- «Lorr4|ue4e ilupce eft Tcffet de
-># la feule fymparhie des inclitia*
étions, & qu'il n'eft intervenu dans
. «la fédudion exercée envers la frm*
^«jtie» d'autre agent q^e cette -impui-*
*iion catutelle qui rapproche fatis
V mfltt un fexe vers l'autre^ ceft ce
:i»mi Vappeile commercé iUicÎH^
èibaifa^ criminelle^ concubinage ^
mkaiisudê chamillc^^^êc-àtiii biai
Â
1104 journal Jts Sçavaas ,
« douce fort grave aux yeux de li
m Religion , puifqu'il offre l'mfrac-
m tion de J'un de fcs préceptes lis
■> plus tigouTcus , mais roléré par
H notre conJtttution civile , qui ne
«s'en occupe qu'aurant qu'il feroit
■taccompagaé de fcandaie.
» Si le trioniplic remporté fur 1*
ufàgellc d'une femme n'cll dû qu'à
«des manœuvres criminelles & à
•• des moyens odieux , le commerce
willicirc prend le cjraificrc d'imc
» \ti\;fidu3ion, quiexpofe lecou^
B pable à des peines plus ou moins
»> rigoureufcs , fuivanr les circonP»
« rances & la qualité des perfonncba
«Entin, (i ia fédu£lion ne s'tH
npas bornée à la ieuic infiaâ'toa
H des loix delà pudeur ; H elle s'eft.
» étendue jufqii'à blclfei la puifTance
» des parîns InrJcjrs enfans ; (î de*
» vues d'intérêt &: d'ambition fc
» font mêlées au Héibrdrc desTcns,
»alo[S patoît le rupidijiduHion;»'
Ce liant CCS diflïrens objet^qul-
fooc ttaicéstians les trais paiciES de
Juin I7Î1. iioy
cet Ouvrage, qui font divifccs par
chapirrcs & les chapitres par para-
graphes 9 & on trouve avant l'Ou-^
vrage, une table de ces chapitres fc
de leurs paragraphes , & à la (in du*
Traité une table des matières fort
ample & fort claire, & par c6n(c-
q jcnt tris-utile , pour trouver fur le
champ refpècc particulière que l'on
auroit à traiter en juftice.
L'Ouvrage cft précédé d'un aver-
tKTement très-court & trèi-modeflc ,
dans lequel l'Auteur, en difantque
fon motif aété, en raiTemhlant dans
un Tfaicé les principes, les déci-
dons .& les autorités relatives à la
féduâion des femmes , d'en former
im corps de dodrine auquel on pût
recourir dans l'occaiion. Il s'excufc
d'avoir quelqucifois combattu les
déciftons d'Auteurs accrédités ; ce
n'a point été , dit^il , par le goût de
la nouveauté ; il a cxpofé Tes rai-
fons , & il laide aux Juritconfuites
à juger de l:ur mérite.
il juftiBc cnfuite le titre de Tr^iti
Juin, Prcm Fol. hw
dû. Uh féitftiSidu qu'il, a iwnk ' &' fou
Livre , - que lu :4àiecte de «cm lan-
gue la iofci^e^véifrer i toutAiirrc)
6c la. mêofic ration , dî^il ^ Ta dé-
4écerQii0é i introduire le terme d*ao^
êiçM ûfi ditlaranon dePaiermté ^
pOMS- je9pffin]^.raâ!t0O'*0ui appar*^
^enf* àr-UDc; fiUe çpniie l'auceun dç
la gtqÔkffç^oxiLifm, timumàùûkmï
entant contre cdui qu H.iaècciid^BCfe
fon père HatftreL * '
On avoit-^ 4ans -qaelqiiBf Pro*
vihces de Fnmçe^ appelle tfoKa^ êii.
iflgravUtiéi^ffïf >: b tfemaodrf icjm
iormje luiC 6Ue enceinte cootfcraa-
t€ur de fa groflcffe ; nais o^exx-
preffion p^oit, avec fâi(bo/Jfii«
projpreà notre Aamiri:etle"9econ«
v^cnt qu'à 1# demaslde'fbrnaéepar
lUie mio enceinte» ic-non à celle
4*^i%e:6iie'âp.ro$ ion w^nchcEoitnc::
en ^qndi Upn % cUc àr, poucrctte
convenir à Ifi demande formée pio^
Tenfant coitfie ion père natotel; au
lieu que la demande en déclasatioa
4e paccmité le concilie avec toutes
Juin 1782. 1107
les hypothèfcs , & qu elle cft d'ail-
leurs plus honnête & plus décf*ntc.
Voici comme i'Auceur £aic iba
AverrifTemirnc. ,
ce Je dcïire^ dic*il , que l*on ob-
•» ferve % cecte occa(îon Tatrentioa
^ extrême que fai eue > dans le cours
M de cet Ouvrage > à ne rien laidèr
v> échapper qui s'écartâc de la plus
9» fcrupuleufe décence.
M Je m'en fais d aucs^nc plus de gré
» que, d'un coté ^ la nature de TOu-
M vrage femblpitautorifer bien des U-
»> bertés à cet égard *, & que , de l'au-
» tre coté, f avois fous les yeuxlexen)-
^ pie de plufîeurs Auteurs graves ,
«»quinonc pas ufé de la même re-
•' tenue. Ceux qui font familiers
a» avec les Doreurs , favent avec
wquel cynHme ils ont traité cette
» matière ; & il y a tels paflages
^ dans les Ouvrages de Boërius^
•3 de Névifan ^ de Menochius , qui
ipne peuvent être honnêtement ni
a> traduits ni cités. »
Cette attention de TAuteuc më^
Aaaij
Ijbflf Journal ii$i Sçavans ,
ritefiins cloute c)u*on lut en. fâche
gti ,8c ajoute un pris à fon Ouv agc,
ilu foods duquel nous obu^ occu«
pcrons avec plaifir.dans un fécond
Extrait.
[Ex. d€ MiCoquetey dt Cbauffipierre,]
ÉXTRAÎT des Obfirvdtions Mctio^
iolé^ques faites à Montmorency ^
par ordre du Roi ^ pendant U
mois de Janvier* ijSx , par le R.
' P . ÇotH\ Carre/pondant de C Aca*
-demie Royale des Sciences^
L'hiver ne s'eft point encore
fait (èntir; Taîr a toujours été
fort doux^ comme il Tavoît été en
Décembre» afîcz humide & ora-
geux ; la température étoit bien di&
feremô en Suède y en Allemagne,
en Ruffie , en Hollande , d'où Ton
mandoit que le froid étoit très- vif
& la tieige abondante dès les pre-
it^iers jour» de ce mois. Le 1 1 , )*at
entendu la grive ; les boutons de
jp!u(ie4r5 poiriers étoienc très* gros ^
Juin 1781. * 11^9
ceux. de la violette & des jacinthes
éfoient prêts à s'épanouir j \qs pri«
nievers des jardins fleurifToient \ on
yoyoit des amandiers en deurs. Les
abeilles n*ont point été engourdies»
Les' blés étoienr très-beaux & très?
forts. Le • peu de neige que nous
^vons eu , eft venue par giboulées ^
comme dans le mois de Mars : mais
auffi il' efl à craindre que la tempé-
rature du mois de Janvier n'aie lieu
en Mars.
. Températures eorrefpondantes aux
différens pqint^ lunaires Le 3 ^ ( 4.^
jour aprhs la P. L. ) couvert > doux.
Le 6 > ( Z>. Q. & équinoxedefcend. )
beau*. Le 7, (^périgée) couvert,
pluie 9 grand vent. Le ^ , ( /{.^ jour
avant la fJ. L, ) couvert , pluie ^
tempère , froid le lendemain. Le 1 2 j
^lunip'uc aujlral^ beau , froid. Le
13, (M £.) idem. Le 17, (4/
jour après la N. I.) nuages, pluie,
vent , grêle , tonnerre , froid. Le 19 ,
( équinoxe afcend. ) couvert , brouil-
lard, dégel. Le zi , ( Z'. Q 6» apo*
A a A \\\
II f6 JottfPiâF iis Sçavans f
géê ) nuages ^ plutè , douis. Le ï^'l
( 4.C jour avant ta P. L. ) nuages ^
pluie 9 grêle > tennpête. Lé 16 j
( lunijlice bùriat ) couvert 9 pluie »
f€mpéte« Le 19 ^(^P. L. ) nuages j
wit ftoM. •■■ '.
• Tcrrspbamu' de ce tndis éani tes
annits de^tapiriàtté-tânàm totf^pon^
Janics vè éeilâ'^i, Quamiié dtptuitL
En 1695^, )5)i*lig. En'î70^, S 7 lig;
¥cw d'èft.En *7i 5 v^ 5 7 Jf. En 1744 ^
5 ^ îi. Plus grand froid, à Pa.rFs/ 8 ^ de
roiicteifârkft* 4à\4 } &' I Dcriiain-
villjrsî 9 ^ èïéMtori^firtipn le î;
Plue grande éUv^nion du iarômètre,.
« Paris . iS pb. 7 lig.lç 4. Tcmpé-
laturc froide & fçchei En 176J.
Gelç cominuelle jufqiiau 19. P/ai
grande chaleur , 9 1 '^ le 29. iP/w^
gfàhd frûîd^ 10*^ de conddifarîon
le i^. froid moyen ^ (la chàlcui^
ayant été nulle) i, i6^de con-^
denfaçien. Plus grande élcyaùon dt^
haromhre y 17 po. lO lig. Je 15.
Moindre , t6 po. 1 1 , O lig. le 31.'
Moyenne^ 17 po* 6 9 o lig. Nombrt
. tr JtiiM 1781. un
des jours de pluie ^ 4* De neige f.
De vent , i. De brouillard ^ 7. Eft
178 2m. VentdominaMy fud oued \ il
fur violent les 3, 5 » 7 , 9 , 10 .
16 9 & jfurtour les 15 9 16 , 17 , 18
.& 19; JNus grande chaleur ^ 9'^ 8-^
Ic'i.à ^ U.ydir, le vene fuvi.oHeft
& Je ciel couvert. Pius g^and froid ^
1 , 9 ^ de cond.nfarion le -i ; , à
7.^ h. matin , le vent nord-ç(l & le
.ciel couvert , avec brouillard. Dif-
férence y 12, 7^. Chafuirmoy^nne^
au ;n^2///i ^ 1 , 8 >^ ; à m^Vi, 5 , ! ^^
auyoirr } > 5 •'• Duyo//r, 3, 8 .
P lus grande élévation du meneur e,
28 po. 4 , 8 lig- le 1 2 , à 9 h /ô/r,
le vent nord & le ciel couverr.
Moindre , 17 po# f , 4 li ?^. le 9 , à
8 KJoir , le vent fud oucft f^rc , &
le ciel roiiverr. \Diflrcnce^ 1 5 , 4 li,
Elé¥aiion moyenne ^ au matin ^ 27
po. 10, I lig- ; h midi ^ 17 po.
10, 2 lig. ; ùufoir^ 27 po. 10,
5 lig, D\x/oury 27 po, 10, 3 lig,
Marthe dw barotnltre. Le premier ^
à7^ lu matin^ 27 po. 10, 3 lig.
A a a iv
Du i.^'^ au 4 ^ monte de 3 , j Kg.
Du 4 au 5 , baiffi de. 3 ». € lignes.
Du } au ^> ir»oii//dexV9 lignes.
Du 6 9tt ,9^> ^fi/^ de i& » 1 lignes.
'Du 9.201^.11» mQwé de lî^^lig.
'th^i^ au j7,^À^dcc«^9 ïi.ltg.
Du 17 .au 3iO , W^Mr^ dé 4 vT^li^.
Du 10 au 11 i baiffi de x » X liig.
Du XI au 23 9 montidc y, f* hg«
Du X3 au x6 , ^ni^i?' de 9 * 5 lig.
Le 16 ^ monié àc 4» 9 lignes
Du x6 au X9.; taijjl^ \k^ ii^9 ^^gr
pu 19 aû.31 1. momi d^ 9.y~x lig*
^^ 3 ï f à p ïi.fpir^X'j pp. Jav * ï "•
On voir qu'il a prodigieufeitient va-
rié furrouc en montani > les. 3 , d »
8, 10, 18^ XI» 25 , z^» 30& 31 ;
& en defc^ndant ^ les 7 , 9 , 16 ,
26 , 27 & 29,
Hygromhre dc^ Béé Buijpxru Plus
grande iUvation^.xi ^ -4^ le x^,à
i h y^/V, lèvent nord-oucft très-
fort & le ciel en partie couvert.
Moindre y 1,0^ le 21 , à 7 -j h.
matin ^ le vent liord-oueft & ie ciel
.couvert avec pluie. Di§innce ,. 204
, Jtii/i'iySx, in^ï
4^. Elévation moyenne , au matin ,.
8 , J ^ ; à midi y 13, 6 '^ 5 au Joir ,.
»i', o^. Du/our, If , o^.
f. L*bygromècre de. M. i>^/i/c Terra
bientôt réparé fous les yeqx .niciné
<}e fon inventeur ^ui c(l à Paris.
L'aiguille aimantée a été Aacix^n-
fitirc è'20 .^ 25 '.Elle éft audi pref-
que ftationnairrà Francker en Frife^
&; continue de tarier à la Haye» eu
Hollande. Y auroit-il des périodes .
de variation & de dation relatives
au tems & aux lieux ? C'eft le foup»
çon que forme M. KdnSwindtn ,
& que Tobfervation feule peut con-
firmer.'
Jl eft tombé de h pluie les i , 3 ^
5>7> 8, 9, 10, 16, I7,xi,2x
13,15, 26 , 27', 28 & 30. De la
neige , les 1 8 , 27 , 30 & ) i ; &
de la grêle j les j6, 17 ôc 25. La
auantité d*eau que j*ai mefurée a cté
c iJfy 9 lignes. Du 27 au 31 , il
en eft tombé 12,3 lignes, plus en
nrige qui fondoic auiCtôt , qu'en
pluie. XJivaporation a été de i ^ lig..
 a a"?
dans le vafe de| poocos^ 9c£kt%
dans le têlk àc éfouctê. J*ai iieii <lo
croire que Ici grwds vents on £iue
fortir de Tcaa de ee Asrniet fmfc en
ragitanr^ fa furface iunc qiUKie
fois pins gfande que celle du pçtk
Tâi encenda deux poupe de imm
mrre éloigné ie »7 aptes «nid» ' - -*
» Noos ii*avo» pout ett de ma»
hdest
I.*
♦
Juin 17S2; f 115
KOUFELLES LITTÉRAIRES.
PROSPECTUS d*un Outrage
inticiilé , De rtladone mmua ca»
paeisaiis & ttrminorum Figurarum
geomeirUt confidtraia : Seu dt Maxi'
VHS& Mimmis. Pars Prier elcmenta*
ris^ C€ft-à*dircy fur la dépendance
mutuclie de la grandeur des figures
& de leurs limites conHdérée géo-
tnétriqucment ; ou première partie
élémentaire d'un traité de Maxims
êc Minima. Par Simon LhuiUiir^
choysn de Genève. Cum Fig. in-/^^
Vétrfàviœ Liopoli & Drefia. typis SC
fumpùbiis, M. GrolU
Ce Profptôus a 8 pages m- 11.
On y voit que l'Ouvrage a dû paroî-
tre au mois de Février ^ en X40 pa-
ges i«-4^r avec 6 planches. Il elk
dcftiné .à Icrvir de fuite aux .élé*
mtn& de mathématique , que f A»-
tcttf a compofés pour réducatioa
A a a ^î
nié Joummt dis SfivéUis f
.publique cn.I^logaQ^ ji apt^.rapr
pcobar^on 8c l^ovicauiHi àç la f m»-
'miffibn établie pour câ 'Vnfi(H>irtànc
obje^cQl^oiqitç Qp witj^ , ^>ffl dans
fa totalité > ne piniTc pas iervir de
b^Çç «ut IfiÇ'om piiblîques. dsins le(^
jqucU.cs earoft- obligé de refermer les
tobiccs 9 ^ d'infiikx fiu o^ux donjtkf
^ppUcaum$ (Q|it.lç$i.:pit|j^ fréquciift;^
AOkûTSitt, ^^yx, ,Maîiîrcrf. fid vnciii' ' è
fou inlpeâjoo i de regarder ce livrç
<ofniiie^n rupplénaeot important au
cours qtii'Jçii/ eft preicrir de fuivre
fil ComAfç mx.fnôyen diP f^riifiiêr.dan]^
J^4J(q[ien^ & de prép«rçf aUx, parrit$
^lus di&ilçt, les'içune9 gea$,^ue
leurs' âifpofititiiUs^poc^eToae ifaiie^
.une .étude plus fuivie des snathéma-'
xiques ^ de ieujTMppiicacipiis./ . >
. L'P^yîagc,eft divifc en d^uklir
Xrcs.|dwtJCtt0<:4 Jr^ttf i£ à^Xv4nfir*
ce^ pikl^siaMjc iSgur<)s i6)p4ri^étrcs
^i'flQc/û^O^lémcntaifç:; Uicçpfid
Ijyrcjraicp de&ioiidçs, cpn&rinç?
«>
' Juiniyîi. 1117
ment à la divifion des élémcns de
TAurcur, Dans celui-ci ronrrouvc
pat exemple TeTpèce de cône droic
qui jouit de la pro^priéfé dii tnini"
rhum •miiiimorum de furfacc avec
]a mênfe folidité. La féconde partie
traitera des Maxima ù Minima j par
Je calcul intégral, (i TAùteur trouve
MtCct de tems pour y mettre la der-
rière main.
f ' Op trouvera cet Ouvrage à Paris ,
Éhez Quillau aîné ^ Libraire , rue
Chriftine«
ITALIE.
B E Rome.
Del^ origin^ ed iflituto dtl Sacro
militar ordinc di 5. Giovambattijla
Gierofilimitano detio poi di Rodi y
pggi^di Malt a Dijftrtatïont di Panh
j^ntonio Paoli délia Congr, Délia
Madré di Dio^^PreJuUntedell^ Aca^
demïa de SJgnori Nnbili Ecclefiigfikr\
m»mà: îy8i» Nella SJûtmf^fiarJi
\
11 tS Journal d^ Sfdvàffs ,
Luigi fatgo Séibfiom. itUi S^^
in*/^. fivçe 5ine Eptm di^dioicoiceii
RomitnU6tJ€ BraJMx Omê^Aiff^
dcUa Sàathm 4i Né S. Fh Pmpd
VP. Su0 Ma^pmrJêm « Ç^éUêm
dur OfSn€ Mifofidmih-
neveu de Scbaftièn Pabli, viniks Jiifif
lortefis .<Ir XS^àtt et MaIiCc i <|«i/cn
fcnrimenc fur rorigine & l'éiid^liâc-^
ment de cet Ordre le diftingue de
rous ceux.^ul gHr écrit uvant lui;
nous eflajerons de le (aire con*
ùoitre.
m S F 1 o A« W ex»
Rtftreuo iklP Oprvmiioiu ittt
Eclm Soiéin.M di i^.OSohnf
dm-àntn tmniut ty9t,'fatt»»elUi
yiH». di S. £, il JSig. Cita Aihtr& ^
iniiiogÊhdtttè Mt^ifuMHUdit Aka»
Jsomuîk Xitmmt MatoMiitm M
Juin 1781» 1119
S, A. R* Socio dcW Accademia M
Pimoburgo &c. E Ridotta al tempo
V€rù dtl meridiano di detta viiia in
Finn{€. 1781. 16 pag« in* 4^.
Gctc'e Obfenracion a été faite pat
le ?• lOtncnes , Aftronome célèbre »
donc nous avons eu occaHon de par-
ler plus dune fois /fous le même
méridien que Florence , mais c]ua«
%H minutes plus au midi. Le com-
mencement a paru a 7 h. ) 1 ' 40 ^^ y.
& la fini 9 k. i 9 ' 45 ^^ On y trouve
24 Obfef varions des phaies de Té- >
cUpfe merurécs par le moyen de l'i-
mage du iolcil ^ re^ue au travers^
d'une lunette achromatic^u; de 3.
pieds 9 pouces.
HOLLANDE.
B'AMSTXmDAllU
. Mémoire fur tes Obfcryatiomg^
Mkhiorolagiquts , faites a
em Frife , fondant le eaurant de t
lil 1D: Journal diS S
Proftfleur .le Phil
niverlïti de Fianckcr 4
Académies de BfuxeUei
des Sotiétés de HoUi
oechT', Cortcfpoi
luiC' Royale des *
A Amfliidaiti ,
Rcy, I780. in^\,
& (e trouve à Pai
Libraire , cjuai des Atq
4 livres.
On trouve chez le mêifé
les Burrcs Ouvrages du I
tcur fur !e froid de 1 7
tbermomcctcs.
Traité dt CElafiicîUà
^autres Fluides ;
rafTcmblé toutes tes esoi
ïlif<]u'à prcfent dans ce»
avec:la dcfcriptiotv ^ul
machine pnut prouvci J
fioD.dcs fluides & dïïl,
«ux^ellcs elle a fcrvi- P^
Zinimèrmam, Profcdïr
tile a annoncé , en
Qu'elle propofoit, pour
"» de ce genre , le fujec
If&t Syfiimt dts vaifi
Iptu.
%aij[eaux fymphati-
V'efpèces, comme oa
Wancé? ^
foTÎgmt 6" la urmî-
s du corps enfint:
tcefvhiffiauxfe compara
it /es glandes congloiées ?
aiitlle ejl la route que fui-
' ' irs troncs <^ai peuvent
roircs C[ai lui onc
ti-ayanrparu rem-
e s'êtoit propofi&
tisfatfattte , elle 3
c le Piix , & pro-
ï fois 1= même fa-f
1781,
iWkU'Çéneoun n'ayvit
1,1 1d: Journal di$ Sçavans^
Ptofëfreûr de PKilolàpbié , en l'U-
niverfiti de Frâaeker , Mcmbte des
Académies de Bf usccllesy de Bavière , ^
des Sotittéi de Hollande v&r ^d'U- ^
tfechr'y Carrcfponclant del'Acadé-
niie- Royale des Sciences 4e- 'Paris, l
A Amftcrdam , chez; Marc^Micbel
Rey 9 1780. in.J^9. de:ij6 pages,
& fe trouve à Parts , che:^ LecLetc, *
Libraire , quai des Augoiliifs. Pàx^, -
4 livres*!
On trouver chez le même Libraire^
les autres Ouvrages du* même Au-
teur fur le froid de 1 776 & fur les
thermomètres*
Traité Je CElafiicuédc fMau&^
Vautres Fluides ; dans lequel on a
rafTemblé toutits lés expârieocd£aites
JMfqu'à préfcnt dans cette recherche,
avecria defctiprioa d'uftè douvdle
machine pour prouver là compte!^
fiondes âui^c9& dès expériences
mixquelles elle. a feryi* Par E* A. G: >
Zimmérmam , Profèdèur de Mat hé»»*
^Iat^a£â^'d)&PbYfiqlle & id'JHrftoive.%
Juin 1781. liii
naturelle , au Collège Carolin de-
Brunfvick ; de rAcadémic des Scien-
ces de Gotcinguc , & de la Sociêcé
des curieux delà Nature , de Berlin.
A Ainft«rdarrt, 'ch<T: Marc-Michel
Rcy , 1780. i/i-8^. dç 1x8 pages &
lè^ préliminaires 14.
L Se trouve à Paris , chez Lcclcrc ,
Libraire , quai des Auguftins , Se fc
vend 3 livres broché.
FRANCE.
D E M O N T A R G I 9.
Manuel pratique , ou ton traiu
des dîfénntes manières les plusfim^
pks & Us meilleures pour faire toutes
Jortes de vins qui foient de qualité &
de garde ; sl\'cc Tare rnéthodique de
les gôuvcnier , joint à de nouveauXt
l'ccrcrs pour les bonifier & les moyens
ks plus fûrs pour les rétablir. Par
M. Brîdelle de Neuillan. A Monrar^
gis, chez P. P. Libraire, près 1^
G^ole^ 8c fe trouve à Paris ^cUtiû.
1 1 1 ( Journsi W#i 4ls^^^s ,
Méquigndti , Libiçire* rue^e^CfOf»
ucliers. \^tu BxockulP i^ix if.
lO} pages,
DE P A & I 5i, ;
dimU RpyàU dL S<knc€S.
■ • !
L* Aca dé m - e ^ toujoun; cmprfc 0^
de concourir au progrès àt\ Sciences^
ic fc rrouysEicrç^ à ;.pol|c<; (^ difpo^ct
d*un fonds, propre à donnât: lin. Prix
tous lc> deux ans y a lEçiohpt^ .-rcn
1 777 , de joindre un Prix de Phy*
iicjue aulc Prix de Mathéfliafiqae
qu'elle cd dans l'afage <ie décérnet^
annuellement : elle a.propofé j^it
conféquençe ) pour fujec decf: Pri^ ji-
Téxamen des Queflions ruivan;es «
dont la foJution lui jii pa^u devoir
être unie aux ^rts»
I ^. Diurmintr par dts cara^res
conjians f. faciles à faèfir mé/m /?4f
ceux qui t^ont pas'jaU i^^i$sj\^
pariUd^Ure de. U Bo^^^rùpu -, /(t^^
Juin 1782. IflJ •
fcrenccs qui exigent entre Us Jive/t
Cotonniers (tAfie , i^ Afrique &ctA^
mirique.
2^. Indiquer Vitatnaturtl du Co^
ion dans fa coque après la maturité »
fon adhérence â là graim ^ la manière
dont fis brinsjtnvtloppênt Us graines ^
afin d*en déduire le meilleur prociii
pour les en féparer dans leur pluS
grande longueur.
3*. Etablir ,'d après dïs épreuves
fujflfantes^ Us rapports, des degrés dt
finiffiy de blancheur^ de longutmf
& de ténacité qui /ont proprés a»si
brins de chaque efpèce du Cotonnier^
ainji que U rapport de ces qualités avec
4a perfeSlon dtsfUatufcs.
L'Acadctuic ha reçu aucune Pièce
qui ait ircnipli en entier les vues du
Programme : en confccjuence eilc
propofc de nouveau le même Gijer.
Elle a cru cependmt devoir ac*
corder des éloges à la Piçce, N.^ I ,
ayant pour Devife î iXîWi bonei
dans laquelle elle a trouvé des détails
incÊrciUQs. Elle invice TAuteut à^v
i]'X4 Jourr^tdis Sçawans ,
continuer fon traYaîl,^ en; iniîAsiîrt
davantage f ur la- diftinûion précife
des diffèrenrcs efpèccs de C.orolis
cultivés f fur les .procédés qu'on
çmploie pour lia .filature des divers
Coton$ dans les dtflcfeps pays ^ lut
la comparaifon de ^ces procédés 9
relativement aux di£Féiens climats ,
fur les moyens qu'on emplcTiè pout
le tilTage de ces . filatures. Elle
l'exhorte futtout à tqurnet Ces *vues
vers lès moyens d^améliorer les C<>i
tons der nos Colonies ^ foit en per-
feâionnant par la culture» ou par le
choix des plants > le Coton quVUes
produifcnt^ foit en adoptant -de
meilleures méthodes de le préparer
pour les ufages des Arcs.
Les Mémoires feront remis avant
le premier Janvier 1 784^
. Le Prix icra de 1 500 liv.
Les Savans de toutes les Nations
font invités à travailler fur cç fujet ,
même les Afleciés étrangers de l'A-
cadémie : elle s'cft fait une loi d*en
fxclure les académiciens segnicoles.
Juin 1782. 1115
Les Mémoires Icroiit écries en la-
tin on en françpis. On prie les Au-
teurs de faire enforte que leurs Ecries
(oient linbics.
Ils ne mettront point leurs noms
à leurs Ouvrages, mais feulement
une fénfence ou devife. Us pourront^
s'ils veulent, y attacha un billet
cacheté , qui contiendra , avec la
même fcritence 3 leur nom > leurs
qualités , Si leur demeure ou leur
adrcfle. Ce billet ne fera ouvert pat
FAcadémie , qu'au cas que la Pièce
ait remporté le Prix. Ceux qui tra-
vailleront pour le Prix , adrefferonr
leurs Ouvrages , francs de port, au
SecrctjiiredcrAcadémîe, ou les jui
feroiit remettre entre les mains.
Dans ce fécond cas , le Secrétaire
en donnera ibn récépiflé à celui qui
les lui aura remis , dans lequel fera
marquée là feotence de rÔuvragc
& foii numéro , félon Tordre ou le
tems dans lequel il aura été reçu*
' L'Acîldérnic. proclamera la Pièce
iix^ JourMéida Sçamns f
qui aura mé/ité ce Prix » à fod Afièm-
bléc publique i!^ '^^^^ 9 7^4»
. $*il y a un récif iui du Secricakc
f* ôur la Pièce qui aura tewfoni le
rixy le TttSpûcxdc rAcadémie dé-
livrera la roninie;dtt Priai- celui. qui
]ui rapportera le lécépiifi : il 11*7
âiira à cela nulle autre .formalité.
, S'il n* y a pas de léçépiiS du Se«
crécaite> le. Tréforier ne 4^yrera
ic Prix qu^à TAuteur même , qui fe
fera connoîcre , ou au p<»teut aune
procuration de fa parc. .
'^utrc Prix de Pkyfyui pr^qfl pat
la mime jicadémUm
L'Académie , toujours enpreiiS^e
de concourir au progrès des Scicncesj
ic fe trouvant à portée de dilfofet
d'uip fonds propre .à donner un Prix
tous les deux ans ^ a réfolu ^ en
1777» de joindre un PrixdcPby-
fique au Prix de Mathématique
qu elle cft dan^ Tulage àç propofcr
Juin 1782.* 11 27
anfluellemcnt; elle a annoncé , en
conféqucncc, qu'elle propofoir, pour
le premier Prix de ce genre , le fujec
fuivanr i
LExpoJiHon du Syftime des vaifi
ftaux lymphatiques.
- Y a-Ml des vaijfeaux fymphaii'»
qaes de'plujîeun e/pèces, comme ou
fdVM (Paiord -avancé ?
. Quelle en tfi P origine & la termi^^
naijhn ?
Toutes tes parties du corps en font*
dles pourvues ?
Comment ces vaîffeauxfe compote
tenê^ilsdanf les- glandes conglobées ?
Enfin quelle eji la route que fui"
rent ceux de leurs troncs qui peuvent
ètrt rendus fenfibles .^
= Aucun des Mémoires qui \vA ont
ith envoyés , ne lui ayant paru rem-
f\it Tôbjet qu'elle s'êtoit propoCS
«une 'manière farisfaifanre , elle sr
éra devoir remettre le Prix , & pro-
pôfer une fcconrfc foi^ le même fu-"
jtf pouf cette année 1781L,
Ce nouveau Concours n'ayant
14 18, Journal du Sçavuns ^
pioduit . aucuQ Mémoire qui ait
teçipli les vues du Programme ,
TAcadémie qui connoit toute Tim-
porrance de ce fujer, le propofê
pour larroifième fois. Elle déclare
de nouveau qu elle ne veut <k D*a-
doprera que des faits, L'Ao^comie
comparée pourra venir au îcçoura'
de l'ÀnatonMe .humaine ; mais ii
jgiudra furtflvt s*atci^cher à celle-ci »
confidérée dansFéta^de (améf Se
non dans celui de maladie f parce
que 9 dans cette dernière circonÇ»
(ance > locganfiadon des parâes
n'cft pas toujours exaâement celle
de la Nature.
. Comme l'Académie eft dans Tinr:
tention de vérifier les obfervations
qui paroicronc neuves, elle exige des
Auteurs qu'ils rendent compi;|Ç d<^
procédés qu'ils auront fuiyir, 4^ .
inftrumens qu'ils auront emp|o]çéj| r'
6c des iubfiances dont ils auront fait
ll(age en injeâion. L'Académie de*
iîre aufC qu ils joigneiit à leurs Mé«
moires des deûias i ou | touf ^au^
nioinSf
Juin i7Sa.' II 19
moins > des cfquifTes , lorfqu*ils le
jugeront ncceflaire.
Ls Prix fera àt 1 500 livres.
Les Sçavans de touocs les Nations
font iovicés à. travailler fur ce fujet »
& même les Affociés étrangers de
l-Académie.' Elle s'eft fait une loi
d'ta exclure les Académiciens regni-
colcs.
- Les Mémoires ne feront reçus que
jttfquau premier Juillet 1783* Us
if roiit écrits en latin ou en François*
On prie les Auteurs de (-aire enforte
^e leurs Ecrits foient lidblcs.
\\s ne mettront point leur nom à
leurs Ouvrages 9 mais feulement une
fenrence .our devUe. Us pourront ,
il*ils veulent ^ y attacher un billet
cacheté 9 qui contiendra, avec la
même . £;ntence > leur nom » leurs
^alités 9 & leur demeure ou leur
adrelfe. Ce billet ne lera ouvert par
VAcadémie , qu'au. cas que la Pèce
ait remporté k Prix. Ceux qui rra-
VjûUeirom f pur le Prix , adrcfllront
Juin. Frm. roi. Bbb
iljo Journal dis Sç/tvans ^
leurs Ouvrages , francs de porc , au;
Secrétaire de l'Académie, ou les lui;
feront remettre cutrc les mains.
Dans ce fécond cas, ic SecrécaJre
en donnera fon réccpiflé à celui qui
les lui aura remis, dans lequel lera-'
marquée la Icntcnce de 1 Ouvrage
& fon numéro , f ' n l'ordre ou le
tcnis dans lequel i. ura é:é reçu. '
L'Académie proclamera la Pièce
qui aura raétiic ce Prix, à fon A/Tcm-i
blée publique de Novembre i7i>î.
S'il y a un récépiiTe du Secrétaire
pour la Pièce qui aura remporté ie'
Prix, le Trétoricr de l'Acaléniic
délivrera la foramc du Pris à ceiuï'
qui lui rapportera le réctpiiTé : il'
n'y aura à cela nulle autre formalité/.
S'il n'y a pas de récépiflc du Se»-
ctérairc. Je Tréforicr ne délivrera
le Prix qu'à l'Auteur même, qui Ce
feraconnoîtrc.ou au porteur d'une
procuration de fa paît.
Recuùl compUi des plus heaux^
Juin 1782. 1131
Morctaux de Poejîes italiennes lyri'^
ques 9 erotiques & fugitives ; avec
des Remarques critiques fur le gemc
de la Poéjie italienne. P«r M. BaJ^^
Membre de. pluficurs Académies*
PrQpoftMpar roufcription.
On (e propofe dVmbrafler les
Poètes de tous les tems , s'attacbanc
pTtncipalement aux modernes ^ Sc
de renfermer dans buit volumes tout
ce ^u*il y a de mieux écrit en ira-
lieti dans les genres lyrique , éroti«
que & fugitif.
On n'admettra en conféquence
que les feules Pièces qui font confa-
crées , par le fuflprage de la Narion ,
dans les Annales de la Poéfic ita-
lienne 3 comnic les plus dignes de
paffer à la poftéri^ré.
Il y aura dans cbaque volume une
certaine quantité de roélies dont le
rhytbme peut être adapté aux phra«
Tes RHifîcales.
A la tête de TOuvrage , on trou«
vera un Abrégé de Thiifloire de la
Bbbij
113^ Journal d$s S fOPéms ^
Poéfie italienne » dans lequel Icm
origine s Tes progrès » fes viciffitti-
des feront dilcuiés avec autam de
précifion que de vérité.
Cet Abrégé fera fuivi d*on EffsA
fur la Piofodie f Se far le technique
delà V e rfification italienne. <
Les Pièces des Auteurs qui pnc
(ait époque par ToriginaUté de leuc
caraâèrc poétique , ou qui font tti
gardés parmi nous connpe ClaOi*
ques y relativement à la pureté 8c i
réiégance de leur dii^ion > faonc
précédées d*un Précis de la vie lit-
téraire de CCS Auteurs > ^ de quel*
qucs Réflexions fur le genre dans
lequel ils fe feront exerces.
Deux dpàces de potQS accom-
pagneront les Morceaux qui eo fe-
ront fufcepcibles. Les unes feront
des Hemarqups critiques ii les autres
compliqueront le; diâ^ultés qui tien*
nenc a la Syntaxe > où à 1 Idiome
poétique,
La $ou(cription fcjra "puveicc dçf,
' Juii^ 1781, ÎI3J1
puis le 15 Mars jufcju'à la fin de
JuiHct 1782.
On placera à la fin du dernier
tolume Ja lifte des per(onnes qui
auront fbufcrit.
La feule formalité à obfèrveri
qui aura force obligatoire pour de-
mander la livraifon des volumes
d'une parc, & pour exiger , d'autre
parc \ le prix convenu y confidera à
donner & i recevoir les noms des
Soufcripteurs dans le terme annoncé
ci-deffus.
On n'exîèera rîen des Soufcrîp-
-teurs qu au moment de lu diltribu-i
tion des volumes qui leur feront
fournis deux à deux. On payera >
en les recevant , 6 liv. pour chaque
volume /V8^. broché, & 24 liv.
pour chaque vokittjc in 4^. papier
d'HollaBwie , broché.
Les trais de port pour Tenvoî des
volumes dans les Provinces ou dans
les Pays étrangers, feront à la charge
des Soufcripccuri.
B b b ilj
. On foufcrira l Putisj chezM.
Baflî,ruc NîûvcdcsPctics.Champs^
«naifon da grand Bureaa de la Pofte
de Paris , à côri de l»rue.dcs Bons-
Enfans. Chez M. Lambert & F, J.
Baudoin 9 lmp>LibraireSf rue* de
la Harpe , pvès S. Corne* Chez Mo*
lini 9 bibraire > rue du J^rdinçc*
A Lyon , chez les Frètes PcrifTe.
A Londres > chez Hclmily,, Pieice
Molini. A Mc^drid , : chez Am oine
de Sancba. A Lisbonne , chez Bo-
Tel. A Atnfterdam 9 chez J. Corn.
Haak. A Vienne 9 chez Bernard ,
Arceria. A Hambourg , chez G.
Virchaux. A Bcriip , chez Bordeai)*»..^
A Pétersbourg , chez Porcr , Di-
reâeur de J'imprimerie de l'Acadé-
fnie. A Varfovie, chez Groell. A
Stockholm , chez \^lf« A Rome ,
chez Noël fiarhiellini. A Naples ^
chezHDominique Terres, A FilKence»
chez Jofeph Molini. A Venife, chez
Pafquali , & Remondini. A Parme,
chez Carmignanit A Turin » chez
' Jtdft 178Î. ■ 1135
lès Trères Reyccnds. A Milan , chez
J. Antoine Cairoli. A Gênes ^ chez
Gravier.A Bologne j chez les Frères
Jaruiïî,
^ Hifioirédi tEglifê , dédiée au RoL
Par M J'Abbé dt BirauhBtrcafitl ^
Chanoine' de TEglife de Noyon.
Tomes Xllf & XIV. i/i«i2 dé 5 à
600 pag. chacun. A Paris» chez Moa«
tard ^ Imprimeur - Libraire de la
Reine. 1781. Avec Approbation &
Privilège du Roi.
ht Tfifor des Laboureurs dans Us
Oijeaux de bajfe-cour; contenant la
defcription de ces oifeaux ^ la ma-
nière de les élever , de les multiplier^
de les nourrir, de les traiter dans
leurs maladies & d*en tirer profit ,
tant pour nos alimeûs aue pour nos
médicamens , & les aifFérens arts
& métiers *, Ouvrage utile aux Sei-
gneurs, aux Curés, aux Cultivateurs
9i aux différçns babitans de la cam«
Bbbiv
11 j6 Joumat des Sféiyàns i
Signe. Paï M. Bu^ho^^ Méclecin
oranifte de Monsieur-^ )&e. A
Paris'» cbt9s':DoYafKl Mévcp , rue
Galandc ; la Porte 9 rue des I^oyers.
A Rouen , chez le Boucher le jeune ,
•LîKrairer , ibe^abterie. ij% %'. ui^ i •
râe46t pages.
i LesDtolr général éUtk France 9 &
•ft DmtfiMitHlier à tato$râihe &
titrts Civiiçs ; Ctitninèâc^ Se ÊcS
clénafliquesy &un^^«pl}Câtiôn'n>é^
thodicjue des difpontions des Cou-
tumes de Tourainè & de Lodunois ,
X)ù le trouvent ;les Notes de MM.
Bernard i Dufrcmencei, Cottereau ■,
^ère jf &c. l^ar M. Ciieereaiiyûls'y
Avocat ,ifli?cc cette épigraphe r
■ *
• •. L
Non mïhi foïi LhoravLy fjud. omaibus
quirctuibus difcipUnatiu EcdL 33. l6.
Second' volume in-é^^ contenant
les Totiies Ifc, lllic IV. ATours^
chez Vlauquttr Lambctti ïiw^rfmeirt-
Juînijti. Y1J7
Libraire 9 grandVuc ; & à Paris,
chez Onfroy, Libraire, quai des
•Augttfttns. Prix , 1 5iiv. re!. en veaib
TraiU fur Us Droits Ms FilUstm
Normandie; avec une Méthode Uh
ciie & (ûre pour liquider leur légi-
time ou mariage aTçnanr. A Rouen ,
chez Lcbouchcr le jeune , Libraire ,
rue Ganterie \ & fe trouve à Paris ,^
chez Durand Neveu , Libraire , rue
Galande. 1 781. Avec Approbation
& Privilège du Roi, Un vol. </t-ii
de plus de 200 pages.
Traiti des Dépôts volontaires^
niceffaires ^ Judiciains & autres^
fous Icfquels font compris les Ga^
pures 9 Us Epaves , Us Trifors ù
les Effets perdus & retrouvés^ félon
Us principes du Droit François &
du Droit Romain, Dédié à Mbnfei-
gnear Je Garde des Sceaux Pari M«
AiéUty Avocat au Parlement dfe
ris. A Paris , chez T Auteur , xne
Bbbv
«^)8 JcuméU'derSçért^ans i
ià Fàur S. Honof é. L. Ce^ot » Int-
ptkiumr-Libraîre 9 rue Dauphînç;
ic Efprit» Libraire ^au JPa^is lUirjrai.
1781. Avec ApproDation & Privi-
lège du Roi, Un volame'de prè$ de
-500 pag.
AnHorial dts principaUs Maifons
d^Franu. & àranghres , & de plu^
fiûurs, vilUs du.RcyaièWifi ; avec 119
Abrège des'diff&reDS degrés d'élé^
vacion de la plupart des anciennes
Maifens, : enrichi de près de 400
figures en taijle-douce 9 pour i'in-
tdligence^es différences armoiries ;
ie tout pôiif fervir de (uite à la Col«
ieâion des Etrennes à la Nobleflè
depuis; 1771 jufquà préfenr. Par
iine Soclité de Gens de Lettres &
Gèdé^logiftes.
. NobUitasfoU eji atqut unica vîrtus.
J^ Paris i chez Lèboucher , quai de
-Gêvres ; : Onfrojr ic Lamy , ^quài des
Aoguftk»^ Libraires. i7Sz. Avec
; Juin i78i« 1139
Approbation & Privilège du Roi.
Cina volumes /Vi-ii. non compris
un iixième volume contenant une
Tuble alphabétique de toutes \ts
Familles donc il eft fait mention
dans \ts auinze volumes des Etrcn-
ncs à la NobletTc.
;• .'i \ si' ' . ^ j.
InîToduBion & Plan Jtun Traite
finirai d$ la ,bi,avigation intérieure
& particuliirement de celle de la
France^ & Conjidirations fur les
Fotéts , Bois & autres objets fit/'-
uptibl^ d^umitiorations y au moyen
de nouveaux débouchés : avec . un
Traité des Péages^ dans lequel,
après avoir démontré 'les avantages
2ui xéfulteroient de la fuppreflion
e ce droit » on donne un plan de
liquidation & d'indemnité. Par M.
Allemand , ancien Conletvateur des
Forets de riHe de Corfe. A P^ris ,
chez CelloÊ.& Jombcrt le jeunç.
Libraires &.Iaipriineurs, rue Dau-
phbe, 1779. Avec Approbation ôc
B b b vj^
II4Ô Journal Jet transi
Pf Wlégc • du* Roî; TéL- Inr^^^ 4t
1^8 pag. ^-^ ;^ ■■' r --^
Epreuves Ja^Seâkkéfti. PJfl Al.
d'Arnaud. A 9êt\i^ chtt Moiotârd-,
Imprimeur^Librâîre 'de f«- Reine;
luc des Matburin9>£^^i4ks^#Hl^
cipaux Libraires de France de des
Pays étfarigeni' -^^ •; '• V^N-.iul
Cet Ouvntgei im^hit^ coUfbr^
mément w Prbfp^mtJ {brrbcra
douze volumes iViideia^gréflrdlt
de ceux de la Bibliothèque des'R<j^
mans; le TomelX farcwtafr'pié^
miec Avril , ic ks 'autres d;6'nîitè <fe
nloi*s m mois s de «^anièft ^è le
douaièfitie paroîtrd en JhiUtet l^S'xi
Chaque vo)Ume fera pl^ ij foU
broché. Ceux qui voudront its pà^tt
en une feule & même Ibis ^^ tefront
parvenir i y iiv« pdr lettre affràAfchfe
à M, Moutard ^lmprli^}eu^ï.ibraifé
de la Reine ^ ruedies Màthurifas, ^
Chaque volUMe fmtvitndta, aixi
Scufcriptcitti 4e iPiôvîoéc ffnUk
Juin 1781. 1141
Porte, & porc franc. On délivre
a(îlacllcmenc les huit premiers vo-
lumes.
La Morte d'AbelU^ Potma Te*
^fto , dcl Signor Gefncr. -
M* TAbbé Mugnozzi ^ Romain ^
rrofeiT^ur dç Langue Italienne ^
donoe au jPublic la Traduâidn de
ce Poëoïc dclirée depuis long-cems.
Le tableau qu'it nous pré (ente des
mœurs innocefites du premier âge »
te vend également précieux aux Ama^
tcurs", éc aux Icuiies Perfonnes de
rita de de TaUirc fei^e. On y trouve
tous, ics mors ^cce^itucs pour fa«
cilicer les. moycBS . d'en acquérij:
i'exaâe prononciation^ A Paris ^
citiez l'Auteur , rue Montorgueil ^
yi$>à-vis le PaiTage du Saumon ^
chez le Mercier \ Alexandre Jomr
berc 9 rue Dauphine ; Efpric , au
Palais Royal > Molini , rue du Jar^
dioet;
• Otftrrationsfur plufieurs Mulai
114^ Journal des SçâyanSf
Mis d$s tiftiaux i tcilesx|iie WMa^
laJis rougt Se U MatéutU dm faag ^
qui attaquent Ici betes à laine » celles
que caufe aux bêtes à cornes & abx
chevaux 9 la conftniâion vicieufe
des érables' & des écuries; ay^
le plan 4'une étahlé & celui d*ûtfc
écurie convenable aoi' chevaux de
cavalerie s des fermes , dts pofles »
tcc &cPar M. l'Abbé Teffisr, Dot>
teur-Ré«nc de la Faculté de Médc*
cine de Faris « de la Société Royale
de Médecine 8c de rAcadémie dés
Sciences & Beaux- Arts de Lyon* A
Paris y chez la veuve Hériflant » Im*
Erimeur-Libraire 9 rue neuve Nocre^^
)aihie, à la Croix d'Or; & P. Théo-
phile Barrois ^ jeune , Libraire > me
du Hurpoix ^ près le Pour S MicheU
1782. vol. iii-8^. de i'99 pages.
Prix , I liv. i^ f. broché.
Cet Ouvrage eft d aurant plus re-
commandabk qû-ottcrcv rineéràt de
fon objet 9 on peut compter fiir
Tcxaâicîide des Obferyacions , Se
Juin 1782. 1143
fur ks précautions que M. l'Abbé
Tedicr a prifes pour n'être pas
tronvpé^la lincérite avec laquelle il
convient de rimpoffibilité de guérie
ceUts des maladies des animaux dont
il traite , quand une fois elles font
parvenues |ufquà un certain point,
eft bien propre à infpirer la plus en-
tière confiance dans tout ce qu*il
jpropofcj & juAifie la préférence
5|u'0n doit donner aux moyens pré-
ervatifs fur les movens curatiBi «'&
fur laquelle il inCfte beaucoup avec
, grande raifon , les. moyens préfer va-
tifs (i effentiels confident furtout
dans la propreté & la bonne conf-
triiâion des érables & des écuries.
L*Âuteur arraité ces objets avec tout
le foin qu*iU méritent. On lira iur^*
. tout avec le plus grand intérêt» dans
rOuvrage que nous annonçons ^ les
détails dans lefqtteis il entre au (u-
jet des foins qu'on doit prendre
pour la conférvation des chevaux de
la cavalerie. Nous nous occujKiofis
XI 44 Journal dts Sç4vans i
plus particulièrement <ie ce bon Oi^*
vrage , qui n*cft encore que com-
mencé 9 8c donc la fuite eft libre 4
Refiler*
Recueil itÊvinemens curieux &
intcrtjfans , ou Tableau politique ,
hiftoriqae&philofopbiquoy de Tan-
née 1781 ; fuivi d'un euai fut la Vlc^
d'Hyder Ali Khan > Rôi de Tune des
parties de la ptefque ilè 4^ Tlndc.
Je feîois confcience de &chtt un hooiiBe
pour avoir dît la Térîcé. AfMX»de Henri IF*
A Amfterdàro, & fe trouve à Paris ,
chez Lamy , Libraire i quai des Au-
guftins» 1782. Deux volumes peific
m- 1 2 ; les deux cn&mblc de 4 iS
pages. Prix ^ 3 liv. les deux volumes.
* Suite de la Cief du SanSuaire
JPhiloJophique.Pax Claude Cheralier^
Comte du S. Empire Romain , Cfae-
de l'Ordre mUitahe de l'Epe*
Juin 1782.' ri4y
ron d*Or, Confcillcr Médecin or-
dinaire du Roi & des Cent-SuilTes
de la Garde de Sa Majefté , & pro-
mier Médecin du corps defon A. R.
£c Eleâorale Madame FEleârice
Douairière de Bavière. Fauxbourg S;
Denis , près la Barrière , numéro 30^
A Paris , troifième volume ^ périt
m-i 2 de 40 pages. Ce pctir Ouvrage
ne confîfte qà*cn une Préface dans
laqueUç on fait l'éloge du Grand œu*
Vre&^en une table des charpitres. Ce
tf efl: proprement qu'un PrQfpcftu?,
* Il a- déjà paru deux volumes de
cet Ouvrage , qui fc vendent 1 1 L
Le troifième , qui fera de 400 pages,
cft fur le point de paroîrrc ; ceux
îjui foufcriront pour ce volume ne
payeront qiSe 3 liv. à condition qu ils
retireront âéluclîemem les deux prc«
niicrs volumes.
.Abrégé Je tHifloin Romaine ^ I
rufac^c des Elèves de l'Ecole Uovalc
Militaire^ faifanc partie du cours
^146 JoKmal'fUs SçaitMS ^
^études* rédigé & imprimé par o^
dre du Roi. 5ccondc édition aug-
.mcnrée. A Pi^ir, chez Nyoa rainé.
Libraire, rue du Jardmet, onartier
S. André des Arcs. 1781. Un vol.
««•Il de 344 pages. *
Ce volume cft ccrminé par une
Table géographique aiTsz détaillée »
il qui eft upe elpèce de Diâiont
naire.
A Paris y rue & h6cel Serpente. lySt*
Avec Approbation & Permiffion*
394 pages in 11.
Cet Ouviage eft divifc en onze
chapitres qui traitent du pardon des
injures , de la bienfaiGioce , de l*au*
mone , de la reconnoi(ranc&, de la
Sénérodté , du défintéreiTemcnt ,
e la probité, du devoir de l'amitié ,
de la piété filiale , de l'amour côn«
jugal & de la chafteté. -
Il y a fur chaque chapitre des
exemples mémorables tel que çcluî*
-• Juin 1781. ^ 1147
-ci , du Roi de Suède. Quelques par-
tifans de Tanarchie parvinrent à mec*
ne dans leur intérêc un jeune boni-
.me de -Stockholm , dans lequel ils
. trouvèrent de l'cfpric &c du mérite;
abufanc de la mifère , ils 1 obligà-
"lenr , à prix d'argent , à co^poiec
.plusieurs fatyres coqtre le Rôi ; ct%
libelles tombècenc entre les mains
du Prince, il les lut; & TAuteuc
ayant été découvert > il fe le fit ame*
Titx. On juge facilement de l'inquic*
tude de celui-ci % loriquM païut aux
pieds du trône : mon ami , lui dit le
Roi , vous écrivez on ne peut mieux (
mais il vous manque une chofe ef-
fentielte » c'efl: du pain s je vous fais
mon Bibliothécake ; continuez ^
cultiver vos talens, je vous pardonne
.ce que vous avez écrie & ce <iue
vous pourrez écrite par la (uite con-
tre votre Roi. £n général les exem-
{>les font bien choifis & il réfulte un
ivre de morale & d'exemples propre
à faire fentir qu'en effet le bonbeuc
cft dans la vertu.
Ti4t Joumil da Sça^ns ;
L^EcoU de la Mienature^ ou IVc
d'apprendre jk peindre fans Matrre,
& les fecrets pour Biire les pîus bel-
les Couleurs ; nouvelle édition ^ rc«
Vue ^ conigée & augmentée. A Pa**
fis , chez J«fi. G. Mufier, Lib. quai
des Auguftins au coin de la rue pavée.
1782. Avec Approbation & privi*
légc du Roi. I volume in^ix de
177'pagcs. Prix, 2 liv. 5 f. relié. '■
On trouve dans cette édition on*
tre la manière de faire Tor bruni &
For en coquille , les mefures du corps
humain,- la méthode pour éiudicx
Part de la peinture , rant à frcfque , en
détrempe, ^ à Thuilc, que furie
verre , en émail, en mofaïquc & da-
snafquinurc.
Contes de J. Bocace , tradutlion
nouvelle , ornée de cent onze figures
en taille-douce, 10 volumes i/2. 8^.
broches, 54 liv. 10 volumes i/t 12
avec figpres , 26 liv. ; le même fans
figure , 1 5 livres , rendu franc de
poit dans toutes les Villes du Royau*
Juin ijtù 1149
me 9 toutes les fois que Ton en adref-
fera le montant au Libraire » anffi
franc de port. A Paris ^ chez La*
Grre,'râe defNo^eîrs , & chcV tous
Libraires de France & Pays
JEtrangers.
. \
V .
Itîô^
TABLE
DES ARTICLES CONTENUS
itaps le Journal du mois de
Jmn.iyiz, fnm^ VoL
COU S I DÈRÂTIOKS fur
CEfprit militairt du Germains.
Par M. de Sigrais. 964
^necdoea Graca, &c. 9S5
Le produit & le Droit des Com-
munes. 10 14
Defcnpiiott & txpUcatioa de la
PhUopatrît, ioi(S
Hifioire naturelle , chimique &•
médicinale des Corps des trois Ri-
gnes de la Nature, 1 03 4
Mimoire fur Canàeiuu vHU de
Taurotiuum, 104]
Vhonnéu Homme. 1084
Sur la pojjîbiliti de voUr. Lettre
de M. de la Lande à Mejjieurs les
Auteurs du Journal des Sçavans.
109J
Traité de la SeducKon» i lOO
Extrait des Obfervations Météo^
rologiques. 1108
Nouvelles Littéraires. x 1 1 5
Fin de la Table*
L E
JOURNAL
DES
SÇAVANS,
P ou R
VANNÉE M. DCC. LXXXÎl,
3 VI N. Second folume*
A PARIS,
Km Buireau du Joarnal de Paris, rue .ce Greneile
S. Honoré, prés celle du Pélican.
M. DCC. LXXXIL
AVEC PRIVILEGE DU ROI.
AVIS.
* ti i^abonne pour te JovRyÀÛ
• VES SçjKJyS au Sureau du /ouri
nul de Paris , rue de Grenelle ,
Honoré ; & c\jl à fadrejfe du DÛ
recleur de ce Journal qt^ il faut en-
voyer lei ob/eti relatifs à celai des
Sçavans. Le prix de la SouJ'cripiion
de Cannîe ejl de iG Itv. pour Paris ,
6" de 10 liv. ^f. pour la Province ,
Joii'm-il, (j« in-4'*. Le JovrHaL
DES SÇArjNS ejl compofj de ^ua.
tor[e Cahiers i il en paraît un cha-
j^^L^Uf mois , £■ dtux en Juin &en 1
iDUl
44}» x* X* X* ^ #/ #x #x x:|iî
T #K #> ^> j^k, X# *«^ x# u
Ui^ X» X» y» ^T^ »x #x »> xlft
LE
J O U R N AL
DES
SÇ A V ANS.
JUIN. M. DCC. LXXXII.
Mémoires concernant Chijloirc ,
Us fcicnces , Us arts , /^i[ mœurs ,
/« ufagts , fi'c. W« Chinois. Par
les Miffionnaircs de Pckin. Tom.
VII & VlII. A Paris, chez Nyon
Taîné, Libraire, rue du Ja^^di-
nct, vis-à-vis la rue MignonV
près de riniprimeur du Parle-
ment. 1782. Avec Approbation
& Privilège du Roi. x volumes
Juin. Sec. FoU C c c i\
: -fhnrrtal Aj Sçavartf ,
■4*. Le picmicrde4oo, le Ici
koiitl(1cî75 pages, avccBgurMj
'Premier Extrait.
Nevs avons parle en difFérens^
tcms des volumet qui ont pré^!
ctcié cctix que nous annonçoi
Icait c)ue coi M^moirts (ont corn*'
pofcs par Icî MilTîonnaircï françois,-
<^ui font aûueilemcnc à Pskin. Lf'
Libraire , en publiant ces deux nou>
veaiix volumes , a fait imprimer en
iiicme tcms un ProfpcAus dans le-
quel il dbnne , en peu de mors , um'
îilce de ce qui cil contenu dana Ici
fix pteiiiicr!!. 11 ne fera pas inuiili
de nous y arrêter un moment poi
'ippeller ici le fouvcnlr de touicSi
t différentes pièces.
. Ce premier volume contient dil
fientes recherches fur les Antiqui
cbinoifts &: l'origine de ia m
■ tion , lii: fcsratactircs ou Ion
turc , l'explication d'une inicnprioi
dans laquelle l'Empereur Kicn-iong,
Juin \i%x. ■ ' Ï157
aducllement régnant, conftarc la
conquête qu'il a faite du royaume
des Elcuthes , en Tactarie^».&: celle
d*une féconde infcription qui con«t
cerne Témigration des 'TorgQUths,
en I77i« La traduâion de deux pc^
tits Traites de Confuciids, ioticulés^
le Tahio & le Tchong^yong. ' [
Le fécond volume reixfcrme ;d<J
nouvelles recherches d«. P. ^mior.^ ^
fur les Antiquités cbioôifes; d^ cc-t
niarques fur l'Ouvrage dft Ml P/i^ S
des Observations fut*lc$«v.cc5'à;foiiC
fauvages, fur les coronniçiis, fur Iq
bambou & la tradudion d'un' périt
Poème intitulé , le Jardin Je Sc^^m^z
kouang.
On trouve dans le troifièmc vof*
lume THiftoire de cinquanfe-deuX
perfonnagcs célèbres à ia Chine i
avec quelques-uns de leurs portraits,
gxavés. La Relation de la conquête
du pays des Miao^tje , en 1775 > des
notices fur les ferres chinoifes , fui;
quelques plantes & arbriffeaux, fur
des pratiques de culture , & eu&a
C c c u\
11 {8 Jomnâi iès Sçavans ^
une requête à l'Empereur poar la cé« ,
lémoitfc-ckl labourage. "^
Un lon^TVaité fur la Piété filiale
avec dÎMerfespetJres pièces en profe &
en vctstdes Chinois anciens & mo-
dernes \; occupe une grande partie da
quarrièine volume ; on y a joint un
MémoiV6<Ur rintérêc dé Targenti
IJ 'Chine Vhi notice d*dn Livre inci*
tàlêf Si'TiUH 9 qui fertde guide au«
Juges V {>oUr décider à f intpeâion
d6lf<:adavMi 4)P'ls^ nature des mcui-
ttéi\Vtutt9kt d'un Livre des T^o-fe^
l?cir¥6rfrnànt des moyens d*opérer des
guétifonsr, àt^ obfcrvations fur le
mufc-fc-fuï quelques plantes.
Dans le cinquième voium? oti
donne^tjD(!idée générale de la Chine
^'-defes premières relations avec
TEnrofie ; la fuite de rHiftoire de
pluHeurs grands hommes du pays ;
des notices fur le vin > Tcau-de-vie
& le'viiiaigre de la Chine; furies
taifint fccs d^ Hami; fur difFércns
temèdcf^ ; fur la teinture chinoife ;
/ur rabïicoiier & lur larmoife.
Juin 1781. II 59
Le fixième volume préfente un
Ouvrage confidérable du P. Amior^
fur la Mufique chinûifct revu & pu-
blié par M. l'Abbé Rouiller , connu
par fon excellent Mémoire fur la
MuHquc dés Anciens. Il a ajouté
beaucoup de notes à l'Ouvrage du
P. Âmiot. Ce morceau fe vend fé-
parement ; les pièces fuivantes , qui
complettenr le (ixième volume dâ
ces Mémoires, font une nouvelle*
r^ponfe à M. Pa\^, des détails fut
difFérens dénombrcniens de la Chine
& lur les funésaillcs de l'Impératrice
mère, morte en 1777.
On peut juger par ce court expofc ,
de l'importance & de l'utilité de ces
Mémoires , dont la plus grande par-
tie eil tirée des Ouvrages mêmes des
Chinois , par dès Mijlionnaires qui
font fur les lieux ; & tous ces difré«
xens morceaux, à quelques correc**
tions de ftyle près, font imprimés
en général, tels qu'ils font envoyés ,
méthode différente de celle qu'on «^
iuivie dans ce qui a été donné pré*
C c c w
iiEio JourMalJes Sfavans ^
cédamment fur la Chine. Paflbn
niainicnanc aux deux nouveaux vo
lûmes qui viennent de paroîcre.
Le premier de ces deux volumes,
ou le îcptièmc de la collection , reri
ferme une fuire de pièces Concernani
i'jin miliialn des Chinois. II avoi
été iniprimé en i yyx, fous ce mêra<
titre; niais l'cditicn étant épuifècj
on a cru devoir le faire réimprinr
^pourlt joindre à ce Recueil ,dont nai
turcUement il doit faire patrie , puiC
qu'il eft un des premiers fruiis de II
correlpondancE crablic Se entretenu
par la permiflîon du Roi , fous U
acfpices de M- Bcrrin , avec les Mil
iloiinair^s de la Chine. Cet Ouvrag
tll la tradii;5tion de diftérens traite
compolés par des Chinois , fur l' At
militaire, faite par le P. Amioi
Comme nous !n avons rendu compi
dans le rems & que d'ailleurs c(
Ouvrage efi très-connu, nous d'cI
dirons rien ici.
Peu de tems après qu'il eijt été
mis au jour , il en patu: uncanalyi
Juin 1781; «. I i6i
critioue fous le titre à' Etat aaïul
de Curt & du la fcicnce militaire â,
la Chine. Elle renferme des rcmar-^
qiies qui rendent à éclaircir ou à rec-
riher divers endroits du livre. On a-
cru devoir les ajouter à la tète de ce.
volume donc elles occupepc .' huit
pages ; c'eft la feule diffcrepc^ qu'il
y au encre les deux Editions. Voici
quelcjucs-unes de ces obfervatipns.
I .^ LrEnipereur die dans Tintroduc-
tion qu'il s'cft toujours appliqué à
acquérir la grande fcUnce. Le P.;
Amior^ dans une note, avpic ob-
fervé que la grande fciencc ç(k un
Ouvrage compofé par Confucips ,
dans lequel ce Philofopjie donne
des préceptes pour régler fon coeur
& pour bien gouverner; ce qui n'a
pas empêché M. le Colonel de $.
Leu , Auteur d'une partie de ces re-
marques critiques, de vouloir- en
donner une autre idée , ep difanc
que ce qa'en Chine on nOjQime'la
grande jcience , lui paroîc ê^re ce
^u'cn France les Philofophcs Eco-^
Cccs
fi6i Journal ttes Sçavans i ^H
nomiflcs appellent \a.fclence ; rtia^H
cccic rtmartjuc clt abfoliimciiE fauH^H
Le livre chinois intitulé Ta-hio , cjufl
trt imptimt dans le i.^' volume^!
n'a d'autre objec que de donner dcflfl
préceptes pout corriger fes padioasa
^ pour bien gouvernctles lionimeSSl
Ta-hio l^gniBc ta fcience à lac]uel^|H
les hommes faits doivent s*app|^|
<]ucr. ^Ê
1." Quant àce que M. de S. LoH
dir cju'on ne voit en Chine aucunra
lerrc en triche , l'Editeut le renvoi»
avec raifon à irnc lettre qu'oa trouve *
IiUns te £•' volume ; mais , indé-
penda.iment de cette lettre , qui
■'éioir pas encore publique, M. de
Bi Leit pouvoir fe dcfabufct fur i
bict en tifanc t'Ouvragc du P. dm
palde.
i Les autres remarques crtciquci
$brtr de M. le Marquis de Puyféguri.'l
giictqu es-unes contiennent deséctaî
Ciflcmenî fur l'art militaire , & c"
pour but de cotrîgerlc texte ou i
iclev^r q^uelqucs mépiircs appaia
tes du Tradudeur. Comme peu de
pcrfonnes font en état de recourir
au texte que nous avons fous les
yeux , nous nous faifons un plaKîr
de voir fi ces aitiqucs font fondées.
Dans quelques endroits le Tra-
dudcur , dit M, de Puyfégur , a
rendu par le mot campagna ce qu'il
auroit dû rendre par le mot gutrn :
par exemple , page 66 , il cft dit :
€*eji pour prévenir tous ces difafircs
qu'un habile Général n oublie rien
pour ahéffhr les campagms & pour
pouvoir vivre aux dépens de /'e/z-
nemi j &c. L'Editeur obfervc que
Cette critique cft fondée ; que c^
pendant on peut luppofer que le
Icns n*a pas échappé au Traduc-
teur , & qu'en diîant dans cet en-
droit abréger Us campagnes , on
comprendroit aifément que cela fi-
gnifioif en diminuer , non la durée,
mais le nombre. Nous oblerverons
ici que ce que le P. Amiot a tra-
duit à l'article i des commence*
mcm de la campagne, le texte porte;
C c c y^
1X^4 Journal des Sçavans',
faite la gt/errc. En fécond lieu , qu'i
a beaucoup paraphrafé Sc Étendu i
tente , cjue dans l'cndroir critiqué
y a fculimcnc: cejlpourquo'iun hi
bile Général doit s'appliquer à viv
fur l'ennemi.
Voici une autrp obfetvatJon t
M. de Ptiylégiir. Dans quelque ht
taille que ctfoit , dit le P. Amii
d'après le texic , il fjut lou/our.
lournei le dos au vent , H faut tou-
jours voir devant /oit quelque liei
élevé don/ on puifje ï'tmpaTer ^ &i
M. de Piiyfégiir reniari^ue qu'il doi
y avoii tint mcprilè , parce qit'
o'cfl pas naturel qu'on longe à ft
retrancher en avant de l'endroit oi
l'on fcroit battu, tn effet , dans Ii
texte il y 3 : dans un combat aye-.
It vent par derrière , ayt^ une kau<
Kur par derrière y é-c, C'efl fûrc*
ment un oubli du P. Amiot , qui }
en i'icndant peut-être un peu trop
Jgn texte, s'eil: écarté de l'ori'
ginal. On voie par-U que les ob-
JcrvatiOiis de Al. de Puyfégur;
Juir^ 1782. II 65
qui font en petit nombre, mén-
toient en efFec d*êtrc placées à la
tête de ce volume. Voilà à peu-prcs
tout ce que nous pouvons dire fut
ce tome VIIL Mais nous croyons
devoir rapprocher dans cet Extraie
un morceau confidérable fur Tare
militaire , qui fait partie du tome
VIII : c'cft un fupplcment nouvel-
lement envoyé par le P. Amiot. Il
eft accompagné de trente planches
qui rcpréfentent les diflFércntes évo-
lutions des Chinois. Le Libraire
annonce qu il le vendra féparémenc
en faveur de ceux qui ont la pre-
mière édition de TArt militaire, aBn
qu'ils puifTent completter cet Ou-
vrage,
M. Paw , Auteur des Recherches
philofophiques fur les Egyptiens &
jur les Chinois , avoir dit , en parlant
du premier volume, adtucllernent
le tome VII , que les exercices de
toutes ces troupes relTembloient. à
un jeu théâtral ou à un ballet figuré;
que les Chinois y contrefailoienc
1 1^6 Journal des Sçavans ;
les quatre coins de la terre , qui eft
fuppofie quarrcc , & la rondeur du
ciel , en mêlant tcllemenr la cava-
lerie avec les gen* de pied , qu'on
n'y conçoit abfolument rien ; & je
crois , dit M. P. , que le P. Aniiot
n'y a rrcn compris lui-même. C*eft
cette ciitiqiic qui a excité le P*
Amiot à faire de nouvelles rechcr-
vchcs. Nous femmes éloignés de
pcnfer comme M. P. •, & quand l'arc
militaire des Chinois feroit abfolu-
ment impaifair; quand il y auroit
même des mcprifes dans TOuvragc
du P. Ai'niot , nous croyons que,
loin de décourager des Miflîonnai-
rcs qui font fi laborieux , on doit
les exciter à continuer leurs recher-
ches & leurs traViîux qui ne peuvent
qu'être utiles aux Sciences & aux
Lettres, On peut faire des obferva*^
rions critiv]ucs lur Içurs Mémoires,
nic>is non pas les tourner en ridicule
ni Jes mèprifen
Un ancien Militaire de la Chine,
curieux de £avotr tout ce qui s'écoic
\
Juin 1781, 1167
fait fur Tart de la guerre , a mis par
écrit tour ce qui fc trouve dans les
Livres anciens & hiQdcrnes dont il
a pu fc procurer la ledurc ; fon ma-
nufcrit a été communiqué au P.
Amioc ^ qui y a trouvé quantité de
chofès qui lui ont patu mériter
d être envoyées en France. Voilà ce
qui forme ce nouveau morceau^ Le
P. Amiot commence par nous don-
ner une idée du Dil^rours prélimi-
naire.
Ceux qui ont embrafic la profcf-
fion des armes, dit TAureur chi-
nois, doivent être inftruits de tout
ce qui peut leur fournir des lumières
fur un art qu'il n'eft malheureu(e-
ment que trop néceflaire de favoir.
Les Anciens ne combattoient pas
comme on combat aujourd'hui ; ce«
pendant ils avoient des ufages qui ^
aujourd'hui même , peuvent avoir
leur utilité. Je lésai extraits de tous
\ç% Livres ; je rapporterai les <liflFc-
rentes manières de combattre en
ufagc chez les Anciens , fans m'a-
1 1 S8 Journal des Sçitvaks ,
vifcr de iui;cr Ç\ elles ctoicnt bonne!
ou mauvaircs. Je parlerai de leur!
armes & de différons ordrei de ba
[aille cju'iU obftTvoient.
Cet Aurtiic remaïqiie que dspuis
lcs/^i]nju(qu'aux Ming, c'eft- à-dîtti
depuis environ l'Ere chréricnne juti
quau 16." lîcclc de J, C, , il n'y a
guère de Militaires qui cncendiiTctit
. bisnTiilai;; des armes à feu. Il n^
citeque Ichouko-Uang , auciemcnc
Kong-ming , qui s'en ;ll iervi avec
fuccês. Ce; OfiUier vivoi[ vers i'ao
loo de l'Etc clitcnennc. Vers laii
1600 de J. C. on employa des
nous dans un; guerre tonire les Ja-
ponois , & peu après on adopta li
maniètc des Européens , & l'on fit:
de gros & de oetics canon». LePèrt
Aiiuor dit à cette occafion que le*
armes à feu Croient connues très cer-
tainement des Chinois dès le com-
mencement dci'Ere chrétienne ;qu<
Tckou-ko-Uang feulement s'en icr-
vit mieux que les autres i que lei
Chinois employoicm ic fâlpêtre
Juiu 1782; 1169
le foufrc & le charbon \ d'où il ré-
fulte, dit- il , qu'ils favoicnt faire la
poudre à tirer bien des fiècles avanc
même qu'on fe doutât en Europe
que cette invention cxiftoit. Pour
qu'on ne le croie pas fur fa parole ,
il va rapporter fidèlement ce que
l'Auteur en dit daiis fou Traite fur
ÏAn militaire , comme nous le ver-
rons plus bas*
L'Écrivain chinois parcourt en
peu de mots les tems anciens ^ mê-
me ceux que nous devons regarder
comme fabuleux; qu'il nous foie
permis de le dire, quoique le P.
i^miot foit d'un autre avis. Dans cet
expofé l'Auteur ne dit rien fur les
armes à feu ; il n'en parle qu'en-
fuite ; & à l'occafion du même
Tchou '^ ko ' leang ijue nous venons
de cirer , on prétend que ce Gé-
néral avoir pris cet "fagw dans les
Ecrits àes anciens Guerriers -, ce
qui , ftiivant le P. Amiot, ell une
preuve fans réplique que les Chi-
nois connoiflbicnt la poudre ^ ôc
feiyo Journal des Sçavans »
s*cn firvoicnc long-rems avant les
Européens : mais nous croyons que >
pour décider cette queftion , i\ fau-
droit avoir fous les yeux les paflages
mêmes des ancien^ Auteurs depouil*
lés de tous les commentaires des
Modernes, ^parcc que les Ancicnr
fe font fervi de flèches enflammées
& d'autres armes femblablcs que
Ton a pu appeller armes à feu*
Le P. Amiot s'étend fur les diflFé«"
rentes cfpèces de poudre employée
par les Chinois ; il donae la ma-
nière dont ils la (ont; mais ces pro-
céder font-ils rires d'anciens Au-
teurs qui vivoicnt avant que la pou-
dre fût connue parmi nous ? Après
ces recherches , qui mérirent là plus
glande attention , le Miffionnaire
parle des armées navales des Chi-
nois. Il obferve que ces peuples
n'ont guèrcs combattu que (ur le
grand fleuve Kiang : anfi leurs évo-
lutions , la forme de leurs navires
& toutes leurs manœuvres , ne doi-
vent eue tuvvCag^écs que lous ce
Juin 1781; 1171
point de vue. D'après routes les
(çavantes recherches du ?• Aniioc,
rafTemblées dans ces deux volumes ^
on peut fc former uns idée adez
juftc de la Tadique chinoife cane
ancienne que moderne; c'eil ce qu*il
s'cft propofé de faire. Il a joint à ce
morceau trente planches qui rcprc-
fenrent les différentes évolutions mi-
nutaires des chinois , leurs machines
de guerre ^ leurs armes , leurs dit-
férens navires , la difpîfirion de
leurs armées nava es ; cnforre que
ce morceau réuni au tome VII de-
vient un Ouvra-îc compLt fur cette
marière dont nous n'avions aucune
connoidance avant le P. Amiot. Il
fcroiti defircr que les autres Miifion-
naitcs nous donnaiT.nt amfi des
Traités particuliers lur les diâfércns
arts & lur \ts (ci^nces des Chinois ;
qu'ils en fuivilTent le progrès depuis
leur origine jufqu à prélent , mais
qu'ils fe ilépouillafTeut en même-
tems de tout préjugé pour ou conrrc
les Chinois, Ces peuples fe fotvt a^«
propriés quelquefois des coïvivovt-
lljx Journal dis SçaPans 9
lances ou^iLs tcDotcnc des étrangers
avec lefqucls ils ont été. en com-
merce \ & pour s'en fofre honneur ,
Us en ont tait remonter Torigroe à
des tems fort anciens; c*cft ce qu'il
cft nçcelTaire de bien diftinguer;"
[Extrait dt Ml de Guigna. ]
MÉMOîKE gui a remporté le prix .
de la Société Royale des Scien-
ces de Montpellier 9 en 17869
igr cette queftion : Déterminer
par vn moyen fixt , fimplt & â
portée de tout Cultivateur ^ le mo»
m ment auquel le vin en fermentatioit
dans la cuve y aura acquis toute la
force & touu la qualité dont ilefi
fufceptible. A Montpellier , de
rimprimerie de Jean Martel Taîné,
. Imprimeur ordinaire du Boi > des
Etats de- la Province de Langue-
doc & de la Société Royale des
Sciences. 288 pages i/2-4^«
L' A c A Dé MIE de Montpellier 5
indépendamment des volumes
de Mcmouesçfi tlLadéîà conimencé
de publict , àwtvt c\\^^^ ^^t&^.^Ns.'^
Juin 1781. 1173
Mémoires de Rentrées publi<]iies Sc
les pièces des Prix,
Dans celle qui a remporte le Prix
de 1780 , M. Bcrcholon préfcnte un
rableau rapide & bien fait de la fer-
mcncation des raifins dans Ja cuve;
M. Mourgue en a donné un extrait
intéreflanc à la tête du volume , &C
nous dllx)ns en rapporter quelques
traits. Divers moyens ont été em-
ployés pour connoitrc le moment
auquel le moût eft converti en vin.
L'Auteur en difcutc fept. La couleur
' cft le premier de ces moyens; il en
démontre la futilité : & en effet , un
vin peut être clair &c beau & avoir
d'ailleurs de mauvaifes qualités qui
le feront rcjetter. Le fécond eil le
goût ; on connoic aifcment combien
ce moyen eft. variable & arbitraire.
Le troifièmceft i'odorst, qui mérite
encore moins de confiance que le
goût. Le quatrième eft Tàbfence ou
la préfence d'une cfpècc d'écume
qu'on remarque au bord d'un verre
dans lequel on verfe du vin nouveau ^
1 1 74 ' Journal, des Sçàvans i
après l'avoir fait filtrer ~à travers un
papier gris. La chaleur , indiquée
par le thermomètre , cft un cinauiè-
me moyen fubordotmé à une inanité
de circonllançes qui le rendent Infi-
dèle. La durée de la fermentation ^
qui eft le (ixième moyen difcuté «
mérite encore moins de confiance.
Enfin 9 le bruit plus ou moins grand
quiréiulte de la fermentation tunaul-
tucufe , eft encore un (èptième moyen
très-peu fur. M. Bcrtholon en cher-
che un qui foir plus cara<5lérife.
On apperçoir, aptes que la fcr-
menration eft établie , que la liqueur
s'élève dans la cuve » de même que
le lait qui bout lut le feu : après Iba
maximum d'élévation, la malîe fer-
mentante reftc flationnaire pcudanc
quelque temps Sa marche devient en-
fuite rétrograde , & clles*afFaiflre pro-
grellîvemenr \ cette marche eft conf-
iante ;, on robferve partout , quelle
que foit la diverfité des climats,
celle des faifons , & la différence
des raifins. Il faut choifir parmi les
Juin 1781. I17Ç
phénomènes de cerrc marche , TinfV
tant où le vin doit ê:rc tiré de la
cuve. L*Autcur trouve que ce mo-
ment eft celui où 5 après que la mafTe
fermentante a été ftationnairc , elle
commence à baiifer. Il en donne la
preuve , & rcxpérieqcc cft venue à
fon (ècours: Elle lui a prouvé qu'au
moment de la plus grande éléva-
tion , la combinaifon Ats principes
qui doivent former le vin n'eft
pas encore aflcz faite ; qu'il eft trop
chargé de gas ou d'air fixe^ qui n'a
pas eu le tems de fe développer : que
i'inftant du derniei: abaiir.mcnt eft
encore moins celui qu'il faut choi--
iir ; le vin ayant perdu alors trop de
fcs efprits , devient plat , & peu gé-
néreux* Puifque le moment auquel
le vin y en fermentation dans la cuve,
commence à s'abaifler * cft Tinftant
^ qu il faut faifir pour le tirer de la
cuve , il eft de la plus grande nécef-
(îté d*en avoir une indication afllirée
& prccife.M, Bertholon propofc ua
1176 Journal des Sçavans^
cité; il eft rompofc dun tube cylin-
drique de fer blanc , ou detourc au-
tre matière , terminé à fa partie in*
féricurc''cn forme de cône renverfè ;
ce tube fera percé de trous dans toute
fa Jonguctir , pour que fie vin y pé-
nètre librcmerît (ans que le marc
puiiTey cntrcr.Onobfeverade faire ce
tube d'un aflez grand diamètre pour
pouvoir y placer une jauge gnt^
duée en pouces & en lignes. Cette
jauge fera formée de deux pièces :
i.^ un difque circulaire de liège
d'un diamètre moins grand quece-
lui du tube : 2.^. une règle d*un
bois très léger graduée en pouces &
en lignes, plantée perpendiculaire-
ment dans ce difque.
Lorfquc le vin s'élèvera dans la
cuve 5 il s'élcvcra auflî dans le tube^
& cette verge ou jauge , que l'Au-
teur nomme œnomhtrt , étant très-
légère, elle furnagera la liqueur, &
par le moyen de la graduation on
verra fî la liqueur en fermentation
continue à s'élever, fi elle eft (la-
tionnaire >
Juin 1781. 1177
lîonnaire xui fi elle cft rétrograde.
Parmi les Mémoires prélcntés au
concours, rAcadémie a diftmgué
celui de M. le Gentil , Prieur de Fon«
tenet , de l'Ordre de Coteaux , Ho-
noraire. 4p la Société Royale d'A*
griculturc d'Auch9 de l'Académie
des Sciences , Arts & Belles-Lettres
de Dijon , qui a .pour épigraphe 9
Gcnerofum & Une nquiro , &c» Ce
Mémoire a paru un Traité complet
fur la fermentation des vins Se fut
les moyens de leur donner la m.Ml*
leure qualité. UAcadémie a vu avec
peine , que la vraie quedion qu'elle
avoic propofee , avoit échappé à
l'Auteur au moment où il alloic
réunit tous les fuffirages. Il veut
trouver dans la dégudation, dans
le (ens du goût , le moyen fixe »
i^ple & à portée de tout cultiva-
teur , que l'Académie demandoir.
Ce moyen eft trop peu (ur, (bus
quelque point de vue qu'on le tc«
garde ; cependant l'Académie a cru
devoir faire imprimer ce Mémoire
Juin. Sec. F0I. D d d
y
1 178 Journal àt$ Sçavans ^
dans Ton Recueil » comme pouvant
inftruire les propri^aircs des vigno-
bles , & leur &ire connoitre les
principes trop ignorés d*un art <}ue
Ton a cru trop umplc. M^ Mourgue
recommande la le^re friquence ic
jpéfli^cbie de ce Mémoire à tous ceux
qui voudront faire de bon vin. Je
connoi^y dic^l^ roue cequi a été
écrie fur ctt objet pat les Anciens
& par les Modernes 9 & fe puis cer-
tifier qu'il y a plus à profiter dans le
fcul Mémoire de M. le Gentil que
d^ns tout le refte»
[ Extrait de M* tk ia Landt, ]
Tr AlTÈ de la. force des BoisjOn'
vrage eflcnciel , qui donne les
moyens de procurer plus de foli*
dite aux édifices > de connoîtrc la
bonne & la mauvaifè qualité des
bois , de calculer leur force , & de
ménajger près de moitié lur ceux
quon emploie ordinairement ;
avec la manière la plus âvantar
geu(è d-exploicec les forêts , dxa
Juin lySir XÏ79
faire, rcftimation (ur pied, &c.
Par M. le Camus de Mciières ,
Archicede.
Eft modus in rcius^funtctni denique
fines»
H o R A T. Sac. L Lib* I.
A Paris , chez rAutcur , rue du
Foin Saint Jacques , au Collège
de Maître Gcrvais ; & chez Be-
noît Morin, Imprimeur-Libraire ,
rue S.Jacques, à la Vérité, 372
pages in 8^- avec figures.
M^ LE Camus confidéroît
• avec regrpt le peu de durée
& la grande dépenfe qu'occafion*
nent dans nos édifices les bois de
charpente. Les poutres de 1 Ecole
Militaire , qu*on fe trouva obligé de
changer en 176Z) fix ou fept ans
après qu'elles eurent été pofées ,
excitèrent fes réflexions & l'enga-
gèrent à des recherches. Il lut les
oifférens Ouvrages où l'on avoii;
Dddi) -
I i8o Journal its Sçavans ,
traité des bois. Les Mémoires de
l'Académie lui fervircnc de bouflble.
MM. Babutiy Defgodets & lui ^ en
firent lobjec de différentes confé<-
rences. Ils cherchèrent le moyen de
connoitre lé vice du bois « de le ten-
dre fenfible ic d'y remédier. Dans
Iç cours de leurs pblcrvations » ils
examinèrent Favantage de la refente
des bois \ ils W calculèrent à l'aide
des expériences de Parent > de MM*
Duhamel & de BufFqn. Ils ne purent
s*empccher d'en admirer les avan-
tages & de former des vœux pour
cjue le Public furmoncâc les préju«
^és & f ir ufage des connoiflances
c]ue ces travaux ont procurées. Ot|
tint des aflèmblécs ; on rédigea un
Mérnoire qui fut imprimé dans
VEjJai fur Us Boif de charpente pu-
blic en 176},
M. le Camus ayant été chargé »
en 1765, de bâtir la Caferne de la
rue MouâFetardy' imagina 9 par une
luke de ces expériences , de faire
xcfeudre k$ bois des planchers
Juin 1782. II 8 r
qu'on y dcvoic conftruirc. Il ne don-
noit que deux pouces d'épaifleur à
chaque folive 9 fît pouces de haiH
teur , neuf piçds de longueur , & il
les pofoic de champ , de (or ce qu'il
ménageoic près des dcus tiers du
bois. Les pourrcs avoienc vingr-un
pieds de portée dans œuvre ^ & il
fe fervoit de bois de douze à treize
pouces de gros refendu en deux :
conféquemmetlc its poiicres en
avoienc fîx fur treize*, elles étoienc
pofécs de champ , & l'Ârcbired^e
Jes avoir -armées de lambourdes^de
chaque coté , fuivant Tufage ; tous
les autres bois du bâtiment étoienc
diminués en conféquence* L'écono^
mie fur k totalité devenoic très-
confîdérable»
On exécutoît le projet ; mais les
Charpentiers 3 qui n*y trouvoicncpas
leur compte, prirent Tallarme; ils
donnèrent des inquiétudes aux Ma-
giftrats. On s'adrcfTa aux Acadé-
mies. Celle des Sciences nomma
D d d iij
Il8l Journal dcS Sçavans i
MM. de Parcicux &'Pcrfdnet; celle
d'Architedure , MM* Camus &
Defmaifons. M. le Caitius rapporte-
les procès-verbaux dcsquàtre Aca-
dcmicieniy & il s'en cft (crvi pour
diriger fn nouvelle méthode qui eft
déjà adoptée par tous les gens éclai-
rés. M. It Camus fe fert des expé-
riences de MV de BufFon pour faire
voir la forte ^es bots , ou la force
que les fibre$ lotigitudinales peuvent
oppofer à la ffadure des^piSces de
tharptnte , qui font le compofc &
raircmblàge général de ces fibres*
Il cft évident qu'en faifant ufage de
ces principes , nos édififé^ en feront
plus folides & qu'on ménagera la
confommation d^ bois (urlaqucUe
M. de Réaumur avoir femblé jetter
Tallarme par un Mémoire qu'il fit
imprimer en 172 1. Cet Académi*
cien y annoncoit que les bois de
charpente étoienr 'déjà rares ; que
les bois de chauffage diminuoicnt ,
6c qu'il étoit à craindre que les
Juin 1781. 1183
établiffcmens des Forges, des Four-
neaux à feu & des Verreries ne tomr
baifenc faute de bois.
M^ Telle d'Acofta , grand Maître
àcs Eaux & Forêts de; Champagne ,
eiFaye de nous radurc'r dans (on ex*
ccllentc ïnjlruclion fur Us Bois de
Marine , qu'il vient de donner. Ce-
pendant ce bon Citoyen fc croit
obligé d*avouer qu'on ne peut ufct
de trop de précaution pour ne pas
prodiguer les bois. L'objet eft im-
portant ; & M. Camus a rendu fer-
vice à la France en s'en occupant
aufli (erieufement & avec autant de
fuccès , & en traitant fon fujet par
la voie des expériences & des Ma*
thématiques.
L'Auteur confidcre le bois dans
ion origine & dans fcs.progrès. Les
8 volumes i72-4^. qu a donné M. Du-
hamel fur \ts bois , font analyfés j on
y voit ce que peut produire un
taillis ou une futaie ; ce que peu-
vent porter des pièces de bois de
D d d iv
11S4 Jomiui éti SfmHUU i
toatcf fortes de longueur ft de ^oS^
feur dans difièrebtes cîrconftaoces
Oc dans différentes pofitioBS. L'Au-
teur établit les avincages dt$ bots
de fcfage}' il calcule ce ou'ont i
fupporter les plancheft par le poidi
& par le choc ^ en càUmanç même
rcffort des dafifeurs. Enfin il &îc
voir l'excès de force & de dépcnfes
inutiles dçs conftruâions tn bois
carré « fur les conftruâions te bois
méplats 9 en comparant leur téfi£»
tance, leur poids ic leur défrefhfc.
Ces principes font lumineux , iD^^
tains ; il ne s'agit que de les applt*
4]uer & d'en^irer parti : il s'en état
beaucoup quon aie été jufqu'ici
dans la bonne voie pour tous les bâ*
timens faits depuis une foixantaine
d'années; on à employé moitié
plus de bois qu*il ne convenoit, & ,
il faut Tavouer à notre honte, nous
avons eu l'art de ks rendre beau-
• coup moins folides , foit par le far-
deau du bois inutile , foie par les
Juin 1782. 1185
aflfcmblagcs avec raortoiles qui dc-
truifenc la force néceflaire pour un
pJaDchçr.
On Yoit par ce que nous venons
de dire» que cet Ouvrage eft un des
plus utiles qu*ii fût poflible de faire »
& la répurarion de M. te Camus
fuffic pour (aire juger de la manière
dont il a rempli Ton plan.
[ Extrait dcM.àcU Lande. ]
Œuvres compUtus de M. U
Chevalier Hamilton , Miniftrcdu.
Roi d'Angleterre à la Cour de
Naples , Qievalicr de l'Ordre du
Bain, Membre de la Société
'Royale de France, &c. com-
mentées par M. TAbbé Giraud^
Soulavie. A Paris , chez Moutard ^
Im^ rimeur-Libraire, rue des Ma*
thurms^ hôteb de Cluni. ^oS
pag. in-S^. Pt'Up 5 liv. broché;
6 liv, relié.
L'Ouvrage de M. Hamil-
ton fur le Mont Véfuvc & fur
le Monc Etna , n ctoit cncor^connit
Ddàv
11 86 Journal ici Sçavans y
3ae <)ek Sçavans; \t grand nombre
e planches tlocft t1 éroft iaccfbnipâ-
gné le Tcndoit extrêmemràt cnkr^
Comme îl 'renferme des obferva-
tions nouvelle & intèrcflantes qui
méritoîent; ^tre plus répandues ,
M. l^Abbé Giraud - Soulavic y qui
s'éroic occupé de la même ifitirière
dans im ChWràge intércïTarit que
nous avons àifmmcé',' s'eft chargé
de cette ^ditionw Vi.y^ a ajouté, a.iOv
pages de notes » danslerquelles il a
rapproché les phénomènes ob&rvés
en France lue les volcans éteints; il
y a ajouté les obfervations faites par
M. Hamilton pendant rény^^ciço de
1779 > ^,\^^ defeiiptioiis ici vol-
c^ns fitu^s dans les environs À\à,
Khin qu'on a traduites de 1'^ nglois
& tirées des TranJaSions Philofom
phiques ^ de (orte que cette édition
mérite avcc'riifon le titre d*<ï«v/-tf5
compUttes de M. Hamilton , & Tac-
quifition en cft égàleniciit -utile aux
Amateurs & aux Sçavàni qui ^nt
déjà rédiûon de Naplescn un grund
. volume î/2-/oiii>% ,
Jdn \*j%%. 1187
Il rfl: vrai que M. Hamîlton «
encore ptiblié un grand Ouvrage fur
les vafcs étrufcjuies dout nous avons
vu cbez lui ,-à Naplcs , une immenfe
cellcâton; mais le principal mérite,
de CCS Ouvrages ttant celui des gra-
vures t il fl'étoit pas pollîble de les
joindre à cette petite édition.
M. l'Abbé G. a fait graver la
carre qui repréfentc la lîtuation des
obje» , la forme des volcans , la
direâion de ieurî coulées ; 6i dans
l'explication de cette carte,, il a
confcrvc les dcfctjptions dt-s figures
de M. Hamilion , & ce qu'ont écrit
de plus curieux , MM. le Baron de
Dietrich ,' Guettard , Ferber , Foh-
gcroux , Bridonue , de. la Torre ,
la Lande. Cette explication , pla-
cée à LÔté de la carte, fera utile
pour les voj'ageurs I qui vetronr,
dans un feul point de vue 8c dans
un volume portatif, la dtftrtburion
coniparcc dc,^ volcans d'Italie , âc
ici pays inondés de leurs laves.
On trouve dans ces Lettres ua
D i d 4\
iiSS Journal its Sçavans f
détail complet fur \^$ cbangeraens
du Mont Vcfuvc depuis le 17 No-
vembre 1764, rems où M.Hamii-
ton arriva à Naplcs , furtout ie dé-
tail des éruptions de 1767 & 17799
& une bifloire du Mont Etna > où
l'Auteur a paiTc plufîcurs nuits au
milieu des glaces. En 1769^ dans
ia même journée , il éprouva fur
cette montagne les ciFets des quatre
faifons de Tannée : la cbaleur excef-
fivc de rété dans la région infé-
xicure ', Tair tempéré du printcms &
de l'automne dans la région du mi-
lieu , & le froid extrême de Thivcr
dans celle d'en^haut. A mefure qu'il
approchoit de la dernière , il remar-
qua que la végétation diminuoic
par degrés , depuis les plus grands
arbres julqu'aux plus petits arbrif-
feaux^ & aux plantes des climats
feptentiionaux.
Cela vient de la grande hauteur
de cette montagne , (ur laquelle les
Italiens ont donné des exagérations
/înguiièrcs. M, Hamilton dit qu'elle
Juin lySl. 11S5
n'a jamais érc mefurée, & cette né-
gligence, ajoute-t-il, couvre réelle-
mcnc de honrc l'Acadcmie , gui y
dans cet endroit, eft appeliéc Aca^
démit de tEtna , dont le but primi«
tif étoic d'étudier la nature & les
phénomènes de cette montagne
étonnante. M. Hamilton avoit fore
envie d'en calculer géométrique-
ment rélévation ; mais fon baromè*
ne fe cailà , & il avpue avec regrec
qu'il n*a pas pu trouver à Gatane un
quart de cercle , quoiqu'il y ail une
Académie & une UniverHté ; il n'i
pas même vu de baromètres dans
toute la Sicile. Nous avons liea
d'efpérer que M. le Marquis de Car*
raccioli ^ aduellement Vice-Roi de
Sicile , dont rcfprit & les connoif-
fances Font fait admirer à Paris ^
pourra exciter dans ce beau pays
quelque degré d'émulation pour
les icieDces. L'Auteur rapporte la
hauteur du baromètre, luivant M.
Brydone, qui étoit au bord de la
01er de 29 po. 8 lig> j > & au fooK*.
1190 Journal dês Sçavans ^
mec de l'Etna de 19 pp. 4 lig. me-
fure d'Angleterre .^^ous ajouterons'
3UC , (nivant robfervation de M.
e SaulHire faite en 177^ 9 & cal^
culée par M. Shuckburgh dans les
TranfàSions Philofoph. dt tyyy^
la hauteur totale eft de 17 13 toiles.
Cela n'approche pas des Cordelières
^u Pérou qui vont au-delà' de 3.100
foifes» mais c*eft plus que le Cani-
-gou qui na'que 1440 toifês^ -
M. Hamiicon ne trouva rien for
le. Mont Ema (pour ce qui r^arde
les maxièrcs volcaniques.) que Je Ve*
fuve ne ptoduife \'\\y a même une
plus grande variété dans lesstacières
brûlées & \ts laves du VcdTuvt. Toutes
les deux font abondantes en pyfites
& en criftallifations j ou plutôt eu
vitrifications. Sur le rivage de la mer^
au pied de l'Etna ; on trouve quan»
tité d'ambise , ce qu'on ne trouve pas
au pied du Vefuve* A prêtent il y s
aine plus grande quantité de fouste
èc de ièls fur le (bnimet du Vefuvc^
€f^ lux celui de TEtna; mais' cette
Juin 1781; 1191
drconftance dépend de la fermen-
tation interne , & fon guide lui af-
(Ura que dans d'autres tems > il en
avoit'vu daraiicagc fur l'Ecna*
M. l'Abbé Giraud-Souiaviea fup«
pléé ï fon Auteur relativement à Tbif-
toire du mont Vefuve , par utie note
de M.. Robert de Vaugondi% Ce vol-
can agifloit avant la guerre de Troye,
Sr rentrée des Sicdes enSicile. Il eut
trdis éruptions depuis Tan 771 javanr
J. C îufqu'en.3 88 ; 0tl en trouve qua«
tre fous les Con(uls Romains , dans
l'eipace- de dix-neuf ans *, fçavoir,
fous Lelius 9 Tan 140 avant J. C;
fous Fulvius Flaccas , en 1 3 5 ; fous
Aurelius , en 125 , 8c foos Cecilius
Metellus, en i ii. CeTotcan éprouva
encore une éruption confioémble
fous Jules Céfar , en Tannée 44 avant
J. C«; elle fut fi confîdérable y qu'on
en Tcflentit la fccoufle à Rhcgium ;
la Tfier en fut (\ ccbaufice ^ que les
poifTons en ntouïorent^ les: vaiflè&ilX
des^ iks Eokcnnos en furent em-*
bxâfés.
1 1 91 Journal dts Sçavans ,
Caranc , fondée par une colonnie.»
de Naxicns, fou< la conduite d*£*
vaTchu^'9 72.8 ans avant J.C, eft,
la principale .ville des environs de
rEcna : Tes habirans hirent tranquil-
les pendant 151 ans. Hieron les en
chaua & mie à leur place cinq mille
Péloponoéfiens &c autant dp Syra*
cufains ^ ' & changea le nom de la
ville en celiri de rËtna. Mais quinze
ans après ,JHieron étant more, les
anciens habitans revinrent dans la
ville 9 chair.rent les nouveaux & dé-
truiHrent le tombeau du Tyran. Les
Etnccnsfe retirèrent dans la contrée
du mont Etna , au nord , & y bâti-,
renr une ville qu'ils nommèrenr
Ineda ^ à 80 ftades de Catane. Les
dates des éruptions du mont Etna 9
dont rhiftoirc parle , font les fui-
vantes. Avant TEre chrétienne , qua-
tre ; iuivant M. l'Abbé Giraud » fi-
voir 4 les années du monde 9 3 5 ^5 f
3538,3454* 3843; il- cite vmgt-
kpt éruptions après i. C. ; fçavoir ,
en 1175 > 1185, 1311, 1323,
Juin lySi. 119)
ijij, 1408, 1J30, 155^, 15371
1540» M45» MÎ43 M56, 1566,
1579, I6Ii^^l634, x6}6, 1645,
1669, 1681, 16899 i69i> 17019
ï747f ^755» 1766. Il ny a que
Tannée 1^82 & 17^^^ où fe trouvent
tomber en mênne-tems des éruptions
du Vefuve , ce qui n'annonce pas de
correfpondance interne entre ces deux
volcans.
M. l'Abbé Girau d > compare les ob«
fervations de M. Hami'iton , avec cel-
les qu il a faites lui même dans les
montagnes du Vivarais; il en réfulre
que la matière donne des produits vol«
caniques femblables fur les hauteurs
foufcilleufes du globe terre(lre& juf*
qu'aU'deflbus des abîmes de la mer.
Les laves qu'on a apportées des
volcans de rAmériquCy de ceux de
l'orient, & du nord> éloignées la
plupart d'un demi-diamètre du globe,
ofl'rent encore la même analogie Sc
la même rcfTeniblance , malgré les
variétés que comportent ces diiFérens
pays, Ainf] , conclud M. l'Abbé Gi*
i 1 94 Journal des Sçavatts , -
faud 9 le feu volcanique donne des
produits analogues dans tous les lieux
connus de la lurface ^du globe ; ces
laves fonr par roue ferrugineufes ^ fit-
iîbles , artirables à Tainiant, érin-
celanres au briquer. La même caufe
produit le même efFet dans toutes
les contrées , & fur toutes les élé»
valions terreftres \ on trouve la même
analogie & la même homogenité
dans les^ laves de toutes les lérup*
tions de difFérens fiècles^ depaii
celles qui avoifînent la formation du
globe , jufqu'à celles que les volcans
vomifTcnt aujourd'hui.
Une autre conclufion que M%
TAbBé Giraud tire de la comparai*-
fon de ces laves , c eft que le fca cft
le feul élément qui forme des pro«
duits iemblables & analogues entre
eux ; Téau a formé dans tous \çs
temps des roches hétérogènes , 8c le
feu des volcans a donné dans tous
les âges de la nature des fubftances
homogènes^ toujours femblables en-
tre cUes«
Juin 1781. I195
Toutes les Uvçs connues font ht*
ruginculês , le fer femblemême do<
minci dans toutes les laves: les vol*
carts âitCoiroti , en Vivatais , pat
exemple, & plufîears autres fon; (i-
tucsfuiuiierochecalcaireoumarnrure
où l'on ne trouve aucun indice de fcrj
& cette roche, qui eft en pluficuts en-
droits coupée prefquc à pic , & fou-
vent de plus de cent toifcs d'clcva*
fioii , n'cil fcirdgineufe dans aucu-
ne de Tes parties ; d'où l'Auteur coni
clud qu'il exifte dans le foyer fou-
terrain & profond des volcans dei
matières ferrugincules qui leur fer-
vent d'aliment.
M. l'Abbé Giraud croit que les'
volcans fous-matins ont brûlé fani
le concours de l'air. Quoi qu'il en
foit, de ce fyftêmc , il prouve que
la caufe des volcans aété plus aâive
autrefois , i *. parce que la mer cou-
vroit une plus graiidc étendue de
terres : 1°. parce que toute matière
foruiue , environnée de matières
froides , s'ctciut peu à peu , le dil*
119^ JmnuU du SfapMMS ^
triboMt par oonfl^ociic for la-terrci
Bon par loneitiKics ni pir Inritodes»
snis felon ks baffins & k fyftSmt
des mcn : s'ofiravit ainfi (bus^dcs aC*
prâs diffiéfcns dam les environs da
f occan & de la médicerranée } muU
ripliam les booches ignivomcs fbr la
stvcrs de la chaîne qui vedë dans Ja
méditenanée , à caufe da VoifinagiB
des eaaz maririines ; enfentaw dies
Tolcans plus rarement vers la c|iaine
oppoice , a caufe ^e réloignerocrit
des eaux de Tocéan ; agiiTant d aîlr
leurs fous l'équateur comme dans
riflande & fous les tropiques , parce
que ce feu ne dépend point da fctt
extérieur atmofpbérîque » uéptou^
Tant prclque jamais des éruptions
contemporaines dans les diyers vol-
cans connus,parce que la force expui*
five nVft déterminée que par 1 aâion
externe & locale de réiémcnt liquide
ui opère l'cxplofion 9 éprouvant
es éruptions apr^s les tremblemens
de terre » parce que l'eau de la mer
^rouve des iflues ouvertes, paries Ie«
1
Juin 1781. 1I97
coufles , & combat aevc rcléincnc
tnflammr. On peut voir à ce fujer ,
dans les Mémoires de l'Académie
dn Sciences , les defcriptions des
(blfarares > par M. de Fougeroux de
Bondaroy ; elles confirment une pu-
lie de ces rj:rultars*
On voit par-là que malgré l'exaçi
tittide de M. Hamiiron , les addi-
tions de M. l'Abbé Gîraud-Soulavie
étoient nécedaiies pour complciter
ce travail * il a fallu obfcTver le* la-
ves folides & compares du Vefiive ,
& les bafakes de nos vieux volcans
de la France méridionale , pour ju- ~
ger que le fea vo]cani<^ue prrparolt
dans fcs fouccTreinE une matière ana-
logue , tant en Italie qu'en France ,
Se dans les anciens àges_ de la narure
comme de norie tems. Il a fallu
obfeiver des volcansiteints > confîdé-
ler comment cette lave balâlticiue
dommc paimi toutes leurs produc-
tions , & comment la lave Jolide 8c
compare , domine dans les effu-
iions d'un des volcans modernes «
XI 9$ JournaliUs S$avansi
{' içur juger que les variétés (ont ana«
Qgues clans la quantité de la malle
vomie. Ce qui fait ju^er de Tunifoc-
mité des opérations-& des produits
d^s volcans.
La carte des champs Flégréens du
Mont Vefuve & de fçs environs,
dreflec pour Tintelligcncc de cet Ou-
vrage , eft fore bien gravée; mais
elle n*eft point; orientée ; elle n'a
point d'échelle ; elle s'étend depuis
Caftel-à-Mare jufqu a Procida. On y
a joint une courte defcription de ces
pays délicieux.
Les laves de 17^0 font, trcs^p-
parcntes dans cette carte. Un trem-
blement de terre précéda l'éruption
de cette lave , & fut fenfible à Nar*
pics , quoique cette ville foit à huit
milles du lieu où fe fit l'éruption ;
ce qui femblc indiquer que le foyer
du Vefuve, volcan fupérieut auquel
appartiennent ces mpntiquics ^ eft
^ez profondément iitué fous la fux-
face de la terre.
Avant cette éruption le fol étqit
\ ^ Juin lySx. 1199
tarés - fertile , garni de vignoWes*^
L'cruption commença par quinze
bouches ignivomes , qui élevèrent
autant de monticules» Les matières
fis réunirent & en formèrent fept »
qui fe réduintent enfuite à quatre
leulemenr*
Quand on creufe dans les envi-*
rons du Véfuve 9 on trouve fit à
fept coucher de matière volcanique » "
féparées |)ar une couche végétale*
I.e Chanoine Recupero , Auteur de
rOu^rage dont M. Ferber fait mcn*
tion en parlant de l'Etna dans fa
dixième Lettre, dit que , s*il étoic
permis de juger par analogie de Tan^*
tiquité de la plus baffe des laves
connues vomies par TEtna , elle au-
roit 14000 ans. On peut confulter à
ce fujet le Voyage de Brydone.
L'Ouvrage de M. Hamilton con»
tient auflî une.dcfcription de la fol-
fatarc. Ce volcan éprouva une érup-
tion en 1 198 , fous le règne deTré-
déric II ; la couche de matière vol-
canique fur les ruines du temple de
1 100 Journal dis SçavanS »
Sérapis près de Pouz2ol » cft fant
douce le produit de cette éruption ;
les eaàx phiviales paroi (Tent avoir
formé, fous la plaine de la Solfa«
tare , un lac que des reftes de feu
volcanique au-^deflous^de ce lac font
bouillir La vapeur de cette eau fore
continuellement & avec effort en
plufîcurs endroits» & Ton en pro*»
fite pour en extraire environ 173
quinraux de foufre par an , 37 qum*
raux d'alun Se deux de M ammo«
niac. Ce que nous venons d: rap«
{>orrer peut faire juger du mérite de
'Ouvrage de M. Hamilton & de
rurilité des Additions que M. PAbbé
Giraud y a faites*
[ Extrait de M. de la Lande. ]
"V
LEfOMS
Juin tj%u tvM
Leçons iUmcm^i^is ^^^ I^-;*^
naturelle & de Ck.mu ^ ^jes^ ^ti^
des coDOoiffinK» €ttriK-jiaK9 ic>
quifcs ;tt(€|ia*i et fotfr r x^. <f^A^
fiir un rablrao ea^tBjpjg* <^ Sa ikg^
raoe H? SiéM 8c ^itty^B t:^ nr;. Mv
demes ; pcwr icrrir Jic 't:*b-tkt i
un Omiis compjft <& :t^ cS -^
fcicoccs. Par M* i!? F^strcr^ ^
Doâear de la Faca!!cé «sk Mé^^
cine ds Par %^ te àt\^ %f:d^s
Rovac de M&bc:^^ A P«5j$^
rue & faofd $rT|Ki5^. 17 ¥x. t
pages , & ks f rKaniaaii-'f?^ 7^ ^
le fécond de ^
P&£MI£m ExTftAir^
L£ s Ouvrages éitmes^aift^ iïbof ^
fans contrtdir ^ les flm é^iBcu
les à bien faire 9 & cependant ies
plus utiles. Si Ton a de giandet o&ii«
I loi Journal dei Sçavans ,
gâtions aux Sçavans qui s'occupent
dé rccbe'rcbes partkrulières propres à
avancer les fciences , on doit en avoir
de plus grandes, encore â ceux donc
le génie embrafTe tout l'enrembls ,
.&. quii.de font point effrayés de la
longueur &. de la difficulté da (ra«
. vail qu'ils entreprennent. La Chimie
.eft plus que toutes ïts aurres fcten^
ces expofée à être traitée très-légé*
rcmenc par ceux qui s'y adonnenr.
Le nombre des amateurs de cette
bejle fcietlce efl très confidétable ;
mais ceux qui en pcnètrenc les pro-
fondeurs di qui contribuent à fon
avancement , font très-rares en corn*
paraifon. C'eft cependant à ces der-
niers feuls qu'il elt permis d'en con-
' noîtrc l'étendue , d'en fixer les li-
mites , d'en rapprocher les princi*
pes , & enfin d*en offrir les élémens»
C'eft cette tâche que M. de Four*»
croy vient de remplir en publiant
les Leçons élémentaires d'Hiftoire*
naturelle & de Chimie. Quoiqu'il
exiflâr plufieurs cxcellens Ouvrages
Juin 1781. iioj
en ce genre avant le fien , Textraic
que nous allons en pré(cnrcr fera
connoître retendue, l'utilité & le
mérite de celui eu
La manière dont TAotcur s*ex*
prime dans fa Préface y annonce al^
ïtt que ion but a été , i ^. de réunir
le plus grand nombre de fkirs chi«
iniques : 2^. de le faire tous je plus
{)crit volume poffible : j ^. de lier
*Hiftoire- naturelle & la Chimie:
4^. d'offrir tous les fairs chimiques
les plus nouvellement découverts:
5^. de comparer la théorie de Stahl
ou du pblogtftique j avec celle de
quelques Modernes, qui croyenc
pouvoir fe pafler de ce principe pour
expliquer les phénomènes chimi*
ques : 6". enfin de prélenrcr ces dif-
ferens objets dans l'ordre le plus
méthodique , afin de faciliter Téiude
& d'aider la mémoire. Pour faire
connoître fi ce but cH bien rempli »
nous croyons devoir donner un cx->
trait détaillé des divers objets trai*
cé^ dans cet Ouvrage.
Ec c»^
l * l ■ ■
1104 Journal des s çàv ans ^
Il Cûrtimence jpar'une tntrocluc-
non donc robjér cft de crairer âes
généralités àt la Chimie , des a(E«
nitcs chimiques , dés principesi des
Chihiiftcs, & des ({Uacre corps>cle-
hicntatres. Dans les généralités ^ M«
de Fourcroy s occupe , i^, de la
définition de la Chimie qu'il regarde
comme unefcicnu q^Uî APPREND
à connaître C action intime & rcci^
proquc de tous les corps df la na»
ture, les uns fur tes autres : x®. de
l'objet de la Chimie \ il comprend
tous ïç% corps naturels : 3^. ae fês
moyens qui font Tanalyfe & la (yn-
thèfc : 4^. de la fin de la Chimie :
5 '^. de Tutilité de cette fciençc : 6^*
enfin de Ton hiiloire.
Ce qu'il y a de plus important
dans ces généralités ^ c'eft la dif-
tinâion de l'analyfe en deux ePpè*
ces. La première eft appcUée par
TAutcur Vanalyfi vraie oufimpU \
elle a Heu toutes les fois qu'on pb«.
tient) en analyfant Un Corps, les prin^
cipes c^ui le compoleac » fatis qu^ils
Juin 1781. 1105
ayent fiibi d'altération ; & de ma-
nière qu'en Tes unifiant par la fyn-*
thèfe , ils puiflcnt reformer le com-
pofé tel qu'il ctoit. avant fa dccom-
pofîtion, L'analyfe fauife ou çom«
pliqucecft'au contraire celle par lar
quelle on (epare d'un corps fcs prin*
Cipès altérés & tels qu'ils n'exiftoîent
pas dans fa comporïrion ; aufli,,
après cette féconde forte d'analyfc|^
ne pcut-oh pas reproduire le com-
pofè en recombmant les produits
de la déconipontioni Çet:e dillinc*
tion eillumineùte & très utile pour
Tinrelligence des phénomènes cbi«
iniques*
Laifticlc des affinité^î chimiques ,
qui fuît les généralités , préfente
l'extrait d une Uiflerrarion fur le
même objet placée après la Prétacc.
On trouve dans c^tce DiiTertation
le fondement de toute la théorie
chimique de l'Auteur II a conddéré
les phénomènes condans des corn*
bïnaifbns & des décompofîtions
comme des loix déterminées qu'il
' Eeeiij
lao^ Journal àé$ SçâVMns^
eft de la plus grande importance de
bien connoitre ; & il a prefenti,
d'après Inerte idée, dix loix dont il
a démontré rexiftcn/e par des ^ifs
bien choifis. Cette DifTercation doit
c're tue avec attention par ceux qui
veulent étudier la Chimie à fond ;
nous la croyons très^propre à don-
ner des idées nettes & à fixer Us *
connoi (Tances déjll açquifes.
L'hifloire des quatre corps élé-
mentaires , quoique' très • courte ^
contient cependant tout ce qu'il eft
edçntiel de (avoir fur leurs proprié-
tés phyfiqucs & chimiques. Celle
de Tair offre une théorie . nouvelle
fur la corhbuftion^ donc tious avons
rendu compte. L'Aureur croit qu'on
peut confidércr ce phénomène com-
me une Hinple* combinaifm du
corps combuflible ^vec la portion
d'air pur contenue dans l*atmo-
fphère.;le phlogiftiquc deSrahl n*y
joue aucun rôle iûivant cette opi*
nion ; la- chaleur n'y eft néceffairc
que coiiime (ervant à diriger U
Juin 1781. 1107
Corps combuftible , à. dérrnire Ton
aggrégarion , & à favorifcr confé-
qucmmenc (a combioailbn avec Tait
pur. On pourroit peut-être croire 9
d'après Tidée que nous venons de
donnrr de cette doârine , que M«
de Fourcroy re être entièrement le
phlogiftique , à Texemple de quel-*
qucs Phyfîciens modernes ; mais
nous avcrtiifons le Lrâcur qu*il n'a
pas pris ce parti violent , & qu*il a
eu l'attention de faire voir dans uq
grand, nombre dendroirs de fon
Ouvrage j qu'on ne pouvoir pas fe
pafler de la théorie de Sthal , fc
qu'il étoit plus fage de lier ccttft
dernière avec celle des gas> comme
on l'a fait dans le nouveau. Dic«
tionnaire de Chimie. L'Auteur da
ce dernier Ouvrage , pour le dire
ici en deux mots , croit avec Stahl
que la matière du feu ou de la lu«
mière entre comme partie confti-
tuante dans la composition de tous
les corps combuftibies; & pour ex*
pliquer les très-nombreux & très«
£ eciv
^10^ Journal dis Sçavans ^
iin port ans phénomènes que nous ont
fait connoicre les découvertes mo*
dernes iur Tair , fans rien changer à
la fublime théorie de ce profond
Chimide i il ajoute Simplement que
dans toute combuftion , c'eft lair
pur & proprement dit 9 qui peut
ieul. dégager la matière du feu des
liens de ia combinaifon , & qui ,
comme tous les autres précipitant
ou décompofans^ fe fubflitue à la
place de cette même matière du
îieu , dans le nouveau compofé in-
combuftible qui réfulte de toute ef-
pèce dcconibuftion. La fuite tera
connoître lac]ucl]c des opinions mo-
dernes furvivra enfin à la deftruc-^
tien de toutes les autres ; car tous
les lyftêmcs imaginables fur la na-
ture des corps combqftibles paroii-
Icttf mainrcnant avoir été imagi-
nés ; & â caufc de leurs contrariétés »
il n*y en aura qu'un enfin qui pourra
fubliftcr, apiès avoir fait écrouler
tous les autres.
M. de Fourcroy , après avoir exar
Juin 1782. 1109
miné les éJcmcns , entre dans les
détails de tous les corps qui corn-
pofenc ou habitent notre globe.
Touteis les fubilances naturelles
qu'il fe propofc de confidèrer en
Phyficien , en Naturalifte y en Chi-
mifte, & même en Médecin, fonç
i^iyi'fées en trois règnes. Les miné-
raux font les premiers dans fon exa-
men , parce qu'ils font plus fimples ,
plus faciles à connoître & à analyfeç
que les végétaux & les animaux. La
Minéralogie , .dopt les divi fions fonc
établies fur fcf propriétés chimi-
ques , eft partagée en trois bran-
ches ; la première comprend les
terres & les~"pierr,es , la féconde les
matières falines , & la rroifièmc les
fubftances combuftibles : chacune de
CCS trois clafles de corps çft fubdi-
vifee.en plu.<; ou moins grand nom-
.pr.ç degetv?es. . ^ ^ • ^ .> .
;. ; L^s fubûânces^' tetrcufes & piçr-
icufes ïonticUes dqfit fbifto re e(l
Ija plus courte , i)arceque leurs pro-
priétés chimiques font très peu con^
E c c V
lito Journal dis Sçavans 9
fidéirables oo au iiioins aflez peu
Connues. L*Auteur' en établit lc%
caraâ^ères généraiit & pafle enfutte
à leur éuuniéiatiôn/Ii ptéfenre d'a-
bord un extrait de la méthode Àt
M. Daubenron ^ qu'il regarde , avec
taifon , comme la meilleure ; il la
fait fuivre d'une autre mcthôde fur
laquelle it infifte beaucoup plus, &
qui eft fondée lur les propriccés chi-
miques des terres & des pierfcs. Ces
fubiknces font, partagées enjrrois
fcdions. La première, comprend les
pierres (impies \ la. féconde les terres
& pierres compcrfée?, & la troifièrac
les terres & les pi^rrts mélangées*
Les tetres Çl pierres Simples y dont
le caraâère' chimique efjl d être for-
mées d'une feule & unique matière,
font diviiécs en quatre ordres. Le
^irértiitr renferme les pieices vitreu-
iès dom la chaleur n'attère ni lana^
tuîféni râggcégatiôh ; il a fooç lui
deux genres 9 lavoir , le criftai de
roche & les pienes précieufes inal-
térables au feu. Le fécond ordre
Juin 17S1. llit
rontietit les pierres quaraciifes con-
Fondues jufqu'à préicnc pat les Na-
ruraliftcs avec les premières. L'Au-
:c[tr , d'après les expcricnces de M.
d'Arcct & les fiennes, cro t devoir
les didini^uer des pierres' vicreufas,
parce qu'expofces au feu elles per*
dent leur tranfparence & leur aggré-
tation ) effet que l'on ne peut atcrî-
uer qu'à un commencement d'al-
téiacion fcnfiblc. Le leccnd ordre
contient cinq genres, qui lont,!c
i^uaiiz , le caillou & l'agatbe, les
matières organiques filiciâées, le
jafpc H le grès.
Le troifleme ordre des pierrci
impies eft dciliné aux terres Se
pierres argilcules ; leurs caractères
di(linûits font de fc délayer dans
l'eau & de f; durcir au feu ; les ar-
giles molles ou diiâîies , les argiles
teches ou tripolis , les fclnftes ou
ardoifes tS; le fcldc-fpath, font Ici
quatre: geiiteS qui compofent cet or-
dre. A l'égard du feldc-lpach , M.
de Foutcrcy avertit qu il ne le rawijji
E t ci\
I X I X Journal dts Sçifvans 9
avec les sugiles que .d'après Texpir
xîençc I q^e feu M. Bucquet lui a
communiquée 9^ dans laquelle ce
dernier Çhimifte avoir reriré ane
grande quantité d'argile de cette
pierre. Cependant lé fcidc-fpath eft
cbaioyanc.^ il fait feu avec le- bri-
quer 1^ il.fe fond au teu iS^ ne fe dé«
i^ye, point dans Veau , eataélère^ qui
lléioigft.çfitfiDgulièremcnc des argt<»-
Içs 9i>il Mto^t peut être été mieux',
fuivacxç la rcmarqiJe deJVl.deJFoùr^
croy ,{de iç rapprocher des pierres
yitreufes çqoînaç l'a fait M. Dau-
bcnton 9 ou des pierres compofées
^ Cfiife dçfla fMfibihté,.
LiP quatriè,me ordre des pierres
iunplçsr. eft eâtièremeht neuf; &
difiinâion eil ^ûe à M. Bucquet; il
a donné aux pierres qui le confti-
çucjnfrlc nom de faujjes argiles ^
parce. ;qj|'avçc la . forme exréricure
des argileSf> leuritifiu gras & feuil-
Iqcéy elles, c^ diffèrent beaucoup
en ce qu'ell<es font la plupart fufî-
blcsj ne font point de pâte avec
Jain lyZil III)
l'eau y & futtout ne donnent poînc
avec l'acide vitiioliquc un fct fënii
bJable à l'alun. Crtie dernière pro-
prifté cfl: la plus fingulièiei elle
femble annoncer une .terre paiticu*
lière comme le cio^oit M. Bucquec ,
&C elle tnéiite bien un examen delà
part des Chîmiftcs. M. de Pouicroy
a placé> d'après. les expériences de
M. Bucquet , quatre genres de pier-
res dans ce detnici ordre des pierres
iîmples. Ces quatre genres font , les
f)ierres oUaires dures , les pierres ol-
aires tendres ou (lcatites> le talc
ou mica, & Tamyanthe ; l'asbeAe
fait paitic de ce dernier genre.
La féconde feâion rcnteruK les
Eierres compolécs, qui réfultent de
I combioaifon natuieUe de plu-
Heurs fubllanccs terreuleSj falmes
Se combuftibles. Cette fedion con-;
tient dis genres ; les ochres , comme
matières argilleufes colorées par des
cliaux métalliques , tunnent le pre-
mier ran^; ; on trouve enfuite la
I
1114 Journal des Sçavani ,
nue t mais manîfêftemenr compoSe
<}'aprè$ les expériences de M. Berg*
man^ le fchorl^ les macles , 4e
trapp 9 la pierre d'azur , toures îoï*
mècs par largile combiné au fer;
les pierres précieules ou gemmes fu«
iibles 9 dans Icfquelles Ni. Bergman
a trouvé , par t analyfe chimique ^
des terres quartzcufes^ argileufes &
calcaifes unies à qutlcjues fubiUn*
ces métalliques ; les cnftaux de vol*
cans compofés de diyerfes matières
par raâion du feu \ les pierres^pon*
CCS & les verres que le feu des vol-
cans (orme en unifiant plufieurs
corps fimples. Il s en faut de beau-
coup 9 comme le fait remarquer M.
de Fourcroy^ que l'analyfe de ces
dix genres de pierres ait été faite
avec alTcz d^exaâitude pour qu'on
les connoiffe 8c qu'on puifle Ici
clalTer avec précifion ; les travaux
des Cbimiftes ne font qu'ébauchés
(ùr cet objet s & fi l'on en excepte
ce que M. Bayen a taie fur la fer*
pentiac 8c fut les marbres y M. Berg*
Juin 178t. m 5
mai) y fur 'Uzéolite , les ptenes pr£'
cicufcs & quelques produits de vol-
cans ; M. le Duc (le la Rochcfôu-
caulr , fur la zéolite , le fchorl ^
les macics , &c. on n'a abfolumeni
aucune rechercbc fuivic fur cet objeC
important.
La troiftème fe£Hon des pierres
comprend celles qui fontmèlaogécs
des précédentes. Ëtle cil divifce en
deux ordres; le premier renferme
les pierres ■ mélangées par - l'eau ^
telles que le petro-lîlexi le poud-
ding , le granit, le porpbyre 8c
l'ophire. Ces cinq genres de pierres
paroifTent en etfei avoir été mélan-
gées par l*eau. Leur nature chimi-
que cft encore moins connae que
celle des précédentes ; il n'y a prel^
Sue rien de fait fur leur analyfe.
►ans le fécond ordre des pierres
mélangées font rangées celles dont
le mélange paroît être dû au feu des
volcans. Ces demicres forment qua-
tre genres, les cendres de volcans.
m 6 Journal dtsSçavans^
les lavifSj le baialte ^, les fcoric$
dç laves. , ^
Quoique ces' détails (br les terres
& les pierres foient.aflez cionfidéra*
blés > ils ne fopt gas à beaucoup
près aufli étendus gué ceux qui ap-
partiennent aux matiéresf^iinps. M.
oc Fourcroy ^ en exainifianç cette fe*
conde jclafle de corps minéraux ^
commence par les conûdérer eh g^
i^raLIi-donne quatre cara'ûères aux
fubllances falincs , layoi/jla^laveury
la diiToiubilité dans Teau y la ten-
dance à la coinbinaifon ^ &\j[^in«
combuftibifité* Cette dernière pro-
priété tiî trop failJanre& trop neuve
pour que nous ne préfentions pas
les détails qui la développent» Nous
croyons ne pouvoir mieux faire pour
cela que de rapporter ici les propres
paroles de TAuceur..!! eft.dcmop-
tré^ diç. M. de.FpurcKoy, par les
w'1>clles expériences de M. Lavoi-
»(\tx^ que les matfères co^nbufti-
V blés laifTent pour réfidu ^ après la
Juin 1781. t%i%
M combuftion , un acide d'une na-
»tuic paiticulièrC' La combuftlon
•• n'eft autre chofe, comnic nous
» l'avons npliqué plus haut , i^u'uno
«° combinai Ion de l'air pur avec les
» corps combuftibles. Tout corps
»qui a brûlé, c'cll- à-dire qui s'cft
» combiné avec l'air pur, rentre dans
» la clafle des corps incombullibles ,
» ou , ce qui efl la même chofe , fa
» tendance à fc combiner av.c l'ait
wpur eft fatisfaite , & il n'efl plus
M Tufceptible de s'y unir de nouveau.
K Ces principes étant une fois prou-
■« vés , lî d'une pan on trouve que
wpluficurs tels font les réiîdus de
» d.ffcrentes matières combuHibles >
•> & fi d'une autre part tous les fels
» paroilTent contenir de l'ait pur ÔC
«tclTemblcr à des fubftanccs brû-
"Iccs , on conçoit comment ils na
n poureont plus être combuftibles^
» Or , ces analogies lonc fondées
"fur un grand nombre de faits,
" comme on le verra plus bas 1 & il
>= cil clair (Qu'elles dciiiontttn: que
BiiS Journal du S§âVétns ^
m les fels font des êtres très compo*
•> fts 9 ic la plupart formés par Tu-
m nion de certains corps combufti-
M bies avec l'air pur. il eft très*fa«
»» cile d entendre, d après cela^ com-
j*ment ce caraâère d'incombufti*
•» biiité eft le plus certain & le plus
••conftanc des matières (àliues.'*
L'Auteur divife les fels en deux
ordres; le premier renferme les felt
/impies ou primitifs ; le fécond » les
fels neutres , compotes ou fécondai-
res. On ne doit point entendre pat
le nom de fels fimples» des iubftan*
ces falines indécompofables , mais
feulement moins compofées qui coni^
tituent le fécond ordre. Les fels (im«
iimples font de trois genres. Le pre*
micrxomprend les fubftances faiino*
terrcufes \ M. de Fourcroy donne ce
jiom à des matières que la plupart
des Naturaliftcs & des Cbimiflits ont '
legardées comme terreufes, & qui y
cependant, ont des propriétés falines
très- marquées. Elles font au nombre
de^trois, la terre pefante 9 la magné"
Juin i7S2« m 9
fie & la chaux , toutes trois fuppo-
fccs dans leur état de pureté ou de
caufticiré. La première de ces fubf-
tadcés n'efl: pas encore généralement
reconnue par tous les Chimifles ;
c'eA à MM. Scheèle & Bergman »
que Ton doit de lavoir didinguée
des autres terres ; ils Ton trouvée
dans le fpatb pefant , & la différence
dé fes affinités y ainfi que celle qui
exifie entrelesfels qu*elle forme avec
les acides, & ceux qui forment la
chaux & la magnéfie exigent en effet
qu'on la diftingue avec fom. Le fe«
cond genre des fels fimples eft diP»
tinéaux alkalis dont l'Auteur recon-
noit trois fortes avec les Chimiftes ;
fçavoir , Talkali fixe véeétai , Tal-
kali fixe minéral, & raïkali volatil*
Il faut obferver qu'il n'admet dans
cette nomenclature que les alkalis
fixes, cauiliques ou pierres à cautère,
& lalkali volatil cauflique, & en
effet ce que Ton a appelle juiqu ï
préfenc , alkal i fixe & dont on a donné
pour caraâère la propriété de taire
J 119 JoumfU dpt Sgavans , .
cffrrvcfccnce avec les ack}es , n'eft
point de l'alkaii fixe, pur , tp^is bieii
une combinaiionialine neutre de et
ici j avec un acide <}ue les Chimiftes
modernes ont défigpé ious. le nom
d*acide crayeux. Enai) dans- e tpi-
fîème genre des Tels (impies 9 Ml^ de
Fourcioy a placé les acides. Cesr
fels lent au nombre de . fepr : l'a^^
cide crayeux ^ Tacide niarin , Tacide
iparhiaue 9 l'acide nltreux ^ l'eau ré*
gale 9 i acide vitriolique & l'acide
du borax au <el iédatiF de ces fepc
acides ^ il y en a quatre (impies Sc
un niixre bien reconnus de tous les
Chimiiles ; quant à Tacid^ fparique 9
lc« uns d'après MM. Sceèie & Berg-»
man , le regardent comme un acide
patciculier au fpath vi reux , ou fiu:r
Ipathique ; M. Bcrgmcm le défignc
ious le nom à^acidum jluoris minc"
ralis. Les autres croyent que ce n'cft
que Tacide manp mo Jifié 9 telle eft
1 opinion des Chimi(le$ qui ont
donné une fort bonne analyfe. du
ipach yitceiix 9 fous le nom de BouU
Juin 1781 • 1111
langer y cepenriant comme Tacidc de
ce Iparh jouir de pîufieurs propricrcs
trcs-difFérences de celles de l'acide
marin , telle , par exemple , que la
propriété de mcrcre la terre quarteufe
dans rérat invi(ible & aëriforme;
celle de diflbudre le verre, & de for-
mer avec lesalkalis des (els très dif-
férens du fel fébrifuge & du fel ma-
rin , comme d'un autre côfc ont n'a
point encore pu faire pafTer cet acide
à rétat d'efprit de fel pur, & réci-:
proquemep.c ce dernier 4 Térat d'à-:
cide fpathique, on a jufqu'à préfenc
d'aiTcz forces raifons de le regardet
comme un acideyî^i gcncris.
Quant à Ta ci de du borax ou fel
fédatif, quoiqu'un Chimifte trè?-
cpnnn penfe qu'il n'exide point dans
le borax & qu'il eft toujours formé
aux dépens des acides, à Taide dcf^
quels on le préparc , plùfieùrs Chir
miftes étant encore d'une opinion
contraire, furtout depuis» qtie M.
tio'éfcr a trouve cet acide pur diffous
dans les eaux de plaHeiirs lacs de'
tiil J&Êmidl iUs Sçéivans p
Tofcane, M. de Fourcroy a cm de*
voir, comme Hiftoiicn des connoif-
(ânces èlfmentabes de Chimie , le
regarder comme un acide parcicti-
lier.
L'Auteur, dans Tordre qu'il a éca«
bli pour les acides , commence pat
ceux qui ont la propriété d erre aèri*
formes dans leur état de pureté. Il
range Tacide crayeux le premier »
parce <]u*il cft le plus généralement
répandu & le plus abondant dans
la nature ; l'acide mann & l'acide
fpacbique viennent cnfuite comme
plus énergiques , & en même-tcms
rrès-fufccpciblcs de prendre la forme
gazeufe. L'acide nitrcux occupe ie
quatrième rang ; c'ed celui de tous
qui eft le plus manifellemcnt dccom»
fable, où Ton démontre le plus faci-
lement la ptéfence de l'air pur. M.
de Fourcroy a retint dans fon hit
toire , tout ce qu'il y a de plus neuf
& de plus important dans les décou-
vertes des modernes fur cet aci Je» Il
a prélenré iur l'eau régale la doc<-
Juin \ytxi I22|
trinc adoptée par les Chimiftcs fuv»
dois , & il y eu a joint une nouvelle
d*après la théorie pneumatique des
modernes. La première confiée à re-
garder cet acide comme un acide
marin déphiogifliqué par celui du
nitrc Y & (uiceptible de dilToudre Toc
par cette modification. Suivant celle
de TAuteur» qui eft rmverfe de la
précédente , Tacide marin de Teau
régale eft furchargé d*air par l'acide
nitreux^ &c devient par-là capable
de c^fToudre & de calciner Tor ^ à
Faide de la grande quantité d air que
ctt acide contient. M. de Fourcroy
ne donne cette oponion que comme
une bypothèfc qui fera ou vérifiée ou
détruite par rexpériencc. Dans l'hif-
toire de Tacide vitriolique , il eft dé*
montié par des expériences» dues à
MM Lavoifîcr , Bucquet & à TAu*
teur lui-même, que cet acide cft vé-
ritablement compofé & qu'il con«
tient une grande quantité d'air*
Avec les Tels nt^u res ou compofiFs
qui conduucnc le 2."^ ordre des fubf-
1 114 Tournai des Sfavans ,
tances rilineSyfontfattgée^'Ofi grand
nombre de corps que ks N«tuT«li£»
tes ont jdfqa'ici regiitdés comme des
terres' ou des pierres. M. de Four^
croy 1 cru pouvoir fiiire cette efpèce
de pas que plufieurs Chimiftes n a-
voient point encore o(è (aire ; mais
il ne ne fà pas poufiè au-delà de ce
^e rexpérience a démontré» & il
n'a pas fait comme certaines perfen*
nés, fans doute trop hardies ^ qui
rangent le criftal de roche avec la
tartre vitriole \ les (els neutres font
panagés en û% genres.
Le premier genre comprend douze
fortes; fçavoir , le tartre vitriolé »
le fel de glaubtr^ le nitre , le nitre
rhomboidal, le iel fébrifuge àçfyU
vus , le fel marin , le borax , le borax
végétai ou combinaifon de Tacide
(edatU avec i'alkaii fixe végétal , le
tartre fpatbique,ia foude fpathique ou
les combinaifonsde l'acide fpathique
avec les alkalis du tartre & de la
foude , le tartre crayeux & là foude
crayéufe ou lef combinaifons de l'a*
cidc
^
/
Juin 178X. 121;
c'iJç crayeux , avec les deux alkaiit
faxes. Tous CCS fels (ont examinés en
détait & avec beaucoup d'ordre.
Nous avons furtout TCtnaicjué l'ar-
ticle du nitre, dans lequel l'Auteut
doone une théorie nouvelle fur la
dctonaiîon de ce fel. 11 pcnfc qu'elle
n'eft due qu'à ce quel'ait pur , dégagé
de niire chauffé , comme il cft prouvé
par la diAiUacion Uiie avec l'appa-
reil pncumato-chimique, facilite &Z
hâte. finguUciemcnt la combuftion
du coips combustible que l'on pio-
jette avec le fel dans un creulet lougc.
Cette théorie eft fbuienue par un .
grand nombre de faits, dans un Mé*
moire que M. ds Fourcroy a lus à
l'Académie ,&quc cette Compagnie
fe proporc de publier, dans l'un de
fcs volumes des Sçavans étrangers.
L'Aûteut a donné des noms nou-
veaux à quatre Tels neutres fur let^
quels il eft important de dire un
mot. Il a appliqué celui de tartre
J'pathiqmh l'union de l'acide fpaciii--
que avec l'uilcali végétal, d'après la
Juin. Sec. Foi. F fi
1 2 16 Journal des Sçavans , -
dénomination du tartre- virriolé; xc
fcl n'a encore été apperçu que pat
MM. Schecle , Bergman & Boullan^
gcr, La combinaifon chimique • du
même acide avec Talkali de la foude ,
cft appclléc /budefpathiquei elle eft
aufli peu connue, que la précédente »
& elle n'a encore été obfervée que par
les Chimiftes que nous venons de ci-
ter. Quant au tartre crayeux & à Ja
fou/Jt xrayeu/ey ces noms nous pa-
ïoiflent d'aurant mieux imaginés,
qu'il cft néccflaire pour ceux qui le li-
vrent à récude de la Chimie de bien
diftinguer ces alkalis fixes faturcs dia-
cide crayeux & appelles aires par M.
Bergman 9 des alkalis purs de caufti*
qucs. D'ailleurs , ces fçjs font vcrita»
blement neutres , & refFervcfcencc
qu'on avoir préfentée autrefois com-
me un caraâèrc propre aux alkalis ,
démontre elle-même qu'ils (ont corn-
pofrîs , puifqu'eUc n'eft due qu'à
leur décompoiition & au dégage-
ment de Vadd^ cta^eux c^ui les neu-
tialife 9 opètb ç^x àt:^ ^cv^^^ \W
Juin 1781. 1117
forts que lui. Les travaux du Doc-
teur Black , de Pricftlcy , du Duc
de Chaulnes ; les détails exaôs &
bien préfcntés de M. de Fourcroy
fur c^s deux efpèces de fels neutres
âlkalins^ enBn les ex|>ériences répé-
tées de tous les Chimiftes ont bien
développé cette vénré , & il eft dif-,
ficilc d*y retufer fa confiance.
Le fécond genre de^ fcls neutres
renferme les iels ammoniacaux* Ils
font au nombre de fix ; le fcl am-
moniacal vitriolique , ,1e fel ammo-
niacal nitreux» le tel ammoniac, le
fel ammoniacal fédatif , le fel ammo-
niacal fpathique, & le (el ammo«
niacal crayeux. L'hiftoirede chacun
de ces fcls oflFre un grand nombre
de faits ; elle y eft. plus détaillée
que dans aucun autre Livre de Chi-
mie. On y trouve p'uHeurs faits
neufs fiir la volatlité du fel ammo-
niacal vitriolique , fur le fel ammo*
hiacàl lédatif y &c. Il èft aufli trés«
important pour les Etudiatv^ à*t\$wBL
ihivre les différences o^uv t.'tt&RSvt
iiaS Joumaî des SçavoTts',
cntic le fcl ammoniacal crayeux
appelle alkali voUtil concret par Ici'
Chimilles, & l'alkalî volacU cauf.'
liqiic.
Dans le troifitmc genre des tels
neutres font rangés les fels calcaires;
le vitriol de chaux ou félénitc, le
nicre calcaiic , le fel marin calcaire
le botax calcaire , le fpatb fluoc otl
vitreux , ou fluor fpachJcjue , & U
fpaih calcaire , font les (ix fortes de
fels qui compofent ce troifièmc
genre. Parmi ces Icis féiéniteux
le fpath vitreux & les matières cal
caircs-ne jouifTenc de caïaâèies là-
lins (]ue dans un degré très-foible*
Cependant, comme ils font com^
poIés d'acides particuliers faturél-
de chaux, on ne peut les regarder;
que comme des fels neutres. LeuE
hilloire, [rès- détaillée danî rOu->
vragc dont nous nous occupons-
offre ce qu'il y a de plus neuf lur les
diffcrenies fubflances , furtout fiit
Je nitic , it îd u\a.tln calcaire, le
Juin 1781. 1119
L'article de ce dernier contient Thif-
toire-nacurelle des fubftances cal-
caires en général, depuis la pierre
coquillère la plus brute jufqu'au
fpath calcaire le plus tranfparenc iC
le plus régulier.
Le quatrième genre des fcls neu-
tres eft formé des fels à bafc de
magnéfie; on -y lit fucceffivemenr
riiiftoire du vitriol de magncfie ou
Ici d'epfom , du nitre & du Ici ma-
rin à bafe de magnéiie , du borax
à bafc de magnéfie, de la magnéfie
fpachique & de la magnéfie crayeufe.
La plupart de ces fcls , fi l'on en
excepte le fel d'cpfom & la magné-
fie crayeufe fur laquelle M. Bunni , '
Ciroven de Genève, a donné il y a
q.'elque-tems une bonne Diflcrta-
tion 'dont les dé:ouvctces font con-
fignées dans 1 Ouvrage de M. de
Fourcroy,. ne font que très - peu
connues , & il n'y a que deux ou
trois Chiniiftes qui âyent commencé
à \^s examiner.
1 1 j o Journal des Sstnfans ,
fcls à ba(c d'argile ;" l'alun ou vi-
tiiûl d'ar^il; , le nicrc arçjiicux , ie
Ici marin argjlciiï, le borax argi-r
Icux, i'argïic fpathique 8c l'argile
crayciife , font les fix cfpêces de lels
neutres qui conlHtuenc ce genre. Il
n'y a [tanni eux que l'alun qui coni'
mence à être bien connu ; le T(]tt- ,
ie kl marin argileux , Se l'argile
fpatliiquc , ne k fonr en aucun; ma:
nière. M. de Fourcroy a cejcndant
Tcuni le peu de connoilTdnces ac-
quile^ fur ces objets, Se il l.s a pré-
tcntL-es avec fa m^cliode ordinaire*
Quant au borax argik-ux & à l'ar-f
gilc crayeufe , il d'cA rien moJns
que décidé qu'ils Exiflfnr & que les
acides Icdatit & crayeujc puiflenj
s'unit à rari;ile.
Enfin le iîxième & dernier genre
des Icis neutres comprend ceux à
bafc de terre pcfanfc; d.'S fix fcls
qui forment ce genre, il n'y en »,
gue deux fur lefquels on a quelques
j coîinoilTan.es eiaft« ; ce font la
v^ath pelant ou cawNava'î^^^'i»-
Juin 1781. '• 1131
Tacidc vîtrioliquc avec la terre pc-
fante, & la terre pefantc crayeufe
ou neiitra ifée par Tacicie crayeux ;
encore les connoiflances acquifes
fur ces deux fels ne for>t'-ellcs ducs
qu'à un fcul Chimifte, M. Berg-
man , puifqu'il n'y a que lui qui
s*en foit occupé : quant au nitre »
âu fel marin à bafe de terre pefanre ,
& aux fels formes par cette dernière
aycc les acides fcdatif & (pathique,
ils n*ont point encore été examinés.
On pourroit augmenter encore beaU*
xoup le nombre de ces nouveaux
fcls , en y joignant ceux que doi-
vent former avec ces diflFérentes
ba fes , tMcidt dufucre & t acide ar-
fénical de M. Bergman.
Il réfulte de ce rélumé fur les tels:
i^. que rOuvrage de M. de Four-
croy en contient en tout cinquante-
cinq fortes, dont treize de fclsfim-
pies , & quarante-^eux de fels neu«
très : i^. que des treize fels (impies
la plupart font bien connus da5\<&
Iijl JoitrrtaîdesSçavaasi
leurs proprittcs : ;*". qtie des qua
rante-Heux fels neutres il n'y
pas la moirié de bien connus : 4'
que l'ordre établi pat l'Auteur, eé|
mêmc-tîms pu'tl cxpofe les con'
noilTanccs acquifcî , indique cclli
q»ii font encore à acquetit : j'
qu'il y a un gtaud noinbte d'objci
de rcehcàclies (ur les matières fali
iicî, qui toutes promectcnt des
couveicts nouvelles St importante**
6°. enfin , que c'cft fpccialcmchl
fur les acides fjiarhique ^ Icdatîf',
fur la terre pefance &i Icsfels qui f&'
liiltent de fon union avec les acides {
que les pcrfonufs auxquelles leu'
loifir pcrnifE de fe livrer à des tc
cherrhîs chimiques iVotvent dirigi
leurs ttavaux ; & qu'ils itndronr u
trê'i.jiraiid fcrvjcc à la Gltimia'c
fiulanr connokre les réfultïïs'di
taitli nouveaux que ce; feciicrchw
Iavec foin 8i fàgdché J ne pei
lanqtKt de ptélenttT.
is reviendrons (\it ziz Ot
Juin 1781'.' iijj
vrage tntérelTanc de M. de Fourcroy
dans d'aticics Extraies qui fuivioac
celui-ci.
[Extrait 'de M. Macquer.'\
MÉMOIRE fur ^ancienne vilU dt
Tauroenfum, Par M. Marin, ô-c.
Seconde Paktis.
JE vais répondre , dans cette fé-
conde Parcie, à cjuatre quellions
^uon cft en droit de me faire.
i^. QjcHe ed lécymoln^e du
nom de Tauroinrum} 1^. sn qiiel
tcms fut-eije bàtieî 3*. à quelle euo;
que tefla t'clle d'exiftcr i 4.''. enfin ,
quelle fut la caufe de la deltruction î
<". Appollodore d'Epticlc , après
Itii Erienne de Bylance , &c avant lui
d'autres Géographes d.fent que le
vaiITeau qui porta les Phocctns fur
cette côte , avoit pour cnicignc uri
taureau , & que cette coloniiic en
prit le nom ; ainfi Tauroenium , vient;
de Tacpo,-, voilà pourquoi dans \s&
IXÎ4 Journal des S^avans t
livres grecs on lit Taupaiç, Tctup^tii'î
T«i/ffrr(ov, Tnv^jfrriev.Lrs Romains
Mdittcs dci Gaules , donnèrent à c
nom uitc terminaifon larine , & icà
virent Taurenitim , Tauraentum Tat
rotncium.
1°. Les Aurcnrs que j'ai ciréfr
ajoucenr cjue les Phocéens chafTèrei;
de Icor'floire , & cmbaitjtièrcnc ft
une galère ^ ceux dont ilsécoienc vai
conrciis ^: que ces derniers abordj
lenr fur la côte & y bârîrtnt une vill)
AppoUodorns fcriblt conditorts
jiii urbis ^Tauroi^ ) viclos ejfc nai^
cujui injïgiie craiTaurus <juL à t*ko
ctnjtum cldjfe reje&i ad terran
apptlUntts urbtm indt nomiiiarunt,
Nous nc'nous avilirons pas à ta*
conter avec Juflin & Arhcnée, i
mcmcà réfuter l'hiftoirc merveiUcuf
de cette fille de Roi , qui ptéfcnc
une coupe & fa main à un inconni
tombé pour aînfi dire des nues , d
ce père qui a la complailancc d'ac
plaudir à ce choix, (ans examen
Se de tous «s tOTVCurrens , qui fup.'
N
Juin ijtu 1135
portent cet affront fans le venger ;
[i] mais ce n'cft pas aux Marfeil-
[ij Tous les Hiftoriens de Provence &
de Marfeille ont la bonne foi de faire , d'a-
près Judin & Athénée , le récîc fuivant.
Les Phocéens , débarqués dans le Golfe de
Marfeille , députèrent Protis 9 un de leurs
chefs , auprès du Roi de la contrée , pour
lui demander azile & proteâîon.Il marioic
Jaiis ce tems -la fa fille Gy ptls ^ & fuivanc
i'u&ge du pays , on avoit aflèmblé les jeu-
nes Princes des environs 9 parmi lefquels
cette fille dévoie choifir un époux en lui
préfentant une coupe remplie d'eau. Protis
arrive a» milieu de cette cérémonie y Se
voilâ que Gyptis 9 éprife tout- â coup de la
bonne mine de cet étianger , lui donne la
coupe. Le père , enchanté de ce choix ,
cède aux Phocéens un cerrein pour y bâtir
une ville \ & cous les Princes qui ptéten*
doient à la main de Gyptis, approuvèrent
ce mariage fans réclamation , & retournè-
. rent tranquillement dans leurs Etats. Dans
U Fable de Virgile au moins trouvc-t'oa
m
1136 JoumaideiSçavansi
lois iju'it faur apprsntJrc que tapM
itiièrc année de In 4^'"'^. Oiympii^i
l'an jy? avant J. C. les Pboc«
viircnrcn grjiiil nombre former
ColonnJc cil Provence . fous la con-'l
diiicc de Simo'i ft; de Piotjs; qu'en-
viron un demi-IJccIe aprèf; Icmï
Cômpairioccs , pour le (onftraire \
la cruauré d'Hatpagiis , GénÉral de
Cyrus, qui les [ciioir affiégés , aprèj
avoir fait les lermens les ptus borrf"J
bles de ne |amais rctoutnci .dAifij
Icnr parric , scmbartjuèrent pour'àl^
icr s'établir en d'autres cliiuars.
^tiui profagit
Urti patri»i Aàt'uantia^
If ris iclijtiii & rofacièus lupît.
tioK,
oncReme Amatf . unTumuî, ini î
& plufieun Rois du voUînagc , (jii
Cen: au nuriagede talîUctiij Roi-Lacnil
avec le Ttoyeu fugitif; & ce ne fut quV
pièt bien du fon^ répandn que le pjea
"/f/Z/z iy?i: 1137
Ce dcT/Rvr (-"ur une fuite Se non uni
j voyage, hnibarqucs pîccipitainmcnr i
^ fans'ordre, ians difcipline, \\\th
à eux-mêmes, ■& diftribuésenfamil-i
les, tes Phocéens' av^oicnc le droFc
de fe fixer où ils vouloicnt , &t
eh ufèfent, puifque les uns abor-
dèrent en Corfe, d'autres en diiFé*
rens endroirs de riralie , d'autres à
Marfeille, Il ne pouvojt y avoir àt
rebelles parce qu'il n'y avoir aucune
loi airttviffante à Tunion. Mais le
premier voyage fat fait avec (olcni-
nité. Les Dieux furent confiilrés ; la
colonie formée d'une partie des ci-
toyens lc«i plus diftmgucs , ne pou-
vant fc' défunir fan^î s'afFoiblir, fans
doute cUe s'afTujettit à obéir aux
C helSé Or, il paroît par le rextc que
nous venons de cirer, qu'après avoir
vifiré te tempb d'Ephefe , & tandis
que nos ancêtres erroitnt fur une mer
inconftantc, il s'éleva parmi eux dès
murmures touchant une (î longue na-
vigation , & que pour prévenir Tet-
fct d'une fcduion 5 les Chefs embar-r
cher
11)8 JournaL dti Sçavans y
barquèrenr les mutins lur un vaî
fcau de la flotte & leuf ordonnèTci
de fe léparer d'euï. Nous venons
voir qu'ils prirenc terre dans ic Goll
de la Ciotar : il réfuhc de là que 1
fondation de Tauro^nrum cil ann
rieure à ccîle de Marfeillc; & (î ce(l
opinion pouvoir offcnfer la gloire
cette cité cclù'bre , nous nous retr:
çhcrioni à dire que les dcus viUi
:cnt bâties en même-tcms.
En fe féparanc de leurs comp;
iC£S , CCS Phocccns ne rompîrei
nt les liens fâcccs qui le; attf
cliotcnt à eux. C'étoient des cnf^i
ingrats, que la nature & le befoj
rappellèrcnr bientôt à leurs prcmiei
fentimens pour leur mère commun
Ils reflètent unis au corps de la nj
lion , fe rcgardcrenc comme une c*
lonic dépendante de la Métropoli
ils ouvrirent aux Maifcillois » Ici
poit , leur ville, leur citadelle .
le firent une gloire de prendre Ici
nom. Auffi , U mot dç Taiiroentuin
,ns les Kùtcu^s ■» ^^ T.Q«i\'û\\i.'i
Juin 1781. 1139
compagne de ceux de Ponus Maf*
Jilienjium ; Oppidum Maffilicnjium ,
Caftdliim Majfilicnjium, Fidèle à la
mère patrie , cette ville fécourut ,
félon Ion pouvoir, Marfeille » dans
le (lège qu'elle eut à foutenir conrre
Céfar. Elle équippa des vaifTeaux ,
reçut Nalidius dans ion fein ( avertit
de Ton arrivée , les MarfeiUois , qui ,
animés d'un nouvel cfpoir, profirent
du premier vent favorable , voguent
vcxsTauroenmmy arment les vaifleaux
préparés pour eux^ & fe difpofent de
nouveau au combat. Adventus JL.
Najidiifummafpe & voluntate civi^
tatcm compUverat ; nacli idoneum
ventum , ex porta txtunt & Tau^
rocntam quodtft Cafiellum Majji-
lienjîum j ad Nafidium ptrvtniunt ^
ibiquc navts txptdiunt^ rurfufquc ad
conJUgcndum anima confirmant.
3^. Mais fera-t'il auflî facile de
fixer répoque de la deflruâion de
Tauroenrum ? En vain fcroit on des
recherches laborieufcs Se daxv^ l*K\&
k
140 Journal des Sçavans ,
e Romaine & dah« celle deî Gac
?i dans cclic de la Provence?
n n'indqiie la rçvt^lurion qiii
léaiuitccrte colonie J^ n'ai qu'une
(cnprion funs datie. Les cdificdjl
Tonr cnlevélis dans les Ubles & da«
er. Des tombtajx , dci vafcs c
nérairts , des aqucHuLS, des ïiiftd
mens de lacnfice , de^ lampes ,
pavés à la niolaVque , des ptintuïl
à Irclf^iic , ainonct^nr des tems al
ciens Si ne déterminent aucun tell
fixe; mais le flambirau de la CH
tique pouna nous éclairer au die
faut des lumières qi!inou^mani.]UCiirl
J'examine l:s MéilailK'sdcTau
lum. Je voi-s des ViitUms , des Vc£
pb/îens, de; Traj^ns , des. Ani
iirns , des iMarc-Aurèlc, des Faul^
Unes Se des Alexandres Sévères ;
ne m'en prcfente point des lègn^
luivans. Ces dernières font en gtanj
nombre & les mieux conlervécs ^
je conclus que Tauroentum a ic^
détruit dans le commencement dl
Juin ïySi. li\\ ■"
troifième (ïècle de l'Ere chrétienn",
foiis Alcxahâre SévÈrc [i]. Cçctc
■ [tj Paiîni toutes les médailles que j'ai pu
me-procucer ou que l'on m'a inontrée'î , il
i)*y. en a aucune par iculière i ce Prîôce. On
pourtoit 'cepeni^ant 'en troviïer lïes' ràgiies
Caivws, Tans oue cela détruisît mon opi-
nion. Je dira! bicnrô:," (ju'apiès la dellruc-
tion de Tauroïntuni, ïl refla Tut les lieux
quelques habitaus ljuî doive^it avoir vu let
ouvrages du tcms. M. A Guion. homme
tiès'écUird, qui polTède auHi des luiuïs^
uue maifon <Ie campagne qu'il linbite un«
[tariieJeraiinée-, m'a attelle n'avoir vuati-
cuu; médaille poilcriçure à Alexandre Sé-
yère; que -celles de CM Empereur ibm le»
mieux coolèf ïécs , & en- (î grand nombre,
que le. propriétaire- des Bauioalles :ui en
avoic mniitrà'un Tac einièrenien; plein ; cela
ne prouveriiit rieti fi ou iss eiî,- trouvées en
tas (td'dans qliclques Vâleii liiais elles ont
t
. |ï4t Journal dif S çitvans ^
opinion ne pourra ccre cumbattue.
que par dïs monumcTS pcftci^icurs.
Je (çais qu on pourra m'objeflct
qucdcsAnnalcsmanofcriteSatccftînt
quelous le tègncdcGoniran, vers le
iilicudu(îxième fièclc, un ttciTibJc-
lent de terre renverfa la vilic de
'autodinum. On obfervera queTau-
(tocntum ayant reçu [anr aalcéra-
;ions dans Ion nom , peut bien avoir
lorcé ce dernier. Je répondrai, i".
juc quand jnèmc on Iitoit dans ce
.jnaiiulcrit , Tiiurotnmm f cette co-
lonie ne peut avoir (ubfiftc jufqu'aa
(îxièiiic (îècic , puifquc les fouilli:!
n'ont offtrt aucune monoyc de ce
tems : i°. que ces Annales difcni que
cette vilic étoit fituée fur le bord du
Bhonr. Or, il y a loin de ce ficjvc
au goKc de la Cio'at,
4". On a écrit que les Sarrazim
'Hvoicn: détruit Tautoentum : cefî*
roic un fingulict anachromrmc de
Îilacei desMuTulmans, plu^ de troii
ièdes avant la naiilancc de Maho-
met. L'Auteur cliiniMble { le l'ttc
Juin 17S2. IM)
Papon ) gui avance ce fait 8t 2 (]ui
il n'ellpas pcimis d'imputer des fau-
tes aum graves, a cru cjue ceuevitic
«voit ciifté plus long-tcms ; maii
s'il fe [ut tranfporcc fui Us lieui, il
auroît fû nue ces Sanazim dcvaf^
teurs n'avQi:nt pas des Icviets allez
pullFans pour fane écrouler dans la
mer, une montagne & la viile qu'elle
ibutenoit.
Des aqueduc; rompus fur le n-
vage , diiigés au midi Si au cou-
chant, 8c qui poitoient de i'eau k
des habitations > envahis par la mer ;
des murailles d'une épailleuc énor-
me , lenveilécs ; des débrjs cpars de
tous côtés ; aucun édifice fubllllant i
des fondemens qui ont perdu leur
à-plomb ; des pavés qui ne lunt plus
de niveau, & plus que [oucceia ,
,des murs liés cncoie par un ciment
indedruâiblc , engloutis dans les
ondes ; tout annonce dans ces lieux
un bouleverlemcnr caufé [lar quel-
que fecoufic violente. Ajoiiton'iqu'il
eut cet linpoiribli; l^u. ctite viUc eût
I
i
Yi^4 fourtilttià Sfhdm
été bâtie dans le tcrrcin a<^LicI ; cUé
|tût c:é entertce fous le fable à cha-
que vtrt noni-oueft, & le futicin
de miilral eût doniit lut la ca-
fornàde & les autres tdificcs, s'il(
'culîènt été couverts du cô:é du
lord par des cmirif nces (jui n'cxifteiiC
pkis. Peut-être Taurociiti.
anéanti' par un tremblement de tenii
ptur-étii; (ans recourir à ces tctrib)
esplofions des ftux fo.itcrrcins,
cap (jui s'avaiiçoît à l'ocfidcnt ^ an
noTilétoit miné dans fa baf:, comme
,ie font lapIusgtanJeparri: deî mon-
tagnes qui bordent vers l'oueft la côts'
ne la Ciotat. L'aftion continuelle
vagues qui|le battoicnt en riiin^'
leutavoii ébrdnlé, pat fesfecouffti»
fair écronicr cnlîn les piilîcrs qlù
fouteroicnt, & avoir cnnaîné,^
lahs la profondeur des eaux , & lïl
Ltificei & une partie des habicaliJ.
MarleilLc donna fans doute dB
lîilc is; des fecoiits à ceilx qui fu^■
à cet cvènemcm. Il eft pro-
bable "0^1! en rcfta dans le pays |ut
^^^■"
Juin 1781; 114J
ju'à es que le port eût été comble ,
Se que les Sanazirs & d'aucics piia-
;es comniencèicnt à infeftcr ks câtcï
le la Ptoyencc. Cts d:;tnieis fc retî-
:èfent ou à Citkarijla (Ceircftc),ou
fuc une hauteur voiÇçe , où elî au-
jouid'hui le village de la CadJère.
On y voit encote des cavités aea-
fées par la nature, & les murst^uç
ces malheureux élevèrent pour, le
garantir du vent du nord.
. A une grande didancc d: là , Sc
\ deui lieues de Taucoentum , il
(xiilc un monument an[ique que
j'ai cru devoir vifitcr & dccciie ,
parce que }c doute que cerfonne en
^it parlé avant moi. On l'appelle
"dans le pays Us belles pierres , pat
la laifon qu'il ell compofé de gref-
fes pierres froides qu'on enlève fuc-
ceffivemcnt pour les emplo . et à dif-
férens ulages^ c'cftun tombeau ro»
main ; fi l'infcription gravée lur la
pierre du milieu , ruiij^ce par le ccms
& où l'on voit It cadre qui la rcn-
fcrmoit , 6i quelques ornemeiis jj
R
-"^ ti\^S foiirnàt des Sç avons t
(uKlfioit encore, ou t^n'cllc eût ri
Copite , elle nous autoit appiis
quel ptoic k- pctfonnage coiiGdcn-
ble qu'on y avoir enfermé.
^^_ Ce tombeau foimc un parallelo-
^^^b ^ramc tcdlangle, dont deux ch^i^
^^^H tint environ fcize pjeds ?<. demi ; Ici
^^" rfcux autres dtx neuf pierls ; les niuiSi
'd'une frulc pierre , ont deux piedî
d'cpaifTcur , & font compofés de
grolics dalcs de pierres froides, les
unes de fiois , Ic^ autres de (^lurrc
pieds de longueur unies fans à
ment. Ils paioiffcnc avoir eu dïi
pieds d'élévation. Ils étoient ter- '
minés par un couronnement des me* '
^^^ mes pierres taillées en drmj Cîtdt |
^^^B rjui affleuroic les murs en dcdaiii,
^^^^ &- qui, en répondant en dehors au I
^^^g plan de Ja muraille , étoit lurmoiiti
I pat une efpéce d'encablcmcnt corn- 1
ptifé d'un hftrau de deux poucw,
d'un filer larmier d'un pouce > Sc I
d'un larmier crculc en demi- cercle
en deiïous de quatre pouces : ce
<jui fcroic fiippolcr que I édiâcc n*c>
Juin 1781; îi47
toîr poinr couverr. En face du che-
min où croit rinfcription , il y
avoir une pJatte-formc , qui , en
partant d'un des angles , avoit
quatre pieds & demi de largeur en
avant, fur dix pieds & demi de
longueur. Cette plattc-forme éroic
terminée vers les deux angles par
une pierre de même largeur que les
autres ^ de quinze pouces de hau-
teur, au bout le plus éloigné du
mur , & de deux piîds dix pouces
où elle lejoignoit. Elle avoit pour
moulures un congé , un. filet , une
doucine & une pLnre. A trois pieds
environ de hauteur , il règne au-
tour de rédificeun rebord.de quatre
pouces de faillie. Les murs polis en
dehors font bruttçs en dedans ; ce
qui prouve qu'il éfoic fermé.
On jugeroit par la fimplicité , la
forme & la foliditc de cet édifice ,
qu'if remonte au tems de la Repu»
blique. Les premiers monumcns des
"Romains éroient bâtis comme un
tombeau , de groifes pierres unie*
&~jointcs fâtiïcimenr. Cette nation;
cm vouloit rappcUcr à la polléiirff
le ncm &: les vertuî dcî gtanM
tommes, pUijoit leurs cendres fut
^^^les grand,-, tlicmiiis, & (e fuis pir-
^^^Upuadi: <\ùé des renh^rcbcs découvri-
^^^woicni peut erre dans ce lieu UM
^^^f^o'iQ romaine [i], ni'igTiocance des
I peuples ne l'a pas biilcc /ans en
coni'crver le louvenîr , comme elle
a lâilTé péi'ic rinl'cilpdon (ans U
copier. (
La pcrfonnequi repdfoîc daDïce j
irauloiée n'avoir pas feule terminé
fa vie dans ce lieu. Les travaux dcS
délrichcmtns ont détoiivccc aucotir
de l'édifice, & dans touic celte
plaine, une quantité immcnfe d'of*
femcns , un très-grand nombre de
tombeaux de btiçCucs, quelques-uns
%
r (i] La voie Aurélia, qui commeojbitjfc
alloii à Nice, fuivoicde-Ià les a
de la PiQvence & aboutilToitcn C
pouvoit paOer devant ce ioinbeaul& coa-
CitliariAa, Ceireile k ailleurs.
Juin 1781. 1149
^e pierre, & beaucoup de vafes ci-
néraires. Ces triftes monumcns at-
teftenc que ce rerrein , éloigné de
toute habitation^ a été arrofé dô
fang humain* L'Hi0oire ne nous a
point appris quelles furent les na«
tions qui ehoifïrent ce champ de
bataille pour s'entr'égorgcr , en
quel tems elles furent maicrifées pac
cette frénéfie , & quelles font les
viiïlimes cnfevelies dans ces tom-
beaux. Au défaut de documens
écrits f j'ai interrogé la tradition du
pays. Le peuple , qui ne connoic
pour auteur des monumens anciens
que Ccfar, & pour leurs dcftruc-
teurs que les SarraHns, en confon-
dant Içs conquêtes de ce Prince
avec les de vacations de ces barbares ,
ne m'a répondu que par des fables
abltirdes.
A toutes les preuves réunies dans
cet Ecrit , fai à me féliciter de
pouvoir en ajouter une , la feule
qui flatte mon amour-propre , &
que per(onne ne pourra contefter»
Juin. Sec. Fol. G g g
ii^o Journal *tf Sçavaat- y
^près avoirlucc Mémoire dans une
aflemblct particubcrc de l'Acade-
uiic , M. le Commiirdire du Roi Se
plulleurs autre' M mbrc! de cette
Compajijnie , qui ont , auili que lui ,
le talent rate tneore de voir ce qut
doit être par ce qui cft , le Ibnt
trarfpotcés avec moi lur iês lieuxi
Si lï ils ont jugé comnie ]'avois jiige ■
nioi-inême.
Voilà toutes les ohfervafions que
je puis prélenter à l' Acadénue fiir la
ville de Taurocncum , dont elle'
m'avoit charge ^cle chercher les veC-
titjts. Si elle ne trouve pas ddns ce
Mémoire toutes les lumières qu'elle
pouvoir attendre, c'efl la taute de
la nature boulevetlce , c'ell ta faute
du tenis deAtuâcttr qui n'a confervé
aucun édifice : l'Hiftoiré ne nous a
ttanlmis que le nom de cette ville;
peut être des manulcrits prccîcuz
ont péri avec elle i pèuc ctie, li e le
eût lubnilé plus long tcms , des
. Ecrivains qu'elle eût produits au-^
loicnt porté aux' fièclcs poftéricurs
.■ I
.\J ■ . . . .'^ .!«' . •• lit* . . k
ce.-.crr; . r.iin tu.-: . ;.- ^ .r- ■ :
F ^ -■■-,»«» * 1» •.•■».. • . ,» - -
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- » — ■ . ^ - . , -- '
- » • _- - '- • .• * .-
ir . *
Z51 Journal des S çavans i
me «1 rimprimcrie Royale. 17S0;
A Pariy , chez TAutcur , rue &
vis-à-vis le cui-de-fac du Paon;
chez Mcrigot le jeune , & Didoc
le jeune y Méquignon l'aîné, Li-
braires f rue des Corçdliers.
CE Livre , que l'abondance des
matières nous a empêché , à
îotre grand regret I de faire connoî«:
Te plutôt, eu la continuation de
{Hiftoire de la Chirurgie , &c. dont
lyt^Dujardin , mort à la fleur de Ton
igc, a publié le premier volume en
774. M, Pcyrilhe , ami particulier
te M. Dujardin^ a pris TOuvragQ
ù celui-ci lavoit laifle, &ç il nous
flurc qu'il s'efl: fait un devoir de
cfpcdcr le plan qu'on avoir fuivi
ans le premier. Si cela cft , le Cou-
inuatcur Ta mieux fait lentir que
; premier Auteur : «marquer tous
les pas que l'art. a faits', loit qu'ils
' le rapprochent ou qu'ils l'éloignent
' de la perfcâion ; annoncer en quel
cems &par qui il fût hâté ou retardé
Juin lySi* 1^53
>> dans fa marche ; prefenter les dé-
^» couvertes vcritàblemenr originales,
» les vues propres de chaque Auteur,
»avec les indudlions les plus remar-;
>> qiiablcs qu il tire de fcs principes
» & de ceux de (es prédéccflcurs ;
»» difpofei les inventions dans TordrQ
^ de leur naiflance ; en donner une
»idée plus ou moins étendue ; indi-
»qucr où elles fe trouvent, afin d'é-
» pargner au ledeur qui fçairqu elles
» exiftcnt , la peine de les chercher , '
» & à celui qui l'ignore , la peine de
» les inventer ; tapporcer les inven-
» tions de tout genre à leurs vérira-
>>bles Auteurs , déterminer le tems,
» le lieu & les circonftances où ils
» vécurent , & recueillir les traits les
»plus inrércflans de leur vie : voilà
»qucl fut le deffein de M# Dujar-
» din , & quel cft celui de M. Pey-
»rilhe. »
On trouve réunies dans ctt Ou-
vrage xleux chofes fort intéreffantes^
Thilloire de Tart , lur laquelle nous
avions déjà quelques {o\\At.s *^^»^r:^
I1J4 Journal des Sçavans ,
ches , mats partielles ; & Thiftoire
de la protcÛion» prefoue entière^
ment neuve* L'hiftoire de Tart con*
tient i« toutes les vérités Se toutes les
ff erreurs q\xt le rems a vu naitre^&
Mmourir : c'eft-à-dire , tous les
>> dogmes qui ont régné fucccflîvc-
» ment en Chirurgie, avec les fait'S
»& les raifonnemens qui leur fcr-
» voient de ba^e, &: forme ainfi la
>»bibliothè(^ue la plus utile qu'un
n Chirurgien forrant des mains de feS
M mftituteurs pniiïe lire, & peut-être
>» la Iculc dont il air befoin. En un
♦> mot , cette partie de Thiftoire prc-
yf lente une forte de Code chirurgical ^
» où lont réunies & les loix abro*
f> gécs & celles qui font encore en
>^ vigueur. »
Contre Topinion commune , M,
Peyrilhc entreprend de prouver que
la Médecine ne fut pomt partagée
avant le quinzième âècle , que juf»
quà cette époque, c*cft-à dire, )uf*
qu'au tems où Ic^ loix affignèrent au
Médciûn , au Chitur^^ien , au Phar*
Juin 1782, 1255
macten , «le champ qu'il dévoie
» cultiver \ il n'y eut , entre le
» Médecin, diététique ou non-opé-
»rant &fc^ Médecin vulnéraire ou
» opérant, d'autre diftinâion que
» celle que met entre des ptrlonnes
» de la niême profedion , la mefure
» différente de connoiflances & d*ha-
»biliré. v^
M peyrilhe rapporte, i Tappuî
de fon ientiment , à^ preuves mul-
tipliées , que nous ne discuterons pas
& qu'il faut voir dans l'Ouvrage
même.
L'hiftoire de la profcffion doit
dçnc être la même pour la Mccle-
cine & pour la Chirurgie, jufqu'au
quinzièqic fiècle , & c'cft a\iflî fous ce
point de vue qu'elle cft traitée ici.
On y voit le rang que fa Médecine a
tenu parmi les autres arts^, le degré
d'eftime accordé à ceux qui Tont
profcflée , les immunités , les privilè-
ges , les honneurs dont ils ont joui ,
leur mérite perfonncl , &c.
M. Pcj^riihe difcutc \ ^otvài% ^
115^ JotUTuUdesSgavans; <
d'après les inonilnicos originaux 9
pluGcurs quefiions à peine ébauchées
ailleurs ^ comme i'étac & les fonc*
fions des Archiacres , qu il diftingue
en palatins & populaires ; il fait
connoître Tefpèce de comitivc dont
ilsétoicnc fou vent honorés par les
Empereurs d'Orient, ic di(cute&
apprécie la formule peu connue du
Cornu des Archiatrts 9 &t*
L'Aurcur a fait des recherches
caricùfes fur les hôpitaux ^ tant mi-
litaires que civils chez les Anciens ,
fur les funérailles, fur rexpofition
des cnfans & desefclaves chez les
difFcrens peuples , &c. Enfin il
donne un Précis de la vie des grands
Hommes qui ont illuftrc Tare dont
il écrit Thifloire; Précis qui mérite
d*2urant plus de confiance queTAu-
reur renvoyé toujours aux monu-
mcns originaux dans kfquels il
puife.
Parmi un très-grand nombre de
notices biographiques , on trouve
un Elo^c cûÙQ^^ à^t,V3*!^\^^^Q^^\îw
Juin 1781; 1157
lit avec d'autant plus de plaiCr ,
que le Lcâ^ur croie être à Rome ou
à l'ergamc témoin des évèncmcns
que 1 Auteur décrit, & qui foDC
prclquc tous également curieux SC
inrércflàn';. On trouve même ici une
peinture des Gsns de Lettres Ro-
mains, tirée de Galien lui-même a
que nos Littérateurs modernes ne
liroient pas laiis quelque iniétêt*
£nfin , M. P. termme ce giand
morceau par un patailèle d'Hippo-
crate & de Galicn , dans lequel il (e
montre lupéricur à Sevcrrini qui l'ar
voit ébauché avant lui.
Quelque! OIS l'Auti ur éclaircitdes
qiicltions relatives a l'hliloire poli-
■ tique , comme lorfqu'il nous ap-
prend que Tibère , en dctendani
aux Romains de fc donner les bai'
fers d'iilage & de cêiémonic , dé-
fenle dont on lui a fait un crime ,
n'avoit en vue que d'attêitt W tota-
iiiudicarion de la me'itag'-e, ^■^.^x.'^ç.
çwmeulc du mtnton , i.\v.\e «^-i^ "^vs
txyî Journal des SçMéuis f
iers avoienc répandue & entrete-
uoien;..
Les loix pénales portées par les
Romains contre ceux qui prati-
3uoient l'art de guérir , font bien
ifcutées dans cet Ouvrage ; & Ton
y montre , avec la dernière évidence ,
que ) quoique juftes & fages en elles-
mêmes 9 kur application pôurroic
aujourd'hui bleflcr les loix de Té-
qui ré.
Ce qui regarde les Lépreux p les
Nourrices , les Hermaphrodites ^ les
Hypofpadcs , les Veftales malades ^
pour ierquellcs TEcat' (lipendioit un
Archiatre populaire , les bains pu-
blics & privés 9 leur forme 9 les
fondions des diverfes perfonnes qui
y étoicnt employées , les différentes
fortes de bains médicamenteux y eft
ici traité d'une manière fçavante 6c
utile.
A Toccaiion des bains publics ,
M. p. parle des onâions, û ufîtées
chez les Romains > & il penfe qu'on
Juin 1781. 1159
poiirrolt les renouveller avec fruit
dans certaines ciiconftançes. Frappe
de voir les armées françoifes traîner
après elles , dès qu'elles pâiTent it
Rhin ou les Alpes, des maladies
épidéniiques par lefqueiles elles fe
fondent en une campagne fans avoir
combattu , tandis que les armées
romaines le maintenoient en fanré
au mîJieu des fatigues les plus excef-
fivcs , quoiqu'elles paATaÛcnt , fans
autre préparation que la longueur
même du voyage y des climats brû<«
lans de l'Afie dans les maraijî glacés
du nord , &c. Il cherche ce d'où peut
«venir ce principe de mortalité'
>^dan$ les armées françoifes ; c\Qi
** une vérité reconnue, dit M. P.,
» que le moyen le plus efficace pour
•> le prcferver de la maladie des îles,
« preique toujours la même pour tes
» étrangers , cohfifte , avec le bon
régimctL à fe garantir des alterna-
tives d!r chaud & du froid. Qui-
»> conquç a fréquenté nos arinccs en
»5 Allemagne ^ a du fe convamct^
2i6o Journal des s çav ans "i
99au{Ii, que la maladie régnante
»» parmi les troupes , tire fa fource y
«0 en été 9 de la chaleur du jour,
^»con^raftant avec la fraîcheur &
93 quelquefois le froid réel de la nuit ;
M en hiver , du froid rigouicux de
•> Tatmofphère , mis en oppofition
9> avec la chaleur modérée & quel-
»> quefois exceflive des poêles , on
, »» pourroit dire des tournaifes , où
•» les Allemands aiment à fé renfer-
>» mer. Or , ces alternatives produi«i
»> f( nt dans l'un & l'autre climat des
93 variations confidérables & prompt
»3 tes dans les évacuations cutanées ;
« & de celles-ci , rcicnues ou réper-
•• cutces , naifllnt les maladies in-
»> flammatoircs , putrides , malignes ,
»»&c. qui conftituent le tonds de
«» ces épidémies. »3
w Ccs caufes croient les mêmes
wpour les ioldats romains que pour
« les fran^ois , & ils en éludoient
•5 l'aâivicé. Seroit^il permis^dc cher-
«5 cher dansVts onçlions fecVs JrU-
9* lions , doux. V^ ^Vu^^^x. èt^xxvC^v».
Juin lySz, 1261
•'commençoienc à faire ufage ea
»> prenant les armes , le principal
w agent de leur confervacion , flC
»> d*e(pércif que ces moyens, rappel-
•> lés dans nos troupes , avec les mo-
« dificarions qu'cxigeroic la difFé-
*> rence des lieux , des mœurs , des
« habitudes , des conftitutions , &c.
«> y déploycroient la mêmî énergie
*» & la même efficacité.
Quan4: aux Européens qui paflent
>3 dans les climats brûlans de l*Amé-
^>rlquc, ne doii-on.pas préfumet
w aullî , que tes onHions leroienc
» d'autant plus falutaires, que pref-
w que tous les peuples Heftmés par la
3» nature à vivre entre les tropiques,
w ont la peau huileufc \ qu'ils lan-
^ >3 guiflènc quand elle ceffe Je lêrre,
*9 & que le plus fur moyen de leuc
93 rendre la vigueur ou la fan é , c*cft
»> de les oindre avec de- l'huile de
93 palmier. »
i'hiftoire de l'art n'eft ç^s ^xkca-
téeavcc oioins de foin c^ut ccWe Ôl^
la profç0ion 5 & Ton pevxi àvt^ o^^
Ki6i Journal dis Sçavans ^
l'Auteur n'a rien promis à cet égard
dans la Piéfacc , que ce cjuM'avoïC
hcureufemtnt exécuté. On y voit
d'un coup-d'oeil tout ce qu'on a fait
fur une maladie cLirurgicatc quel-
conque, jufqu'au 7.S fièclc. Par
conléqueni ccrtehinoire , qui , corn*
me l'Auteur Je dit lui-même, con-
tient la fiibftance d'une bibliothè-
que urivtriclle ^ critique de la
Chirurgie, eft égi.J.-menc ptojjrc à
celui qui V(.ur apprendic cet atc &
à celui qui viur fe japjel cr ce qu'il
a {il.- Le Ctirii^ue , chargé par état
de rendre compte des Livres nou-
veaux, trouvera fans peine dans
celui ci les fccours nécelTaircs pour
apprécier fûremem une touic de pré-
tendues découvertes , qui n'ont rien
de remarquable que l'alTuiance avec
laquelle leurs Auteurs çn^garantir-
fcnt la nouveauté. A cet égard M,
Pcyrilhc eft un guide d'autai^f^plus
fur, f^u'il çuifc toujours dans les
premières îo\itc« , <\^v\ \a.\\ ■^q'ci-
Juin 178Z. 1165
autorites, qu'il ne fe difpenfe ja-
mais d'y renvoyer, & que le plus
fouvenc il les tranfcric au bas des
Eages , afin que , fans parcourir
eaucoup de Livres, les Leâeurs^
puifTenc difcuter fcs décifions & les
réformer s'il lui arrive de fc tromper.
On voit par lexpofë fommairc
que nous venons de faire de la con«
tinoation de l'hiftoire de la Chirur-
gie , que M. Peyrilhé » à Timitation
de fon prédécefTeur , a donné la
plus grande étendue à fon fujet;
qu'il l'a traité dans fa plus grande
généralité en liant toute la Méde-
cine avec la Chirurgie , & en ag-
grandiffant ainfi Tune par raucrer le
plus poflible* Comme TAuteur s'eft
donné tous les foins que dcmandoic
un pareil travail , il en rélulte que
' celui-ci eft beaucoup plus curieux ,
plus fçavant & plus inilruâit , que
s'il eût été limité à l'hiftoire des
opérations de la main , nécelfaires à
la guérifon des maladies ^ c*t&A*
1164 Journal des Sçavans ;
dire à Thiftoire de la Chirurgie
proprement dire.
[ Extrait dt M. Macqtut. ]
Oryctogkaphia Carnîolica , ou
Géographie Phyfique du Duché
de Carniole, de i'iftrie & des
Pays adjacens»
C'est dans la Carriole fupc-
ricure que fe trouvent les mi-
nes les plus riches en mercure; on
n'en avoir eu jufqu'ici que des rela-
tions pleines d'erreurs & de tau&
ierés.
l/Aureur de cet Ouvrage curieut
eft entré dans le<j plus grands détails
fur les mmcs A'Hydria , qui furpaf-
fent toutes celles de l'Europe pour
la beauré du minerai , Tordre qui
règne dans (on adminiftrarion y Sc
Tart a^tc \tc^vx^VfoTacoiv6.tuites les
ea\^.T\cs Voux^xiivcv^^* '\^>ax^^ \^
)>âi
Juin 1781." 1165
elle de Carniole font déciites auflî
avec le plus grand foin.
Sflpnla manière de voit de l'E-
diteur , le kalotricum de fcopali
n'efl qu'un victiol calcaire argtU.
leux.
En crcufant on a trouvé fur une
baute montagne un morceau de vi-
triol martial capillaire d'un rouge
foncé. Ce phénomène niéticc de
fixer l'attention des Sçavatis.
Parmi le grand nombre de va-
riétés que produifent les mines de
mercure, le irandsri bu minéral
charbonneux paroît être le plus re-
marquable. Il refTcmbie au charbon
de terre & ne donne que fix livres
au quintal. L"Autcur en a fait plu-
(îeurs cflais dont il rend compte.
Le vif-argent natif n'cft [las auflî
commun que plufieuts Sçavanî l'ont
affirmé. Une année potcaut i'auTe
on n'en retire tout au plus d'hydria
que trois quintaux par les procèdes
cliiiiiiq-ics , Ôi à-p.uçïc^ a\\xa.wt.
?ar k Uvd^z ac les buCAïiXi.
î'
li66 Joujnal des Sçavans ^
A la paQ,c i }6 le rrouvc la dcw
crii'ticn d'une nouvelle préparaiion]
dont on lett pour les cordages era-
lovfs 3 la niéihanique des minci.'
cordes léfilknr plus lon^j-tcmi
pournrurt: en le'- end.:ifi<nt avct
une compolition niélanj»ée de jO,
livres de rércbtntinc , dt- 30 livret'
d'huile de lin, de 140 livres de :
iuif , & de 17^ iivre'i de yoix.
Depuis 17)0 OR a (u[ primé l'ao- .
cienne maiii^rc f our l'ciploitarion ,
des mines de mitcure, & on y a
fubftirué les fourneaux à l'cfpa- I
gnolc décrirs par M- de JuUlcU).
au^Lqucls cependant on a fait de
grands rhangcniens.
A la page 148 fe rrouve une
defcripcion détaillée delà manière
de contenir le vif-argent dans des
pcaus de moutons ou de chèvres
préparées ave ds l'alun.
Les HoUandois enlèvent tout le
produit des mines de mercure c[ui
ne fe monte pas à plus de 1000
qumt&ui. Oq ■çici.tuii. *^^ i-ias les
Juin ij%x, 1167
15.* Se i6.° fiècles, Hydria ne
apportoic annuellement que 600
jiitiuaux de cinnabre.
La plus ancienne mine eft à
Scheleilenkc ou Eifcm , fuc la li-
rière de Sora. Il y a aiftu llcmenc
J4 forges, où l'on ne fabrique p^i
10 que 44) 809 livres de ter en
bdrres, donc la plus grande parcie
[ft employée à faire d:s clous. '
Ceux qui voudront chercher la
tbéorie de la foimation des pierres,
irouveronc dans cet Ouvrais d<;s
>bfervations îinporcantcs lut le
hangcmcnc det pierres calcaires en
ierres vitiifîablcs.
Outre la topographie de Hydria
C les gravure^ de quelques crif-
lux , les Curieux y trouveront avec
lailîc plufieuri planches bien (aiics
ni rcprcfentent les plans de Calé-
es fouterraines &(. des fourncauK
eHydiia,&c.
A'. B. L'Auteur promet d: don-
tr le dcfTcui du lac d; Lwkiwti Sit
1268 Journal des S çavans i
la defcription du refte de la C
niole fupérieure & de la Garni
inférieure*
[ ExîraU communiqué. ] '
E S s AI de Traduction en vu
Roland Furieux de CAriojtù
On le peut; je TeATaje \ tin plô
TancIcMèw
LaFunuLALI
A Paris , chez Alexandre J
bcrr jeune ^ Libraire , rue ]
phîne, près du Pont Neuf, i
Avec Approbation & Priv
duRoi. i/2 8^. 75 p3g#
« jT^ o M M E N T , dit l'Autci
^ V^ cette 1 radudion en vei
I.^^ Livre feulement de TAric
» M. le Conuruc TrefTan , qui
»dcs vers picMis de ^^racc , a*t';
VI fe tcioudrç à contriiler les n
yth,z\ Kt\o^^ ^ ^^ vv'i \^ w^4s
Juin 1782^ . 1169
Vf. de Treflfah, regrettant un
de n'avoir pu s^cmpêcber de
iblir en le mettant en profê^
urroucé de me le voir peuc-
marcyrifer en vers , m'arra*
i la trompette , la lyre 6c le
imeau , & plongera cet Eflai
l'oubli par une véritable Ttar
ion du Koland Furieux. >t
défaut de M. de TrelTan, qui
ouloir fe borner à fa Traduc-
1 profe j pourquoi le nouveau
dcur n'acheveroit-il pas ce
i fi bien commencé? Pour-
e Leâeur ne Ty inviteroitU
autres Traduiflions avoienc
diâPérens caraâères de l'oci'
» aucune n'en avoir faifi la
piquante. Le nouveau Trâ-
ir nous paroîc le premier qui
joué j comme l'Auteur , du fa-
3 du pathétique , de fon {u-
p fon Ledcur, fuivant Tcx-
ti de M. l'Abbé de Lille,
i gaîté , le Tradudeur joint de.
1 17° Journal Jts Sçavairs ,
Ja fiacilité , de la oracc & de Ja pi
Ce tlans les endroits qui en loiu la
,çtptibles. On en peur juger pari
morceaux que nous allons cirer,)
métrant, comme le Traduâcur
Ole le faire & comme il a pu ?t ^i
impunément 1 l'original à côré de
copie.
Dcfcription du combat de SaO
pam & de Bradamante :
Non s! vanoo i Leani , i Tori in falto
A ilar iji pet[o, cd a cozzat fi crudi
Corne que! duo gueriicri al fiero afTalto
Clie paiiinentc û pjiîâr gli fcudi.
Fèlo fcnniro tremar dal bafTo ail* alto
L' e^bortc valli inlîno a i poggi ignudi !
. Eben giovà, chefurbuoiiii peifetù
Gli usber^hi i si cht lor Ctlvaro in petd.'
Giinon&roicavallîuncorreT rorto>
Anzi cozzaio a gulû di raonioni.
Quel del guetiier Pagan moti di coito
CV en wenio Wwwnwo & liuanî.
QueU' aluo caiift ««."il ,'ŒiÀ^\ARKwi
Juin 1781; 1171
cli'al fianco fi (êati gIi{proni.
e! Re^^àtacin tefto àïî^Ca
~o al fuo SigDor comatto îl pefo.
vigueur des iJcux pan; Te déploie :
leuï lions l'ëJaneent fur leur proie }
comre l'autre enflammas, furieux,
îers caureaux font moins impéiueui.
ciemble au loin, du plus_cieux des
au fommec des moncagnes pelées.
n des dcuï perce l'épais écu
bras robufte j Ton effbit prifente;
i des deux , fans la trempe excellente
k haubert , n'edt plus long-iems vécu,
deittiers , fecotid^at leur furie ,
ités tous dcuï fiont contre fiont,
entenfemblc.&l'uDd'euxcftfansïic:
c celui du Roi de Circaflie ,
er liiperbe & d'un nés-grand tenota.
îval blanc preffé de l'éperon
■élevé; l'autre fur la pouiîîcre
immobile , & Ton corps en tomliant
-, la iiiaflï; en^gé Sacnpam -,
éivic de Aoncc Se de coicie.
< 271 Journal des Sçavans ;
Qaal' iftordito e fbpido aracore»
Poich' è paflato il fulmine , fi letra ^
Di la' y dove l' altiffimo fragore
Preflb agli uccifî buoi ftefo T averHi ;
Cbe mira fenza fronde & fenza onore
Il Pin , che di loncan veder foleva :
Tal fi levoil Pagano a piè rimafb ,
Angelica prefbote al daro cafb*
Ainfi qu'après un horrible tonnerre
Un Laboureur fe relève éperdu
Du lieu fatal, où £ice contre terre
A demi-mort fous les foudres brûlàns,'
Il fut jette près de Tes bœu£» mourans ;
Et voit au loin fans feuille & fans branchage
L'antique Pin dont il aimoît l'ombrage :
Tel Sacripant dans un morne chagrin ,
Près d'Angélique , à pied , fe lève enfin.
Après avoir dit que Roland , en
voyageant avec Angélique , avoit
toujours défendu , & qui plus eft,
refpedé fon honneur , TArioftc
ajoute :
Foife «a N tt ï m\ xi^ti ^^\^ cx^dibile
Juin 1781; 117J
A cUi del fcnfo fuo foflS fignore^
iA.\ paive tâcilmenie a lui poâîbile ,
Çli era peiduta in vie piiï grave eriore.
Quel ciie l' nom vede, ainor glj fi invïfibilc,
E l'iiivifibiirà vedere Amoie.
Qucflo credato fu : che '1 mifec fuole
Ddr facil ctedcnza a quel cbe viiole.
La choIê ^toit peuc-êcte v^iiiablc.
Le vrai n'eft pas toujours três-vraifctnbla-
ble:
Les gens bien froids , bien calmes , bien
lafTis
Doutent de tout : mais un ccear bien épris
Doit croire tout de la bouche qu'il aime.
Quoi ! tout \ fans doute , & l'impodible
Amour, Amour, ce font tes moindres jem!
Tu fiis douter de ce qu'ont vu nos yeui.
Et (00 flambeau fait voit ce qu'on délire.
On fait à préfcnt que cette Tta-.
^udlion eft de M. Diiponr.
r Extrait de M. Gaillard. ]
Juin, Sec. Fol, \\.W
1 174 Journal des Sçavans ; -
Œvv RE s de Lucien y Traduâi on
nouvelle. Par M. TAbbè MaJJUn.
A Paris , chez Moutard y Impii-
xneur • Libraire de la Reine , (b
Madame , & de Madame la CoiiH
tcflfe d'Artois, rue des Mathurios,
"■hôtel de Cluny. 1781. Avec Ap-
probation & Privilège du Roi. }
voh in iz.
QV ' I L nous foit permis de has^
zarder ici un paradoxe i les ju-
ges naturels des traductions des An-
ciens, font pcutiçtrç hs ignorans &
Içs gens du monde ; ç'eft pour eux
qu'elles font faites, & c'cft fur eux
qu'il s'agit d'en eflayer TefFct ; ils ne
connoiuenr point l'original , mais ils
contioiffcnt le jugement que les favai\$
en ont portée la juftice de ce jugement
eft le théorème dont la démonftra-
tion doit fe trouver dans la traduç*
tioQ même. Les Sçavans y amoureux
des moindres expreflions d*un ori-
Juin 1781. 1175
tudlei la langue, vculeot qu'on rende
chacunedc,cesexprelTîons; rtiaisune
traduâion trop littérale eft n^eflai-
renicDCCrès-inâiièIc;c'c(lle fc]uelctte
de l'Auteur ; ce ne font ni fc^ traits
ni les couleurs , ni là physionomie,
ni Ton attitude , nï'fes mourcmens.
Ce qui eft vif & ligcr dans l'otigî-
ginai, devient lourd & traînant dans
ia copie. Les ennemis les plus fu-
jitftes des Anciens, ne font pas leurs .
dctraâeurs connus ; ce font leurs
admirateurs fans goût > & furtouc
leur mauvais traducteurs ; ce ne font
pas les Perrault & les la Motte ;
ofons le dire , ce font les Daciers SC
leurs femblables. Quand M. Dacicr,
après s'çtte cxiaué fur des beautés,
iuï des fincffes, peut-être chiméri-
ques , d'Horace, qui a Ci peu belbia
qu'on lui en prête, le traduit d'une
manièic lï innpide , fi lourde , Cï dé<
nuée de giaces ; quand Madame
0acier elle-même , apiè^ avoir divi-
nilé Homère, le rmd d'une manière
C\ intérieure à l'idée qu'cUc \;\.\t. li'sx
'yi*fè' Journal Jis Sçavansi
donner; les ignoraiis ont-ils cortiJt
e'écricT ! «Voilà donc l'objet devû-
*> tre cuire ; voilà comme vous con*
«cevez i Ecrivain pour lequel voui
» réclamez mon admiration. ■> Sut
cette apparence , on juge l'ot-iginal
- -fans beautés, & le iraduffieur l'ani
gofir. Depuis que M. l'Abbé de Lille
nous a donné fa i radiidion des Gcor*
gicjiies I les gens du monde ont corn*
^^^ niencé à comprendre que les Sçs*
^^^Uvant qui parloicnt ranr des charme»
^^^ne ta poÉfïc de Virgile , n'êtuient
^^^nas des vilîonnairesi toutes les tra-
^^^^Wuiflions précédentes lailloicnt fub*
^^^Kller de viotcns Toupçons contre U
^^Bifîiiccrité, ou du moins la juAiccdet
éloges prodigués à Virgile.
Il faiirdonc, pour qu'une traduiSion
foit fidèic , i°. qu'on y retrouve,
non pas toui les mots , toutes les pat-
Bcticules de l'original , mais tous les
"traits cffcntiels & carafléri (tiques
l'iVo'i le diftinguin: : z"*. qu'elle con-
•^JçTve la facilité, la grâce, la dé-
Ja'm i-jZtl 1177
que rien n'y fente la contrainte d!un
cfptit Icrviic qui fc traîne fur les tra-.
ces tl'un autre; il fatrt que le traduci
teut foit citaâemcnt l'Auteur tra-
duit, & que cependant il pf^roilTe»
être lui-mêm;.
Le nouveau traduâeur de Lucien
n'a tien 3 redouter de ces principes •,
il s'efl; fouvent rendu propres , la va*'
vacité piquante, la gait6 pliilofo-
phit]ucdc-i'orij;inal; tous les pcrfon-
nages des Dialogues conltrvcnc
bien Its traits qui les diftinguenc
dans Lucien, & on lit plulîcurs de
ces Dialogues avec le même plaifîr
que s'ils.avoicnt été conçus & écrits
originairement eu François $ le (ra-
duâeur n'a rien à ctuindre non
plui de la coniparai'on qu'on jioitr-
roit faire de fa traJuilton avec celle
de Perrot d'Ablancourt. Les tr:id«c-
tions de d'Ablancourt, qui ont
eu de la célc'biilé dans leur tcms, ont
toujours t ré ta'(L':s d'uifiJélitc; on
U^ ii^-'^M<i\x.\ci BdUi irtJidtU!. ■,d.i~
}ou[dhùi que Je tems a 'ioa a.Vvt.'i)^
XI 78 Journal dts s çav ans ^
le mérite d'élégance & d'agrément
qu*on y trouvoir , les Belles ne (ont
plus qu*infidhUs.
M. l'Abbé Maflieu a tiré principt-
Icmcnt des Ouvrages de Lucien , di-
verfes particularirés dont il corn»
pofe la vie de ce Philofophe-
Lucien naquit à Samofate , fur
les bords de TEuphrate, dans la
Coniagcne ; Tannée de fa naiffance
n'eft pas connue ; il a vécu ibus le
règne des deux Anronnins & de
Commode- Ses parens écoicnt pau-
vres & de condition médiocre. Il fut
d'abord deftiné à Tétat de Sculpteur,
il avoir un oncle Statuaire, chez le-
quel il fut mis en apprentiflage.
Vont fon début , il brila un n|;>dèlc
qu'on lui avoic donné à dégrollîr}
Ion oncle l'en punit avec une ri-
gueur qui dégoûta le jeune Lucien
de la Sculpture , & le tourna entiè-
rement du côté des Lettres, pour
lefquclles il avoir toujours eu du
penchant. Il fut d abord Avocat à
Antioc\^^ '^ \V ç,tï^x^*&và, ^TvWw^ W
Juin 1781. 1179
pfofcflîon de Rhéteur , & voyagea
dans les principales villes de TAiic
min; ure , de l'Ionic & de TAchaïe ;
il s'arrêta long-tems dans Athènes.
Il arriva, jeune encore, dans la Gaule >
alors excellente école d'éloquence &
pépinière féconde d'Orateurs» Il vou-
lut connoîtreritalie & Rome. Marc-
Aurèle lui donna une Préfecture en
Egypte. Il fut marié ; il eut un fils.
On a prétendu que Lucien avoic
(té d'abord chrétien & qu'il avoit
apoftafié-, M. l'Abbé Maflîcu le lave
de ccttt accufation,, ainfi que de
celle d'Athéifme , de dépravation
de mœurs & de licence dans fes écrits.
i% Lucien , dit- il , eft un Philofophc
» ennemi de -coûtes les (câes ; mais
»non pas un facrilége : c'ert: un Ecri-
»vain Superficiel & mal inftruir ,
» quand il parle des Chrétiens , mais
» non pas un vil Apoftat. S'il n'a vu
wdans lesDifciplesdc J. C, cju'une
» feâe particulière de Cyniques nou--
M veaux, . . , • il n'eil pas plus cou-.
»pable à cet égaxd C3^v\^ T'^ws.'»
liSo Journal iiS Sça^anS y
» Pline, & d'autres Ecrivains, quU
w comme lui , ort prétendu jtigM
«les Cbréfiens fans les ccnnoîirc.l
Quant ?i l'accufalion d'Aihéiima
l'Abbé Maflicu tourne à l'avan
[e de l-ucien j ce quia donné lin
ÇL- acciiiation ; il cft certain qi^
icicn ftoir un indévoc duPaganifl
me ; en cela même , dic M. l'AbÈT
Manîcu, 4t Lucien à foninf^u Se fall
\z vouloir, a miciTs fervi la Rel3
chiîricnne hors de fon Ici»
ne l'cûr fair peut-être pai 1
lul exemple de fa croyance, s'ilJcT
itt Chrétien, Ce futdafein mctil
le l'idolàrrie cjue s'éleva le pl«
idourable adverfuiie des idoles jf
dcftruclcur des fables du PagI
lifme. n M. l'Abbé MalÏÏeu cit^
fujet, de l'Emile de M. KouOni)
-morceau élocjttcnc, dont rousf
nent dectt Extrair, coifi^
ic M. l'Abbé Maifieu en a fait l'oq
remcnr de fa Préface.
<i L'anci:n Paganifme , dit
Roulfeau, cnfiintK des Dieus al»
Juin 1781; - 1281^
» minables , qu'on eût punis ici bas
^ comme des fcclérats , & qui n*of-
» froient^pour tableau du bonheur fu*
>> prême , que des forfaits à commct-
» tre & des paffions à contenter. Mais-
» le vice, armé d'une autorité facré^
>» defcendoit en vain du féjour écer-.
»nel , Tinftinâ: moral le repouiToit
» du cœur des humains. En célébrant
» Us débauches de Jupiter , on ad-
» miroi t la continence de Xcnocrate ;
» la chade Lucrèce adoroit Timpu-
» dique Venus , Tintrcpidc Romain
» facrifioit à la peur ; il invoquoic
»le Dieu qui mutila fon père^ SC
» mouroit fans murmure de la main
» du fîen» Les plus méorifablês Di«
» vinités furent fervies par les plus-
» grands hommes. La fainte voix de.
» la Nature , plus forte que celle des
» Dieux, fe taifoit refpcder^fur la
» terre , & fembloit reléguer dans
M le ciel , le crime avec les coupa*.
» blés. »
p Quant aux mœurs de Lucien i
les avis ont été partagés fur ce poini;
E — ~
^^K|«St Journal det Sçavans ,
^^Hfncocc plu,s que fur Tes opinions. Un
^^Bpe les Editeurs, BourdeloE,
^H^fitîr un modelé de vercu : Ùnicnm
conitruniut txemplum Lucianus ,
viciorum omnium in'tm'iciis ,, unius
virtutis & ptifeélis Phiiofophia fec~
^^^tator , cui nie viget quidijuam fimilt
^^jubit fuundum.
^^P" Voilà ccttaincmcnc rn beau zèle
d'Edirair , & M. l'Abbé Mafltcu ,
qu'on ne peur pas accufer de man-
quer rlu lèle de rraduiSeur , fc nxo-
qiieavee raifon d'un tel excès.
uOx\ ne ^:ut fe didiniuJer , die4
»il , (]uc Lucien puilc queiquetblt
»avec une coupable complaifance,^
wd'un penchant intâme qui révoLtei
M la Nature Il faudroic l'aban-T
» adonner à tout l'opprobre dontl
i^tl fi- fcroit couvert lui-même, s'iij
wétotr l'Auteur du Dialogue d(à\
)* amours , où l'on trouve l'éloge d# J
» cette abomination ; mais M.lfAbo
bé Maflieu pcnfe, ainiique d'habild
critiques, qu'ona faullcmenc attt
^ ■ hué cet Ouvrage à Lucien ,
Juin 1781. 1285
qu'on n'y reconnoîc ni Ton ftyle ni
fa manière. » Ce qu'il die de cette
» turpitude dans quelques autres de
» fes écrits , ne peut-être plus préju-
» diciable à fa réputation, que Téglo-
>f gue de Coridon ( c*eft-à dire d'A-
lexis) ne Ta été à celle du charte Vir-
H gile. >> Le Traduâeur conclut en-
core que les obfcénités font beau-
coup plus rares dans les Ouvrages
de 1-ucien qu'on ne le croit com-
munément, & que la haine du vice
& Tamour de la vertu y éclatent
pjcfque partout,
, On ptut lui patTer ces propoG-
tions, mais certainement il fe livre
trop à Ibn^ zèJe de Traducteur , &
il rcffemble trop à Bourdelot , lorf-
qu'il prétend que le Dialogue du
genre de Lucien eft plus utile aux
mœurs que la Comédie 9 lorfqu il
dit : «< quel bien pour les mœurs
» produit un chef-d'œuvre dans le
» genre de Molière , que ne puiffe
Mpas également produire un Dia-
»iogueaniulant, tel, par exemple,
HhV^^î\
•i
ilG4 Journal des S^avans ,'
nquc la pluparT 6e% Fables de
»Fonrainc?>» Quel bien? cdl
de Taire une imprcflïon plus [iri
fonde &: de laifTer un long fotivcnîi
tandis qu'une jolie Fable ou
Dialogue ingénieux effleure à pci
la fup\ificie de l'ame.
« L^'Fable du Chat & du vit
wRar, continue M. l'Abbé Mal
fîeu, ne me prémunit-elle pas ci
» cvc les hypocrites de mœurs, ai
«bien que les cinq aâes du Tariuj^
» contre les hypocrites de ReU
»gion.î»
A cela on peut répondre har<
iHcnt, non , Hc aiTurer qu'il y
entre ces diffcrcns Ouvrages, co
lérés rclaiivemciir à leur objet,
lÉme différence qui fe trouve cnti
une vérité foiblenient indiquée,
peine apperçuc, Se une vérité faifî
îbus tous les points de vue ."confit
déréc attentivement dans toutes fi
faces, di,veIoppce dans tous fes ra'
ts,& profondément gravée dam
i6 CM l'ait'ioci , car i'inccrêt di
Juin I78î, 128^
/îtuarîcHi? , par le choc cle<î carac-
tères , par le jeu des refTorts drama-
tiques, enfin par coures les reflbur-
ccs d'un grand genre.
ce J'admire , c*eft encore M Ma(^
ficu qui parle, j'admire le génie
9>de Molière dans l'invenrion poé-
•^ tique & les dérails de la Pièce;
» mais je n'en ai pas moins le droit
« de penfcr que la Comédie , toute
» excellente qu'elle eft , ne m'ap-
>» prend à beaucoup dé frais qu'une
« feule vérité. Le Dialogue , au
w contraire, tel que l'a imaginé Lu-
»» cien, eft fufceptible de plufieurs
» vérités ainfi que de plufieurs ac-
»> tions. »
Oui , mais de vérités & d'aftions
fugitives , au lieu que la vérité , uni-
que^ fi ion veut, que le Tartuffe^
m'apprend , ne s'effacera jamais de
mon ame ; & puifque le Traduc-
teur fait tant de cas des Dialogues
& des Fables , on peut lui té^o^\-
are ici pat une joUé Ça\>V^ àivv^m
DcsbiUonsi di^ xi ^^ y^^^X^"^"^^ ^
\x%€ Journal des. S favans j
& elle peuc terminer agréablecncnc
cet Extrait*
Fecundafus Leana vcrtebat proho
Cambim quhdunum quolibet partu edtrct ;
Unum , at Leomm , rettula indignans fera*
Res dignuate prcevaUnt , non copiâm
La Fontaine peut encore répon-
dre lui-même à M. TÂbbé Maliieù :
Qu'un rat nejl pas un éléphant, .
Nous ne prétendons point par4à
rabaider le genre de Lucien ^ qui
conferve dans la Traduâion une
grande partie de idn ntcrite , mais
feulement rétablir les proportions
connues entre les divers genres , &
réfuter les exagérations d'un Tra-
duâeur trop zélé. ^
[ Extrait de M. Gaillard. ]
- /
Juin 1781. 1187
Dl^COVKS fur la Vit Rdigitufc ,
fuivis dis Ùijçours fur f amour
di Dieu &fur CO ration Domini"
iCaU ; dédiés à Madame LouisK
DE France, par M. l'Abbé
Ajjtlin^ ancien Vicaire-Général
de Glandèvcs. 2 volumes in-iz..
A Paris , chez TAuceur , rue des
Poules, quartier de TEftrapadc.
IL paroît par l'EpItre dédicatoirc
que la pieufe Princeffe ^ qui en
eftlobjet, a vu le manufcrit de ces
JDifcours, & que fon fufFrage a
prévenu le jugement qu'en ont déj^
porté quelques Journaliftes & d'au-
tres perfonnes éclairées. Il y a de
refprit & de la précifîon dans cette
Epitre. M. l'Abbé Afielin, à qui
Madame Louise avoit interdit tout
compliment jSexprimc ainfi : a Ofc-
« rois je cependant le dire ? Quelle
»9 louange mieux méritée que ccll^
** où je n ai rf'autre ccufcwt \ ctivcv^,
*» dre que vous-même. Li^n*^û^^^«^^^
ia88 Journal de% Sçavans j J
« didoir un hommage , votre hun
«niiiu^ me Hemandc un facrifîce ^
»• elle m'inrcrJit un iloge , & cllcl
« nou'; offre un modèle. •■ Cette mail
n'cre de louer la Priticcde, en coaJ
cilianc le vœu de Ta niodcflie aveci
les droits de lavériré, nous a paTlH
délicate &ingcnieuf;. I
Le premiei volume contient qui*J
tûize Difcours, fur l'elptit de K-1
connoiirance , fur l'oubli delà voJ
cation, liir le vœu &: la gloire dd
l'obêilïancc ; fur le vceu & le zthA
for de la pauvretés fur le vœu 3c la
bonheur de ia ehalietf ; fur la fo-j
licude, l'tfprit intérieur, l'orailon J
la mortihcation ; la nécefliié délai
pettVdtion, & la fidélité aux pcritw
choies. Le ietrond en comptentfl
buii. Les abus de la dtiedion ^ Je|l
dangers de la tiédeur , l'excellcnca
de ia vocation à l'état religieux , Itl
iacnfîce de lame religieule , la iwm
geflc de l'âme loUtaiie dans Ton SA
avec le monde , la fidélité dg
X)ictt eavtK (^s 4^ou(es , cq fotlq
^|)ict
Juin 1781; 1185
les objets relatifs à Tétat religieux.
Les deux derniers traitent une ma-
tière qui convient à tous les états ,
Tamour de Dieu & TOraifon dôi
minicalc.
Quoique ceux qui précèdent
foient particulièrement deftinés à
des perfonnes engagées dans la vie
religieufe , & propres , comme le
dit le Cenfeur , à entretenir la fer-
veur dans les maifons qui lui font
confacrées , les perfonnes qui vi- ^
vent dans le monde y trouveront •
bien des traits qu'il leur f2ra facile
de s'appliquer, & de faire fervir à"
leur progrès dans la vertu.
On remarque dans les Difcours-
de M. l'Abbé Affelin de l'élévacion
avec de la (implicite , de la cha-
leur, de 1 élégance , beaucoup
d'ondiori & de fcntimcnr. Nous
nous bornerons à quelques exeiil-
plcs. '^
Dans le Difcours fur la gloire de
robéiffance, l'Oiateur, en rappcl-
lant le lacrificc de Madame Louise,
ll^O Journal des Sçavans f
employé un ftvle analogue à' la di«
goité de la viâime. a AinH 9 nous
» avons vu i augùftc Prlnceife fe dé-
» rober à Tèclat du ^Trône > pour
»vi\re à lombre du Sanéluaire ;.
n courber fous le fceprre de la Reli-
» gion unevolonté qui pouvoir don-
Mner des loix; facrifier ce que le
>» monde a de plus grand , & choi-
nCit ce que la folitude a' de plus
>» caché : obfcurité vénérable qui
M voile fa grandeur 8c fcs vertus
M mêmes, & laille à norre.admi-
» ration ce qu'elle fouftrait à nos rc-
»gards. Siècle pervers , ccnfeur au-
f> dacieux de la pieté un il
H grand nom dans les faftcs de la
»vie folitaire en eft Tapologie la
» plus éloquente. . Si un exemple fi
»3 rouchant ne peut obtenir de roi
» des vcrtjs , il peut du moins te
» faire rougir , & tu lui dois un
» hommage , la honre Se le filcnce, »
Dans le Difcours fur la nècedirc
de Va çttfc&xow^M, TAb^é AflTclin
peint Vc \>ow\\ç.\xt iilwvkR, î^wnr. S^^<\s.
z'
Juin 17S1. tiçfl
qui jouit de Ton Dieu aprèt les (a^-
CTJiîces qu'élis lui a^its. Tout pa-^
tliétique qu'cft ce morceau, trouve-
la-ron beaucoup dames capables:
de le bien fcntii? « Un Dieu fe faic
y* gourer ; c'eft alors , ame fervente ,
»que vous pourries nous dire de
» quelles confola^ions il a coutume
»dc payer ics plus légers facrifices.
» C'ell alors qu= vous vérifiez "par la
»plus heureufe expérience» com-
»bicn un feul jour dans la maifon
»du Seif^ncut. eft préférable à mille-
» autres dans les tentes des pécheurs.
»Dicu de bonté' non, vous ne
ï>nous trompez pas, torCque vouS'
» nous dites , que votre joug efl un
M Fardeau léger. Liens factés , vous
>inouS attachez à un fi bon Maître !
» Ceux que donne le monde pro-
"duifcnt li fouvenr la douleur & le
«repentir! Mais les vôtres, S;i-
wgneiir, font des marquas d hon-
» neur $i di;s preuve? de liberté. Ea-
11^1 Joarnal du Sçavans ,
Mvoiidroit Toot rcnouvcllcr mïll
»tfoislcjouf. FâOt-ilcn être fuf pria
M Dieu patlc, & fc communiqui
ML'Epoule anciidne k réjouit i i
»> voix de l'Epoux. C'cft lui-même
t»tc clic oe peut s'y mcpicmlre. L
M c<rur , aU' trait qui l'a frappé , nt
Mcotinoiiun Dieu. 11 tepolc litrl
» tnain qui le blelTc , & dcmaiid
>*de nouvelles blcfTiifes. 5on biet
ftcll l'intïni y la jouilfance uti tranl
Mport. Si l'objet tjiti l'enllamms I
« preiTe de tcfondic , fa r£pon(ê d
• » le cri du bonheur. Souvent foi
«langage eft le fiicncc; il ne di
» rien , parce qu'il a tout. ».
On pourioi; rappclUi ici ce qit
dit 1 AuftUT dans Ion Dîfcours (li
J'amour de Dieu , en pdilam de )i
dignicc d'une ame unif par U cbft
ïué à fon Ctcareiir. <• Elle particip
»à Tes pcrleâions , à Ton pouvoif
«à la nature. •' A quoi il aioutc
"J.illc! qui m'écou[er, vous cnrei
■> dez ce iangat;e .... Et vous cœi
«•mondains , cceins plongés dans
s/«rfl 1781 ; 119J
• chair f enfcvelis dans les ombres
• de la mort , je demande pour vous
M que laiumière fc faffe. Pour m'cn-
• tendre, percez le chaos q.m vous
t> envicoiuie, & foriez du néant.»
Le Difcours iur l'cxceUencc de la
vocation à-i'étai Religieux, & ceux
qui le fuivcnc y font pleins de traies
IncérefTans. Nous cirerons du pre-
mier Difcours un endroit qui nous
a paiti très-bien écrit- L'Orateur y
fait parler l'ame leligieufc fur la va-*
nité du monde. «J^ai vu l'Ambir
»ticux dans ces places érainentes
» où l'orgueil afpire, & fes projets
» montent encore plus haut. Dans
»cet éclat impuilTant où fan ame
»» s'agite au fein des grandeurs , les
M honneurs irritent fon ambition;
» le feu qui nous éblouit , le dévore ;
f> & j'ai dit , la gloire n'eft qu'un
n- fonge. J'ai vu le Riche au milieu
M des tréfors & des commodités de
«'l'abondaiicc. J'ai cm que les rî-
» chefles éreindroicnt les delirs , $c
» les àeHis le multiplient. Lg, fortuiiç
1194 Journal des S çav ans 9
I» réunit autour de lui les homma»
Hgcs \ elle (emcles agrémens iur fes
nçzsj & il fe plaint ! Au lieu de
H jouir 5 il efpère; & j'ai dit > Topu-
n lence n eft qu'un nom. J*ai vu le
» voluptueux dans les bras de la
H molleflè i les fens enivras , le
H firont couronné de rofes. Que le
iycœur reflemble peu aux apparences!
» Flétri par le dégoût , il is trahie
H par fes foupirs ; il venge par (es
^ remords le Dieu Saint qu'il ou-
»rrage-, & j'ai dit, le plaifit n'eft
itqu'unc erreur. »
Nous citerons pour exemple de
la beauté des images 6c de l'éié^^ance
du ftyie , cette comparaifon qui ter-
mine le dernier Difcours fur la vie
rtligieufe. w Que l'homme religieux ,
>» femblable dans fescommencemens
>» à un rendre arbrifleau qui déployoic
»peu à- peu fes jeunes ramaux^devienr
» ne cet arbre majeftueux qui s'élève ,
détend fes branches^embellit le jardin
>» de l'époux par une fécondité qui en
j» fait rorncmcnc Se la gloire ; Se
' Juin 1781. . ilpÇ. ■
»»(!am le.momenc oà le foufïle de
» lamort viendra le rcnverfcr , que ce
»b£liarbie> en toiubanr, lépande
tt la bonne odeur des vertus , & cou-
M vrc la terre de fes fruits, »
La nobieffe d^s idées & le ton du
fentimcnt cara^iérifcnc 1» deux Dil*
cours que l'Aureur a ajoutés à ceux
qui traitent de la vie rciigeulè. Le
morceau fuivanr, que nous rirons
du premier t nout patoît propic à
en làire jugci. « Connoijîances hu-
» maines , dit-il j'connoilfanccs vai-
» nés , frivoles , fouvcnE dangereufes*
M Science du monde , elle apprend ce
«( qu'on pourcoit ignorer , latlfe igno-
»ier tour ce qu'il taudroitfavbir. Etu*
^descu-iieules, ecllcs dillîpeni l'cf-
^lit , le c<Eur efl vide & fans goûc
»» pour les chofes de Dieu. Connott-
vt fance des Artsi elle introduit dans la
)* Société le luxe, la mollene,& ta cot-
Mruption. Lumières philofonhiqucs.
» quel en eft le fruitî Venez & voyez.
M Des hommes fans foi , des clirc-
» tiens fans moeurs , une jeunelFe
M fans frein, un fexe fans pudeur.'
H Que ilirai-jc encore ? Livres pro-
» fanes, qii'om-ils appris à l'un &
»tà l'autre fexe ? Le talent de la fé-
wdudion, le tilTti d'une intrigue ,
» les moyens impurs de conduire un
wniyrtère d'iniquité-. Si après s'crrc
*>annifé de ia table, de réalifct la
» fiifiion pat un crime. Du moins ils
«ont amolli le cœut, infpiré une
ttfaufle tcndrefic, laiflé des fouve-
*t nits qui fetonc pour tel qui m'é-
■»* coûte , des râlions éternelles de
» gémir & de combattre. Heurculcs
»flrs mains pures que ces livres fu-
«ricftes n'ont jamais profanées. Li-
wvrcs fi d uflcuts , 6i je donne ce
^^■«nom à ceux qui paroiflcnt oiFrii
^^^b moins de pièges pour la pudeur,
^^^■<& qui pourroicnt en impofer pat
^^Hp quelques maximes qui lailTant fub-
^^Ktufler les paOlons , en corrigent les
^^^wiidicuics ; livres féduifïeurs, qui^
^^E» mêlant à quL'lques lueurs de rai-
^^K) Gsn , les images 8c le tableau de
^HSllct volupté , f lércntetiï , avec un
^^ wappiÊtJ
Juin lySx. 1x97
» apprêt dangereux qvroh faifit, de
» ftcriks leçons qu'on abandonne ^
>> & Tous l'enveloppe infidicufe d'une
» moialicé^ metccnr la vertu en pa^
»> rôles , & le vie: en aâion.
» Ames pieulçs.. .. Vous pouvez
>>.direau Sçavanr fuperbe , au Scru-
>> 'areur éternel dcr la nature 9 qui
»dunŒil inani^able en (onde les
>>myftcrcs, tan il-» qu'il néglige fon
>»anie , vous pouvez dire au Philo*
»lophe O i.rvar.ur , qui caiculç
, » les mouv.nuns & les rcvolurions
» dei aftrcs, prcvoi'^^ un échplc, lorf-
>> qu'elle ;.li éloignée , di: S. Auguf-
» tin , is: ne voir.pa> la (îenne, lorf-
» qu!ellw elt préUnce : vous pouvez
» dirj aux A| ôtrcs de 1 In^icdulicc
»& à ku-'S cor.paliîcs a.iulajcurs;
» aux Ecrvains ro nanel jiics , ^ à
» tes kctcuis , à c>s Icdtiiccs , a 01-
» nées qui dcv; r nt. kUiS.pioduc-
» tions ; aux Mai rcs p.o*an^s qui
» donnant la IC'^nce du nu:n i;* , 6c
>»à kur ti'vo wS rl.:ve> ; à ct> eC-
» pri»s lî fc'a es , li orn , Cfv qui
J^ir.m S,v. /-'«/Z. 1 i 1
Yl^fS Journdl ia Sçavans ^
H-conneyîflent t»ut excepté la yeito ;
M vom pouvez leur dire : je vous
i^larfle vos coimoiflances avec vorre
n orgueil > vos talensatvec vos vices;
H j'ignore ce que vous lave2 j mais
f»)e connois Dieu; >»
Nous nous bornons à ces échan-
tfUons du X{yh 8c du genre d^éto-
cjuence de M. TAbbé Afiêlin; 8c
nous dirons en général que fes fu-
)ets nous ont paru bien choifis » les
divifions & iondivifions claires ft
naturelles j la niorale exaâe« les
preuves folides , la dicS^ion pure ;
que TAuteur y montre une connoif-
lance profonde des devoirs de l'état
Religieux & des fecrets de la vie fpi-
rituelle \ qu'il a fait fervir refprit
même à la fageflè de fes vues ^ &
qu'il ofire à les Leétcurs des traits
iaillans , des applications ingénieu-
fes y des conrraftes heureux , des
comparaifpns toujours juftes, fou**
vent agréables. En un mot, les prin*
ciçes cnctlVtt» <\ue renferme cet
Juin lySx. . %%^
bornée i l'enccinrc d'un cloître • Im
détails lumineux Se inftiudifi qu'il
piélcntCi doivent en alTurci le luc-
cès. Nous pouvons même ajouter,
qu'aptes tant de Livres afcériques
qui ont paru, celui'û eft oeuf pcr
la manière intérellante donc l'Âu-
leur a fu traiter les mêmes fujets,
[ Extrait dt M- Dupuy, ]
SOVVELL&S UTTÉRAIRES,
A N G LE!t E R R E.
D£ Londres.
JTp ELIQVIM ffou^ortlanafiu
j\,-Plamarttm in America merî-
dioaali colUclarum a GuUelmo
Houfioun M. D. R. S. S. Iconts
manu propria areinciftXy cum dtf-
criptionibus e fckedis tjufdem in
Bibliocheca Joftphi Banks Baro-
atii R. S. P> ajfirvatis. Londini.
1300 Journal des- SçavanSj
■ • • •
1781. //2'4^. 26 planches & 12
pages d'explications.
FRANCE.
i>E Strasbourg.
Boneri Gemma ^five Boricrs EitU
Jlein Fabulai C e Phonajcomm acvo
compiexa ex inclyta Bibliotheca Or^
dinis S. Joh. HieroJoL Argzntora--
tenjis SuppUmtntum ai Joh. Gto^
gii^ Sc/icriH Philofophiû^ Mirais
Gxrm, medii atvi fpzcïniirta' unde»
cim , cdidit Jtrtmïas Jacobus Obcr^
Lïnus ThiUf. D. & P. P. O. Acad.
Heg. In fer. ad Epift. Comm. ad"
fcriptuSy Rotnmag. Cortonens ^ Pa*
normitauus Academicus , &c. Ar-
gentorati. 1781. Apud Joh: Frid.
Suin. in 4^. 36 pag.
DE NaRBONNE.
A%is pour ncutralifer à ptu de
frais les fo§is tTaifancc , afin d'en,
fjirt la vidange fans inconvénient &
Jnns danger. Par M. de MarcortlU ,
Batoii dEtcale , àt l'Académie
Royale des Sciences & Bcii.-s Ler-
tVes 'deTiiuloufc, ancien Sccrctaira
de cccre Sociéré, Correlpondunc de
l'Acadcciiie Royale des Sciences de
Paiis. A Narbonne-, de l'imprime-
lie de J. Befiè, Imprimeur du Roi
^ des Etats de Languedoc. Mats
1781. Brochure in 11 de 11 pa^es.
■ Le priiKipal moyen que M. Mar-
corelic employé pour neurralKcc
à pcH de frais les foiTts d aifancc &
en faire la vidange (ans danger,
c'cft la chaux , donc i'tifage écoic
connu & établi déjà depuis luni;^
tems en'pUif^curs endroits, & t|uc
MM. Laboric , Parmvnticr & Cailct
de Vaux ont recommandé avçc ru.-
£bn & employé avec fucçès pour ic
nicmeobiet.
M. Marcofclic ajoute à la cbiux
diîl'alkdli fiAii caufiii]iiï , tr^s-bjn
iiiiij
1304 Journal dts Sçavans »
» Le Piix eft une Médaille d'or
» de trois cens livres, »
Depuis cette prqpofîtion puhjiéc
en S.'prembrc & Octobre lyîfi »
rAcadémie a reçu p u(îeurs lettres
anonimes , pat hfc|UilUs clic cft
priée d'accorder aux'Concurrcns un
délai pour pcrfeftionncr leurs tra-
vaux & mulriplier leurs expériences.
Ft VÛ rimporrancc* majeure de
robjet , elle fc détermine à lâiffcr
le concours ouvert ju qu'au premier
jour de Juin 1783*, palfé lequel
îcms aucun Ouvrage ny fera admis.
Prix txtraordlnain pour tyS^m
Un Amateur des Sciences , q^i
dt(irc rclter inconnu , a vu avec in-
térêt combien la quell;on fur les
terres calcaires, propofèc en 1780,
avoir donné lieu à TAuteur cou-
ronné de s'étendre en applications à
TAgriculture & aux Arts.
• L)ans refpoir qu*il pourroir rc*
luhvr autant d'avantagvS' d*un cra-
Juin- 178Z. 1305
vail ffmblahlc fur-lps lerresvJcrifia.-
dIcs , il a fait oifîir une fDjiime,.id^
trois cens l/vrespoat un ï*^ix C]X-
traqrdinairc , à déccriter au. moi»
à'PCo^tij^. ..,;■■■ '-y . .;
L'Acailimic, de Rouen .accepte
fss offres géntrcuiesàvecrcconnoif.
fan« ;,& autant- p.our ep accélérer
le tsinoij^nagc , que pnur'y^iénagcp
plus tic. fems aux^çavansqâ; dcûW
ront ^i^iKTourir , .cHe annonce dèsr
a-préruK'^iie , dans fa Séance pu^
Wique. de 1781 , :11e propofera ce
Prix 'de trois-ceiis livres, pour ct^
a.djl)5é^ au tyipi^ d'AflAÉ 17§3;»À*'I'
Mé^QÎcedw l'objet" fB[/â,:,^.
, «',Pjétatij|ir'.c!es .ç^rà^'èrps diC-
».pn4'f!''.|tVî'ic, les .dV'î'ïêVrcrt.çs,,
jfpc afittes, jq^Lic' les. Chii;ni(les on'c
»)ulqù'à prérenE'*ciînfonifu'loyi"'i Is
jj,<jyc aé.'cfs, 'dlhin4[o,ns priy|f^it«
»r&.chnai"quc^ liienTrahlics , rc'tîi-
» tco:' di.s 'c6nrioinai'.i".is "iLiUs" a
S306 JournalJes Sçavans p
>» TAgriculture & à difitrens Arts^
»» tels que la Foulcrie , la Poccrie >
»^la Faycncerie, la Porcelaine ^ ta
» Verrerie , &c. dont plufîears font
f> cultivés avec fuccès à Rouen » 8t
9f font une partie du commerce 4e
ncette ville. »»
Les Mémoires liiiblemeof' écrit!
en François on en latin , feront
adrcfles , francs de port , avant U
{MTcmier de Juin 178 j , à M. L. A.
I^ambourney » Négociant à Rouen ,
Secrétaire perpétuel pour là partie
des Sciences.
Cette époque exclufive du pte^
mier jour de Juin , a été jugée né«
cefTaire > pour laiflèr aux Commit
faircs de rAcadémie te tenis de ré«
péter les expérietlcts indiquée^ 9 oU
d'en faire de relatives > s^ils le jur
gent convenable.
Les Concurrens font avertis d'é*
éviter tout ce qui pourroit les iaire
Cbnnoitre 9 mais de ]àmdte un bil-
let cacbetc > coûtènatit leur Aom^
Jim 178 ifr^. 1307
\pgf ^^fSkt &.U <*pÉtitioB de
l'épigraphe ipft^tf «n içc^ ^e leu^
lat p * » I S'
pçjjl par. fAeifSmiif Rqy/^f 4v
r Ct Prix f^ra anhutl, ]
Un Citc^cf) diftiagué qui d<(îie
de refUl incimnu » « &it préleaMc
à l'Acid^mte un Mémoire dass 1»-
quel il fe plaint de çf qv'eu travail'
bttt M progrès du arts , & en ad-
micaoc le« ptodigct tiQ^v^aux doat
iljt cn^UifTctit <ï «nriEbUffint jouv-
wU^ipçnt Ifi Société ^ ou igtiont ,
eu plutôt ea oublie , qiic prcfqitc
tQticç» leurs poératioDf ^nt mal bir
net Qf pipurtncrci. Ilt'enËtut pot,
dit* il* que le dénombrement des dif-
rentes clalTcs d'Quviicrs ne foit une
lifte lie viftimcs.
CumsTi Plérierf Chaufournier,
' I 508 Journal des Sfavans ,
Sriijt/eirr'j Tuilier^' Tnilleur de pUr*
'*refj- f^crrhr\ Mirohkr;X)U du moins.,
Oui Fier qui met au tain , ^Doreur fur
met aux ^ Peintre y Broyeur de coU'
Lufs^ &€,*■ Foulon y C ardeur , Tifft"
rand y Tanneur, ^ Co^royeur ^ Cher
*pclier , Buandhr j ■ &c. Cribleur ,
-Bluiier\ Sauritr y'' Brejfkur\^ &c,
^nHdonnit^-'CChandthefy Poikr de
Terre ^ j&c. Ouvriers qui creufent les
puits *, Vident leïfaffei 'd*aifance^ en*
"terrent les fnorts y &c:Tous les Ou"
vriers en.j^Icyis à lir^r les mii-aux des
mines , t" la plupart de ceux qui les
travaillent ,y 6'c. •. : . . .
■ lâans foufos ces profciTiçTiM, la matiè-
re extraire ou febriqucc s-attenueou fe
•volariJife , s'infinuc dans le corps bu-
-marrn , & v porte des parcicules ar-
Icnicaics, Ailfureufcs, mcralliqucs,
vciicncmc'J , (kc. ou des molécules
incilîvc^, ou une poulÏÏère qui atta-
que les polinwns, -ou un air cbr-
;iompu ,.:èfj>ècc de mouffette arti-
ficielle. - - '
t Qu'on fupplee les hommes par
Jiùn 1782, 1309
mnchlnei/ qu'on les remplacé
des anirnaux , qu'on éloigne le
vaillsur de Tobjcc qu'on facilite
action par des inftrunK'ns , qu'on
foie des préfcrVatifs tonrtc des
rcinoni! maliaines ou des acci-
; funtn:es; après quelques frais
iielqiie urms cdnfaeVisà t'invcn^
; à^rcllai , à Ih pcffëâlciri àz
hodes nouvelles , oti vëria lé dàti-
de pluOeurs Profcflîo^is èclTer,
du moins diminuer j pcut-êtrt:
ne, fi des intércr*^fcrortdall'es
«nt être comptes après dd fi
ids inrétÈts, pctiMerre bkHcôc
>uvragcïftronrpii« finis S'-f^oitis
■endicux. En corilèquencé'j TA-
ymea propofc de tqndti-unPrix
uel en taveur d'un Mémoire du
le Expérience qui rtrtdîtlesopé-
ons des Ans méchaniques moins
.laincs'x)u moin* dangcre>ilcs.' '
1 a'd«ftitiil' à cette fondation urie
i;uc. de licoo livres, qui (cra
;ci:"dans 1. noiiv;! emprunt en
c viii:'èr;; , lu: la tc:c du Uoi &
1)19 Journal élis Sçavans i
fur ccUf de Monfeigneur le Dm^
phin « & les iiuirêts fcrviionc à payer
une Médaille qui formera le Pri<«
L'Académie ayant i^ccepté avec la
pcrmiflîon du Roi ^ & d*uiic voii^
unanime , la donatiop du citoyen
•ftimable j Auf cHir de gb Mémoire»
Elle propofo f B co&féquccics pour
le premier rrii de ce getue t ^u'eUe
donnera laenée prochaine 178) t
confiftanc en une Médaille de 1 080 û
le fujet fuivasK ; fçavoir ." D€ déuf'
miner h nawp 6* Icf caufts des ma-
ladi$s auxquelles fi^$ expafés Us
JPçreurs au feu ou fur pté faux ;&l^
meilleure mamire de les préferver de
ces maladies , /çit par des moyens
phyji^flu^ , foif par des moyens mi*
^ani^ues^
Ceux ç^\ rravaiUcvonr pour le
Friy» adreiTeroQC leurs Ouvrages à
Paris 9 au Secrétaire Perpéruel de
rAcadéonie» ou les lui feroac remet-
ue ci»rre Jes maios» Dans ce Cecond
Cjsis^ U Sçct^^vit tci dcttiQcra en
marquée la featence de fOurrage 2c
fon numéro , ftlon Tordre ou le tenu
dans lequel il aura M reçn.
Les Ouvrages ne fcronc re^us <fue
infia'ftu I j de Février 1785 , cxelu-
fivemenr ; ce rerme cft de rigururb
L'Académie, i (on Aflèntolée piï»
btiquc (Taprès Pâques 178) . pro*
^«nera la Pièce <]uî aura râéntè ce .
Priic
S'il 7 a on réeépiflî Aa Secrétaire ,
poat la Pièce qui aura remporté la.
Prix , le Tréfoïicr délivrera la Mé»
ida^lle do Prix à celai qui lui rappoi*
tcra Ce lécépifll i il n'7 aura a cela
tta\h autre formalité.
S'il n'f a pas de réccpifK du Sc^
crétaire , icTTéforier ne détivret« la
Médaille du Prix , qu'à l'Autcut
mcme qui ic fera fait connoiire, ou
au potteut d'une procuiatioo de fa
paît.
L'Académie donnera tous les ans
un Prix fcmbiable , dont le fuj« fera
indiqué par un Programme ■, 4c «VW
pabhea incel^aament tà'4\ à»^*»^
tcUigeoc» toutes forces d*A^s
de contrats ; avec dea Form
dreflècs fur ces mêmea principes.
In nulle peecartf divînitatis mégis ^
mûrtaliiads eJL
Lege taoca a* Cod. de veien Jqm
cleaiidob
Nouvelle Eêitïotkj ^ vol* in- 12
Paris ^ cbcz Nyon l'aîeé 5 Libn
rue du Jardiner > quartier S« An
des--Ârt$. 17&1. Avec Af^prd^
& Privilège du Roi. Prix > x y
les cioq vol» reliés*
de Verg^nes, ComiDi^ii^eur ém
dres du Roi , MiniAre d'Etat Sc
AfFaircsérrangèrc5, Pfcnj* Livrai
Par M. Msniellc , Hiftorioîgf aph
M, le Conuç d'Artois.^ A, P«
chez TAurcur , près le Notaire ,
tel de May^uce > v^ de Sçinç k
bourg S., G^tivvaJLi» ^ & ebe« les i
OcffcMBMmF wrainnti dtmtttinv
raKrefla!r,«ffCaRtt «ci-'jnc»)»
Monde , JfEanspe y tfonn (Ejrw^V
tRi assenas^ nPtnir yiTAi^tsnn i V^
l'Eoodê ft JTbbnfa^ ^j&'imr £«tv
da guelfe Jb iUcmiiK^ itnw (Arlli
Flonie & «nr de lU CasllHKft ct^
KGCVnKC WKC^à&f êoR Qsf&if^
les évèoeaKw aâwd» fttmAsRr tWHb-
pnf(|iie hiJi^wK&fetiiS^ s ««v '-^
il la avoK «MwmràfT p«>w es pv^
bKcr quclqart-VK» et tkmhf:^»:.
Ces cartes (00c pw&i<iMKiK »■»
csccMccs At covHsodtfv ^ en crfl'i cl'
kl ne fboc pas Xun tn^ gnoil fec-
mar. L'Aifrar o^-t dî !?-' -^t: paf»
fer :u ProviTîc: am Soi C.'^*-"; i'-i ^
mo/:nnan% dix fois a lU^tï^r-v.i'Àoa
13-1:^ Journal lies Sf'av\^ns^
par .cbao,ucr livraifon. Elles. fe
rendues promptcmenr ^ roulées l
vcloppées de toile cirée. La 1
cnpnon cft de 14 livres- pou
Cartes, de 9 liy. pour les'.riai
villes. On donne de plus 14 liv«
recevoir cette, première Jivra
Les féconde & troifièriie feront
yïccs gratis félon les condicioQ
soncées dans le Prorpçâus.
£iat de la Noblejje , annc^ 1
contenant, i^, r tac a(fluel
Maifon Royale de Bciubori 5
Princes de fonSang: z^ les C
tics nobles daiisli.i<]i!cls la No
peut ctre adjTiile : 3.^. l'origir
Familles; : 4^, leur crai ;aâue]
leurs AlUancesiô^. rcxplicaq
leurs Armes, pour lervir de-Si
ment à tous les Ouvrages \i\
qucs , chronologiques , ghnk
ques & de iuitc à la coUcâJI
Lrrennes de la Noble/Tj^r.K^
une Socvîttc è.ti Ci'^tfc^^èh*
Myit Journal Ms S f ayons i
S. Ambrogio Maggian ^ ean Apff^
va^iont; & à Paris, che£ Barroii
aîné» Libraire, quai des Aaguftinst
du côté du ponc S. Michel» Dent
volumes in-j^.
Satires de Juvcnal ^ traduites pu
M. Dufaulxj ancien Commiûàiie
de la Gendarmerie , de l'Académie
des Infcriprions & fielles-Lecoces | &
de celle de Nancy.
Vefirarei apt».
Seconde édition. A Paris , chez Mt
Lamber & F. J» Baudoin , Impri-
meurs-Libraires, près S. Cômc
Recueil de Jmif prudence fiadaU %
on 9 nouvelles Inftruâions fur les
Domaines corporels 9 fixes , cafuelsi
cens & rentes 9 Droits delods & ven*
tes 9 de relief ou de rachapc ,d*eDfiu«
(innemenc ou autres droits doma*
niaux réunis par Edit du mois d*Aouc
1777 1 ^° ^^ Adoûmftraâon » feus
I
Juin 1781; 1319
fc nom de Jean- Vincent René , fui vi
cJ*iîn Traité fur les Bois du Roi , pat
un Employé fapéricar de la Ferme
Générale ^cs Domah|cs idu Roi , &
4e ladite Adminfftration. Tomcpre-
mier. A Amiens , chez J. B. Caroti
fils, Libraite-Imprimeur da Roi,
tncS. Martin , & à Paris , thcz On-
firoy 9 Ltbrasre , quati A$ Aaguftins.
17Î2. Avec Approbation & Privi-
lège du Rok Volume //z-8^. de près
de 600 pages, 4 liv, 10 f. broché.
Mémoire fur le Paffagc par le
îfordj qui contient auffi des ré-
flexions fut les Glaces. Par le Duc
4c Croy. A Paris , chez Valade ,
Libtaire-Imprtm. , rue des Noyers.
1781. 23 pages i/ï-4**.
L'Acadénrre a trouvé qu'il réful-
tort des Réflexions de M. le Duc de
Croy , auxquelles on peut joindre
Cdles qu'on trouve dans un Mé-
moire de M. le Gentil, amiéc 1771 ,
ptemiière Partfe , que ce paflage ,
s'il exiftc , ne peut être utik ni pottt
1310 Journal d^Sçavans y
le Commerce ni pour la Navîga-'
tion. Les Rullcs dorvent cherchera,
bien guetter les momens pourdou*»
bler un cap, pour pecfvâionner les
cabotages , à l'effec de doubler à
propos une pointe ou l'autre; mais
quand ils y parviehdroient cela ue
ïerviroir qu'A prouver , par le récit
même des d;fficulrés , que tout paf«
fageurilej^' d'u âge, ed impoŒble
pui-là pour les glandes pavigations.
Détail des fucch de rEtabV(ft*
mens que la ville de taris a fait en
faveur des Pcrlonnts noyées^ lequel
a ete adopte di^ns toute la France ,
& n.énie du^ [* Etranger. Septième
Partie Anr ées tyyc^ , V^'° & lySi,
On y a )o n des Kappi>r s pditicu-
licrs envoyés d.s d ffcr. n es Tro-
vipces , ou' letuci" is des Pa^iicrs
publics; ^ dts Ol lervationA rela-
tives, noîi-ftu'enunt à la lubiuti-
(lon , iT;aîS à rcii cr. \c'- e.pcce'.s d iif-
phiM s cont uc'' iu c[riA ce jOur. Far
M. Pta ^ VJtiv^NAvv.\ 4c LCJtdrc du
Juin lyS^z. 'iiï
Roi , ancien Echcvin de Ja ville de
Paris , &c. A Paris , lue S. Jacques ,
au Coq & au Livre d'or , chez Au-
guflin-Maitin Lottin l'aîné, Imptï-
mcui-Libraiic du Roi & ordinaire
de la Ville. 1781. in-ix de 169
pages.
Vie du Dauphin , Pire de Louis
XV , écrite fur Us Mémoires de la
Cour , enrichie des Ecrits du même
Prince. Par M. l'Abbé Proyart, des
Académies d'Angers , de Montau-
ban, d'Offcmbourg & de Rome,
Principal du Collège R. val du
Puy. Aux dépens de l'Auteur ; H
it vend à Paris , cour des Capucine ,
lue S, Honoré ; & chez la Veuve
Hériiïanc, Imprimeur-Libraire, rue
Neuve No-re Dame , à la Cioix
d'or; & Théoph Barrois, jeune ,
Libraiie , rue du tlurcpoix , à l'en-
trée du quai des Augiift n^. Avec
Appio. arion i^' l'rwi.cqe du Roi.
% vol.m-11, l'un de 4, fi v-iv.% -i
Jmn.Seç. Fol. VvW'
1 3 l-i Journal dtS Sç'àvaiiï'f
l'autre de }^a. Prix, e iiv. idiis
let 1 vol.
£/ftge htfîor'ique de M. U Cornet
dt Maurepas , MiniAre iTEtat ,
fias Louis Xy & Louis X^l. Pat
M. l'Abbc Ciiyot , Prédicateur or-
dinaire du Roi. a Pans , chez Di-
doi l'aîné, Inijr miur du Cldgc
en furvivanci- , riiL l'avée S Andrcj
6f AkiiaiiJrc J'imbcit , jeune, luc
Dati) hint-. 1781. Biochure, [>ctit
M-Ji°. dï 30 pages.
OJt fur U Naipnct de Mon/Ù-
gneur le Oat-phin , fuivic d'une
Pièce intitol'e ; yènm dupt trois
fais. Par un Emdiant , âgée de dix-
ncutans, Aiutur di- lEpicaphcdc
M 'le Maurepaî , iniérée darn le
E Mercure de Décembre 1781. N»*
«1. Brochure r'/i 4*. de 11 pj^
C'eft atnli uue l'Imprimé dcfigao
l'Auteur tiès-)eune des vers «ès-
ïeuncs t^iic nous annonçons. Tels
j
1
Juin ,7$j^
*5"i''^* ^onr , CCS '3î3
'°"'- Une no'^ " ^'? ^^ WÏn
P'"'^"^ que rn^ "'«nu^crirc nous ao
Col/' r'""'anf en PI, r •'^* *
^°^^<^g= de Monra.gu! ^ '^"^ ««
ffymne à P ^ '
O'ié /ur l'r,""''* ^"'vi d'une
«* '«Pafîeocc que /e J;,?^ ' "«^ "« ^tte
:Î^^^ a./aûg„ \ r '' «^P^^'S
''«f daPaJais; &!' '■""^•
''cndciir des /V,., *^"" «ux qui
ijÏ4 ^afaAtitrSçavffiti'j
L pouf la prrmlcrc fois lui le Th
de Covt:nr.Gai<lcn , le lO Dél
bre 1777. Tiadiiitc de l'aagli
Tut U tcccndc Ctitîon, en 1
A PaiiS, cfcc2 Biun.-t, Libt
I Tue Maucoofcil , à cô:é de U
I iTKdic Itai'cnne, 5c i:h;z les
I Juiiretauj vendent dci Nauvci
j .ï7Sl,BiocbuieMi-8°. de 107'
I Pnx , 3P lois.
Vlnnoanu Ju pranier tig
\ fr^act^ ou kifioift anui^nof
I Pierre U-Loag & de BUttcht Â
' fuicte de U Rofe ou U Fàt di
I ^«0". NoBTcLe Ediioa, coq
tabicmcnt au^m: a'cc. A I
1778 Avec Apptoba'ioo Jl
I Icgc-do RoL ûi-S°. xjS pz^e
CcT Oinrta»e . qut toDtr é t
1 ce» {ourcnu te nwntCt fe t.
danï. ron^ne, cbcj ^'
bratre , rue d:la H;irpe.
' au;outdhui chez i'Ai
Sauvion^r '^ nie de*
É
poui la prcniicce Tois lu: le Tbéâtfç
de Covent- Gatdcn . I? lo Déceni-
brc i777> Traduite de l'anglc^is
fut la Iccondc Edition, en 17S1*
A Patiî, chci Bnmct, Libraire
1U7 Mauconfeil > à côié de la O
icdic Italienne, & chez tes L
;rt$quî vendeur des Nouveaarci
Btocburc ia-$°. de 107 paj
30 lois,
Vînnoctnet du premier Agt t
Fr.nctf ou hijloi't Jinoureufi ,
Piirre ie-Long & de BUacht Èa^s
fuivjc de ta Mofe oa la Fétt Je Si
Itai^y. NourcLe Edi-ton 1 confîd
nbkmcnt augmrn'éc. A Pari
'8 Avec Appfobn'ion & Privi
-du Roi. *rt S°. 17a pages.
!et Ouvtagc , qui |ouir a un fui
ces ("outcnu & méri[c,fe vcndoi
dans l'origine, chci l'oault, Li
braire , rue dï Ja Harpe, Urettouw
aujourd'hui chez l'Auicur, (M. d
SauvigDy) rue des Bun^-En'an^, U
lott; CQS.\it;c'*\và-"«\.s ^a,Caat dcj
nott;
1.
Juin 1781. 15 ij
Hiflolre du grand Duché de Tof"
cane fous le Gouvernement des M^-
dicis , traduire de riralicn de M.
Riguccio Gallui^i .A Paris , rue &
hôtel Serpente, 1782. Avec Appro-
bation & Privilège du Roi. in 12.
Tomes III & IV.
VHïver ^ Epitre à mes Livres.
Par M. Berenger, Profcflcur d'Elo*
cjuencc au Collège Royal d'Or-
léans , des Académies de Marleilie
& d'Arras ; couronnée à rAcadémic
de rimmaculce Conception , à
Rouen , le jeudi 20 Décembre
1781.
Non y je ne prouve point de fatigue plus
lude,
Que rennuyeux loifir d'un Mortel fans
étude.
B 0 1 L E A u.
A Paris, chez les Marchands de
Nouveautés. 1782.
Hijfôirc de l^ AJhonomxt mod^mt ^
K k V \\\
1 3*16 Jouraat its SîâvànS ,
JtpiiU la fonHaiion tic l'Ecole d'A-
Uxandite julqn'i l'épotjuc de 1781,
Par M. B^i./yy Garde des Ta^
bleaux du Roi , de l'Académie du
Sciences, de l'InOitut de Bologi
& de l'Acadcmic de Scockulnii
€
Magni tinmi rts fuit rttum mil
tth'ti Jlmoxft , née contintiim m
tju4 confptftu int'vfpicire , £■ in DtoA\
na dtfctndrit.
Scneca , Q^jcfl. Nai. Lib. 6. c. j.
Paris, clica les Ftcrcs Dcbate
quai dc"! Aupuftins, près la rue Pj
vfe. 1781. Avec A['protarîon
PrivilégL-duRoi. lonie \\\. in-
Pi'o'ièr^ à la nouviUe Saf/e ,
les /iiidicnas de Tkalu , ComMi
<n un aftc & tn ver- libres ; rcpi
fcntéc pour la prcmictc fois par li
Comcditns François, fut le noi
vcanThcâtrc du Fauïbouig S. G.
Juin 1781. IÎ17
main, le \x Avril 1781. Pat une
Société de Gens de-Letcies.
Di^ciU tffi proprii communâ dUtra,
HOR.
A Paris , de l'Imptimcric de M.
Lambcrc bc F. J. Raiidouin , Imp.-
Libraires , ni: de la Harpe, près S.
Côme. 1781. ;n 8". j 8 pages , 3c
les Piéli mina ires 16.
. Shuktfpeafc , traduit de l'anglais ,
dé^ii au Roi. Par M. ie Tourntur,
A Paris, chez l'Auteur, cul de-lac
S. Domintquejpicsic Luxembourg; .
& Métigoc jeune. Libraire, quai
des Auguflins. 1781 & 17S1. Avec
Approbation & l'riviiégc du Roi,
ï•/ï-è^ Tomes XIV, XV & XVI :
contenant Cw, Comédies, favoir :
Btaucoup di bruit pour rien ; Co.n-
me vous taime:^; h Marchand de
Venife; le Songe d'Eté-; Les AU-
prifes & la Méchante Femme.
Or.iijbn Furùin ^c Mn!ff.:i".itur
ijlS TffUtndtdei S^afans;
Cfinjloph: de Btaumont , Comte de
J.yoti , Atchevènuï de Paris, Duc
de S. Cloiiil , Pdirde France, Coni-
niandctit dâ l'Ordre du S. Efpiir,
Provifcur de Sorbonne, S;c. Pu
M. l'Abbé Thtiec, Prêtre du Dio-
cèlcde Novon , &" premier Vicaire
de S. Médard. A la Haye; & le
trouve à Paris, chez l'Aurcur , au
Vicariar de S. MéLlafi], nie d'Or*
, Icans ,fausbourj;S. Marcel ;& chez
"Charles- Pi erre lierton, rui: S. Vic-
T, vis à-vis le Scminairc S. Nico-
: du Chardonn.'t , au Solcil-Lc-
JBHt. 178:. Petit in-S". î8 pages.
L'Aventurier François , ou Mi-
Y,poires de Gré«çire MtrvtU.
Vtniniiis.
ViRG.
■A Londres; & fc trouve à Parij,
rcliFï Quillmi l'aîné, rue Chridinej
la Veuve Duch:fne , rue S. Jac:^u;s \
-^fi^E^
Juin 1782. 1319
& les Libraires fjuî vendent des
Nouveautés, 1781. Deux Parries.
Deux vol. de 1 à }Oo pag. chacun.
Le ton de ce Roman eft vif &
gai , & le fond a de l'ini^Têr. Ceft
lout ce que la mulritudc des Ou-
vrages plu; (cneux dont nous avons
à icndre compte , nous permet de
dire de celui-ci.
Nouve le Analyfe de B^y!e , où
lui-même j[ réture, par des alTcr-
lions po(i[ivcs & par lc\ plus folides
arguminf, tout ce qir'ij a écrrc
conTc les Mœurs Si la Religion".
Par M. I Abbé Datais de Launay.
On a io:nr à cette Analyfe une DiP-
fetta'ion fui e Suicide , intitulée ,
le Suicide condamné au Tribunal de
la Raifon , par te même Auteur.
A Pans, ch-.z Mérigot le jeune ,
Libraire, &c. 1782, Avec Appro-
batici[i & Privilège du Roî. 2 vol.
in-ii. le i^rcnî Cf de }J9 pa[;cs,
fum !al'r;ia_e. l.c fcc.iul d; jn.
0,1 u vui.c; AiulvH- ,!■ li.jle.
>}J0 Journal Jtt Sçavans f
ai l'Auteur s'étoir arraché » ce feni-
blc, painculicrement à rccuciUifJ
intic le [>oifon épars Hans les OuvraM
ges de cet Ecrivain. M. l'Abbé D»^
bois de Lauiiay s'cft piopolé u
)« plus louable & plus urilr. Apii
seoir tracé , dans fa Prétacc , le c
I JUairc Se Vdçt'n de Baylc , il mon
ItK roiTtbcn on s'eft mcpijs fur fi
[ftais fcntimcm. Quand on l'a lu,
fe{\ ililtitili: de ne pas reconnovci
le loiivint il (c piaîcà cmbartallî
s DoiiTTia îilei qui fc croyciit (
■(état de (cni^r? taiion de rout, pi
Tl^cs artjtimens, qu'il ed bi^n lo!
J^dc fcgarier comme corvdincant
Ijnais dont la folutiou furpalTc i<
l^umicrcs naturelles. C'cftainfi qu'il
l f'cfl: condiiic daas [a qucllîon àl
f .deux principes fs: dans braucoQ
i d'auttcs. Celles dont* s'occupe V
trAbbé Dubois dans les deux vois
|jtt»de cette Analyre,ont pourotl
■jet rcxiftencc de Dieu, 'fa Provj
f ijer-cc , Va Vvî.\S'yc-i\ , 'iVuliVS.-^cm
l'Ectiluit SiWt ^ \« Ws.\a^
!■■_'. ■ ■ I • ■ #
Juin îygi. iiii
la fpirîtualité & rimniortalitc de
l'ame , la conicicnce , la verru ^
les padions , la liberté , le péché
originel , la prédeftination, la conr
cupifcetice» les tentations ,^'la pièce ,
l'éducation ^ la modeftic , la pu-
deur, la néceffiré d'un Tribunal
Eccléfiaftique , & la tolérance. Il
termine fon Analyfe par une Pro-
feilion de toi tirée des Ecrits de
Bayle , & faite pour écarter les re-
proches d'impiété Se d'jrréltgion
qu'on lui faifoit de toutes parts. Si
elle n'cft pas le langage de fon
cœur, on ne peut plus voir en lui
qu'un impoftcur qui ne mérite que
le mépris, & qui a perdu tout droit
à i'eftime & à la confiance des honf
nêtes gens.
Dans la DifTcrtation qui fuir,
TAuteur fc borne à combatte le fui-
cide avec les feules armes de la rai-
fon , ôc entreprend de montrer qU«
c'cft une adion plus atxoce de f«
tuer foi - même que de dowTv^'t \^
mocc à un autre,* l'homvw^ v\^>\^^^
3 1 Journal dei Sçavans ,
t le domaine de ioi-mêm: ; Sc
Dir par mantrer i]ue tous les Phi-
Dt< [>hti ai ciciiî, à la tcltrvc tl«
I Stoïciens ,oni condamne le fuicide.
HyniMi nouvelles pour la FtU
du bitnhtureux Pierre Fourrier ,
Cvri de Maiiaincour en Lorrain! ,
Infliluieur des Chûnoineffes- Kégu-
Hères dt /j Lonzngation de Noire-
Dan.e , Rcformaieur dcS Chanoines-
Réguliers de la Congrégation de noue
Sauveur Par M. l'AbSé Jannet.
— Hymnes noiivtlles pour la Fite
de S. Léonard, Solitaire, Patron
de tEgUfe Paroijjia e de Lai à deux
iieues ac Paris , p-ès du Bourg la-
Reine. &c _E[ frofe nouvelle
pour la Fêie de S. Léonard. Par Je
\çméme.
Toutes CCS Pièces latines, afr-
rampagnées d une traHui;)inn fraa*
Efoile, le trouvtnr chiz Fourmer^
■ïiibraire, rue du Hurcpoix. Feu M. i
VdcBcaHmort, AichcwèqucdcPafii,,
' a doii'ié Ja pcrniiHion di: les icciiec
Juin 1781. IÎ33
& de les chanrer dans les O^Tices
Propres pour lefqiiels elles ont été
..faites. Elle« ont la gravité. Té-
/ légance \ ronâion de ce genre de
.^ çompofïrion, Pierre Foiiriier, né à
,., Âlirecour en Lorra ne en 1565 , &
Curé de Mattaincotir , bourg voi-
£n , mort en Franche - Comré en
,'.[%6/^0^ a été mis au nombre des
Bienheureux par Benoîc XIII en
; 1730 , & la Fête eft fixée au 7 Juil.
Celle de S. Léonard, baptife par
S. Rcmi , arrive le 6 Novembre.
I.a feue Reine ayant fait, avant
fon mariage avec Louis XV , une
Retraite chez les Rcligicufes de la
Congregation.de Notre-Dame delà
vill^ de Strasbourg , fut fi édifiée
de leur conduite , qu'elle forma de-
puis le projet d'établir à Verlailles
une Communauté du même Ordre
inftiiuée par Pierre Fourrier. Ce pro-
jet , interrompu par la mort de la
Reine, a été exécuté par Madame
■ AdéJai'dcion auguftc ¥vVV^»^^s^^-
JigicuCcs ricnncnt a^udV^rcvccw\. ^^^
I)}4 Journal JtsSçavans ,
Ecole» giatuitcs pour Us Externes
& prennent des PcnliopaaJ ces.
letms lié M. Bâcher^ Dofteui
Rci;cnt.de U Faculté de Mèdccir
Paris, Ji M. Boitfa't , Doflcur Ré
gcnt de la même Faculté. Entraitci
du Journal de Médecine Aa mois d
Janvitf 1781, de l'Imprimerie 1
la Vcuvt Tliibout. Brochure in-\
de 1 1 1 f âges.
Nûui tcrons connoîtic ces Lettre
parce que l'Auteur y traite d'uni
(jdcftion de Médecine des plus dîffi*
ciics lC des plus intéretrantcs.
Canis des lies ÂniilUs & du golji
du Mcxiijue, avec la majeure partie
de la nouvelle Efpa^ne. Pat M.
Bonne , h;j;énicur Hydrographe ^
la Marine. Dédiées & ptéfcntées a
Roi , par Lattre , Graveur de S. M,
lue S. Jacques , près la rue du Plârr»,
Cette Cai te , en trois feuilles, 8"
dont lecheile cft d'un pouce cntiel
pat dtgté > contient les îles de 1'^
Juta 1781. 1335
mérique, la Floride , la Louilîane , la
Californie , la Terre-Ferme , la
Guyanne , jufqu'aux boilches de l'O-
fcnoquc On y vaic la dircâion des
vents généraux : la rcpurarion de M.
Bonne & la place qu'il occup: au
Dépôt de la Macin^ , fufEfcnt pour
inipitcr de la confiance , & cette
nouvelle piodui^ion d'un de nos plus
habiles Géographes, doit être regar-
dée comme ce qu'il y a de. mieux
pour cctlc partie du monde , elle a
même été corrigée cette année fur
de très-bons Mémoires.
Théâtre de la Guerre , dans l'île
de SAinorque , dédiée à M. le Diic de
Crillon y Commandant Général des
Arméeî de Sv M. Catholique, pat
J. P. Sarrasin , (on Ingénieur. A Pa-
ris, chez [^ctrc,- Graveur du Roi.
Ce plan , qui cft fur une échelle
d'un pouce pour 200 toifcs a été
lo'à.iit d'après rori.^inal d'atra-
tjiic di- M. le Duc de CiiUon ; on y
voie lu Port Mahon [ou: encier, la
po
5 j5 Journal des Sçavans ,
polirion du Camp des l:rpai>noK &
Camp des François , Us baiitncs
le Foit S Philippe, rendu le S
'fvricr I78i,apièt tin mois de ttaLi-
■h6c oiiwenc. L'explication dus un-
vois cft tn hançois & en elpagnol,
ccqi'i cn\iTJlc pour l'cuadtitudc dss
noms popris,
La Ci-gt fymhollqut f Efiampe
d'apiès Ciiaric le Ptintic, Pcîniie
de M. le Duc de Chartres, giavée
par Mann Ftjfard. A Paris , cliea
l'Auteur , me N: île S. Louis , maî-
fi'ii du Chaion.
Cette Lllampc eonricnt trois figii'
les ttès-gracieufes , cù it y a de i'cx-
pieffion , & un chat angora , aoi
îcinbie dévorer des yeux l'oilcau
qu'un jeune homme préfente pour la
Wgc
(Suvres d'Etiinne FaUontt Su
tuaire ; contenant pljlïcurs écrite
latifs aus BL-aux Atts. A ~ " '
ff?^'-:
Juin Ï781. 1357
M. Falconct, Sculpteur célèbre ,
après avoir pafle plufieurs années à
Pcrersbourg , pour la ftatue équeftre
de Czar Pierre , revenu dans fa pa-
trie depuis deux ans , s*cft occupé à
lédiger différcns Mémoires qu'il
avoir compofés de tems à autres fur
Thiftoire , la théorie & la pratique
de la Scuipture ; il difcure furtouc
beaucoup les divers pafTagcs de Pline ,
où il s agic des Beaux- Arts ; il mar-
que dans fo écries autiilic d érudition
que de goût.
Hifloirt de Charlcniagne y précé-
dée decoDfidcrations(ur la première
Race & fuivic de confidérations fur
la féconde. Par M. Gaillard ^ de
l'Académie Françoifc, & de TAca-
dcmic des Infcriptions & Belles- Let-
tres. A Paris, chez Moutard, Impri-
meur-Libcaire de la Reine , de Ma-
dame , & de Madame la ComtcfTe
d'Arrois , rue des Mathurins, hôtel
de Cluny. 1782. Avec Apçrobatioa
ScPriviiégi: du Ro\, ^NoV/m-vi.*
13)9 Journal Jts Sçàvan's ,'
On a imprimé ï ta fin du quatriâ
jne vnliiinc, un aune Ouvrage i"
mcmc Auffuri i'el>uneVie de R
le Pîcluicnt de Lamoi^non ,
d'npTÔ les Mimoifcs di tciiis & la
papiers de Ia tamiilc. On jf r
io>nifa léfiitMrion de l'ancrdote J
Fafgues, cf^nceinanc M, «Je Lamq
gnon, une hltoiie détaillée de i
de Fargues , bonime tràs-fîngulinf
asanturitr dii;ne d'être connu ,
!5 pièces juliincatives fur ie rné<tl
CaUt àt CÀminqat fepttHtn^
\aU, pour fervirà i'inrclligcnce a
DpéradoiK de la guerre aâuclle,
** a différencié par des coulcurt'H
sdivifuns dc^ Provirccî qui comaT
«fcnr tes rrciw Erar^-Uiiisdc VAâ^
nquc feptcntrjona!:. Par M.
raliiT de Beaarain , GéograptM
Il Roi , rue Gît-lc-cœur, Prix , 6 livS
_' CcHf Carre cft une des plus d&3[
ÈwWèïs o^vït Voti a.\ï. faites dans l'é-'
Juin 1782. '359
Carte du détroit d: Gibraltar ^ avec
Ja vue & le plan parricaiier de la
-ville & du rcirein, depuis la pointe
d'Europe , jufqu'au pont de Ma'orea;
On a joinr à cttrc Carte \ts plans
de Cadix 6i Ccuraen petit. L'éctielle
de Gibraltar eft de 40 lignes pour
mille toiles , en forte que cette Carre
fuflira pour (uivre les opérations du
Jîége^ qui fe prépare. Prix, 3 liv. A
Paris , chez M. le^ Chevalier Beau-
rain , Géographe du Roi , rue Gic-
le cœur.
Obfcrvations faites en Syrie.
M. de Bauchamp , Vicaire Géné-
tal de TEvcchc de Babylonc, en
partant pour fa deftinaiion, a reçu
de M. le Marquis de Caftries , des
inftrumens d'Aftronomie , à la folli-
citation de M. de la Lande. Arrivé à
Alep, il a obCervé Técliplc de foleil
du 17 Octobre*, commcccmcnr à *)
heures 15' 3 2. .'S la fin à 10 heures »
54 -'P-
1340 Journatiîes Sç'avant t ^H
La déclinaifon de l'aiguiile v^
\ Diantéc , 12 degrés 30 à l'oucft. ^M
Il ;) fait sufTi (tes remarques furj^J
Riala>!ic ajipelice le bouton J'Altf^M
Vtd iiiic [>c:iiTC tumeur qui mûrit ^H
ir; quatre mois en lii|>^'iir<icia^|
%IU fc manifcdc (ans douleur ; il^|
^ut neuf niiiis en coût ['our crHe^H
hnU elle lailTc fur la peau une mat^
ijue de I;i laTç;eut d'une pîè.'e de 1^9
IlIbU ; tuii% Us h^biuns d'Alcp i^M
nônc marqué; , Se com.tiuii<-aienc^|
~Ji(ïl3!^c , lutiouc les frmmcs , ce (^H
Mes dclîgure un peu. I.cs Fiancs loliH
jiui (ouwcntiur la maui , & en fotrt"
flpclmictois exempts. Ce boutofi cft
e'pècc de virus vanolique, & on
jné l'a qu'u.ie fois. On uc le connoît
_^ ji qu à Alep & à liallbra IL Cédé-
rclarc quelquefois dix ans apicî qu'on
a quitté Alcp. On ctoit , dans le
pays , qu'il vient de la qualité ilcs
eaux , mais cela ne paroît pas vrai-
^^^fîmblable à M. Beauchamp,
^^V< Aa tAc oft ^^utvoir à ce fujec
3 ce lujec '
u
en aa^l-riï , -î.- '-L 7. ^ I^.: ,.--''
<7Î3 par M. 5-=:--. M^à r: z^z
fervanocî !i z.i :-2 =rrT :r Aj:.
LaI»:irj=;cA.;p;::i; :i - II ; 5C
fa Icngir^ii , 34 ' j i s . jr,:=: is
Parif.
Le baromirr; , «ia=î 1:« r' *ï ': 's Jt
tenu , r; :T:or:: pii «^ C'-î^î i; 17
pouces] iiar.tï,i; :h::~rri;;r: i;t
ccrd jufcaà 1 ■ , c';t;-a-c:r: , pr:f-
que i ia cor-gciârio- , &. .T,or:; j::P.
qu'à jo^ :r.ér.-. L'u.ag: .i'ï:t jâsd'y
faire du t:u, ntâis sn > po::? j-j:i]Ja
deux ou trois fojnurc;.
Lalivre ou ror:cl d'Ai.'p . contient
12 onces, don: chaJiin: pife 60
drachmes de France. Loche eH de
400 drachmes de France.
«}4»
TABLE
DES ARTICLES CONTENUS
dans le Journal du mois de
Juin ijii. Sec. VoL
Tk^i M o l R ES concernant
Ji y M fhijloire , Us fciences , Us
arts , Us maurSj Us ujages , &c, des
Chinois, 1^5
Mémoire qui a remporté U Prix
de la Société RoyaU des Sciences
de MontpcLl tr. 1 171
Traite de la force de< Bois. Par
M, le Camus de Aubères. 1 1 78
Œuvres cornpla.es de M. U Chc"
y aller Hamilton. 1 1 8 J
Leçons élémentaires d^ Hijtoire-na*
turelle & de Lhimie. Par M, de Four*
croy, IIOI
Aîcmoirt Çmx CancUnne ville de
Tawrocatum. vvl^
\
»343
HLjtOl''c 1i .Ji Ç'.-.rU'Z ' 'C'.:. ^ / 1
nard i^eyrûac. l i 5 I
O^ySographia Caniollca. 1164
£JJai de Traduclion en vers du Ro'
land Furieux de CArin^e, iioi
Œuvres de Lucien. Fur M, CAobi
MjJJiiU. I i'"4
Di( cours fur la Vie P.eL^le.je.
Par M. CAbbi AjeUn. 1 . ^7
Nouvelles Lureraire:. ^ *■>>
Fin delà T?:b!t»